Roland Bachman: agent spatio-temporel (S1-E8)

ROLAND BACHMAN: AGENT SPATIO-TEMPOREL (S1-E8)

L’ordre de l’apocalypse 4

 

            Marc courait comme un dératé sur le pont. Avec la pluie il avait failli glisser et chuter à maintes reprises. Mais ce qu’il avait vu, entendu et vécu l’avait effrayé, prendre ses jambes à son cou lui avait donc paru la solution la plus facile, simple et efficace. Il n’avait jamais vu ça ! Ni ne comprenait ce qu’il lui arrivait, ce qui arrivait tout simplement. Il avait juste fait une relation évidente avec ce parchemin trouvé dans la maison bourgeoise qu’il avait acquis récemment. Un texte bizarre qu’il s’était empressé de cacher dans une plinthe, craignant quelque chose sans savoir quoi vraiment. Aujourd’hui ses craintes se confirmaient…mais jamais, grand dieu non, jamais il n’aurait imaginé tel scénario ! Mais déjà son angoisse montait encore, l’impression d’être suivi, ou alors était-ce cette pluie battante qui déjouait ses esgourdes ? Il s’arrêta brusquement et se retourna…il n’eut pas le temps de bien voir, qui lui mettait une retournée ! Marc fit volte-face et se retrouva le cul dans l’eau…une nouvelle fois.

« Mais enfin…qu’est-ce qu’on me veut à la fin ? Cria-t-il.

–         Rien qui soit de ta trempe nabot…quoi que entre ce que tu viens de prendre et là où tu es assis ! Ahah ! Eclata sournoisement Lisa.

–         Doucement Lisa, on en a besoin en entier ! Je lui tendis la main pour qu’il se relève. Debout, t’as assez pataugé pour aujourd’hui !

–         Vos méthodes sont intéressantes, quoi qu’un peu expéditives. Fit Manhattan.

–         On n’a pas de méthode, c’est pour ça que c’est l’expédition à chaque fois ! Pis si Lisa arrêtait un peu de sniffer…on n’aurait pas à se justifier tout le temps !

–         Où t’as vu que j’ai sniffé quelque chose toi ?

–         T’en as plein les poches depuis qu’on est sorti de chez ce Marc…je suis pas con à ce point !

–         Je…vous vous méprenez, il n’y a rien de tel chez moi ! Fit Marc tout tremblant.

–         Toi t’es déjà mal barré avec ta gueule de premier de la classe, mais si en plus tu crois pouvoir nous prendre pour des guignols… »

Ma main prit de l’élan, objectif la tronche du « j’me la pète au château », il m’avait gonflé cet abruti, on n’arrêtait pas de lui sauver la vie et il se comportait comme le dernier des cons…Manhattan m’attrapa le poignet en plein vol.

« Cela suffit ! Vos délibérations sans consistances et sans convenances n’aboutiront qu’à des pertes de temps ! Il nous faut revenir chez lui. » D’un geste il nous engloba dans une sorte de bulle bleue, et nous disparûmes.

*

Roland marchait lentement dans le sable en direction du Sphinx. S’il était arrivé ici c’était qu’une partie de la réponse s’y trouvait. Dans ce décor, dans cette région…il espérait seulement ne pas être remonté trop loin dans le temps. Quoi qu’à bien y réfléchir, il serait peut- être pris pour un dieu s’il était quelques milliers d’années en arrière, un avantage en soi. Mais fallait-il encore trouver trace de vie !

« Je ne sais pas ce que tu cherches mais je crois que tu en es tout prêt ! »

Roland se figea, et tourna la tête. Là, devant lui, se trouvait une silhouette qu’il connaissait. Une grande cape rouge, un costume rutilant noir et or, un masque sur les yeux, une chevelure blonde…Ozymandias !

« Je me demandais qui pouvait être derrière autant de mystères…j’aurais dû y penser ! Dans quel temps sommes-nous au juste Ozy ?

–         Nous sommes dans une zone hors temps Roland…peinard !

–         Hors temps ? Je croyais seulement The Big Duncan en capacité de maitriser ce genre de chose ?

–         Ce gamin ? Ahah ! Oui, il est certes doué, mais sa compassion adolescente l’a toujours affaibli, j’ai trouvé la méthode moi-même.

–         Tu n’auras eu de cesse de trouver les pouvoirs des autres pour te satisfaire toi-même Ozy ! J’ai souvenir de l’ascenseur et de l’échange des temps avec le Dr Who…il faut que tu t’assumes un peu je crois !

–         Je n’ai d’autre volonté que celle d’assumer la valeur de l’humanité qui se meurt…c’est fini Roland, tu arrives trop tard !

–          Trop tard ? Non, je ne crois pas. J’arrive à temps. Et j’ai besoin que tu me dises de qui dépend l’ordre…maintenant ! »

Roland porta les mains à ses deux crosses de revolvers et les empoigna fermement. Ozymandias esquissa un sourire, s’accroupit au sol et y apposa sa main. Une onde de choc fit trembler la terre quelques secondes, suffisamment pour déconcentrer Roland. En une fraction de seconde Ozymandias était sur Roland et lui portait un coup de coude appuyé par l’onde de vitesse de son déplacement…une ruade qui le propulsa à plusieurs dizaines de mètres.

Roland, surpris et déçu de s’être fait avoir aussi facilement, se releva instantanément, comme immunisé contre les coups. Il prit une grande inspiration et raccrocha ses mains aux crosses de ses revolvers. Il ouvrit la bouche d’un béant sans fond…et tapa du pied au sol. Une nouvelle onde de choc se propagea, soulevant grain par grain le sable du désert en une mince couche de brouillard. D’un souffle inspirant, il avala la totalité du sable en suspension…déglutit…et dégaina ses colts.

*

Nous étions au beau milieu de la maison de Marc…au beau milieu des convives que nous avions laissés penauds, devant notre sortie remarquée. Enfin, ma sortie en force…mon poing dans la gueule d’un sombre crétin plein de farine au nez, en proie à s’emmouracher de Lisa…elle-même avec un sérieux coup de poudre dans le pif !

Et à votre avis ? Quelle effet remarqué fit l’arrivée d’une bande de détrempés avec un géant bleu, au beau milieu d’une troupe d’hallucinés festoyant à mort et complètement out ? Ben rien…ouais, on passa incognito avec une facilité déconcertante !

Dans une grande régularité cadencée, avec un certain tempo dans le phrasé des marches, nous fîmes grimper l’escalier à Marc, bras dessus bras dessous, un certain nombre de paliers quatre à quatre. Et d’ailleurs, si nous ne nous étions pas dépêchés pour avaler ses difficultés  elles nous auraient tout simplement ôté la vie ! Au fur et à mesure que nous escaladions les pieds de Marc sur les marches (en en sautant quelques-unes) celles-ci se désintégraient ! Notre arrivée dans le hall central avait déclenché une luminosité intense du parchemin, et ce même hall avait été désintégré à la minute même où nous avions mis un pied sur l’escalier. Sans que nous sachions pourquoi l’ordre avait décidé de commencer sa petite sauterie !

Nous courrions vers les pièces centrales sans savoir vraiment pourquoi, une habitude inconsciente sans doute lors d’une désintégration ! Toujours est-il que d’un coup, Marc se mit à hurler comme un cochon ! Il y avait de quoi…nous trainions cet abruti depuis tout à l’heure, sur des moignons ! Il fallait supposer une petite baisse de régime dans notre déplacement pour qu’il ait été involontairement dépossédé de ses deux pieds. Mais l’instant n’était pas à l’émotion ni à l’apitoiement, non, le vide courrait derrière nous et il était de bon ton de ne pas se laisser déconcentrer par un détail aussi terre à terre. Ne voyant plus vraiment de solution miracle à la progression de la désintégration de la maison, Manhattan dû recourir à nouveau à ses pouvoirs pour nous faire disparaitre…face au vide qui gagnait du terrain.

*

Des canons de Roland sortirent des jets de tempête à la façon d’une lance à incendie, des jets cycloniques à têtes chercheuses ! Ozymandias esquiva une salve d’une pirouette acrobatique mais la seconde lui atteignit le thorax de plein fouet…le propulsant contre le flanc du Sphinx  avec une telle violence qu’il en trembla ! En relevant la tête, Ozymandias eut juste le temps d’éviter la chute du nez de la statue en lui envoyant une micro-onde, pour qu’il tombe entre lui et Roland. Pendant deux secondes, ils furent mutuellement cachés par le nez du Sphinx…deux petites secondes mises à profit par Ozymandias. Roland fit un saut spectaculaire pour se retrouver en lévitation dans le vide, assez haut pour dominer les lieux…assez haut pour apercevoir aux côtés de son adversaire, une sorte de démon avec la tête d’un crocodile, le corps et les pattes avant d’un lion et l’arrière train et les pattes arrière d’un hippopotame…Ammut, la dévoreuse des morts !

« Voilà donc l’identité cachée du cosignataire de l’ordre ! Tu es sorti de la salle de jugement des deux vérités Ammut ? Pas assez de morts à dévorer ? Pas assez de cœurs à peser ?

–         Babaï, mon double éthérique, est devenu incontrôlable et ne supporte plus le jugement…il lui faut toutes les âmes ! Un dernier « en-Ka » en quelque sorte ! Ahah !

–         Ton humour ne te sauvera pas Ammout…peu importe ton nom d’ailleurs, tu ne peux pas invoquer un cataclysme juste pour ta faim…et je t’en empêcherai !

–         Trop tard Roland, ajouta Ozymandias, l’ordre a été activé…la fête commence !

–         Que gagnes-tu là-dedans Ozy ? J’aimerais vraiment comprendre !

–         La foi d’un monde libéré de ses entraves à l’évolution écologique…moins de gens sur terre, plus d’avenir pour la planète ! Il y a un prix à payer pour chaque guerre !

–         Tu ne peux à toi seul décider du sort de la planète, c’est le Karma de tous les hommes…nous sommes des gardiens, nous n’avons pas le droit de choisir leur destin entier, seulement d’en modifier les dérives !

–         Les dérives des hommes sont proches de celles des dieux…et quand elles le mènent à sa perte, nous ne pouvons plus rester des gardiens…nous devons devenir des dieux ! »

 

©Necromongers

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