Etats d’âmes (16) (17) (18)

Etat d’âme 16:

« Je ne pense rien d’important.
Remarquez je ne suis pas le seul dans ce mélodrame.
Des tas de sans importance pensent. Des tonnes de sans identité non avérée font la même chose en douce. Des oubliés de la communauté du vivre avec ou sans. Les imaginaires de la république sans dents. Les protéiformes discontinus zélés par la réforme du néologisme ancestral l’ont déjà remarqué… nous ne pensons rien d’important.
L’illusion est grande. Si grande et monumentale, que même l’importance ne s’en est pas rendue compte. Alors vous comprenez bien que le sens a des raisons que l’oubli forme par trahison.
S’il fallait penser des trucs importants nous serions à l’avant garde des résolutions fantômes. Un genre de scénario délirant, une scène pour le bonus d’un film d’auteur venu du froid. Une marque sans abris, qui peinerait à trouver son rayon pour se promouvoir. Un caddie abandonné au milieu d’une jungle urbaine. Un parallèle à la symétrie identique.
Nous ne pensons pas l’important, car l’important est dans nos pensées. Nous n’osons pas penser car l’important est dans l’ordre établi. Nous ne pouvons pas déroger à la pensée de l’ordre car l’important est dans ce qui est établi. Nous n’essayons pas de pousser plus loin le chemin car le chemin nous montre déjà le sien.
Je ne pense rien d’important.
Vous devriez ne pas en faire autant. »

 

Etat d’âme 17:

« Le fiel est là. Comme un incident presque hasardeux.
Le hasard n’a rien à voir avec toutes ces conneries.
On devrait se rendre compte que réfléchir ne nous va pas du tout.
Bien affalés, achalandés dans nos petits conforts matériels.
Dave Gibbons l’avait bien compris en créant les Watchmen. Gorges Orwell aussi avec 1984.
Dans une moindre mesure, et avec une réflexion plus profonde, Clifford D. Simack aussi avec Demain les chiens.
Nous sommes devenus la légende des créateurs de science-fiction, leur emblématique rêve de transfiguration.
La science-fiction n’est plus. De jour en jour elle prend forme, lentement, mais avec une conviction résolument résonnante.
Je suis là, comme vous, à me demander pourquoi tout cela me dépasse. Et je prie dans l’ombre, des croyances auxquelles je n’adhère pas.
Nous pouvons tout faire, tout changer, tout espérer.
Mais ce n’est pas près d’arriver.
Car pour changer les choses, il faut se sentir dans l’obligation de le faire. Il est encore trop tôt, beaucoup de mal reste à faire.
Le bien ne viendra de nul part. Le bien est une attitude contre le mal. Le mal s’occupe de faire tourner le bien comme il lui plait. Et tous ces discours qui prennent le bien et le mal pour des entités maléfiques ou purificatrices, ne sont que des prétextes à faire patienter.
Bientôt des nouvelles plus positives, j’en suis sur. »

 

Etat d’âme 18:

« Je veux que vous sachiez que, rien n’est gratuit.
Ni le sourire, même en coin.
Ni le premier soir, même un matin.
Ni la gentillesse, presque catin.
Ni le don de soi, sincère dès demain.
Non, rien n’est gratuit pour la simple raison que la vie des autres nous paye la nôtre.
Nous sommes tous liés. Pas seulement par nos rencontres, nos désinvoltures, nos positions, nos partages. Non, nous sommes liés par le système.
Nos salaires financent toujours une grande partie de nos services communs. Je ne sais pas si cela va perdurer, mais, pour l’instant c’est encore le cas.
Nous sommes tous reliés. Par un truc qui nous dépasse, car il nous prend pour les autres. Le ferions nous de nous-même? J’en doute pour la majorité. La majorité écoute toujours la pensée du moment, certainement pas la voix de l’humanité.
Est-ce le meilleur système? Si on considère que la majorité fait ce qu’on lui demande sinon elle ferait autre chose ou serait perdue, rien n’est sûr. Que profite à la majorité ce que les autres peuvent donner qui la serve? Ouais, donc nous sommes d’accord… ce qu’on lui demande.
Je demande à la majorité de reconsidérer la gratuité de sa propre vie, pour revoir la valeur de celle des autres. Après tout, ce qui nous fait nous l’avons fait, ce qui nous rassemble nous l’avons accepté, ce qui nous guide nous l’avons voulu.
Il me parait tout à fait de circonstance de ne plus rester isolé, et de faire valoir son droit sur le devoir de vivre.
Je veux que vous sachiez que rien n’est gratuit.
Ni le vote,
Ni l’abstention,
Ni le blanc,
Ni le nul.
Rien n’est gratuit.
Ni Macron , ni Le Pen ne peuvent dire le contraire.
Juste que, quoi que vous fassiez, quoi que vous preniez comme décision, vous payerez, au prix fort, la somme allouée à votre condition. Le seul constat que je fais, c’est que la prise de position n’est pas une fin en soi. Il reste quelques milliards d’autres idiots qui ne savent pas pouvoir compter sur vous, alors qu’en définitive, personne n’a le choix.
Je veux que vous sachiez que rien n’est gratuit.
Rien.
Pas même le droit de ne pas y croire. »

 

©Necromongers

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