Etats d’âmes (01) (02) (03)

Etat d’âme 01:

« Je ne suis pas certain d’arriver à dire tout ce que j’ai à dire, à faire tout ce que j’ai à faire, à continuer tout ce que j’ai commencé.
Je prends le temps pour ce qu’il est, un voleur, un menteur, une ignoble traîtrise qui n’a de cesse d’enjoliver l’avenir pour en devenir des points de suspensions…
Ça peut paraître lourdingue, déplacé, légèrement déconnecté de la réalité de le dire ici, sur une surface virtuelle, à des contacts que je ne connais pas tous. Mais enfin, même en vrai, qui connaît vraiment qui? J’ai des doutes sur des tas de gens depuis toujours, ici, au moins, j’ai le bénéfice du contraire… »

 

Etat d’âme 02:

« Respirer ne va bientôt plus être obligatoire, il suffira de pomper l’air à quelqu’un. C’est déjà une partie de notre frêle existence qui s’épuise à regarder nos corps acharnés voler le consumérisme rampant.
Manger ne va bientôt plus être nécessaire, il suffira d’être réserviste et de s’enrôler. Personne ne saura vraiment à quel point la nourriture n’aura plus d’équivalent quand elle n’aura que l’importance d’un sachet fabriqué par l’argent.
Boire ne sera plus vital, qui a bu boira deviendra l’épitaphe d’une génération sans soif. On pourra s’épancher comme un ruisseau et s’abreuver de tous nos maux jusqu’à la lie.
Baiser deviendra une contrainte illégale, il suffira d’émietter de sa main les derniers vestiges de nos songes. Ecouter s’endormir les râles d’antan, comme un manège sans enfants. »

 

Etat d’âme 03:

« C’est par un heureux hasard que l’homme a puisé ses ressources dans les bastions sulfureux des arbres bleus. Une onomatopée plus loin, il était devenu ce lézard invisible qui monte à regret les phalanges de son désir. Personne ne lui avait montré la route, et pourtant, comme un seul lui-même, il savait avancer sur ses os limés par l’alcalose. La vieillesse n’était déjà plus un secret, la décomposition de son antre bitumeuse accélérait son doute.
Le vent ne tarissait pas d’étranges histoires dans les branchages en raffinant ses humeurs sifflantes. La nature sait toujours se rappeler à elle-même, sans nul besoin des hominidés pour évoluer à son rythme. Le dernier des enracinés bleuté respirant encore par la terre avait prédit qu’une espèce viendrait clore la beauté des vapeurs du monde silencieux. Il est là, à nos portes, bien décidé à éradiquer son étrange apparition, emportant avec lui la descendance de la naturalité, dernier rempart à l’abjection que l’on nomme humanité. »

©Necromongers

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