Roland Bachman: Agent Spatio-temporel (S2-E1) « Tea time »

Le prologue de la saison 2 (épisode préambule à celui-ci) est juste en-dessous:

https://thenecromongersblog.wordpress.com/2015/10/19/roland-bachman-agent-spatio-temporel-s2-e0-prologue/

ROLAND BACHMAN : AGENT SPATIO-TEMPOREL
(S2-E1)

Depuis des temps immémoriaux les hommes vivent dans l’insouciance de toutes les stratégies communément employées pour déjouer les plans de la mort. Une règle simple veut qu’une entité hors de tout soit le garant de ce jeu contre le temps, un gardien de l’Apocalypse avec ses chevaliers de l’ombre, les chiens fous du désert. Un anti héros désincarné, un cyclone des temps modernes poursuivi par ses démons intérieurs, usant de pouvoirs ancestraux et de ses comparses à la personnalité désenchantée, récupérés dans le monde des vivants au moment de leur dernière étreinte avec la vie. Roland Bachman est de retour comme s’il n’avait jamais cessé d’exister, comme s’il n’avait jamais vraiment disparu… car il est le détenteur de la vérité sur l’avenir et du hors temps sur l’avant.
Starring : Richard Kurran-Lisa Blakat-Marc-Larsen Rupin et Roland Bachman.

*

Tea time

Toute cette folle histoire se trouvait derrière eux. Un pauvre parchemin pouvait d’ici là refaire surface, mais chacun se devait de croire encore aux idées qui forgent l’espoir. Imaginer une seconde, qu’avoir foncé comme un débile dans le tas de ses faux Docteurs aux mandibules déhanchées sonnait comme une charge héroïque qui semblait creuse ? Non. A n’en pas douter, ses « Sylks » ne rencontreraient aucune bonne âme pour faire de leur vivant une chronique intéressante. D’une certaine façon, je leur ai rendu service en les foudroyant sur place. D’ailleurs Marc en a fait les frais, la charge électrostatique légèrement trop élevée lui a comme qui dirait, ôté le peu qui lui restait de mémoire… ça n’a pas changé grand-chose me direz-vous, Lisa est au moins d’accord sur ce point.
Larsen Rupin hurlait toujours de rire devant nos chevaleresques embardées, un décalage quelque peu irritant qui m’obligea à m’agacer.
«  Ta mère ! Elle t’a jamais appris à la fermer guignol ? »
Mes paroles mirent l’homme en branle quelques secondes. Il ajusta son écharpe blanche d’un jeté derrière les épaules en tapant le sol avec sa canne, fit une pause lancinante d’un regard sombre, et me jeta :
« Ma mère… n’oserait même pas fouetter l’ombre de tes paroles sur l’immondice de tes propos ! »
Plus qu’un tempérament, Larsen avait une personnalité de feu qu’il ne fallait pas allumer. Il me plaisait bien ce bougre-là ! Pas autant que Lisa qui cherchait désespérément à se convaincre de priorités qu’elles ne possédaient pas. S’il y avait vraiment quelqu’un de mystique en ce monde, bien plus que Roland encore, c’était elle. Même Manhattan ne rivalisait pas avec Lisa, puisque chez lui toute chose s’expliquait, se défaisait, se reconstruisait à l’infini en maniant les atomes. Non, le mysticisme demandait à requérir suffisamment d’éléments étranges et inexplicables, qui façonnaient un individu d’une aura complexe et énigmatique. D’ailleurs Manhattan avait disparu proprement, comme il était apparu. Pfuiiiiiiit !
Nous allions aussi proprement nous ennuyer si Roland ne pointait pas le bout de sa tronche cassée pour nous proposer une nouvelle mission. Disparu en mer des contrées liquides en plein sauvetage des âmes Sylkiennes, prenant pour façade le monde du Docteur Who jusqu’à imiter le Tardis. Voyant notre hébétude gagner d’inactivité nos incertitudes laconiques, Larsen nous proposa un petit Tea Time de derrière les fagots, et nous invita à pénétrer dans sa modeste demeure de 34 pièces… ambiance raffinée, genre si Versailles m’était conté, majordomes, lumières tamisées, feu de cheminé, et tout le tra la la. Discussion.
« ‒ C’est sympa la déco chez toi Larsen, t’a beaucoup emprunté pour rassembler tout ça ? Ou c’est juste ton côté mécène qui fait le rupin ? Ahah ! je me tordais de rire comme un idiot à l’évocation de ma propre blague.
‒ Tu te crois drôle Richard ? me fit Lisa l’œil sombre. Tu n’es qu’un con doublé d’un imbécile parfait ! Ah ça, pour foncer tête baissée dans le lard, pour défourailler du méchant tu sais y faire, mais pour respecter ton hôte par pure courtoisie tu t’en branles la quille !
‒ T’as perdu ton sens de l’humour Lisa ? fis-je interloqué. Ou c’est juste que t’es de mauvaise humeur ?
‒ Y’a que je ne supporte pas toujours tes innombrables conneries, et que mon savoir vivre m’oblige un peu à m’intéresser avant de lancer des invectives faciles. Finalement t’es aussi un ignorant… »
L’air en suspension faisait tout le silence sur cette dernière lecture du moment. Marc roulait des yeux sur nos regards arrêtés, passant de l’un à l’autre et de l’autre à l’un, avec une forme d’angoisse très significative. Il ressemblait nettement à un Suricate hyperactif des cervicales ayant un complexe de la position. Perdu dans l’espace en attendant le pire, il prit soudain une initiative.
« Si je puis me permettre… j’ai assez perdu dans cette histoire pour dire que la vie se targue d’un peu de compassion pour raisonner, d’un peu de complaisance pour écouter et d’un peu d’ironie pour se parjurer. »
Ce con avait fait mouche. Pas déluré pour deux sous, il plaquait en une phrase une sorte de béatitude commune qui déporta nos frivoles incandescences naissantes à des hormones de croissance stabilisées. Larsen arborait un énorme sourire contemplatif pendant que nous cherchions nos pieds de concert, avec Lisa.

*

L’air vicié de l’entre-deux monde se respirait mal. Le cap de l’espace-temps durait depuis maintenant une petite éternité, et Roland ne savait pas vraiment s’il captait la tentation d’un univers plus qu’un autre. Le Tardis ne s’imitait pas, se réinventait mais ne s’imitait pas. Sauter dans ses confinements pour suivre son cheminement, remonter le fil qui conduit à l’origine, retrouver le point de départ, tel en était la démarche. Pourquoi le Docteur demeurait-il absent et introuvable de son vaisseau ? Comment avait-il pu être utilisé par d’autres entités, les Sylks ? Des questions qui annonçaient une opération interplanétaire à venir, peut-être même une menace intergalactique… depuis les Necromongers ou les Daleks aucun autre peuple n’avait atteint ce niveau du système, preuve d’une grande invasion déjà bien avancée. Les formes de vie qui tentaient de prendre la galaxie entière en otage se comptaient sur les doigts d’une main depuis des parsecs, et l’identité même de la Terre répondait aux attraits quelle possédait en termes de ressources, naturelles autant qu’humaines.
Le Docteur, gardien du temps comme Roland, ne pouvait disparaître aussi impunément, sans aucune explication. Le cœur des évènements se jouait au sein de cette infusion atomique qui déliait les traces de chacun des protagonistes, comme une sauce vinaigrette se mélange… l’huile et la moutarde doivent toujours être tournées ensembles pour obtenir une composition chimique compacte et parfaite. En somme, le voyage s’annonçait surement plein de surprises, juste le temps d’y voir clair avant de lancer ses cavaliers, parce qu’à priori, la situation ne laissait plus de doute sur la question…

*

« ‒ Et votre ami Roland, vous croyez qu’il se passe aussi bien de vous que vous de lui ? s’essaya Larsen.
‒ Vous avez une vision Monsieur Rupin ? questionna Lisa.
‒ Appelez-moi Larsen je vous prie très chère, une vision je ne sais pas, je ne dirais pas ça de la sorte, une intuition, tout au plus… »
Il jouait machinalement avec un jeu de tarot sur un guéridon de fortune qu’il devait utiliser régulièrement, et retourna Le Bateleur.

©Necromongers

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