L’histoire de l’homme qui ne voulait ni se coucher ni se lever…

Dans un dédale inhumain peuplé d’hébétudes et d’incommensurables idées, un homme, lui seul et sans personne d’autre que lui-même, fit la prière d’être aidé pour rester tout en entier pour toujours.

Se coucher pour se lever… un fardeau sous-estimé.

Car en son fort intérieur, le soir peinait à lui indiquer le moment judicieux où s’allonger pour longtemps. Et, somme toute, à y réfléchir pesé-ment, l’histoire de se lever l’empêchait autant d’aller se coucher que dormir de se reposer.

Que diantre et nenni pour la nuit, morbleu et flagorneries au lever. Qui donc, quoi croire et comment faire ? L’instant cupide n’arrivait rien à élucider facilement, il était plus simple de laisser le temps se faner royalement que l’enorgueillir de son appauvrissement défectible !

La source des débats pouvait culminer d’autant que son envie diminuait, un autre jour déjà passé n’accueillait les suivants qu’avec un zest d’authenticité. Et puis quoi la pendule ? Les heures s’arrêtaient t-elles à une aiguille qui flotte en suspend ? Le temps n’aurait que sa raison pour n’être que de la notre prisonnière ?

Le châtiment de n’être qu’un flan face au vent, livré sans raison aux tumultes de la condition du raisonnable en flagellation. L’indice propice, la réflexion en sommation, de couvre-feu en allumette sous les yeux… le soir venait, précédant la nuit sans qu’aucun mauvais ennui n’eut pris pitié de son sommeil. Et les lueurs éternelles s’amusaient de réverbères en ritournelles. Le jour n’avait point besoin de luire tant ses nuits éclairaient l’univers de ses songes éveillés. Et l’heure tardive, même aussi peu lascive, baignait son cœur comme une pile à l’huile.

Encore fut-il plein d’espoir à réveiller ses journées sans crever leur durée, mais les matins idéaux sonnaient comme trébuchant, à rendormir un cadavre à peine ressuscité. En bref et pour faire court, au saint esprit de l’abat-jour, on tuait le sommeil à son réveil comme on estourbissait l’endormissement à son envol. Fallait-il choisir son camp ? Ne pas dormir ou ne jamais se lever ? Ne pas se lever ou ne jamais dormir ? Diable… c’est la même feinte !

Et le cerveau ? Quoi qu’y dit le salopiaud ?

Il bouffe des phéromones gonflées à l’oxygène, une peuplade difforme qui serpente dans les gènes de la flemme. Un noyau dur des oiseaux plats, un antigel de pacotille, une fondue sèche du cervelet, un craquement d’couille qui part en vrille.

Assurément, pour pas un rond et gratuitement, on soupèse la valeur de l’instant à une éternité de facultés ignares. On peut mourir en gémissant. On peut frémir en languissant. On peut dormir en vieillissant. On peut s’ouvrir en s’enfermant. Dans tous les cas, on grandit mieux en s’immolant dormant qu’en restant mort à petit feu… comprenez ce que vous pouvez.

C’était l’histoire de l’homme qui ne veut ni se coucher ni se lever, ni accoucher d’un lever tardif, ni s’éveiller d’un sommeil rapide… un chiant indécis qui rallonge ses nuits et écourte ses jours, un sombre abruti à la lumière du four…

Advienne que pourrave et baille que vaille.

©Necromongers

CDITiCcW4AEVqMv

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