Roland Bachman: agent spatio-temporel (S1-E10)

ROLAND BACHMAN : AGENT SPATIO-TEMPOREL (S1-E10)

L’ordre de l’apocalypse 6 et fin.

 

            Manhattan eut un rictus complaisant à la formule employée par Larsen Rupin. C’était bien là le personnage qu’il connaissait, délirant, hautain par provocation, bout en train devant l’Eternel et le roi des tours de passe-passe. A ce titre, puisqu’il y pensait, la chaleur produite par la luminosité intense du parchemin qu’il ressentait constamment depuis la disparition de la demeure de Marc, s’était estompée. Cela ne pouvait dire qu’une chose. Manhattan passa une main dans l’intérieur de sa veste pour attraper le papier en question… mais il eut beau farfouiller et re-farfouiller, il ne sentait pas de document au fond de sa poche intérieure, pas autant qu’une certitude palpable des hypothétiques méfaits d’un Larsen Rupin.

« Ah ah ! C’est ça que tu cherches Manhattan ? Dit Larsen en brandissant fièrement le parchemin en question.

–         Tu es incorrigible et… bluffant Larsen ! Je ne me suis même pas approché de toi, comment as-tu fait pour me subtiliser le papier ? »

Larsen Rupin déplia et inspecta le document l’air de rien, sans répondre au Dr Manhattan. Il sourit bêtement et releva la tête.

« C’est un faux ! Dit-il. Le vrai est toujours dans ta poche cher docteur.

–         Quoi… que… ! Manhattan fouilla à nouveau dans sa poche et trouva le parchemin. Mais je viens de vérifier il n’y était pas !

–         Charmeur, voleur et hypnotiseur, pour vous servir. Dit-il en faisant une petite courbette très stylisée. »

Tu parles d’un embrouilleur de première celui-là ! Nous étions tous fadés d’ébaubissement devant son petit numéro fantaisiste, aucun de nous n’avait encore ouvert la bouche.

« Moi je demande qu’à rire monsieur le prestidigitateur, mais enfin, là tout de suite, on aurait juste un peu autre chose à faire de plus sérieux ! Comme sauver le monde quoi ! Sauf si c’est pas une priorité pour vous ! Fis-je agacé.

–         Avec un sourire aussi crétin et un si joli minois il doit bien y avoir encore un tour à la con derrière tout ça ! Déclama Lisa qui venait de se réveiller.

–         Moi en tout cas je reste où je suis, je ne tiens pas à perdre autre chose aujourd’hui ! Protesta Marc. »

Larsen Rupin restait à nous regarder avec son sourire enjôleur. Presque à nous narguer. Il sortit de sa poche, d’un geste délicat et précis un briquet, qu’il alluma sous la feuille qu’il tenait en guise d’ordre. Toujours en nous fixant.

« Le temps n’est plus à l’inquiétude mes chers amis ! Voyez ce papier qui se consume sous vos yeux, il est sans doute l’aube de votre nouvelle vie, le feu de votre mission sacrée… qui s’envole en fumée ! Pfffffffffffuit ! Plus de papier, plus de mission !

–         Vous êtes chiadé vous ! Vous venez de nous dire que c’était un faux ! Temporisa Lisa.

–         Ce que je dis à peu d’importance au regard de ce que je fais, mais ce que je fais peut revêtir un angle de vue plus énigmatique. Ce n’est ni un faux, ni un vrai… c’est une illusion !

–         Ah ben voilà qu’en plus d’être un drolâtre hautain il nous la joue philosophe mesquin… ouais, bienvenu dans le monde des tarés Larsen machin… mais va falloir enquiller sur la fin du monde maintenant.

–         Attendez ! Fit Manhattan. Le parchemin que j’ai dans les mains est en train de disparaitre ! »

Tous nos yeux convergèrent d’un doute vers le regard amusé de larsen…

« Décidément, vos idées n’ont pas l’air d’être en ordre ! L’apocalypse est finit… je vous l’assure ! »

*

Roland était redescendu à terre. Il s’approchait lentement du corps presque nu d’Ozymandias, à moitié recouvert de sable. Il n’était pas mort, le coup qu’il lui avait porté n’était pas destiné à cela, mais il était toujours dans les vapes. Roland le regarda longuement, en se disant que peut-être il aurait dû le tuer sachant ce qu’il était. Il recommencerait, il ne cesserait peut-être jamais de recommencer. Mais la mort est une mission difficile qui ne s’improvise pas. Il y a toujours un prix à payer quand on meurt, et encore davantage quand on fait mourir. Sa mission était accomplie, pas plus pas moins, inutile de prendre des décisions qui ne pouvaient pas l’être simplement et rapidement. Il était temps de rentrer dans son monde… et justement, Ozymandias était sa clef.

Roland aurait sans doute pu trouver la porte du sas temporel seul, mais Ozymandias savait sans doute avec précision où et quand les multivers se chevauchaient régulièrement. Pas de lui-même, non, mais il était suffisamment doué scientifiquement pour avoir créé un appareil lui permettant de localiser ce genre d’évènement. Il ne manquait pas de ressource, et il valait mieux quand on n’était qu’un simple humain. Roland espérait seulement ne pas avoir fait voler en éclat son sauf-conduit avec l’armure d’Ozy. Çà et là, les morceaux de son costume déchiré jonchaient le sable et les rochers. Roland fouillait le périmètre avec une certaine dextérité mais aussi une certaine angoisse. Etre coincé dans le temps ne l’arrangeait pas vraiment, et dans une zone hors temps encore moins. Son inspection l’amena plus près du corps d’Ozymandias. En dernier recours seulement il le fouillerait lui aussi. Là ! Près de sa moitié de cuisse ensevelie, un disque doré ! Il le prit en main. Au moment de se relever il sentit son poignet se faire agripper avec force. Une main sanglante le retenait, Ozy !

« Tu… ne perds… rien pour attendre ! Fit Ozymandias péniblement.

–         Je me doutais bien que tu me dirais un truc comme ça si je te laissais en vie, et c’est bien le problème ! Mais je vais faire plus simple. »

Roland appuya sur l’ogive centrale du disque. L’atmosphère se remplit aussitôt d’électricité statique. A droite du Sphinx, une spirale de lumière vive fit son apparition, d’abord d’une pointe lumineuse incandescente pour grossir à vue d’œil jusqu’à l’ouverture d’un passage assez grand pour un homme. Roland se releva. Ozymandias, à bout de force, dut lâcher son emprise. Il regarda Roland s’éloigner vers le sas temporel les yeux haineux.

« Je vois bien dans ton regard que tu n’abandonneras pas, et je serai toujours là pour te contrer, je t’en fais la promesse. Mais pour l’instant tu vas devoir patienter un peu, j’emporte avec moi ta porte de sortie…ça va te ralentir quelque temps ! »

Ozymandias fixait désespérément Roland disparaissant dans le tourbillon des mondes, les pupilles dilatées, son poing serré à s’en faire saigner, incapable de sortir un son de plus…

*

Marc s’avança près de Larsen Rupin.

« Comment ça l’apocalypse est finie ! Vous avez vu l’état de mes pieds ? Il n’y a pas 30mns je les avais encore ! Pour quel guignol vous prenez-vous à la fin ?

–         Je n’ai ni l’âme d’un guignol, ni l’habitude d’être traité de la sorte… surtout par un plaisantin narquois qui ne sait même pas garder les pieds sur terre !

–         Quoi ?! Mais… que… vous allez tout de suite retirer ce que vous venez de dire !

–         Sinon quoi ? Ajouta Larsen un sourire on ne peut plus large en agrippant fermement sa canne.

–         Du calme messieurs ! S’interposa Manhattan. Gardons nos forces pour de vrais combats ! Larsen dit vrai, je l’ai senti avant son tour. L’ordre a été levé… nous devons surement cela à Roland. Il aura été plus vite que nous ou aura dû livrer bataille rapidement.

–         Mais d’abord, comment il sait ça lui ? Intervint Lisa.

–         Permettez mademoiselle que je puisse expressément répondre à votre questionnement le plus logique qui soit. Il fit un pas dans sa direction.

–         Hé ! Calmos le dandy du siècle dernier ! Lisa fit un pas en arrière.

–         Il n’est point utile que nous jouions à chat je crois, même si votre plumage semble un poil hérissé je tiendrai mes distances, je vous le promets !

–         Vous voulez qu’on vous laisse ? On gêne pas ? Fis-je amusé les bras croisés.

–         Pas le moins du monde, vous avez droit à quelques explications. J’ai en fait quelques dons de médium et les objets ou personnes près de moi sont source d’information très quotidienne. J’ai senti une aura forte émaner du parchemin que Manhattan avait dans sa poche… puis elle s’est envolée ! Ah ! Tiens ! D’ailleurs je sens un évènement proche qui va se produire !

–         Ahah ! Quelle bonne blague ! Même celle-là j’aurais pu la f…. »

Soudain, un souffle décoiffant qui fit voler les cheveux de ceux qui en avaient et le haut de forme de Larsen, suivi d’une atmosphère électrique avec des éclairs, fit apparaitre dans la cour une spirale de lumière ! Roland en sortit tout naturellement, le sourire aux lèvres. « Je vous ai manqué ? »

Puis, sans crier gare, une nouvelle secousse électrique parcourut elle aussi d’éclairs zébrés produisit un deuxième souffle identique (alors que Larsen qui courait encore après son haut de forme l’avait presque attrapé) et fit cette fois-ci apparaitre… une cabine téléphonique anglaise ! Un homme en costume en sortit d’une allure très british.

« Bonjour à vous tous ! Je suis le Docteur Who…je crois que j’ai fait un mauvais calcul et… me voilà ! » Pouffa-t-il de rire.

« Ah ! Décidemment… on n’est jamais au bout de nos surprises ici ! » Fit Marc.

FIN DE LA SAISON 1

©Necromongers

images (80)

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s