Couvre-Farandole

Criant spasmodiquement avec vigueur

Ouvertement placide et songeur,

Une autre source d’envie en énergie

Vers un inconnu connu et reconnu assagi,

Renversant nos dogmes idolâtrés

Enfourchant nos peurs galvanisées.

_

Fébriles mais la fibre bandante.

Ensevelis mais la tête sortante.

Unis mais la solidarité chancelante.

°°

Concomitance à l’ombre des doutes

Opiniâtres et laissés pour contre,

Usure falsifiée par acquis de contre-science

Versant comique du label calamité,

Rencontres hors-champs depuis les prés

Embolie vaccinale sous cavité.

_

Fonction virale en léthargie.

Eunuque de la pensée.

Utilitaire pro-confessionnel.

°°

Cage de haute-voltige en arabesque

On applaudit à 18h la grande fresque,

Ustensiles de cuisines contre télétravail

Vrai guidon de l’âme avant qu’elle s’en aille,

Raccordement lyrique de la social distanciation

Enclume parfaite sur un mur de lamentations.

_

Fait d’arme de la guerre virale.

Euthanasie des libertés sociales.

Untel contre quiconque animal.

°°

©Necromongers

Micro(s) poésie(s) rassemblée(s)

Et puis

Rien d’important

Les lumières sont transversales

Et puis

Tout est neutral

Les sons d’images cadrées en accéléré

Pourtant

Et puis, c’est suffisant

Les fractures murales sont délétères

Et ce faisant

Pourtant

Rien d’important.

=

Sans doute

Parlons pour ne rien lire

Exagérons

Sans doute

Posons-nous la question

Proliférons

Sans doute

Ne démentons pas sans avoir cru

Saignons

Sans doute

Marchons, loin

Décalons, nos doutes

Sans doute.

=

Il va sans dire

Taisons nous

Rien ne vaut le silence

Il va sans dire

Silence à table

Calmons nos ardeurs

Il va sans dire

On ne répétera rien

J’ose l’espérer

Il va sans dire

Il ne fait pas froid

La cuisine est occupée

Il va sans dire.

=

Soyons neufs

Ne lésinons pas

Mangeons à perte

Soyons neufs

Courons

Dans la maison

6 par 6

Soyons neufs

Soufflons

Sans perdre haleine

Ne nous débinons pas

Marchons

Geste après geste

Soyons neufs

Barrière après barrière

N’ayons l’air de rien

Soyons neufs.

=

©Necromongers

(photo: ©Necromongers)

Protocole lapidaire

Nos vies, nos tracas, nos absolutismes

Nos geôles, nos désirs, nos formols.

Piétinons avec panache

Tapageons avec ganache,

Hurlons nos dérives

Suons nos récidives.

Nos lignes, nos semblants, nos schismes

Nos tangentes, nos parcours, nos bémols.

\\

Si la peur était une moisson la récolte serait mirifique.

//

Vos doutes, vos accents, vos chiffres

Vos sondages, vos votes, vos différences.

Surgissez dans l’allégresse

Évidez nos maladresses,

Concoctez sans perdre haleine

Saluez toutes nos haines.

Vos erreurs, vos rages, vos fifres

Vos longueurs, vos excuses, vos allégeances.

\\

Si le ridicule était un constat il serait prolifique.

//

Leurs buts, nos souhaits, vos paroles

Leurs vérités, nos sons, vos croyances.

Penser sans déformer

Avancer pour éclairer,

Aider pour agir

Sonder pour épanouir.

Leurs approximations, nos exaspérations, vos oboles

Leurs convergences, nos divergences, vos préférences.

\\

Si l’avenir était écrit il s’effacerait à la gomme arabique.

//

©Necromongers

(photo: Leonel Houssam)

[Archives-2013]… Allez savoir.

Allez savoir si,

Peut-être, je cherche des choses sans savoir où je n’irai jamais sans avoir.

Allez savoir si,

Peut-être, je cherche des choses sans avoir, car je n’aurai jamais sans savoir.

Allez savoir si,

Par gain de temps je sais déjà ce qu’il se passera demain, comme un défi.

Allez savoir si,

Comme par défi, je sais que le gain de temps sera demain ce qu’il n’est pas aujourd’hui.

Allez savoir si,

Le temps nous en laisse vraiment, préférant sans doute ses libertés à la vie qu’il nous ampute.

Allez savoir si,

Les libertés que nous croyions avoir, préfèrent amputer notre vie du temps qu’il nous reste.

Allez savoir si,

Les phrases que j’énonce parlent sans rien dire, ou disent en parlant des riens de tous les jours.

Allez savoir si,

Ce petit rien d’un jour ne fabrique pas par erreur, l’énoncé des phrases qui d’un rien me parlent.

Allez savoir…

©Necromongers [2013]

(collage: BouDerLo)

Nous sommes plusieurs quand nous sommes seuls.

Nous sommes plusieurs quand nous sommes seuls.

Il n’y a rien à redire sur la façon dont le vide se rempli.

Maintes et maintes fois, et de moins en moins,

De plus en plus de choses se sont restreintes petit à petit.

Rien n’est éternel pour ne durer qu’un temps.

La vie ne sait pas mentir à travers ses mensonges.

Il faut croire sans cesse pour douter de tout,

Mais jamais pour ignorer que la vérité n’est bonne que pour les sachants.

°°°

Nous sommes pleins de gentilles peurs sereines.

Idolâtres d’une existence qu’il faut toujours renier.

Soyons sans concessions, unissons nos souplesses,

Reconnaissons nos vagues largesses et réfutons nos infimes étroitesses.

Il en va de notre honneur de nous conduire lâchement.

Tout est un rien que seule l’immensité de la connaissance fait régresser.

Nos chemins nous conduisent là où les directions n’existent plus,

Quelque part dans un néant structuré où le temps ne compte pas.

°°°

Nous sommes identiques dans la pluralité.

Dépenser sans compter, c’est vivre sans imaginer.

Nous pouvons nous noyer sans respirer,

L’air ne sait pas que l’eau mouille d’oxygène.

Il faut se gorger d’allégresse contenue, de nocivité guillerette.

Essayons de devenir autrement que d’être une autre chose du passé.

Considérons le futur comme une arme de destruction passive,

Louons nos efforts gratuitement avec possibilité d’en soustraire le gain.

°°°

Nous sommes là, et c’est déjà bien suffisant pour le regretter.

Le meilleur comme le pire, l’abjecte comme l’idyllique.

On peut tout espérer de nous, presque autant que la mort sourit,

Le mal se conduit comme une jeunette désireuse d’enfreindre la liberté.

La main sur l’épaule pour réconforter, la langue dans l’oreille pour désorienter.

La suite est un événement qui ne reconduit aucune histoire.

Le feu intérieur de nos calmes vociférants se consume dehors,

Personne n’est quelqu’un, quelques-uns ne sont personne.

°°°

Ce qui reste certain, c’est que nous sommes plusieurs quand nous sommes seuls.

°°°

©Necromongers

[Circonvolution][médiatique][d’une] [dépression] [mélancolique].

[Je n’en peux plus.]

De rien, de tout, de moi, des autres.

[Je n’en veux plus.]

De toutes ces conversations qui n’aboutissent pas,

De ces angoisses montantes qui m’étranglent à vif.

[J’en ai marre.]

De la vie qui ne m’intéresse pas, des choses convenues.

Des habitudes, du boulot, des maisons, du train train.

[Je m’en balance.]

De rien, de tout, de moi, des autres.

[Je m’en fous.]

Des responsabilités qui n’ont qu’une vue éparse de mon vide intérieur,

Du surplace qu’on fait en restant à flot pour on ne sait quoi.

[Je n’en dors plus.]

De cette souffrance invisible, du temps qui passe,

Des choses dont on ne se débarrasse jamais malgré tout.

[Je n’y crois plus.]

A rien, à tout, à moi, aux autres.

[Je ne veux plus y penser.]

Au travail, aux travaux, à l’existence, à la peur de vivre,

Aux conditions qu’il faut réunir pour réussir son abnégation.

[Je ne veux pas de la sagesse.]

Même infime, en catimini, en sous-cutanée, sans merci,

Ne rien apprendre qui serve vraiment, pour ne pas avoir à regretter.

[Je ne veux rien.]

De personne, d’aucune sorte, de nulle part, d’aucune façon.

[Je n’y suis plus.]

Comprenez dès à présent mon objectif suprême,

Disparaître facilement, m’évaporer sans conscience.

[Je ne pense plus.]

Pas même à l’aurore, ni à la nuit, bien moins qu’à l’absence,

La prétention d’être et de devenir m’embrouille l’esprit.

[Je n’en peux plus.]

[Je m’en balance.]

[Je n’y crois plus.]

[Je ne veux rien.]

©Necromongers

RAS : Rien À Saquer (titre provisoire officiel).

Courir dans une rue avec une lampe sous forme d’application

Marcher pieds nus dans le marécage des secrets d’états

La pauvreté et les génocides ne sont que du cinéma,

Mais les autorités me coursent pour voir mon attestation.

Je partirai vers la Russie à cheval.

£$

Ce grand pays maître en la matière

Là où le résultat des élections est connu d’avance.

Faut-il être agnostique en complotisme pour sa propre chance ?

Les dogmes sont toujours d’une effervescence plénière.

Je creuserai un tunnel de la Chine au Népal.

£$

Nous verrons bientôt apparaître des lumières dans le ciel,

Des petits hommes verts seront nos dirigeants futurs.

Mais le pays des droits de l’homme a la tête dans le mur

Autant que le déconfinement semble irréel.

Je deviendrai membre de la sainte Kabbale.

£$

Depuis toujours vivre est une option, survivre une injonction,

Les Mayas n’avaient ni tord ni raison, ils ont produit des longs métrages.

Des Paco Rabane de salon, avec l’appli Stop-Covid en bagage,

Inventeurs du Linky, l’électricité de Satan en action.

On finira tous au fond d’un trou bien pâle.

£$

On dira que Michel de Nostredame avait raison

Peu importe si l’État brûle nos cathédrales de nuit.

Les Inuits sont soumis à la sociale distanciation

Quand ils captent la 6g depuis l’espace infini.

Nous mourrons dans un bunker en état grippal.

£$

Que dit la messe sur les trottoirs ? Les démocraties religieuses ?

Un virus du permafrost peut-il s’échapper d’un laboratoire de Sibérie ?

L’origine du monde a t-elle été écrite avant l’écriture inclusive de l’hystérie ?

Est-ce que les dictateurs passent des nuits heureuses ?

Pourra t-on laver les gestes barrières dix fois sans votre aval ?

£$

Découvrira t-on sous les neiges de l’Antarctique l’Atlantide ?

Le gouvernement mondial nous cache t’il les cités disparues?

Le vaccin est déjà prêt depuis l’antiquité contre les hémorroïdes

Mais le réveil sera dur et nous aurons enfin perdu.

Est ce que demain sera un jour ancestral?

£$

Elon Musk va nous rendre éternel et réinventer le capitalisme,

Nous pourrons bientôt payer un kaki du Lot sur Mars avec une puce.

Soyons redevables d’être encore vivants, on peut se faire virer le prépuce.

Louons les prophètes, ils ont cloué les mots en isme.

Craignons la face cachée du social rectal.

©Richard Kuran & ©Necromongers

(image: Banksy)

[Archives-2012]… Le flirt aux oubliettes.

Une idée, une histoire, un long filament qui se déroule

Une pensée, une formule, une entité qui se défoule,

Une énorme plaie qui marque les esprits, une théorie,

Une joie monotone qui déambule parmi les nantis.

Oyez, bande de braves nigauds

Profondicus mal déterminés, je suis des vôtres.

Ne pleurez pas, ne bavez pas…je n’ai pas mon torchon de salopiaud,

Je n’ai pas vomi sur le premier traquenard des apôtres.

Comprenez-moi ou quittez-moi, malgré vous

N’espérez pas commettre un acte gracieux,

Vous n’oseriez pas…rassurez moi, être obséquieux,

Peu importe…loin s’en faut, j’ai la langue pendue, au garde à vous!

Peu m’importe les idioties qui rendent fou

Si les cloportes mangent les âmes,

Le caractère fâcheux qui prévaut qu’on en soit flou,

Les voleurs d’âmes, amusent d’abord les bêtes infâmes.

©Necromongers [2012]

(Collage: BouDerLo)

Une enquête de l’inspecteur Necrolumbo (part 8).

Cela faisait déjà plusieurs jours que Necrolumbo ne mangeait plus beaucoup. Cet entretien avec le commissaire Bouldener avait été éprouvant. Avachi sur le sofa du boudoir, fumant cigarillos sur cigarillos, il réfléchissait à la situation bière après bière.

Ce n’était pas vraiment son habitude de boire, ni de se faire sermonner par sa femme pour avoir sorti le chien une fois de trop. Cette fois-ci les pâtisseries n’y pourraient rien. Il avait beau se remémorer le soi-disant incident, cette gamine était vraiment mal élevée.

En attendant les résultats de l’enquête interne il était mis à pied. Nous étions officiellement le troisième jour du déconfinement, et Necrolumbo avait tout fait (avec zèle et succès) pour ne rien avoir à reprocher à personne. Aucune amende, aucune interpellation, aucune violence de métier à signaler. Aussi, ce moment de carrière entaché par les accusations d’une petite morveuse mal confinée, l’avait quelque peu décontenancé.

Il ne tenait plus à l’intérieur. Aussi, il ferait comme d’habitude, aller promener Le Chien au bord de la Vienne.

Il descendit la rue du Puy Lannaud pour rejoindre l’Avenue du Sablard, jusqu’au Pont Saint-Étienne. Il avait l’habitude de prendre, soit par le quai à gauche par la rue de Clos Sainte-Marie, puis passer sous le Pont Neuf, continuer sous le Quai d’Auzette, afin de rallier le Pont Saint-Martial. De là il traversait et reprenait à droite pour revenir par l’autre côté. Rue de la Filature, passer devant l’Apsah, longer le bord de Vienne pour repasser sous le Pont Neuf et rallier de nouveau le Pont Saint-Étienne. Et sinon, et bien il faisait l’inverse en traversant d’abord le Pont Saint-Étienne. De toute façon il y avait des distributeurs de sacs à crottes tout le long, donc le sens n’avait pas beaucoup d’importance.

Il regarda sa montre à gousset, elle indiquait 22h05. Une fois n’était pas coutume, il n’était pas en service, et à deux pas de la maison il y avait le Petit Jourdan, ce troquet emblématique de la ville, qui était sans doute resté coincé dans un film de la Hammer depuis 50 ans. Il ne retraversa pas le Pont Saint-Étienne mais fila sur la rue du même nom en traversant le Port du Naveix, grimpant les vieilles marches médiévales jusqu’en haut de la rue. Quoi qu’un peu baveux, Le Chien suivait bien.

Labellisé « Taverne Underground », le petit J comme on l’appelait communément, était un bar de nuit pour chats sauvages, délinquants en pause boisson, et anthropomorphistes du rock indé. Bref, absolument pas un endroit pour les morveuses faussement MeToo à peine en âge d’être sur les réseaux.

Il poussa la porte et entra dans le sas, avant de pousser l’autre porte pour entrer dans le bar.

— Le Chien est accepté dans l’établissement patron ?

— S’il sait se tenir et qu’il n’écoute pas de l’Indie Pop c’est ok.

— Il n’écoute que la voix de son maître ! Bon d’accord, je dois vous l’avouer, des fois il écoute aussi du classique et sa patronne. Ah, et puis aussi Mark Lanegan et Isobel Campbell.

— Le chanteur des Screaming Trees ? Parfait, vous êtes mon invité star.

— Il fait un temps à déboucher une Duchesse Anne patron.

— J’en conviens.

— On peut avoir une gamelle d’eau pour Le Chien patron ? Vous savez il vient de monter la côte, il n’est plus tout jeune. Et comme me dit souvent ma femme, ne fait jamais quelque chose que tu regretterais si tu ne l’as pas choisi !

— C’est ok inspecteur, c’est ok.

— Ah, vous avez deviné ? Vous me connaissez ?

— Tout le monde vous connais Necrolumbo. Vous êtes le seul flic de Limoges à ne faire chier personne, tout le monde le dit.

— Ah, c’est gentil, je ne savais pas ce que les gens pensaient de moi. Mais ce n’est pas toujours ce qui vous permet d’être aussi juste que ce que vous croyez. Le monde d’aujourd’hui est plein de personnes qui sont capables de vous mettre plus bas que terre alors que vous ne faites que le bien. Mais je ne vais pas vous embêter avec mes problèmes, juste une bonne bouteille de Duchesse Anne, ça ira !

— Au petit J on n’embête personne inspecteur, on accompagne les souvenirs et la mélancolie, on aide les perdus à se retrouver, on donne du carburant aux fatigués de la vie, on dépayse les instants lourds… bref, on se socialise entre désocialisés. J’amène la Sainte Anne, on va la boire ensemble.

(à suivre…)

©Necrolumbo by Necromongers

Dissection paraplégique du corps marchand.

Non, le cœur de nos défaites n’est pas aléatoire.

L’union ne fait plus la force, elle divise avec amour.

Les maux nous dirigent, avec zèle, vers un bouton poussoir.

Des camps martèlent idéologies et combats pour toujours.

_

Hémoglobine docile de nos instants fragiles,

Pertes menstruelles d’une politique à l’agonie,

Nous léchons la stratosphère du bitume ancestral,

Pour cautériser les mensonges de nos visions lucratives.

_

Oui, nos poumons sont l’hémicycle de nos essoufflements.

Respirer ne permet plus de vivre, à peine de reprendre haleine.

Nos corps sont prisonniers, de facto, de faux engouements.

Des normes édictent nos couloirs à vivre dans la peine.

_

Turgescences maladives de la miroité fécale,

Fibrome syncopé d’une tumeur maligne démocratique,

Ablutions mythomaniaques d’une écorce plastique humaine,

Malade mais vivant comme une tique qui transmet la névrose.

_

Il ne nous reste plus qu’à pleurer des immondicités plates.

Faire pleuvoir des allégations de neutralité préposées.

Enrober d’élégance sans vergogne nos mendicités fastes.

Élaguer avec persévérance nos convoitises aseptisées.

_

Je nous vois, ici bas, applaudir la besogne versatile

Je nous vois, ici las, s’esbaudir la panse érectile.

_

Condoléances factices.

©Necromongers [2020]

(Graph: Nychos)