Etats d’âmes (10) (11) (12)

Etat d’âme 10:

« La vertu idyllique des likes emmène nos songes dans un ailleurs qui nous fait regarder les écrans sans discontinuer.
« Miroir dis-moi qui est le plus beau? » Mais le miroir ne répondit pas. Il sema un trouble aussi nécessaire que ravageur, en laissant le reflet prendre son temps pour transparaître de vide.
Le nombre d’amis ne nous dit rien sur leur valeur à appliquer un format déjà décidé par les réseaux. On peut être asocial star, anti-système VIP, rien, rien de prédit si la marche à suivre se souviendra du cours d’eau qu’elle doit emprunter.
Il ne reste que l’avis des autres qui donnent leur vie aux autres.
On peut s’aimer, s’aider, se croire, se faire confiance, se protéger, s’ovationner… le cœur n’en reste pas moins vide, et les gluantes rapacités orgasmiques de l’onanisme peuvent demeurer en berne.
Foutue époque.
Pauvres loques. »

 

Etat d’âme 11:

« Le torrent des ciels est comme les vents qu’il consomme, une auréole sur les glaciers silencieux.
Aux autres il n’y a que la potentielle émotion, des ennemis de l’impossible dans l’alentour des songes malléables. Des synonymes à l’emporte-pièce, une symbiose d’élégance, un genre de fiel biologique.
Jamais nous n’aurons conscience des évasions qui suintent, des oraisons qui dégoulinent, des excréments qui s’expatrient par intolérance de leurs conduits névrotiques. Et pourtant, la vie continue de se déverser sans vergogne.
Merde, et re-merde pour tout ça.
Chiotte, et chiotte encore pour le reste, silencieux, généreux de vide.
Les oiseaux peuvent crever, la nature agonir, le vent sera toujours de plus en plus chaud, et l’avenir de moins en moins beau. Mais le silence, lui, sera toujours gagnant.
Etre beau ne sert à rien sans l’assurance qu’il en reste pour quelque chose. »

 

Etat d’âme 12:

 

« Effacé comme une huître pendant un devoir de mathématique, il sécha la première question pour passer à la dernière. Il faut dire que le vent n’était pas de la partie, hurlant ses plaintes jusque derrière les vitres simples. Elles vibraient légèrement quand les rafales séchaient l’hypoténuse de la racine carrée sous le mastic.
De toute façon cette matière l’emmerdait. Rien que de remplir une case le faisait chier. Répondre à un questionnaire lui pompait l’air. Imaginer des pronostiques chiffrés l’écœurait. Compter, multiplier, diviser, additionner et soustraire le faisait vomir jusqu’à la somme.
S’il fallait un jour travailler, nul doute qu’il envisagerait une profession où l’argent n’avait pas le dernier mot… cela s’appelait Pole Emploi, sauf pour les fins de mois. »

©Necromongers

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