Si vous n’avez rien à dire… prenez le temps d’en parler!

La plus longue histoire courte que je connaisse, c’est celle du temps qui s’adresse au néant :

 

Le Temps : ça va ? Tu te la coules douce ?

Le Néant : je suis vidé !

T : c’est ça, un rien te fatigue !

N : comment le saurais-je ?

T : ben, c’est pas comme si tu étais pressé !

N : pressé ? Un rien compressé ? Dépressurisé ?

T : non, tu ne sais pas ce que c’est apparemment.

N : je ne te suis pas !

T : ça m’aurait étonné ! Tu n’as rien à proposer !

N : c’est pas vrai ! Mais j’ai fait mon temps !

T : ah… autant pour moi. Tu te souviens de quoi ?

N : de rien, non. Même un petit rien ne s’imagine pas longtemps chez moi !

T : je ne te suis pas non plus… j’ai pas le temps d’un rien, ni même pour l’instant.

N : alors suis tes propres pas… ils t’emmèneront bien vers quelques riens !

T : je me disais aussi, si tu n’as rien à dire, tu perds mon temps !

N : je n’ai pas rien à dire… c’est ton temps qui se perd dans le mien.

T : écoute, j’ai une proposition. Si tu te tais je ne dirai rien.

N : mais je n’ai rien à dire qui te soit muet de toute façon, allez, file ! Je t’oublierai bien !

T : oui mais j’ai du temps pour moi là, et presque rien à faire…

N : je me disais aussi… c’est assez long ton histoire!

T : et ça risque durer notre affaire, vivement la perte des idées !

N : tu n’as pas idée du temps qu’on perd d’un presque rien !

T : si, justement ! J’aime bien perdre le temps que tu n’as pas !

N : je n’ai peut-être pas de temps, mais toi tu me gâches le tien.

T : houlà ! Tu te prends pour quoi, ou qui ? Modeste d’un rien avec ça !

N : absolument pas, je ne suis que ce que tu n’es pas… ce que je ne saurais être moi-même vu que tu ne t’étends sur rien dans l’immédiat!

T : bon, étant donné ta considération manifestement dénuée d’intérêt pour le temps des autres, je vais devoir reprendre le fil de mon présent. Tu ne t’intéresses vraiment à rien !

N : attends… je n’ai encore rien dit, comment peux-tu me juger?

T : je ne juge pas, je ne m’étends pas, je ne laisse rien entendre, de toute façon le néant t’habite… je ne saurais arriver à tirer quelque chose de toi !

N : non, en effet, en plus je n’ai pas ton temps, j’ai tout le mien et tu te lasserais.

T : c’est bien ce que je disais, aucune considération pour le handicap, tu vis en dehors de tout.

N : et encore, c’est rien de le dire… je suis aveugle, sourd et muet mais j’entends tout ce qu’il y a à voir pour le dire. Le plus handicapé des deux est encore celui pour qui ça dure !

T : je vois… tu te fiche pas mal de ce que les autres peuvent endurer en quelque sorte ?

N : nan… j’en sais rien en fait, je suis vidé !

T : … il est temps pour moi de reprendre mes activités, il y a un temps pour tout et je ne tiens pas à tuer le mien, et quand j’y pense tu n’as rien à faire qui m’intéresse.

N : ben… je me demandais aussi, si je ne me la coulais pas douce à ne rien faire du temps que je n’ai pas, de quoi parlerions nous ?

T : de rien…

N : ah ! De moi ? Tu perds ton temps décidément… en ce qui me concerne, j’ai tout le tien à ma disposition.

 

La plus courte histoire longue que je connaisse finalement, c’est celle du néant qui fait comprendre au temps qu’il perd à vide son chargement, et qu’il faut rester concentré pour s’y accrocher vraiment… vraiment ? On ne sait pas trop ce que le temps en a conclu ni même s’il en a tiré une leçon, car de toute façon c’est vraiment quand on a rien à dire qu’on peut se permettre d’en parler longtemps !

©Necromongers

decorfoudemo3

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