Etats d’âmes (07) (08) (09)

Etat d’âme 07:

« Rien n’est jamais trop tard pour ne rien avoir à faire avec ce qui dérange. Même si on ne peut pas tout envoyer se faire mettre en flaque comme ça, du jour à hier, il est facile d’y remédier en allant joyeusement pondre un avant goût de ce qu’il se fera de mieux demain. Les solutions miracles n’existent pas, les problèmes solubles non plus. Il faut malaxer les interventions d’idées, mélanger les émanations d’intentions, et, sans aucun doute, pérenniser les accalmies d’excitations.
Moi je dis tout ça, je n’en fais pas la moitié, mais en définitive, n’est-ce pas le moins important? Ce qui compte c’est d’imaginer les bonnes choses, les envisager, leur donner une couleur et une vibration. Pour le reste y’a la motivation d’essayer, exister pour ensevelir la notion même de renoncer… putain c’est dur. »

 

Etat d’âme 8:

« On vit dans le vide de quelque chose. Mais personne n’aime remplir l’espace de la même façon, de fait, chacun manque à l’autre de ce qu’il n’a pas besoin. Et le partage n’est pas redistribué par un manque conséquent de solidarité fictive, c’est comme les emplois mais avec un pôle d’emmerdements. Tu signes des pétitions depuis chez toi, tu partages des articles sur les défavorisés du système, mais ton nouveau siècle t’a divisé sur l’envie réelle d’aider, car il te dégoûte.
La politique est là pour faire exister ton absence, comme le vide est là pour faire exister la politique. L’un dans l’autre ça ne fonctionne pas. L’un hors de l’autre non plus. Tu n’es plus grand chose, la politique profite du fait que l’absence et le vide crée un besoin de remplir, bon ou mauvais elle s’en fiche, car c’est sur toi qu’elle compte pour des espoirs qui l’enrichiront elle seule. »

Etat d’âme 09:

« On en était à dévergonder le libertinage quand j’ai été réveillé brutalement.
C’était en pleine après-midi, juste après avoir fait l’amour sur de vieux draps. La sensation de n’avoir rien fait correctement me fit perdre le contrôle.
C’était comme d’habitude mais en moins bien. Le jour écrasait de sa lumière nos corps enchevêtrés. Il faisait un peu froid, juste assez pour que des frissons parcourent en bataille de picotements le long de ma jambe. Elle dormait encore, enfin, ses yeux et sa respiration laissaient à penser que.
Une rafale de vent rabattit violemment un volet, faisant claquer le bois comme une main sur les fesses.
Je ne bandais plus, les songes avaient dégorgé ma verge. Mais ce remous circonstanciel tendait à raviver le sang, mi-jour mi-pénombre, nos odeurs encore lancinantes. Je ne sais pas très bien pourquoi je fis un sursaut sanguin, quand le réveil me sortit de ma torpeur.
Les draps étaient souillés. »

©Necromongers

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