Le lave-vaisselle ne croit pas en dieu

Il n’est plus à prouver ni à débattre. Il n’est plus à se questionner ni à tergiverser. Il n’est plus à se laver le cerveau, se récurer la pastille ou se nettoyer les filtres…non, le lave-vaisselle ne croit pas en Dieu !

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir cherché à en comprendre le fonctionnement. Même après une grosse journée de labeur, usinant à foison la crinière de ses râteaux lanceurs d’eau, éclaboussant avec amour ses dociles compagnons d’infortune pour les briquer d’un lavement consensuel…non, après réflexion toute cette faculté de dévotion intrinsèque n’est pas liée à une quelconque attitude repentante, son âme n’est prisonnière que de quelques boutons, qui eux-mêmes sont dépendants de notre bonne volonté.

Oui, le lave-vaisselle n’EST que par ce que NOUS sommes !

Nous sommes donc là pour lui donner vie. De notre caresse subtile, d’un doigté prêcheur, nous n’avons d’autre raison d’encenser sa ferveur qu’à travers nos gestes rédempteurs. Certes, on peut remuer la réflexion dans tous les sens, le lave-vaisselle ne croit pas en Dieu…mais il ne se lave pas lui-même non plus !

Ce manque total d’autonomie peut à lui seul occuper un autre questionnement. Jusqu’à quel point peut-on aimer autrui dans la dépendance l’un de l’autre ? Ben oui, je pose la question parce que trimer sang et eau pour lui donner vie, s’user physiquement pour lui lustrer l’intérieur c’est à se demander si en retour il fait bien son boulot !

Un barbu qui vécut il y a bien longtemps disait : aimez-vous les uns les autres. Ce même visionnaire tendait aussi sagement son autre joue quand son dicton ne trouvait pas âme à convertir, ou quand la fonction qu’il précisait pieuse ne rencontrait pas la réaction attendue. Le lave-vaisselle lui, n’a pas de joue, ne demande rien, ne fonctionne que si on le veut bien, mais quand il refuse de bien le faire c’est souvent un coup de pompe qu’il prend dans sa face avant…si point de joue à tendre il n’a, dans sa face ma tendinite du pied il recevra ! C’est un geste pieux !

L’homme a un gros cerveau dont il n’utilise que la moitié, et encore…il doit y avoir une moitié de sa moitié qui confond don de soi et tendre la joue ! D’où l’intérêt de repenser la servitude subordonnée à la croyance débordée du lave-vaisselle…en autre chose qu’à lui-même. Et, partant de ce principe, si le lave-vaisselle ne croit pas en Dieu mais qu’il est dépendant de l’homme, l’homme est-il son dieu ?

Ce que je vois moi, c’est que pour des raisons pieuses je suis régulièrement agenouillé devant pour lui passer l’éponge de sa mauvaise autonomie. Ce geste plein de compassion n’a d’égard que notre volonté à nous laisser émouvoir par autant de besoins relatifs à son absence de joues. Le lave-vaisselle nous obéit comme un petit chien, et comme un petit chien il faut s’en occuper, lui donner de notre temps, de notre amour, pour qu’en retour il nous donne du sien. Mais nous aime-t-il vraiment ? Le chien remue la queue, le lave-vaisselle lui nous remue les bras. Le chien nous apporte le journal, nos pantoufles, nous avertit d’un aboiement quand il y a un danger, un intrus…le lave-vaisselle lui, ne lave que la vaisselle. Une seule et unique fonction rébarbative et impersonnelle pour laquelle nous nous épuisons chaque jour. A bien y réfléchir, il n’est pas un dieu mais un dictateur ! Et moi les dictateurs ne m’impressionnent pas !

Donc, après un grand coup de réflexions bluffantes sur la véritable et utile nécessité de prendre soin ou pas du lave-vaisselle pour ce qu’il nous apporte, il n’est plus à démontrer qu’il n’a aucune croyance en l’amour qu’on lui porte mais est un despote né ! Nous revoilà revenu dans un nouveau questionnement vital…le lave-vaisselle a-t-il été malheureux, brimé ou torturé étant petit pour devenir ainsi l’Adolf des ménagères de moins de 50 ans ?

Pour une première conclusion je me permettrais de dire que, déjà je ne suis pas une ménagère, ensuite je n’aime pas les dictateurs, et pour finir je ne tends pas l’autre joue…donc ce n’est pas une foutue bécane pleine de flotte et de vaisselle qui va venir Bolcheviser mon ratio élémentaire sur la condition du rapport de l’homme à la machine.

Le lave-vaisselle ne croit pas en Dieu, et moi je ne crois pas complètement au lave-vaisselle…c’est que je me méfie de l’eau qui dort…cette eau croupie qui se fait dorer la pastille et se fait mousser pour décrasser nos feignantes armées de doigts…le lave-vaisselle à tout compris à la politique, croyez-moi, il n’est ni de gauche, ni de droite, ni même au centre, il est au carrefour des idées reçues, à la commissure entrelacée des derniers avant-gardistes du nettoyage en masse…un dictateur savant, un gourou saignant !

Au final, il est inutile de se vautrer dans l’absolue obligation d’y voir un outil véritablement aidant, puisqu’il est condamné à asservir l’homme plus qu’à le servir. Vivre libre c’est choisir son camp, tout au moins vivre en partie libre de sa pensée. Me salir les mains pour un dictateur…plus jamais !

©Necromongers

clavier-lave-vaisselle-tuto-lavage551470_560587077309368_1514725467_n

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s