Etats d’âmes (13) (14) (15)

Etat d’âme 13:

 

« Quand j’entends parler de « l’argent de la drogue » ou de la corruption ça me fait rire. L’argent n’est rien, ça reste de l’argent. Un bonbon ou de la coke quelle différence pour l’argent?
Un billet n’a rien fait, ce qu’on en fait en revanche, devient ce que l’argent fait faire, des choses qui font qu’il ne sera jamais le bienvenu dans notre système… mais allez leur dire. Ils s’en foutent. Ils déterminent à l’avance le pourquoi du besoin de quoi pour qui, et qui doit, qui devra, qui ne peut pas, qui ne pourra jamais.
La drogue, la corruption, le soi-disant « argent sale » ne l’est que parce que l’argent existe. Ça ne rend pas la drogue propre, non, mais ça tend à rendre l’argent sale pour tout. Evidemment certains me sortiront les fameuses embrassades du couillon qui prône l’argent qui fait du bien, celui qui fait le bonheur par-ci et par-là. Mais rien que ça c’est accepter que l’esclavage se limite à la considération que l’on a des moyens de l’aide que l’on peut apporter… et l’argent fait de nous des pauvres ou des riches.
En conclusion, il n’y a pas d’argent sale, parce qu’il n’y a pas d’argent propre. L’argent est un système de caste. Une religion universelle. C’est d’ailleurs ce qui permet au monde entier de se développer, bien et mal compris.
Qu’il aille se faire foutre, lui et ses dogmes à la con. »

 

Etat d’âme 14 :

 

« Le vent s’essouffle comme nos envies, d’un blizzard à la bise, une petite cerise qui crie depuis sa mare.
L’étang se noie comme nos ennemis, d’un Gloups au Blurp, une minuscule bulle d’eau s’échappe.
Les saisons se barrent comme nos années, entre pluie et beau temps, une parcelle de seconde après l’autre.
Les amis passent comme la couleur au soleil, d’un vif au pâle, un tantinet trop rapidement.
Les projets s’évadent comme la peur, d’un Arg à l’Oups, d’une ironie presque sans effervescence.
J’ai envie de dire, que les projets d’amis fassent un étang de vent selon les saisons, et on redistribuera l’ordre pour ceux qui en veulent un autre.
Mais sinon, il nous reste à vivre.
Alors ne faisons pas semblant… bordel de merde! »

 

Etat d’âme 15:

« Tout ça n’a pas beaucoup d’importance.
Les murs sont tous les mêmes quand on doit les gravir. Les gens ne savent même plus franchir la moindre parcelle d’humeur qui leur est propre. On se parjure le long des trottoirs en croisant des insectes langoureux, qui sautillent leur joie de n’être rien au milieu d’une nature féroce.
Tout ça n’est pas bien grave.
Les opinions s’échangent comme les branches mortes, le vent fait pleuvoir les avis sans conséquence. Et puis un jour, le sang ne coule plus, ça casse, et l’odeur de sève sèche n’attire plus aucune vie. Mais on ne se lasse pas des trottoirs si chers à arpenter, sans désir, sans sang, sans vie, juste une enveloppe vide, comme un insecte hors de sa chrysalide.
Tout ça n’est rien de rien.
Le libre arbitre est singulièrement étouffé. Petit à petit, comme une écorce qu’on arrache lentement. On s’épluche, on se découvre, on se met à nu, à la merci de notre pire ennemi: la passivité. Et les trottoirs continuent de défiler, pleins de pattes bondissantes, d’âmes éperdues persuadées de vivre leurs choix… mais vous l’aurez compris…
Tout ça est sans intérêt. »

©Necromongers

 

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