Une histoire vaine de l’araignée du monde: Mourir à la loupe

Je suis comme une mouche sur une toile d’araignée,

Je m’essouffle à gigoter, je peine à respirer.

J’ai le paradoxe de la liberté,

Je pisse sur la guerre et je fais la guerre à la peace.

Technique d’investigation instrumentalisée

D’une épique propriété évincée, la vie.

Je somnole rien que d’y penser,

Je ris rien que d’en parler,

Je m’amuse d’en penser rire,

J’en pleure de joie d’y croire pire.

Je ne suis qu’un idiot qui pense à tort

Pendant que certains ont raison d’espérer.

Je n’ai rien vécu qui soit pléthore

Suffisamment pour émettre la mort au nez,

Mais j’ai connu le fond de l’âme

Qui prête à tous la raison de pleurer.

Je m’en remets à la mort pour la vie d’une autre,

A l’accord entre la forme et la passion fondée,

Au désespoir calciné des amours maudits

A l’oracle enraciné du parcours des envies.

Je m’en remets, à qui veut me prier

A qui veut me parler, je l’écouterai jusqu’à la lie.

Tout autant que je sais oublier les paroles incomprises

Improvisant à ma guise les mots susurrés,

J’aimerais certainement entendre les frises

Des paroles haranguées, des formules convoitées.

Mourir à la loupe, comme la mouche agglutinée

Au passage d’une escarmouche le sommeil englué,

Je languis d’établir une forme de vérité

Une semence fertile, un champ d’éternité.

J’ai perdu plusieurs fois, l’avenir des réalités,

Je m’en remets aux liens, dictés par ma foi

La force d’un amour vivant plus que de raison,

Une unité de lois m’efforçant d’écourter la vie.

 

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J’ai compris que la mort n’était qu’un subterfuge de plus,

Une profonde  amitié avec la vie lui confère une sympathie d’attente.

La patience étant une limite bornée à s’éconduire d’elle-même

Il faut, en substance, écourter le temps de son verdict.

 

Flash info : Une tendance de plus en plus répandue, consistant à s’auto exécuter sans sommation préalable, fait de plus en plus parler d’elle. Cette activité, dont aucune loi ne fait rempart, envahit la planète comme une trainée de poudre. Les communautés de suicidaires (c’est le nom scientifique de l’acte) se multiplient sur le globe et la peur gagne peu à peu du terrain. Certaines régions du monde semblent épargnées, mais d’une façon assez générale le mal qui pousse à se tuer, le plus souvent dans l’anonymat le plus total, semble irrémédiablement prendre sa source au plus profond de soi-même. D’après nos sources, les scientifiques sont unanimes, les raisons les plus souvent constatées sont : un manque de confiance en la société, une estime de soi malmenée, une peur caractéristique du changement, une vision de l’autre manipulée par l’ordre moral. A ce jour, nous n’avons malheureusement pas pu rencontrer officiellement un représentant de la science, et le gouvernement n’a pas désiré s’exprimer sur le sujet.

 

Je suis comme une souche sur une rivière enflammée,

Qui navigue à perte, entre l’eau et le feu.

La tragique incidence, charriée par le fleuve,

Qui fuit la peste blanche, la terreur aveugle.

Quelque part, sur cette branche voguant

Se tisse une histoire, d’un fil de soi collant.

Les intempéries n’ont pas fait fuir l’habitant,

Solide embarcation virevoltant à flot sans couler.

Dans sa toile prisonnière, l’araignée retient le mystère,

Une vie fuyant la misère, une mouche prise au collet, délétère.

S’enfuir à la loupe, par un déluge torrentiel,

S’accrocher à la voûte, comme un élu providentiel.

 

Fin des programmes : (zoom sur les yeux de la speakerine)

Le monde a retenu son souffle une partie entière de la journée. Les visages se sont figés dans des bouches bée de fortune. Quand nous avons appris, par le plus grand des hasards anticipé, que l’araignée qui suspendait nos chaînes a cédé sa toile aux éléments. Depuis que nous savons être morts, nous sommes devenus vivants !

 

©Necromongers

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