La petite folie dans la prairie

warning… petit paragraphe déconseillé au – 18 ans…

 

Auparavant, paru là-dedans…↓

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Le jour était d’une clarté sophistiquée. Quand mes yeux se sont ouverts pour répondre à l’appel de la lumière qui m’éclaboussait déjà les paupières, ce fût d’abord une irradiante et éblouissante ondée de blanchâtre luminosité qui envahit ma rétine. Mes yeux n’arrivaient pas à s’habituer à cette active luminescence. Cela me prit un temps fou avant d’arriver à passer d’un flou à une image visuellement plus perceptible. Mais quand mes yeux purent enfin mettre une image nette sur la scène qui m’entourait…je faillis perdre à nouveau connaissance !

J’étais dans un champ, une prairie d’une immense étendue, sans doute sur des kilomètres. Devant moi, à quelques centimètres, se trouvait un bras sans corps dont les os étaient apparents. Un large lambeau de chair déchirée traînait à moitié détaché de son membre sur l’étendue d’herbe violacée qui arrivait jusqu’à mon visage. L’humidité du matin avait déposé des gouttes de rosée sur les couleurs vives de la chair en putréfaction, mon nez était assez près pour en sentir les effluves. Un certain dégoût me fit relever la tête. Pris par une odeur qui me lança un remous d’estomac significatif j’eus des hauts le cœur. Je me redressais pour m’extirper de cette vision et cette odeur cauchemardesque. Seulement, mon répit fût de courte durée.

Le champ entier était recouvert de corps et de membres çà et là. La couleur de l’herbe, avec le lever du jour et les reflets du soleil sur la rosée matinale avait transformé la prairie en une palette s’étirant du mauve violacé au rouge carmin par endroit, concédant quelques parties encore vertes. Je ne comprenais pas. Ni ce qu’il m’arrivait, ni ce qui avait pu se passer ici, ni ce que je faisais là.

Côté pratique oui, je savais qu’on était le matin…une trique d’enfer ne me permettait pas d’en douter une seconde. C’était même une impression bizarre de sentir ce membre dur au milieu de ce carnage sans nom. Et là encore, m’expliquer pourquoi le naturel n’avait pas été chassé au galop par pareille vision…m’était  impossible. Les veines de mon sexe me faisaient mal au point de sentir le jean de mon pantalon bien vivant, au contraire de ce qui m’entourait. Une certaine excitation ne cessait de monter en moi et pourtant, mon cauchemar visuel était bien là.

J’entrepris de me sauver de cette réalité. Je ne comprenais pas, il fallait donc que je quitte les lieux pour réfléchir. Mais à quoi ? Je ne savais déjà pas ce que j’y faisais ! Peu importe…mon corps était soulevé par toute cet horreur famélique qui se répandait sur l’horizon à perte de vue…et par cette odeur qui me soulevait aussi le cœur. Je cherchais un endroit où des bouts d’individus déchiquetés ne poursuivraient pas mes circonvolutions outrancières de l’âme. Oui…je bandais toujours comme un fou ! Mais quelle folie s’emparait de mon sexe, de mon esprit malade et de mon corps intact ?

Je me mis à courir sans regarder, à pleines enjambées, au milieu des tronçons d’inconnus. Butant sur des bras que j’envoyais plus loin, roulant sur des jambes qui finissaient contre d’autres membres inertes. Titubant de douleur presque à chacun de mes pas…ce que je ne compris pas au début…mais je m’aperçus vite qu’une de mes propres jambes souffrait d’un énorme trou béant. Mon mollet gauche était largement troué, au point de voir au travers l’herbe rougeâtre de la prairie cadavérique, entre les fils sanguinolents de mes artères qui pendaient. Concentré momentanément sur ma blessure en courant, j’en oubliai quelques secondes ma crampe phénoménale au niveau de l’entre-jambe, avant de butter sur quelque chose qui me fit perdre l’équilibre. Je m’étalai comme un poids mort, ma tête venant s’enfoncer dans le poitrail ouvert d’un homme gisant.

C’est en relevant ma tête coincée, dans un « flop » suintant et dégoulinant de viscères, que mon regard se porta sur un autre corps quelques mètres plus loin. A moitié adossée contre un arbre, dans une pose esthétiquement parfaite, baignée par un faible halo de lumière qui perçait d’entre les nuages, comme une invitation divine au milieu d’une boucherie suspendue dans le temps, une femme à moitié nue m’offrait sa beauté morbide par ses formes généreuses légèrement dénudées. D’un revers de manche, sans quitter des yeux cette beauté fatale, j’essuyai mon visage des bouts de poumons gluants qui le parsemaient. J’étais debout et je m’avançai lentement vers cet ange mort-né tombé du ciel comme un mirage pour damné. D’ailleurs, le damné que j’étais ne démordait pas d’une énergie latente qui sommeillait tel un diable au fond de mon pantalon. Mon sexe me faisait de plus en plus mal…et je ne m’expliquais toujours pas pourquoi cette seule sensation prenait de plus en plus de place dans mon cerveau. Le sol et l’espace autour de moi était jonché d’une macabre tuerie déroutante, mais des spasmes orgasmiques me secouaient le corps comme une orgie dérangeante dont la dépendance était plus forte que ma raison.

 

Cette radieuse émanation plastique, illuminée par une véritable beauté angélique me défiait par sa présence…et par son absence de vie. Elle était là, inerte, à déchirer mon bas ventre de son aura. Je ne saurais non plus expliquer pourquoi, le regard posé sur ses lèvres pulpeuses, je commençais à déboutonner ma braguette. Mon cœur battait de plus en plus fort, ma respiration devenait presque un râle…je sortis mon sexe. J’attrapai la tête de la fille qui était penchée, et la tournait face à mon membre. Un craquement d’os collé à l’arbre se fit entendre et une légère ligne de sang coula le long de son cou. Je venais de lui arracher une partie du crâne qui vraisemblablement avait été broyé par un choc contre le tronc. Elle avait le cœur perforé par un groscalibre, ce qui avait dû la projeter contre l’arbre. Je me posais des questions qui ne m’intéressaient pas…ce qui m’intéressait, c’était aller au bout de ma pulsion…après tout qui m’en voudrait ? Des cadavres ne peuvent pas témoigner ! Je fermai les yeux. Cette histoire était terrible, je n’y comprenais rien mais je ressentais des choses. Je commençai à me masturber au niveau de son visage.

Ses lèvres étaient fantastiques, et la pression de mon pénis, par va et vient successif au rythme que ma main imprimait sur mon sexe, jouait délicatement avec leur douce sensation de velours. A plusieurs reprises, je forçais leurs commissures pour m’introduire un peu plus loin dans sa bouche…ressortir…m’introduire…ressortir…pendant que mon pouls s’accélérait. Je sentais comme une humidité, une sécrétion salivaire terriblement bonne le long de mon sexe, et j’imaginais le son d’une succion délicieuse et partagée par un entrain mutuel. Une morte ! En ouvrant les yeux sur la sortie de mon sexe je le vis en sang. Mais déjà des tremblements ébranlaient mon corps, le sang me montait à ma tête et mon pénis se gonflait de douleur, je me sentais comme aspiré par la bouche de cette femme et je ne pût me contenir plus longtemps.

Dans une abominable et fabuleuse sensation de vide, comme une petite mort cérébrale, j’explosai dans une giclée de sperme qui vint éclabousser son joli minois blanchâtre. La vision des filaments de ma semence étalée sur son visage, du coin des lèvres jusque sur ses premières mèches rousses, me fit penser que la mort n’avait pas d’importance. Pendant quelques secondes, celles qui avaient suivi ma retombée d’excitation, je me sentis plus libre, reposé, serein…le temps de reprendre une grande inspiration de satisfaction, je fus coupé dans mon élan par une déchirante impression au niveau du ventre. Une lame horriblement large me transperçait de part en part, et venait lécher le nez englué de liquide séminal de ma partenaire docile.

 

« ‒  Putain ! Il ira pas plus loin ce gros con ! J’te l’ai planté comme une citrouille bien mûre !

‒  Ouais, saleté de zombie ! On a déjà pas eu assez de mal à tous les zigouiller, faut en plus qu’y baisent entre eux ! Avec une salope de morte en plus !

‒ Dis…elle à pas l’air si moche que ça pour une morte…pis maintenant elle a un fond de teint reluisant ! Ça la rend presque vivante tiens! ahahah ! »

 

Mon tueur posa son ranger boueux sur mon dos pour y prendre appui, et retira lentement sa machette en la faisant glisser dans mon intérieur. La lame ressortie dégoulinante d’un sang fraîchement ponctionné, et mon corps vint embrasser celui de la fille contre l’arbre, ma tête contre la sienne. Il sortit de l’intérieur de sa veste militaire un 357 Magnum, recula de quelques mètres, visa nos deux têtes et appuya sur la détente. Une partie commune de notre âme vola en éclats de mille morceaux indistincts de cervelles en bouillie et d’éclaboussures en giclées sanglantes mêlées de sperme. Nos cerveaux ne faisant plus qu’un sur le tronc, dans une indéfinissable tâche aux couleurs d’un amour périodique tenté malgré tout.

 

« ‒ Faut bien un flingue comme ça pour défourailler du zombie…hé ! J’ai fait un coup double ! Ahah !

‒ Allez, traînons pas ici, je viens d’entendre sur le talkie qu’ils avaient réussi à en parquer un autre groupe dans un champ pas loin ! Des familles entières à ce qui parait ! Va falloir bien viser…les gosses ça court plus vite ! Ahah !

‒ Ouais…et dire que j’ai même pas de permis de port d’arme, mais je sais sacrément bien viser ! Bon…t’as raison, filons là-bas, pour une fois qu’on s’amuse ! »

©Necromongers

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