Je me souviens des 500 résineux qui écopaient le trop plein.

 

Histoire auparavant publiée de façon inédite sur le blog de: Sale Temps Pour Les Ours (lien ci-dessous)

Je me souviens des 500 résineux qui écopaient le trop plein

 

[ceci est une histoire vraie vécue pour de vrai… C’est ainsi que le monde à pu s’écrouler tranquillement sous nos pieds…]

La lueur forcée du jour insiste déjà depuis plusieurs heures pour me tirer du lit. Il est [11h] quand elle y arrive enfin.

Café- 1ère clope- Coup de fil.

L’aubaine du jour se pointe comme un début d’Automne attiré par un chanvre malingre, qui pousse à la rosée dans l’antre humide de mon F1 surdimensionné. Greg passe me chercher pour une cueillette avec des potes à la campagne.

[12h] Il s’installe, sort un gros morceau de pollen, deux feuilles à rouler, éclate une blonde et un retour intérieur cartonné du paquet. On l’allume pour le finir sur la route.

Le soleil est vraiment réconfortant, il dessine le chemin comme une croisière Costa entre les arbres, Cypress Hill communie et résonne dans l’habitacle. Ce n’est ni loin de chez moi, ni trop près, juste à la bonne distance pour s’enfumer. On arrive chez Franck et Raphaël, les plus sérieux dealers provinciaux du coin.

Tape joue- Accolade- Bière- joint.

Blagues défoncées, humour décalé, apéro loading…

[13h] Bière- joint- vin- joint- whisky- joint.

[13h30] Bière- joint- Whisky- joint- Gin- joint.

Placards inspectés, nourriture prête à réchauffer, cuisson lancée.

[14h] Vin- joint- Gin- joint- Bailey- joint.

Repas- vin- joint- bière- joint.

 

Tout le monde affirme que c’est la meilleure saison et la meilleure journée pour se saisir des champs à vaches. C’est mieux quand les vaches sont absentes, plus pratique dirons-nous. Un pré trop pratiqué massacrerait l’indice même de notre présence. Cela n’en vaudrait pas la peine. L’objectif est simple, tout autour de la maison la fraîcheur saisonnière et le soleil abondant ont fait naître une multitude de micro tas en réunion, des petits chapeaux marron crème à la goutte brune… mais avant toute chose il faut s’alimenter.

Bière- joint- vin- gnôle- joint. Ça marche aussi à l’envers…

Et puis le moment du départ à la chasse est donné, il est [15h]. Il faut déplier ses jambes longuement. Quitter la position assise qui laissait la fumée stagner dans la pièce, comme la brume épaisse d’un matin celtique au pays des gaillardes limousines.

De lui-même le sol chavire. Les escargots n’ont qu’à bien se planquer. C’est autour des carapaces que nous allons cueillir.

Jusque-là, No One Is Innocent, Mucky Pup, Beasty Boys, toute la gansta ouest de la côte américaine et du Dub Aerial ont baigné nos saignantes coudées enfumées. Mais c’est sans compter l’amnésie digestive de nos intestins immobiles, qui créent une diversion soporifique céphalée dès la tendinite des guibolles en action. The Blackened de Metallica me harponne la gibecière, ma vision est un carré d’une justice For All Blacklisted… tant pis, les champs nous appellent.

 

Les premiers chemins de bitume s’aventurent parfaitement à nous perdre entre plusieurs entrées possibles. Le choix est naturellement sans animaux, et bien entendu sans ovidés, porteurs de maladies peu comestibles.

Tout visiter parait périlleux – joint – il parait nécessaire d’entamer une sorte de réflexion – joint – pour évaluer solidement une éventuelle direction envisageable – joint-

Peu importe la chance. Le pré décidera.

Raphaël me fait coucou de loin, son sac plastique à la main. Franck est stupidement prostré devant un trou d’eau grenouillant. Greg roule.

Il faut affûter ses yeux comme une lame pour l’abattoir. Les Schtroumpfs hallucinogènes ne sont pas les Gargamels multicolores habituels. Mais c’est un jour faste, se baisser suffit amplement à remplir sa besace. Pour être sûr il faut toujours goutter – croque – Greg s’approche.

Joint- croque- joint- roule- s’éloigne.

Quelquefois les psilo rigolent – croque – joint –

L’herbe est haute. La main s’engouffre avec soin au fond du tapis vert, remue et plie pour faire apparaître un œuf de dragon en chapeau pointu – croque – les clôtures disparaissent et l’étendue s’offre. Les pièges ont oublié leurs ficelles, l’horizon se mêle entre deux mondes indistincts. Les regards se croisent, fument, dégoupillent des canettes prospères qui gambadent assez facilement au goulot… et les maux s’en vont d’où ils viennent.

Joint- croque.

Et dans une étuve famélique on idolâtre…

Croque.

La poche semble pleine. Du moins, en suffisance organique plaisante.

Décision commune, après un litige sur la complexité directionnelle à emprunter, prise à l’uni inanité. Juste un fil d’Ariane secouant nos tangentes personnelles mêlées.

 

Un flou traversé par une multitude d’éléments restant encore tout à fait inconnus à ce jour, nous conduit fortuitement, sans sourcillement et sans enjambée pittoresque à un non lieu sur témoignage indirect… à déménager nos corps ailleurs… position débraillé sur canapé F1 surdimensionné.

[19h] Les heures passent comme des minutes exagérément inadéquates. Le temps fait un bon dans l’histoire.

Joint- croque (les fondamentaux).

Voyage cosmique en alouette terrestre.

[21h]  Le salon est imposé par mégarde aux intrus habituellement proposés à y résider. Tous les objets reconnaîtront leurs inquisiteurs potentiels, aucune plainte ne sera déposée.

La chandelle consumée renaîtra de ses cendres liquides.

Mais pour sûr, aujourd’hui c’est chié !

Pourtant nos yeux sentent encore le signal lumineux des besoins vitaux. Quatre corps affalés – joint – se remettent lentement – joint – d’une journée sans fausse note………….. Tilt……………..

L’espace qui consomme nos alertes est complètement aéré par la chaleur que dégagent nos enveloppes dans ce lieu si étroit, ça ne peut être que ça.

Les bonnes idées n’ont de bien que le moment où elles naissent. Sans que personne ne comprenne comment ou ne sache pourquoi, Franck se trouve devant la kitchenette à bricoler sur les plaques électriques. Fait bouillir de l’eau. Une activité inespéré et sans commune mesure avec l’état vaporeux qui nous habite… la bouilloire siffle – joint –

Les idées c’est comme les bons moments qui naissent, la 1ère vendange est toujours dégueulasse. C’est ainsi que pour toute verveine à mémère y’a une tisane à pépère… le chapeau à pointe brune flotte sur une sirène d’eau chaude… gloups force 4…

L’éternité fait une pause.

 

Les pauses c’est comme un instrument de torture sans limite, il y a un temps pour tout et une éternité pour le reste. On peut s’assoupir d’un presque rien, même si on est surveillé. On peut repasser le film de sa journée avant de succomber, tomber dans un tunnel éblouissant remplit de champs gélatineux, suffoquer autant de fois que la glotte se coince, avoir les pieds trempés par des litres de liquides stagnants… BON DIEU !

[5h] A grand coup de seaux que je ne trouve pas, et de bassines que j’imagine, j’écope notre radeau de fortune. Je cours, je piétine, je nage en surface, je m’agglutine en dérivation syncopée, il faut colmater la brèche.

Trois silhouettes immobiles végètent en silence sur l’apnée d’un monde happé. Le danger peut faire mourir chaque noyé d’un souvenir douloureux, mais le pire c’est toujours le mort qui flotte. Mes contenants rament à vider un contenu.

La nuit n’est qu’une autre journée qui continue sans nous, une scène sous les feux de la rampe sans spectateurs. Le niveau ne baisse pas. J’écluse à tout va. Le niveau ne baisse pas. La lumière grésille. Je transpire. Le niveau ne baisse pas. Je m’agite. Je me démène. Le niveau ne baisse pas. Je souque ferme. Le niveau ne baisse pas.

Tout est monté d’un coup. La ferme aux mille joints, l’apéro loading, la psilo-verveine, le niveau de l’eau… pendant que ma conscience effleure brièvement un instant l’idée que je vide de l’eau dans de l’eau… pour ça que le niveau baisse pas !

Un flash.

Ça grésille.

Dos au mur.

Je titube.

Me rattrape sur les mains… le sol est sec.

Le monde s’arrête quelquefois de tourner quand la barrique est pleine, le temps de retrouver son souffle et renvoyer l’eau dehors.

Il y a des journées vaines, riches en rebondissements, même si on se surprend à être resté vivant.

 

Ferme les yeux.

Tombe le canapé.

Meurt un autre jour.

 

Fin de la re-transe-mission.

©Necromongers

1009874_418580888248180_1793819988_n

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s