Roland Bachman : agent spatio-temporel (S1-E7)

ROLAND BACHMAN: AGENT SPATIO-TEMPOREL (S1-E7)

L’ordre de l’apocalypse 3

 

            L’ascenseur descendait toujours, et de plus en plus vite. Roland était coincé, les mains plaquées le long de son corps, enveloppé par une lumière jaune paralysante qui lui interdisait le moindre mouvement. La vitesse de descente le défigurait, et puis…descendre jusqu’où ? Là était la question, comme ce qui l’attendait vraiment. Il y a un temps où tous les trésors de sagesse et de vérité ne s’appliquent plus aux autres…parce que vous distillez plus pour les autres que vous ne saurez peut être jamais le faire pour vous. C’était tout de même un comble, 2000 ans d’histoires de vies à son palmarès et autant de pouvoir sur elles pour se trouver coincé dans un ascenseur immatériel qui l’emmenait peut-être à la rencontre du Temps. Enfin, c’était la plus probable des choses ! Des siècles qu’il avait disparu et que son domaine était quasi inaccessible, il avait fallu un Dr Manhattan pour l’y envoyer ! Le flot de questionnements ne cessait de fuser, mais il fallait se concentrer sur l’important, l’ordre de l’apocalypse…ce bout de papier qui trainait depuis des temps incertains de monde en monde pour en déstructurer l’équilibre. Jusque-là ça n’était jamais arrivé car d’autres s’étaient mobilisés pour le renvoyer dans un autre monde assez vite. C’était la particularité de ce parchemin maudit, ne pas rester trop longtemps dans un monde sous peine qu’il ne mette à exécution des sentences dramatiques. Comment, on ne savait pas vraiment, ni si quelqu’un était associé au déclenchement de ses cataclysmes. La légende voulait que le manuscrit soit une entité à lui seul, qu’il soit autonome et qu’il ne dépende de rien ni personne pour s’activer si ce n’est le contexte requis…Roland pensait éventuellement, qu’être manipulable à distance était une possibilité plus réaliste et que la légende avait été bien brodée. L’autre problème était de savoir par qui il avait été écrit, avec quelle entité maléfique…et à quelle période exactement. Avec la diversité des multivers et des portes les ouvrant, rien ne garantissait qu’un tel document ait été réalisé des siècles, des années ou mêmes des millénaires auparavant. Comme il se promenait de monde en monde à travers le temps, il était en théorie difficile d’en déterminer l’ancienneté ou l’origine exacte.

Roland ne sentait plus la vitesse sur son corps, l’impression de flotter et de peser autant qu’une plume l’avait remplacée. A vrai dire, il n’était même plus dans l’ascenseur, mais dans un couloir multicolore sans le moindre sol qui conduisait à une sorte de porte en spirale. L’entrée d’un autre monde, il le savait.

*

            Tout cela commençait vraiment à m’échauffer méchamment, nous avions besoin d’avancer, de connaitre des réponses.

« Bon, j’en ai marre là ! Nous ne sommes pas là pour le plaisir, ni pour le bon temps…il semble qu’il joue contre nous ! Nous avons besoin de connaitre certaines choses à propos de cet ordre :

1)    Qui en est, ou qui en sont les auteurs ?

2)    Où a-t-il été rédigé ?

3)    Comment s’active-t-il vraiment ?

4)    Et enfin quels sont les risques réels, que déclenche-t-il exactement ?

–         Je comprends, je suis là pour la même chose. A l’heure actuelle je n’ai qu’une réponse de sûre. Répondit le Dr Manhattan.

–         Très bien. Et…laquelle ?

–         Le commanditaire du texte est Ozymandias. Je ne suis pas certain d’avec qui il l’a rédigé, ou du moins sous quelle influence, mais je le crois assez malin pour s’être débrouillé à remonter l’espace et le temps jusqu’à une divinité égyptienne…il en est friand.

–         Une divinité égyptienne ? Et…faut-il croire qu’il soit allé chercher jusqu’à l’époque en question ? Mais enfin que cherche-t-il ce type-là ?

–         A brouiller les pistes, j’en ai bien peur ! Quelqu’un qui saura d’emblée être rapidement découvert par ses pairs, alors qu’il a remonté le temps pour fabriquer un tel manuscrit qui a traversé autant de siècles. Parce qu’au moment où les moyens techniques permettront de s’en rendre compte il aura déjà abattu le travail nécessaire à son apogée, et qu’il connaitra sa cible bien avant que celle-ci le détermine comme coupable !

–         Vous dites qu’il a fait ce machin il y a peu alors que le texte se promène depuis des millénaires ? C’est dingue ! Ajouta Lisa qui semblait se réveiller.

–         Mais comment allons- nous concrètement nous y prendre pour les autres réponses ? Fis-je.

–         Roland est en chemin pour au moins 2 des réponses, et peut-être plus…le souci est d’en revenir ! Poursuivit le Dr Manhattan.

–         En revenir ? Un souci ? Et moi qui croyais Roland à l’épreuve de tout ! Déclara Lisa. Il ne doit pas être aussi immortel qu’il le prétend !»

Le Dr Manhattan eût un sourire en coin. « L’immortalité, voilà bien un questionnement intéressant ! Personne n’est immortel…pas même le vent ! »

*

Roland hésita. Pénétrer dans un monde était une chose, s’y adapter et en revenir une autre. Il ne détenait pas toutes les clefs de ses voyages compliqués, il n’avait jamais officié seul en dehors de son propre temps. Et qui plus est, l’écoulement du temps d’origine de sa provenance continuerait son chemin en dehors du sien dans ce nouveau…il ne fallait pas trainer, trouver vite les indices et repartir. Les chevauchements pour l’opération ne se présentaient pas toujours au moment voulu, même s’ils étaient plus nombreux qu’on ne l’imaginait. Mais bon…assez tergiversé, plus le choix…Roland ferma les yeux, et traversa le sas temporel.

Quand il les rouvrit il fût pris d’un immense éblouissement, et les referma aussitôt. Plus lentement, petit à petit, il laissa la lumière envahir sa vue pour permettre à ses yeux d’apercevoir…un désert à perte de vue ! La guigne, aucun détail ne pouvait l’orienter vers une époque, une planète ou autre chose. Plus qu’à avancer pour savoir. Mais pas comme un guignol à pieds, à cheval ou en pick-up…non…mais avant ça, s’équiper. Roland tendit les bras en avant paumes offertes, ferma à nouveau les yeux, les crispa avant de claquer dans ses mains. Un éclair fit l’ombre d’un instant, un flou général dans lequel il disparut, avant de le laisser réapparaitre habillé et harnaché de cuir, bottes, grand manteau et chapeau de cow-boy, armé de deux énormes revolvers au ceinturon. Il commença à courir faisant soulever un nuage de poussière qui fit disparaitre ses bottes. Dans une fureur déformant son visage il cria « A moi chiens fous du désert ! ». Comme un miracle, sans perdre de vitesse il se hissa tranquillement au-dessus du nuage qu’il avait formé en courant…qui se dissipa aussitôt puisque ses bottes ne touchaient plus le sol, pour laisser apparaitre…un tapis de ballots noirs lui servant de véhicule !

Roland fonçait au milieu d’une mer de sable à une vitesse telle, que la trainée qu’il laissait derrière son véhicule improvisé creusait un sillon d’au moins un bon mètre de fond. Il zigzaguait entre les rochers comme un surfer, et manipulait sa planche de la mort comme un snowboard…comme un pistoléro du futur. Mais ce qu’il vit se dessiner au loin et se confirmer à l’approche lui laissa une toute autre idée. Un gigantesque monument pharaonique ressemblant à un chien couché, la tête haute et les pattes à plats…pharaonique était le mot…le Sphinx de Gizeh !

*

Lisa se força à réfléchir autant qu’elle pût.

« Très bien, j’imagine que Roland va trouver où et qui…mais tant que nous n’aurons pas certaines réponses, comment savoir ce qui fait fonctionner ce manuscrit et ce qu’il produit ?

–         L’homme que vous avez laissé partir sait forcément quelque chose…même s’il l’ignore, il faut le retrouver ! Ajouta le Dr Manhattan.

–         Ce crétin doit encore être sur un parapet à se demander si la mort est aussi bien que la vie ? Fis-je ironiquement.

–         La vie c’est comme la mort…mais en mieux ! Plaisanta Lisa.

–         Il n’est plus question d’ironiser, fit Manhattan, il faut unir nos forces pour retrouver cet homme. »

Ce géant bleu (au bas mot pas loin de 2 mètres 10) me faisait penser à un Roland plus mystique, plus décidé et vindicatif mais doté d’un humour impalpable. N’empêche qu’il prenait les rênes d’une mission inclassable, et que nous n’avions pas vraiment le choix. Tant que Roland n’était pas revenu nous allions devoir le suivre et composer avec lui. Cependant, il me paraissait important de faire jouer le temps pour nous.

« Dites ! J’ai vu vos tours de passe-passe tout à l’heure…y’aurait pas moyen que vous repériez le gars en question plus vite ?

–         Mon but est d’empêcher que des évènements graves se produisent, mais je dois rester le plus neutre possible dans mes actes. Je ne suis pas dans mon monde, et je ne dois pas interférer sur l’espace du vôtre dans cette légitime quête, seulement vous aider dans la direction et les choix car celle-ci s’enchevêtre entre tous les autres…je ne suis pas Roland Bachman.

–         Mouais, c’est bien beau tout ça…à vous la gloire et l’esprit et nous le sale boulot ! Je crois vraiment que vous avez des tas de points communs avec Roland !

–         Quelques-uns oui, il va sans dire. Mais nous n’évoluons pas sur les mêmes contrées. Nous sommes nombreux à nous partager l’espace et le temps pour empêcher le mal de progresser, et nous devons rester solidaires dans un but ultime : les unir si elles sont toutes menacées par le même fléau…avec l’aide des chevaliers de l’apocalypse ! »

 

(à suivre…)

©Necromongers

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