Les paradigmes d’encre (IOTA)

Confiné dans les vastes splendeurs du néant

Une main tendue flotte dans le vide errant.

Une étoile naine y brille sans aucune logistique

Éclairant de sa dimension les lignes magnétiques.

Soluté à la poigne naissante.

 

Suspendu dans la vacuité un simple instant

L’espace scindé par l’immensité terramorphique.

Une œuvre d’un pauvre dieu, au cœur persistant

Ouvrant les étoiles à coup de clé voltaïque.

Image à la vision angoissante.

 

L’océan noir tremble à la lumière grandissante

La paume céleste brûle, devient évanescente.

L’équilibre est précaire, instable unité de recherche

Quelques myriades et des parsecs pour perche.

Naissance à l’aveugle sidérante.

 

Les doigts effleurent chaque distance opalescente

Les yeux regardent encore et encore, la distance.

De nous, à des années lumières infiniment vacillantes

Un astre, dans l’infinité humaine de la résilience.

Vision infinie déchirante.

 

De magmas en explosions atmosphériques

Léché par sa première comète tellurique.

Un foisonnement faisant déplacer la matière

Une deuxième naissance, un remous adultère.

Mouvements d’indécise planante.

 

Des Calliope remuant les lignes de leur corps

Dans les écrits célestes, perdus et souterrains.

Derrière les beautés des failles sismiques raccords

Épousant les courbes à chaque mouvement de rein.

Galaxie souvent tournoyante.

 

En dehors du temps, créant son indice naturel

Des pluies filantes festoient en jouissance la nouvelle.

Les dimensions se congratulent à l’unisson

L’univers ouvre un œil, sa sieste écourtée par la chanson.

Canopée générationnelle frémissante.

 

Les météores et les comètes ne se croisent jamais

Dans des plaines aux allures volcaniques.

Oubliant les flots insensés qui coulent désormais

Dans le cœur d’une planète organique.

Battement silencieux d’Amarante.

 

Le cosmos s’étalant sur l’infini de toutes les attentes

Résonne en sourdine pour de futures patentes.

Une variante du Big Bang pour les étoiles à neutrons

La dîme des poussières sous les étoiles d’électrons.

Voie lactée partiellement déroutante.

 

Le silence et les cris stellaires des anneaux

Tournoyant autour des vieux paradis célestes.

S’abstient de toutes voix susurrées sous nos peaux

Quand nous prions durement pour le reste.

Déité aux allures pesante.

 

©Necromongers & ©Richard Kuran

 

 

 

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[ça repousse]

Il y a cette pile monstrueuse de magazines de mode, de santé, de machin people et autre géographie mondiale. Moi je suis venu pour mes dents.

Je ne sais pas si c’est l’heure ou le jour, mais bizarrement je n’ai jamais vu autant de monde ici. J’ai un peu d’avance, mais je suis pressé d’en finir.

[ça pousse]

Ça sent drôle. Comme du camphre au fluor et des marées d’eau de cologne. Mes voisins et mes voisines le sentent tous. Je me dis que c’est peut-être ça le bonheur, même avec des dents pourries on peut puer bon de la gueule et des aisselles.

De tic-tac en épluchage de pages, et de fond d’oreillettes en glissement de doigts, l’atmosphère s’alourdit dans le calme. Personne ne regarde personne. Comme si on était tous un peu sale. On est là pour la même chose, des trucs louches dans nos bouches, des machins dans le vagin.

[ça pousse]

Je prends une revue au hasard, sans regarder, avec la peur de croiser les yeux de quelqu’un. Merde, Voici. C’est le truc con ces rassemblements chez les regroupements de professionnels. Unir un dentiste et une gynéco, tous vos problèmes de bas en haut. `

Evidemment, c’est la pleine mixité entre les chaises. Ça ne fait pas trop de cas pour savoir qui va voir qui, hormis les filles. C’est sale de partout une fille ? Les hommes sont des porcs, d’accord, ça, on nous le répète assez en ce moment, mais une fille ? J’en sais rien et je m’en fous. On se sent sale d’attendre comme ça. A se regarder faussement, rapidement, sans se questionner du fond de l’œil, sans chercher à se reconnaître, au fond de l’autre.

[ça pousse]

Voici. Quelle merde. Tiens. J’ai 15 minutes d’avance. Tout ce bouillonnement silencieux me donne envie de visiter les WC. En tout bien tout honneur, pétri d’une immense gloire sans gène, et plein d’un courage que peu pourraient qualifier d’arriviste, je me lève promptement sans mot dire, et pars chier avec mon Voici.

[ça pousse]

Problème épineux, c’est occupé. C’est un peu la valse des commodités chez les indignés de la prostate hors de chez eux. Y’a pas d’âge légal pour être en concurrence des intestins ou de la vessie chez les rageux.

Je n’ai vu personne sortir de la pièce depuis mon arrivée. J’en conclus bêtement que c’est une entrée en matière prévisionnelle, ou un caca de force majeur des docteurs.

[ça pousse]

Des enfants font la comédie pour supplanter mon besoin élémentaire. Ma sociabilité primaire fait office d’un constat, qui m’appelle à rediriger mes calculs binaires sur l’éventualité d’un fondement expiateur prioritaire.

[ça pousse]

Je cède ma place et mon Voici. A mille lieux de penser que les minutes tournent elles aussi. Oubliant momentanément mon mal de gencives. Mais je le sens bien, ça piétine derrière. C’est de ma faute. Mon avance c’est du retard que j’ai perdu chez moi.

[ça pousse]

Je suis désoeuvré. Ça rentre et ça sort du cabinet, pendant que moi je bataille avec mon ventre dur et mes gencives de porc. Je fais de la politesse sociale. Si je sens bon de la bouche c’est une erreur de casting, bientôt je vais faire mon coming prout.

[ça pousse]

Et puis soudain, le drame. La porte des deux cabinets s’ouvre, mon nom prononcé à haute voix. Ebranlé par la surprise, je sers dents et fesses. J’hésite. Le désarroi. Je n’ai rien vu passer, ni senti venir, c’est mon tour, mais lequel choisir ?

Voici n’en parlait pas. Même pas un potin sur l’horoscope. Rien que du temps perdu. Mon toubib s’impatiente. Voici passera de main en main, même pas pour les chiottes. Pourtant, les lendemains sont les mêmes pour tout le monde… fait chier.

[ça repousse]

 

©Necromongers

Les paradigmes d’encre ( ÊTA)

{une erreur s’est glissée dans l’ordre de notre alphabet Grec. Celui-ci aurait dû être entre ZÊTA et THÊTA}

 

Dans l’odeur mélancolique des courants d’eaux

Une flaque obsolescente traîne en flottant.

Unique en son genre, pâle comme une myriade d’océans

Elle luit, brille et se pare de ses lunettes mégalos.

Hormone tellurique.

 

Elle danse comme les mers déchaînées au lointain

Elle jouie comme les désirs inachevés, si soudain.

Vibrante de son état, subtile, insaisissable

Jouant les figurantes de son histoire impérissable.

Idée métaphorique.

 

Songe du néant, noir et rampant, huile sur le feu

Jardin d’étincelles, lourde et suintante, elle se paye cher.

Fait avancer le monde en brûlant les étapes, amère

Combustible des vies enfouies, nécessité des envieux.

Frappe géopolitique.

 

Agitée comme les vagues, une peinture abstraite

Attisant les flammes sur des vents bénévoles.

Qui naviguant, s’envolent, se survolent

Parfois prennent soudain la poudre d’escampette.

Charge hystérique.

 

Idiome discret, se délectant du mystère établi

Forcenée des faveurs ondulantes des affres marines.

La peur n’est plus à moindre encolure, au port même minime

Sans plus effrayer les vagues à l’âme de la vie.

Planeur mélancolique.

 

Confluence mystique, magnétisme insaisissable

L’ivresse limpide de vivre sur des effluves claires.

Vivante, vivifiante, tonifiante, comme un éclair

Au travers de cette atmosphère non mystifiable.

Vapeur éthylique.

 

Amour croisé, délétère, arguant des tripes à voler

Séjour d’un horizon voilé planant sur un soleil.

Trépidant, irradiant, sonnant de meilleurs bûchers

Galopant sans concession vers un destin d’éveil.

Liqueur famélique.

 

Haine des mémoires oubliées sur les glaces

Le long de ces couloirs de verre et de marbre.

Survivant, soutenant, suivant de l’écho filasse

Des fluides gravés au cœur des arbres.

Rivière anthropomorphique.

 

Derrière les salves héroïques légendaires, en miroir

Le feu tenaille, la vie tressaille, rougit d’espérance.

Se nourrir de la forge de Mjollnir, partir à l’abattoir

Renverser le monde, le tenir pour responsable d’errance.

Explosion pandémique.

 

Et dans la poussière restante nous renaîtrons enfin

Un silence d’espérance dans la nuit des temps.

Le monde se meurt, le ciel s’écoeure, des pleurs assassins

Nous reconstruirons ce qui reste d’antan.

Poème philosophique.

 

©Necromongers & ©Richard Kuran

 

 

 

 

 

 

Etats d’âmes (40) et (41) … fin.

Etat d’âme 40 :

« Alors oui.
Le racisme sous-jacent baigne nos blagues de merdes. Comme un truc inscrit dans les colonisations de nos réunions de familles avérées par l’épuisement de trop de politique mollement comprise.
Il est évident que la panoplie dont nous disposons est une auréole de dispersion passive, sans grande commémoration avec la véracité de notre compréhension. On déballe des immondices notoires sans se rendre compte que ça pourrait blesser des gens.
Nous, peuple européen d’occident qui se la pétons grave de la liberté, égalité et tout le bordel, nous sommes les rois de la guérillas de l’humour narcissique.
Alors oui, nous agaçons, nous provoquons, nous sommes des chieurs avec un brin d’Alzheimer qui se promène, parce que ça nous arrange de pouvoir continuer de nous moquer sans cesse. Mais la redite industrielle de la vieille blague sur les nationalités est souvent aussi lourde que du Michel Leeb sous Prozac.
Ben va falloir faire avec je pense, tout en ayant à l’esprit que l’époque d’aujourd’hui est plus complexe qu’il y a 50 ans. Et donc que la sensibilité des uns et des autres est plus soucieuse de l’émotion qu’elle cherche à évincer qu’à souligner.
J’aime l’humour de merde, lourd, tout genre, noir ou pas, je m’en fous. Mais je concède que le monde n’est plus en phase avec lui-même, vit une période relativement sombre quand au retour de son auto critique, et ne sait plus vraiment faire la différence entre l’émotion et la réflexion.
C’est galère quoi.
Paix à vous, sinon bah tant pis. »

 

Etat d’âme 41 :

« Je ne revends pas mes états d’âmes.
Je les balance, les dissémine, les divulgue à qui veut les lire et les entendre.
Je suis au bout d’une période, je n’en ai plus à prêter.
Je n’ai plus d’idée, me livrer ne m’intéresse plus.
Je n’en vois pas l’intérêt, tout le monde se fout bien de ma vie.
Exactement comme je me fous de la leur.
Je suis un humaniste indépendant, une sorte de Che Guevara de l’adultère des valeurs actuelles.
J’aime bien vivre en dehors de la vie, effrayer les vivants que je croise par nature.
On peut aimer le rock et être un progressiste. Je fais ça à mes heures perdues jusque sur des groupes Suisses.
Je pense que je vais diversifier mes atouts. Espérer percevoir des généralités pour le reflet de mes armes.
Il ne me reste pas grand chose à vivre. C’est surtout que je ne fais rien pour rallonger le truc.
Avec cette initiative complètement branque, je clos les « états d’âmes ». Pour passer à autre chose.
Je vous remercie d’y avoir participé, et d’avoir suivi. Il est fort à parier que je mettrai en place un autre feuilleton pour mourir tranquillement.
Je vais sans doute faire des photos. Plein de photos. J’aime bien l’idée.
Des états de bises à l’âme.
Kiss and marijuana. »

©Necromongers

 

>>{^^Bonjour Mademoiselle^^}<<

̶  Bonjour mademoiselle…

̶  ON DIT MADAME!

̶  Ah pardon, je serais intéressé par votre 06.

̶  MAINTENANT C’EST UN 07!

̶  Ok euh, vous êtes jolie vous savez.

̶  LA BEAUTÉ NE S’ABORDE PAS DANS LA RUE! C’EST SEXISTE!

̶  Et les compliments c’est sexiste?

̶  VOUS ME FAITES DES AVANCES!

̶  Non désolé j’ai pas de monnaie là…

̶  VOUS ME PRENEZ POUR UNE PUTE?

̶  Mais pas du tout j’essaye de lier la conversation.

̶  VOUS VOULEZ ME VIOLER?

̶  Hein? Mais non je vous trouve attirante et je…

̶  SI VOUS ESSAYEZ DE VOUS FROTTER CONTRE MOI JE CRIE!

̶  Mais pas du tout enfin, j’essaye juste de vous parler, et…

̶  C’EST DU HARCÈLEMENT!

̶  Je conviens que la méthode est plutôt naze et un peu beauf mais…

̶  VOUS ESSAYEZ DE ME DRAGUER!

̶  Oui, euh, oui je tente une approche en effet.

̶  VOUS N’AVEZ PAS LE DROIT!

̶  Ah bon? Je ne peux pas parler à qui je veux dans la rue?

̶  C’EST DU HARCÈLEMENT!

̶  Mais vous n’avez que ça à la bouche enfin!

̶  QUOI? VOUS ME FAITES DES AVANCES SALACES?

̶  Je… mais enfin, non! C’était votre phrase là, votre truc que vous répétez…

̶  VOUS ME PRENEZ POUR UNE CRUCHE? VOUS ME DÉNIGREZ PUBLIQUEMENT? MACHISTE!

̶  Vous hurlez tout le temps quand vous parlez à quelqu’un?

̶  C’EST DE LA DÉFENSE ÉLÉMENTAIRE PUBLIQUE.

̶  C’est super intimiste comme méthode, vous êtes seule dans la vie alors ?

̶  C’EST DE L’HUMOUR ?

̶  Non, j’ai abandonné le cynisme depuis qu’on ne peut plus aborder les gens dans la rue.

̶  LÀ C’EST DE L’HUMOUR !

̶  Non c’est du cynisme, mais dans l’ensemble c’est kif kif.

̶  JE COMPRENDS PAS.

̶  C’est bien ma chance tiens, bon je m’excuse, j’arrête de vous importuner, je vous laisse.

̶  JE SUIS PAS ASSEZ BELLE POUR VOUS ?

̶  Faudrait savoir ! Ma petite intrusion vous intéresse ou pas ?

̶  J’AI ÉTÉ À L’ÉCOLE DU FÉMINISME !

̶  J’avais capté le concept. Et ça empêche d’être désirable, de se faire trouver belle ou de se faire aborder?

̶  C’EST UNE HISTOIRE DE RESPECT, DE DISTANCES, D’ÉGALITÉ ET DE BIENVEILLANCE !

̶  Ah. Donc accoster quelqu’un pour lui parler c’est de l’irrespect et de la malveillance ?

̶  VOUS M’AVEZ DEMANDÉ MON 06.

̶  Et je m’en suis excusé ensuite, essayant d’entrer dans la conversation avec plus de tact.

̶  VOUS M’AVEZ IMPORTUNÉ !

̶  Et sinon, même après des excuses, j’ai le droit de penser que votre ton démesurément agressif n’est pas trop bienveillant ? J’allais vous quitter, vous me renchérissez au lieu de me laisser partir, c’est quoi votre problème avec la communication?

̶  J’AI LE DROIT QU’ON ME LAISSE TRANQUILLE !

̶  Oui, je vous l’ai proposé mais vous ne voulez pas, sinon vous m’auriez laissé partir. Je vous plais ?

̶  ÇA N’EST PAS LA QUESTION.

̶  Hein ? Mais si justement ! C’est toute la question de notre conversation. Et vous l’évitez tout en continuant d’accepter qu’on discute en me disant que c’est grossier selon vous.

̶  Vous me trouvez grossière ?

̶  Beaucoup moins… beaucoup moins depuis que vous avez bien voulu communiquer…

̶  Je m’excuse. Je m’excuse d’avoir été désagréable.

̶  Non. C’est moi le vrai con. J’ai usé d’une chose qui fait que nous sommes tous piégés. En vrai, j’ai juste besoin de partager des choses avec des gens.

̶  J’ai envie alors. J’ai envie de partager des choses.

̶  J’en étais sûr. T’as un 07 ?

 

©Necromongers

 

 

 

 

La Douce Providence Des Alternatives (6) « Point trop n’en faut… puisqu’en faux point trop n’en fait »

(NB: Ceci est un travail de recherche sur les alternatives possibles d’un ensemble d’idées et de phrases remuées dans tous les sens.)

 

point trop n’en faut…

///

Corps et âme

Au fond d’un puits,

Œil pour œil

Tué par l’ennui.

/

On se grogne en chien de faïence

Autant en emporte les dents,

Comme un seul homme

Pleurant sous le soleil.

/

Catapulté par l’erreur

Le vent dans les plaines,

Qui s’offre se donne

Quand on meurt c’est pour la vie.

/

On imagine, on prie, on rêve

Souffler n’est pas remuer,

Celui qui bouge est responsable

L’ouragan dans un bocal.

///

… puisqu’en faux point trop n’en fait

///

L’ouragan dans un bocal

Corps et âme,

Celui qui bouge est responsable

Au fond du puits.

/

Souffler n’est pas remuer

Œil pour œil,

On imagine, on prie, on rêve

Tué par l’ennui.

/

Quand on meurt c’est pour la vie

On se grogne en chien de faïence,

Qui s’offre se donne

Autant en emporte les dents.

/

Le vent dans les plaines

Comme un seul homme,

Catapulté par l’erreur

Pleurant sous le soleil.

 

©Necromongers

Etats d’âmes (37) (38) (39)

Etat d’âme 37 :

« Je crois qu’il faut faire place nette.
Ce qu’on dit et pense n’est pas toujours une vérité évidente pour le tout un chacun.
Nos vies font que notre richesse est un ensemble, un bien commun. La société tend à nous séparer de cette notion de base, pour s’approprier notre égoïsme flâneur. Nous diviser pour nous rediriger vers des normes toutes bien huilées. Et ça marche plutôt bien.
Les parents ne sont pas plus l’éducation, que l’éducation nos parents. Notre vécu est un imbroglio de références voulues et involontaires. Les expériences nous apprennent des choses que notre socle familial ne peut nous apporter, car il faut vivre pour apprendre. Donc théoriquement, il faut prendre des risques. Des risques calculés qui dérapent, des risques inattendus qui fonctionnent, des risques fondamentalement interdits par éducation… qui permettent de se situer vis à vis de ce que l’éducation voulait nous apprendre pour nous-même.
Tout cela est essentiel, et, primordial.
Se croire assez malin pour dire des choses profondes en pensant qu’elles sont vraies, c’est comme se branler sur la photo de son ex en pensant qu’elle va revenir un jour sans qu’on l’aime.
Vivez.
Vivez bien plus que nécessaire.
Vivez au-delà de ce qui vous parait soutenable, pour essayer de vous rapprocher de ce qui vous parait véritable.
Pour le reste, je connais un bon psy. Il ne fait pas de miracle, mais il ouvre le chemin.
Et me concernant, je vous dirais juste, pensez à faire ce que je dis, pas ce que je fais. Mais bien sûr, vous l’aurez compris, je n’ai aucune vérité à vous avouer, car nous avons tous la notre. »

 

Etat d’âme 38 :

« Je ne sais plus très bien pourquoi les gens sont terriblement chiants.
Peut-être que ça part de moi. Que c’est ma façon de les voir qui fait d’eux des tombeaux ouverts. On m’accuse souvent d’être un lourd à part. Provocateur, un peu casse couille, mais aussi chaud et limite sur certains thèmes, presque attendu, comme si ma différence avait une faille évidente, mon « réactionisme » primaire sur certains sujets.
Vraisemblablement j’ai aussi des avantages invisibles, je sais me taire quelquefois, même si la tension devrait m’obliger à réagir. Et cela sans lien avec le fait de provoquer. Donc je suis complètement con, car assez inconstant.
Nous dirons finalement que je suis humain, comme la particularité définie de notre espèce, parait-il.
Dès lors, il n’est plus permis d’en douter, si, ni la constance, ni la provocation, ni l’humour de merde, ni la revendication primaire d’une particule élémentaire de l’humanité ne peuvent perdurer en moi… ne me faites pas chier, laissez-moi sur le trottoir. »

 

Etat d’âme 39 :

« Micro {anecdote(s)}

Je n’avais vraiment pas envie du système au bahut, j’ai tout fait pour échouer:
« C’est vrai, moi une fois (comme j’étais en internat et que ma piaule était à 20 mètres de la salle d’anglais) ben je m’y suis pointé en caleçon, avec tout le matos… évidemment j’ai pas pu faire cours, c’était justement ce dont j’avais envie… mais on est con quand on est jeune. »
Et j’ai fait quoi à la place? Je crois que j’ai été piquer un pack à l’Inter du coin en sortant par la réserve, et qu’on se l’ait bu à plusieurs après une course poursuite avec les vigiles… parce que ne voyant pas revenir mes potes, je suis revenu dans le hall du supermarché pour voir ce qu’ils foutaient avec le pack sous le bras, et les vigiles ne m’avaient pas vu ressortir.
Pourquoi me surveillaient-ils? Je crois que c’est parce que j’avais sorti tous les Gaston Lagaffe sous le manteau jour après jour, et puis aussi la collection des Tuniques Bleues pour un pote (un de ceux que j’étais bêtement revenu chercher).
On est con quand on est jeune, mais j’appelle ça des bons souvenirs. Pourquoi? Ben parce que j’ai tous les Gaston tiens! »

©Necromongers

 

 

L’air de rien

Tomber comme une plume un jour de canicule,

Les envies, les débats, les volontés de…

Il n’y a rien. Rien qui soit, rien qui prime.

On peut tomber de meilleurs jours mais c’est ainsi,

On ne choisit pas, on fabrique des circonstances.

La pluie ne décide pas de s’arrêter pour manque d’humidité dans l’air,

Le vent ne cesse pas de tourner pour absence de girouette emblématique.

Le temps est fort.

Le temps décide.

Le temps a raison.

Nous continuons d’exister malgré lui,

Avec cette absence caractéristique

Ce vide circonspect, cette notoriété translucide,

Ce vent pleine face qui gifle en aller/retour.

Il faut laisser tomber, et revenir plus tard.

L’homme est ainsi fait, l’homme fait ainsi,

Il essuie la pluie et fait pleuvoir des chiffres.

Il n’a pas l’air con… s’il n’en sait rien.

©Necromongers

 

Etats d’âmes (34) (35) (36)

Etat d’âme 34 :

« On ne dira jamais assez que le temps c’est de l’argent. Considérant cette légende urbaine j’en conclu de façon significative que j’ai de l’argent à perdre.
Comme j’ai de l’argent à perdre, certains diront que je le jette par les fenêtres, m’apostrophant du fait que j’en ai donc considérablement.
Comme je le jette par les fenêtres, d’autres iront colporter l’idée que l’argent ne fait pas le bonheur. Et qu’eux-mêmes pourraient encore en bénéficier à ma place.
Puisque l’argent ne fait pas le bonheur, nous n’épiloguerons pas longtemps sur l’idée que le temps à perdre est donc nécessaire, surtout celui pour s’en débarrasser plutôt que l’accumuler.
Moi je dis ça, je me fous bien du temps comme de l’argent. Ce que je vois en revanche c’est que les gens ont peur. Peur de manquer de temps, peur de ne pas faire leur bonheur, peur que le temps les jette par les fenêtres.
Je recommande donc vivement d’habiter au rez-de-chaussée, d’éviter de posséder des objets indiquant l’heure et bien évidemment, de n’avoir un habitat qu’avec des portes.
J’entends déjà les regrets ici et là-bas, concédant l’image suffisamment délurée que passer d’une pièce à une autre sans pouvoir mettre le nez dehors est une altération au bonheur que le temps ne nous permet pas de jeter, par ailleurs, par on ne sait où.
Je vois bien que les gens ne sont jamais contents, ni de rien, ni de tout, ni des adages et autres dictons, qui ne sèment jamais rien d’autre que le nom de nos peurs souterraines et incertaines.
Tant pis.
C’est comme ça.
Faut s’y faire. »

 

Etat d’âme 35 :

« Nous sommes dans un monde où on ne frivole plus.
On ne parle plus aux filles dans la rue.
On n’insiste pas du regard.
On ne mate plus les formes.
On n’essaye pas de nouer de contact.
On est un agresseur.
On doit baisser les yeux.
Ne jamais suivre une femme par instinct.
Toujours être vigilant.
Ne faire aucune erreur.
Oublier le romantisme improvisé.
Ne plus faire la cours.
Même en restant poli et bien éduqué.
Non, ça ne se fait plus.
On doit rester chez soi à se terrer sur les écrans pour tenter de trouver un(e) âme sœur avant de pouvoir la(le) rencontrer en vrai(e).
Notre monde est terminé.
Vous en êtes conscient? »

 

Etat d’âme 36 :

« Il y a des choses qui vous tuent.
Un regard
Un sourire
Un visage qui vous rappelle dans le temps.
L’impression que votre vécu ressemble à votre vie.
On ne fait pas toujours les meilleurs choix, quand seulement on en a.
On idéalise
On rêve
On s’imagine
On ne sait pas que rien de tout ça n’ira au bout, car entre croire et espérer la différence n’existe pas.
On peut se retrouver seul après avoir été trop entouré.
On peut être entouré et se sentir seul.
Quelquefois on remercie le destin, le hasard, les coïncidences, les nappes de silence qui glissent en emportant le temps avec lui.
D’autres fois on sait, que les décisions étaient les bonnes.
On ne peut pas faire taire le passé, car nous voulons continuer d’exister malgré tout.
Le temps n’efface rien.
Il comble nos douleurs comme on passe de la laque sur les cheveux, de façon éphémère.
Affronter seulement le courage d’accepter, est déjà une avancée.
Faire perdurer cette sensation sans fin, un calvaire.
Il y a des choses qui vous regardent sans vous voir, et des choses qui vous voient sans vous regarder.
On aime
On désire
On pleure
On pardonne
On avance
On s’efforce de comprendre
On ne devrait pas.

Il y a des choses qui vous muent.
Un regard
Un sourire… et l’éternité pour façonner la volonté de mieux faire. »

©Necromongers

 

 

 

Les paradigmes d’encre (THÊTA)

Je me plongerai dans les bras de Nix

Suivant les courants du Léthé et du Styx.

Comme un homme voulant échapper à la vie

Quand mes pulsions se manifestent la nuit.

Comme une moisson des âmes égarées.

 

Les pâles lueurs se regardent entre elles

Un affront de lumières mourantes.

On vivote gaiement au détour des ruelles

Sur un liquide qui consomme des amantes.

Les nuages couvrent nos désirs mitigés.

 

Et quand viendra enfin l’heure

Les ressentis intérieur de chacun,

Chuteront silencieusement au fond des pleurs

Malgré les bruits de la forge de Vulcain.

Couvrant les cris de nos corps dispersés.

 

De phalanges de garde à phalanges en poussée

Au rythme des élans gutturaux psalmodiés.

Peau rouge en dessous du ciel criblé par le vent

Les lames entrent et sortent en dedans.

Le cœur n’est pas pour aimer.

 

Des bris de lances sur les sentiers

D’anciennes gloires ou de la perdition.

Sang bleuté criant la vie à l’unisson

Le corps tombe comme des nuits d’étoiles.

Les mains sont faites pour prier.

 

La névrose du collectionneur qui taille

Les rêves attendront la nuit.

Les cauchemars aux doux murmures sans faille

Flirtant l’au-delà du bruit.

Du sable chaud sous les pieds.

 

Les Mnémosynes qui suivent les Hécatonchires

Les Grées qui se lamentent dans leur tombe.

Autant que les héros qui les surplombent

Et qui dans nos songes semblent les séduire.

De l’eau pour les assoiffés.

 

Nul autre que le feu réchauffe un jour

Les plaies à vivre pour toujours.

Les lendemains sont d’éternels hier

Des mers qui sans cesse ressassent l’air.

La vie pour les écorchés.

 

Les brûlures sont toujours présentes

Comme des cicatrices se voulant oppressantes.

Les jours sont de nouveaux recommencements

Des ciels qui se veulent nos amants.

La mort pour les damnés.

 

Jusqu’au retour incessant de l’appel

Qui enivre nos lisiers de bordels.

Corps à corps entre fluide et guerres

Caresses latentes et sodomies séculaires.

L’amour pour zéphire adultère.

 

©Richard Kuran & ©Necromongers