Les Chroniques Sylkiennes: 14-La débandade

14-La débandade

 

Rien n’était plus comme avant, rien ne serait plus comme après. Salek tournait et virait comme un fauve en cage au centre du sanctuaire. L’ensemble du groupe finissait de lui expliquer le processus final de fusion des Oracles, pour pouvoir pénétrer dans la Cité des Ombres. Il tombait de haut, sans jeu de mots. Il n’avait déjà pas prévu d’arriver ici, de s’y sentir coincé, de devenir un Oracle, et maintenant il devait fusionner avec un humain-Sylks… ça dépassait l’entendement. Comment gérer tout cela ? Comment garder son calme ? Comment honorer son engagement malgré tout ? Comment se sortir vivant d’une mort annoncée ? Il s’arrêta brusquement et se tourna face aux autres.

« VOUS ETES TOUS FOU ! Ni plus ni moins ! puis il reprit son incessant manège de va et vient.

‒ Ce n’est pas nous qui avons fixé les règles, intervint Carsiios, et cela ne nous rassure pas plus que toi quand on voit ta réaction !

‒ OUI, qui que tu sois vraiment tu te dois de devenir autre chose… Oracle ou pas, c’est la vie de chacun qui évolue comme ça. Ajouta Yliana.

‒ Non mais oh ! Vous allez me faire la morale longtemps là ? Vous me croyez assez niais pour ne pas prendre en compte toutes les données du problème ?

‒ Nous ne savons pas qui tu es vraiment, ni d’où tu viens. Et après tes remarques déplacées et irrespectueuses il nous est aisé de douter de toi ! ajouta Carsiios. »

Salek bouillait. Une montée d’adrénaline le consumait lentement, comme un geyser cheminant vers son inéluctable sortie. Il laissa cours à l’explosion de son cratère.

« JE SUIS SALEK ORIAN MOHUNE ! Et je viens d’assez loin pour savoir que les mondes sont tous infectés par les mêmes odeurs, les mêmes malheurs et le même but… vivre libre ! La douleur des peuples intergalactiques est toujours semblable, peu importe l’origine de ses maux. Et son mal nous le connaissons, pas besoin de savoir d’où je viens… je viens du même endroit que vous tous, des abîmes du temps qui se meurt ! il prit une grande inspiration devant son auditoire captivé. Rien n’est impossible, non rien… je suis prêt à mourir pour le prouver !

‒ Ben pas trop vite s’il te plait, j’ai quelques actions sur notre destiné commune. »

Salek jeta un œil amusé sur le commentaire du fameux humain-Sylks. L’assemblée retenait son souffle, car l’enjeu était de taille… rien moins que le second Oracle !

« Tu t’exprimes enfin cher connu, inconnu de moi…

‒ Je ne suis ni connu ni inconnu… je suis un humain en quête de liberté qui cherche la solution, comme toi.

‒ La solution dis-tu ? Comme moi ? Mais sais-tu seulement ce que je cherche vraiment… euh… Mr ?…

‒ Ouran… Ulrich Ouran… humain désinvolte et asservi, mais prêt à servir la liberté et la dissolution des sociétés qui se servent ! »

Ouradian cessa de suite son intense concentration et sortit de sa transe trop brusquement… il n’eut pas le temps de décroiser les jambes pour atterrir sur la plateforme circulaire qui le maintenait en lévitation. D’un bruit disloquant ses os, il laissa l’empreinte mitigée d’un seigneur déchu. Loudblast se précipita pour aider son père. Yliana fit de même, par réflexe.

« Père ! Tout… tout va bien ?

‒ LAISSE-MOI ! Ouradian repoussa son fils nonchalamment mais ne put se relever.

‒ Laissez-moi vous aider, fit Yliana en lui tendant ses mains.

‒ Bon, je vois que la situation est sous contrôle ! Mais je sens gros comme une maison qu’il y a un os, ahahahah !

‒ Tout cela est insupportable ! C’est comme cela que les Oracles vont aider notre monde crois-tu, Salek ? fit Ibylior.

‒ Ce que je crois n’a pas beaucoup d’importance à vos yeux semble-t-il, mais qu’un homme puisse penser que vous vous servez de nous pour tel… un peu plus apparemment ! »

Tous restaient figés sur les derniers mots de Salek, qui faisaient eux-mêmes écho à ceux d’Ulrich. Comme une évidente connivence de circonstance. Comme un jeu vivant des valeurs mises en exergue pour la continuité d’une idéologie commune… les inconnus d’un jour mis à l’honneur pour les vies d’autres, les questionnements de tous pour un ensemble de vies… qui était qui ? Qui devenait quoi ? Quoi devenait qui ?… des réponses que tout le monde attendait.

« Je ne crois pas que vous ayez bien compris l’essentiel, l’essentiel est dans l’acte tel… tel qu’il doit être pour survivre, renchérit Ulrich.

‒ L’essentiel est dans l’acte tel… ahah, à méditer ! Tu veux faire un concours des phrases les plus pourries ? Je te bats à ce jeu, j’en suis sûr ! fit Salek soudain enjoué.

‒ Je… je, euh…

‒ Ok c’est ce que je disais, le fond de l’Oracle est pourri ! Je répète le fond de l’Oracle est pourri ! Pensez à balayer sous la porte ! Y’a du mal de fait là ! Je répète, pensez à balayez sous la…

‒ MAIS ENFIN CA SUFFIT ! Qu’est-ce qu’on vous a appris chez vous ? s’égosilla Yliana. »

Salek leva les bras au ciel en signe de pardon, un grand sourire niais en travers de la figure.

« Ok ok, on est mal parti, mais vous avouerez que sur ce coup-là, Ulrich a tapé fort ! »

(à suivre…)

©Necromongers

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