La prière d’une foi meurtrière.

 

 

 

Dans un trou perdu, caché au fond des bois

Il attend, sait il seulement quoi !

Dans une forêt dense, perchée sur une montagne

Il attend, que la folie le gagne !

 

Il est bien ici. Pour s’étendre sur ses angoisses.

Il est à sa place. Pour laisser libre cours à ses obsessions.

Se laisser envahir par une lente circonvolution,

Qui prend déjà possession de son âme, sans qu’il s’en lasse.

 

Tapis dans l’ombre de cette pièce au ralenti,

Assis sur une chaise, les yeux fixés.

Rivés sur la porte d’entrée, aux aguets.

Le temps n’a pas d’importance, aérien, sans vie.

 

Un jour quelqu’un la poussera, entrera.

Il est prêt. A porté de main, son arme qu’il tient,

Dont il se servira en guise de salut, aérien.

Elle n’est que le prolongement de son corps. Il l’a lancera.

 

Personne ne vient jamais ici, c’est bien trop loin.

Mais il le sait, cela arrivera quand même.

Il y a toujours un curieux, qui voyage pour ce qu’il aime

Qui se sent investi d’une foi d’ermite, d’un but sain.

 

C’est ainsi que les choses s’équilibrent,

Les uns souffrent pour des raisons obscures,

Les autres vivent pour des rêves sûrs,

Et chacun attend de son côté le bonheur ivre.

 

Ceux-là se rencontrent toujours, pour confronter leur destin.

Les années ne lui font pas peur, il saura patienter.

Attendre. Qu’une âme enjouée entrebâille l’entrée de son secret,

Pour lui délivrer le sien, d’un vindicatif festin.

 

Il n’y a pas de raison de souffrir en silence

Si d’autres peuvent modifier le poids de la balance.

Il n’y a pas de raison qu’il pleure, à l’intérieur,

Si personne n’en sait rien, pour les louanges de son honneur.

 

Il reste donc ici, la main prisonnière

Dans l’attente de sa délivrance meurtrière.

Il ferme les yeux, comme pour une dernière prière,

Les années ne lui font pas peur, pas plus que tous les mystères.

 

Le destin saura remettre en chemin

Les âmes perdues, qui s’égarent sans fin.

Le destin saura refaire le tracé

D’une âme oubliée, pour la lui indiquer.

 

______________

 

Y’a-t-il seulement un prolongement aux confins des plaintes,

Qui servira la soif de sa vengeance ? Car il a peur.

Peur d’être seul à souffrir, seul à mourir dans les lueurs éteintes

De sa pensée qui se conjugue aux sons des ancestrales clameurs.

 

Sa souffrance n’a pas d’égale en ce monde

Il n’y vit pas. Seule, par la force divine, il réside sur cette cime.

C’est ce qu’il pense, la flamme de sa certitude profonde.

Il est l’unique survivant d’un peuple du crime.

 

Ses choix ne sont pas les siens, ils ne lui appartiennent pas.

Son attente crépusculaire remonte à la nuit des temps.

Surgissant du tréfonds de l’enfer, sa mission est là !

Survivre lui-même au combat qu’il mène, celui du sang.

 

Et, les curieux visiteurs d’un soir auront leur réponse.

L’équilibre empirique du bien pour le mal,

Le salvateur couperet d’une arme qui fonce,

L’orgie consensuelle d’un libérateur attentat, un râle.

 

Survivre, à l’agonie qui le différencie des autres,

Lui qui n’est qu’un indigène aux yeux des vivants,

Un presque mort, enterré pour milles fautes,

Un insecte errant qui cherche un bonheur rampant.

 

Les hommes ne le connaissent pas.

Loin s’en faut puisqu’ils ne viennent pas jusque là.

Il ne vaut mieux pas, d’ailleurs,

Mais à tout malheur répond son bonheur.

 

Vissé sur l’ouverture de son antre suintante,

Qui perle de ses tuiles les larmes d’un songe,

Un cauchemar pour les égarés d’une nuit écrasante,

Une vile aubaine pour celui qui attend son heure, se ronge.

 

Aura-t-il assez de réflexe et d’humanité pour tuer ?

Ne s’endormira t-il pas sur les lauriers de sa passivité ?

Aucunement, il en est persuadé, le résultat sera là !

Une vie à attendre ne peut se solder par cet échec là !

 

Il ne pourrait pas même se raviser,

Même pas s’attendrir rien qu’une seconde.

Il n’en a pas les moyens, pas même la volonté,

La substance de son être est parcourue de cette entière onde.

 

Quand le souffle du dehors fera s’atténuer la nature,

Que les bêtes innocentes se tairont de leur litanie,

Qu’un craquement de branche, et des pas, marquera l’ossature d’un perron conquis,

Le grincement millénaire de la porte retentira sur l’ombre d’un humain, et sa dernière posture.

 

______________

 

Il sert depuis tant de lustres une légende.

Elle le fait vivre autant qu’il l’entretient.

La faute à un passé sombre et meurtrier, qui le transcende.

Une identité dont il ne peut s’affranchir, un joug qui est le sien.

 

Il n’est plus sur de se rappeler pourquoi.

Ce qui fait une légende est toujours discutable.

Il a seulement appris à vivre de ça

Ne pas abdiquer de sa mission, et son but effroyable.

 

Mais il le sait, au fond de lui

Cela remonte à une époque sans nom,

Où ses ancêtres y vivaient maîtres, obéis.

Vénérés par crainte, car Dieu seul est bon.

 

De toute façon qu’importe la raison,

En tout homme le pire et le meilleur se joue.

La différence naît uniquement d’une décision,

De ceux qu’on décide de montre du doigt, de traîner dans la boue.

 

Il n’est pas utile de comprendre le passé.

Maîtriser l’avenir, en revanche, est plus salutaire.

Ce n’est pas cette vengeance, génétiquement inoculée

Qui l’anime, moins que cette profonde blessure, du bestiaire.

 

L’animal qu’il est devenu, il le tient d’origines fausses.

Tout autant de ses aïeux, apôtres au règne maléfique,

Qu’à ceux qui ont courbé l’échine, devenus tyranniques.

Le mal a juste inversé les gorges de ceux qui se gaussent.

 

Toute époque à son lot de malheur et de bonheur,

Tout dépend du camp dans lequel on a sa place.

Le pouvoir s’opère logiquement vers l’abus de terreur,

Tenir son chien en laisse est plus aisé que de le suivre à la trace.

 

Alors vivre ou mourir, quelle différence si c’est dans l’ignorance.

Le choix n’appartient à personne, il faut être honnête.

Ce qui guide nos décisions provient de notre préférence

A faire exister la douleur par ce qui nous reflète.

 

Il est temps. Sa main écrase d’étreinte l’arme qu’il tient.

Ses tendons lui donnent l’impression d’y prendre racine,

De n’être plus qu’une continuité de lui-même, un lien.

Le jour, la nuit se remplacent, attendent qu’une victime se dessine.

 

Dans une maison de bois, au fond d’un trou perdu,

Il sait ce qui l’attend, il attend ce qu’il sait.

Dans un dialecte barbare, il signera son salut

Par l’éternité d’un pacte, l’éclaboussure d’un sang parfait.

 

©Necromongers

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