Les Chroniques Sylkiennes: 15-La déroute

Voilà… c’est officiellement le dernier épisode que j’ai écris. Cette série que j’imaginais courte prend des allures de quête sans fin, et je vais devoir reprendre le fil un jour. Désolé de ne pouvoir en mettre plus très vite, et encore merci d’avoir suivi…

 

 

15- La déroute

 

Au final, tout ce à quoi les peuples oppressés avaient bien voulu croire, espérer et prier, prophétie, oracles, cacahuètes grillées et pop-corn, arrivait tranquillement. Plus qu’à s’installer devant l’écran et profiter du spectacle qui promettait monts et merveilles. Seulement, ceux sur qui l’espoir était fondé ne percevaient pas les évènements avec autant d’engouement. Y croire et accepter, tel était le premier défi à relever. Convaincre les foules, ranimer l’espoir véritable, proposer un plan qui ait des chances de fonctionner, haranguer la rage en soi et celle des croyants en eux, proposer méthodiquement une réflexion sur la base d’un référendum populaire…

« Que… quoi ? bredouilla Ouradian, un référendum ? Non mais, et puis quoi encore, vous êtes les Oracles ! Vous êtes les dieux, les sauveurs, les anges qui délivrent de l’Apocalypse, que sais-je encore…

‒ D’un point de vue très technique, on nous demande une association qui vise à débarrasser ce monde d’agresseurs incurables, qui gouvernent par dictature mentale et physique, par le biais d’une autre dictature de l’esprit. Celle des croyances d’une prophétie visant à les remplacer par un unique seigneur et maitre… il y a de quoi réfléchir un instant ! décortiqua Salek. »

L’assemblée s’échangea des regards circonspects, cherchant sans doute une faille, un prétexte, une idée, un précepte en guise d’argument… en vain. Il ne semblait pas possible de nier une évidence qui parlait à tous, et qu’un étranger venu d’ailleurs leur expliquait en guise de prise de conscience.

« Tout cela n’a pas de sens ! Il faut s’atteler à sauver ce monde des Sylks, tout bonnement ! renchérit Ibylior. Les peuples ne sortiront pas gagnants d’une autre décision que celle-ci !

‒ Je… père, tout cela demande réflexion ! Sommes-nous seulement prêts à vouloir toujours être gouvernés par une entité qui décide de tous nos modes de pensées ? intervint Yliana.

‒ Exactement ! cria Loudblast. Ce monde nous dit depuis toujours qui être, comment faire et pourquoi, sans jamais se préoccuper de l’avis des gens ! »

Salek, qui il avait fait un clin d’œil complice à Ulrich, regardait avec amusement le jeu des pensées, des rôles et des pouvoirs qui s’étiolaient. Un vent de liberté soufflait vraiment sur le village et le sanctuaire. Les consciences s’ouvraient et se livraient à leurs paires comme à leurs pères, les jeunes se libéraient mentalement de leurs chaines patriciennes dans l’instant. Un plan B dont Salek savait user : diviser pour mieux régner… mais encore fallait-il savoir quoi faire de ce plan. Carsiios sortit du rang.

« Je vois clair dans ton jeu Salek ! Tu cherches à diviser pour mieux contrôler l’ensemble des décisions, ce qui me parait idiot dans la mesure où en tant qu’Oracle tu seras écouté et entendu…

‒ Je cherche d’abord à faire prendre conscience aux autres que je… que NOUS ne sommes pas ce qu’on nous propose d’être ! Et que les choix et les décisions sont une affaire de peuples, pas d’une entité absolue… il y a longtemps en ce monde on appelait ça la démocratie ! Mais je vois que les problèmes sont partout les mêmes, et se répètent éternellement d’où qu’on vienne, où qu’on soit… »

Un silence mitigé et songeur laissa planer son doute quelques longues secondes. Ulrich remit le présent au goût du jour le premier.

« Le Rodeur… c’est lui qui m’a ouvert les yeux, il faut que je le retrouve, son avis compte… c’est un peuple à part entière, non ?

‒ Tu n’y penses pas ! Les Rodeurs sont des fous sanguinaires qui se nourrissent de l’intérieur des autres ! réagit Carsiios.

‒ Ton fou sanguinaire ne m’a pas aspiré mais il m’a ouvert les yeux, il m’a donné la vraie façon de voir les choses, il m’a ouvert l’esprit ! Je ne comprends pas… pourquoi a-t-on si peur d’eux ?

‒ C’est une longue histoire, coupa Ouradian, ce n’est pas d’eux dont nous avons peur, mais de leur méthode.

‒ Et de leur mode de pensée j’en ai bien peur ! Fit Ulrich. »

Sans nul doute qu’une tension papable montait à mesure de la prise de position de chacun. Tout n’était pas dit, tout n’était pas expliqué… mais on attendait de certains qu’ils prennent les décisions qu’on leur demandait de prendre. Assurément et nécessairement, implacablement et fatalement… ce qui devait arriver, arriva.

Carsiios hurla à qui voulait l’entendre que cette assemblée était dépourvue d’efficacité, que le temps des pourparlers était dépassé, que les vents de la prophétie étaient erronés, que l’esprit des sages était embué par ces traitres qui se faisaient passer pour des Oracles et manipulaient le fondement de leur société. Il saisit Ulrich à la gorge par derrière en l’agrippant fermement, sortit dans le même temps un coutelas de son ceinturon qu’il pointa sur le cou de celui-ci.

« Vous n’êtes que des larves qui blasphémez l’ordre hégémonique en place ! Des fauteurs de troubles à éradiquer de l’humanité avant qu’ils n’influencent les esprits ! Honte à vous autres, les sages, qui s’égarent et croient n’importe qui ! Je ne vous suivrai pas dans cette bataille hideuse vouée à perte… non, ni moi ni vos démons d’Oracles pastiches ! »

Le sang gicla d’une éclaboussure éparse, venant moucheter les toges, les sandales et les visages.

(à suivre… dans un certain temps…)

 

©Necromongers

 

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