L’embarque adhère

La poésie se casse la gueule, comme une berge de Ragondins.

Il faut des arbres enracinés, et des vaches sans lendemains.

Des plantes médicinales, des fleurs qui font du bien,

Des marais sans touristes, du vertige de batelier larcin.

Du vent dans les peupliers, du feu dans l’eau Poitevine.

De la bardane qui scratche, de la moutarde sauvage,

Du houblon naturel qui fait la bière trop forte, en vain.

On manque d’amadou, qui sèche au tronc des arrachés.

Les écrevisses américaines font chier, à nous voler nos batraciens,

On préfère à la volée, nos contrées d’herbe à chouans frigiens.

Et pourtant, dieu sait que les monarchistes agacent,

A croire sans fond, que l’âme est indigeste par dérogation.

On en a fait des parcs à thèmes, qui ont avalé l’histoire.

N’en reste pas moins, qu’entre les immigrés et les asséchés,

Chacun écluse à sa porte, l’eau que l’autre ne veut pas.

Mais les saules pleureurs et les fleurs à serpents n’y peuvent rien.

Les carottes sauvages et les fleurs d’angélique non plus.

Le diable est quelque part, tapie sous la vase,

Il attend que s’enlise la promenade, la Venise verte a bon dos.

 

©Necromongers

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Les Zéros Zoziaux « Le Grand Vizeur »

C’est une fable à l’échelle humaine. Une de celle que l’on raconte sans estrade, au même niveau que la terre. Elle n’est pas écrite, se propage à l’ancienne, se déforme et s’améliore avec le temps, d’une bouche à l’autre. Le passé, le présent, l’avenir sont le socle de son histoire. Le Grand Vizeur sait néanmoins que tout cela va s’arrêter un jour. Parce qu’il voit au-delà des mots. Parce qu’il sent par delà le temps.

C’est une histoire qui commença il y a longtemps.

Au départ arrivèrent tout un tas de Zoziaux, d’on ne sait où, ni comment. Dans cette aube silencieuse qu’était la nature on s’entendait respirer. Leur nombre augmenta si considérablement que le murmure du silence s’en trouva époumoné. Pourquoi, tous ces Zoziaux d’on ne sait où, donnaient un rythme lancinant à la vie végétale, une note dorénavant digitale ? Que ferait-on du silence ? Pourra t-on encore respirer par les pores ? Le chapitre du calme venait t-il de s’éteindre ?

Toutes ces questions qui tintinnabulaient en grande pompe ne trouvèrent jamais de réponse suffisante. Les Zoziaux continuaient à piailler, toujours en surnombre. Un malheur n’arrivant jamais seul, étrangement, sans que l’on n’y comprenne mieux que la chute du calme, des Zumins naquirent eux aussi dans un mystère profond. Ils semblaient enchantés par le son tonitruant des Zoziaux d’avant-eux. Si bien qu’en grandissant également, ils les mirent en cage pour leur confort auditif.

Tout d’abord on ne crut pas au malheur, car la nature retrouva partiellement sa sérénité de toute seule. Mais le Zumin ne prit pas que bonne note des Zoziaux, et commença aussi à emprisonner la nature dans des pots et des carrés potagers. Sitôt dit, sitôt fait, il avait donc le silence et le bruit à sa guise, qu’il pouvait dégainer au nez du Grand Vizeur. Et c’est bien normal, car depuis l’apparition inexpliquée de plein de choses nouvelles, le Zumin ne s’ennuyait plus à chercher à comprendre. Mais, deux jouets seulement, ça commençait tout de même à le lasser. Mais comment s’amuser sans rien chercher ? Fallait-il attendre un autre événement inattendu patiemment ?

Le Zumin n’est pas patient. Même le Grand Vizeur savait ça.

Alors, une autre sorte de phénomène rare se produisit soudainement, genre sans crier gare. Enfin, ce n’est pas tout à fait ça. Le Grand Vizeur s’est dit que pour avoir la sensation d’avoir la paix, le mieux, c’était de mettre le Zifi à tout le monde.

Pour ça, il a fait tomber du néant une invention toute réglée pour la chose, une boite d’abord noire quand y’a rien, puis toute pleine de trucs quand y’a le Zinterniet.

Le Zumin, tout bonnement con qu’il est, n’a pas cherché à comprendre comment ce procédé a pu lui tomber sur le paletot. Mais pour sûr que ça l’a captivé.

Et depuis, loin des tumultes de la nature silencieuse et du vague à l’âme encagé des Zoziaux, il navigue sur des plateformes totalement avilissantes et légumoniques, les Zéros Zoziaux de le Zinterniet.

Le Grand Vizeur a enfin la paix, les Zumins font n’importe quoi, sur le seul univers qui leur ressemble, là où comprendre et chercher est un leurre tellement paisible, que chercher à comprendre deviendrait dangereux.

Morale : Pour occuper l’histoire il faut occuper ceux qui la font. Tant pis si la vérité est un mensonge, la bêtise est compatible dans toutes les sociétés.

©Necromongers

DATURA #0 07/2018

Walter Rhulman à encore craqué son slip, il sort une nouvelle revue (avec un nouvel extrait des « Necro manigances Dandois saisissantes » dedans, et plein d’autres auteurs qui envoient du lourd):

« Comme vous le savez, j’ai créé Mauvaise graine en 1996, elle fut mise en sommeil en 2000 pour renaître en 2002 d’abord en ligne uniquement et sous le nom mgversion2>datura. Puis elle fut disponible à l’achat en impression avant que je ne l’euthanasie le 6 avril 2017. Plus qu’une résurrection, c’est un ré-assemblage, à la façon du monstre de Frankenstein. Voici donc Datura 0 juillet 2018. »

« J’attends d’un texte qu’il me traumatise, me martyrise ou me fasse rire, me dérange surtout. Rien n’est plus désolant qu’un texte stérile qui ne laissera en toi aucune trace, à part l’envie de lire autre chose. » Torturez-moi autant que possible, condition sine qua non pour monter à bord.

 

Auteurs et illustrations: 

Jean-Pierre Baissac – Alexandra Bouge – Valentina Cano – Pradip Choudhuri – Pascal Dandois – Amber Decker-Cummins – Cathy Garcia – Léonel Houssam – AJ.Huffman – Patrice Maltaverne – Flora-Michèle Marin – Fabrice Marzuolo – Murièle Modely – Benjamin Nardolilli – Necromongers – Erich Von Neff – Bekah Steimel – Marlène Tissot – Bruno Tomera – Natalie Y. – Harry Wilkens

DATURA – A print and online journal of deviant and defiant work published randomly. Issue 0 – july 2018 – issn : coming up – legal submission (to BNF) : on publication – special printing – masthead : walter ruhlmann © Datura & contributors, july 2018 all rights reserved

https://fr.calameo.com/books/000028151b05ebaae0bba

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Les paradigmes d’encre (KAPPA)

S’incliner devant le garçon des rivières

Regarder la terre d’un œil nouveau.

A travers les temps d’anciens rivaux

Piétinant les champs de nouvelles ères.

Cosmologie constante.

 

 

A l’horizon des rizières du soleil couchant

Les brins flottent aux confins du vent.

Qu’importe la culture qui rejaillit

L’eau n’est toujours là que pour la vie.

Ondulation errante.

 

 

Chaque lame de rasoir sur un bras vivant

Chaque goutte de sang d’un flot errant.

Quand la relativité s’écroule d’un coup

Autour de nous comme un univers fou.

Inhibition latente.

 

 

Il pleut des sons qui sanglotent en rase motte

Des couleurs qui s’alignent en suintant.

L’eau qui dort est un éternel mythe qui flotte

En oraison des veines qui gonflent en rang.

Salaison cinglante.

 

 

Quand nos songes retournent à la poussière

Dès déception pour solde adultère.

Fussent-ils des baisers pour des battements de cœur

Au-delà de nos vies, ailleurs.

Frayeur tangente.

 

 

Mais le garçon reste impassible face au courant

Le lit ne sait pas être autrement que son cours.

La nature s’agenouille pour le peu de son temps

Cailloux, galets et particules de lit face à l’amour.

Gestation omnipotente.

 

 

La rivière coule en dehors des temps

Comme les cheveux des femmes tombent sur le sol.

Aussi loin que la source du firmament

Des pleurs ont oublié des filles folles.

Pulsion déroutante.

 

 

Aussi loin que les pensées surfent aux nues

Sur la vague d’une fragile pratique des idées reçues.

La force s’épuise, comme autant de Samson qui s’ignorent

Par une simple liaison, un souvenir très fort.

Allégorie galopante.

 

 

Mais les songes se remémorent le passé

Dans la finalité de la féminité.

Quand on s’oublie au fond du Léthé

Des crépuscules passés.

Mémoire incapacitante.

 

 

On ne sait plus, on ne cherche plus à rêver

La rivière se pavane entre les pierres léchées.

On ne veut plus, on refuse de sécher

Le garçon est une grenouille attendant la fessée.

Libido flagellante.

 

 

©Richard Kuran & ©Necromongers

Pascal Dandois et Necromongers présentent (chez Urtica):

Je sais que je vous gonfle un peu avec ça. Mais que voulez-vous que je vous dise, les plus puissants des anciens puissants en parlent, même ceux de la tuile en eau sur la gueule qui ont fini par couler leur parti…

L’avenir est un plat qui se mange froid, à condition qu’il y en ait un.
L’avenir a un nom, et il est toujours en vente.
C’est par en dessous:

(toute ressemblance avec une personne ayant auparavant fait chuter la pluie sur sa gueule, et accessoirement l’espoir d’un pays, est une pure coïncidence)

https://urticalitblog.blogspot.com/2018/05/a-paraitre-necro-manigances-dandois.html?spref=fb

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La douce providence des alternatives 7 « Entre les lignes on voit ce qu’on peut y laisser vivre »

(NB: Ceci est un travail de recherche sur les alternatives possibles d’un ensemble d’idées et de phrases remuées dans tous les sens. La couleur sépare les niveaux de lecture, 3 possibilités ici.)

Il faut je crois mourir plusieurs fois pour revivre.

Plusieurs fois.

La seule continuité c’est d’inventer ce qui existe déjà.

La seule continuité.

La meilleure odeur est celle qui pénètre les pores.

Qui pénètre.

On se doit d’être illégitime pour se légitimer.

Se doit d’être.

Nous venons de partout et de nulle part.

Partout et nulle part.

Le respect c’est accepter les défauts de l’autre.

S’accepter.

L’identité c’est se reconnaître dans la glace.

Dans la glace.

Tant pis si la place est prise, puisqu’on nous demande plusieurs vies.

©Necromongers

Les « Necro manigances Dandois saisissantes » … toujours disponible.

Bonjour.
Vous le savez tous. La situation est critique. L’ONU est en pleine crise, l’Europe n’arrive pas à trancher, et l’autre rigolo de Donald s’amuse d’une information qu’il prend à la légère. Même Kim-Jong-Un s’est emparé de cette nouvelle arme à sensation.
Ne désespérez pas, vous aussi vous pouvez l’avoir… c’est par en-dessous:

https://urticalitblog.blogspot.com/2018/05/a-paraitre-necro-manigances-dandois.html?spref=fb

 

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©Necromongers et ©Pascal Dandois

J’ai… 2018.

Je n’ai pas compris… tout de suite.

On me tirait des révérences sur… 2018.

J’ai cherché à croire… d’avance.

Qu’elle pourrait être notre… chance.

J’en reste tout penaud… d’émoi.

Tant le livre est un bateau… d’anchois.

Bien triés et mis en rang… pour la cause.

En place et organisés pour… l’applause !

De mignonnes serviettes en papier… jetables.

Prêtes à inonder l’interjection des onomatopées… interminables.

Une flamme solitaire qui illumine… les puissants.

De sorte que la lumière réfléchit… celle d’avant.

Du vieux avec du neuf pour… les cons.

Comme ceux qui ont besoin continuellement d’une… leçon.

Pourtant la vérité est riche pour ceux… qui l’acceptent.

Faut croire dorénavant que l’indice vaut… perpète.

Mieux vaut trier ses déchets que… les étaler.

Il semble évident que la nation préfère… les enjoliver.

La parole n’est pas assez il faut croire… en Jupiter.

Et puis pour définitivement plaire… se moquer de la misère.

J’ai… 2018… je passe mon tour…

©Necromongers

Ma résilience 3 étoiles.

J’ai passé un week-end dans une résidence 3 étoiles. Un coup de chance, une promo d’enfer pour les pauvres.

Au départ on n’est pas à l’aise au milieu des aisés de la facilité. Vieux sans filets qui ont économisé pour un cadre tout fourni ; familles faciles qui recherchent ce qu’ils ont déjà sans le travail. Mots tellement fléchés du matin au soir que le terrain est balisé pendant tous les JT de TF1 pour 60 ans. F2, piscine, machines de sport, barbecues électriques et ambiance inter-haies.

Le charme perdu des petits gîtes au cadre idyllique est à proscrire ici. Oubliez l’atmosphère éperdue des placards encore vivants, de quelques paquets de pâtes abandonnés, du café, du sel et du charbon de bois entamés qu’on laisse aux prochains par charité crétine. Ici tout est aseptisé, il n’y a rien que le nécessaire de chez soi sans l’essentiel. A différence que pour une modeste contribution supplémentaire, on peut tout avoir sans sortir de son royaume.

Le plus dramatique dans tout ça, c’est qu’on finirait peut-être par s’y habituer si ça devait durer. Moi j’ai toujours été plus ou moins asocial, même en ville. Le besoin de proximité, d’entre aide, de communauté entre voisins, je ne sais pas ce que sais. J’ai dû demander une fois du papier d’alu à une voisine, ça ne m’en a pas fait une amie.

Je dis pas en période de guerre, de crise, de soulèvement quelconque, mais sinon je suis mieux à distance des autres. J’ai toujours été poli, mais faire semblant ça me fait chier.

Mais passons, ce village vacance me fait penser à du communautarisme en villégiature. On te met en très proche contact, supposant qu’une haie mal taillée aidera à consolider l’attachement que tu as pour l’autre à sa foi communicative du JT. Si jamais ça ne marche pas, que tu échoues ou n’a pas envie, on te fournira tout ce dont tu as besoin quand même matériellement… si tu as les moyens.

Donc, ce monde de vacances est un pâle reflet de la réalité, tout s’achète, même la proximité et le besoin.

Les grillons ont beau chanter le soir sous les lampadaires, les grenouilles croasser dans une flaque artificielle, certains oiseaux faire des sérénades nocturnes aux sons des cours d’eaux qui ruissellent, le kit ménage sera toujours à 5€, et les pastilles de lave-vaisselle iront à toi sans passer par le supermarché. Un vrai village en autarcie, le summum de l’ermitage capitaliste de groupe.

Une majorité de gens ont les mêmes habitudes. Se retrouvent aux mêmes endroits, mangent à la même heure, ont les mêmes activités, les mêmes pastilles lave-vaisselle, les mêmes sacs poubelles, les mêmes codes, la même routine…

Ça m’a fait penser à un camping de luxe, à ceci près que l’emplacement peut changer d’une année à l’autre.

Chacun fait ce qu’il veut de sa pauvre vie, ce n’était pas une mauvaise expérience. Moi qui suis habitué aux F1, aux Ibis Budget, aux Campanile, voir aux hôtels pouilleux pour la déconvenue, j’ai concupiscé par jurisprudence.

Pour certains, les vacances c’est le dépaysement, pour d’autres le besoin de ne rien changer à part le lieu.

Je n’ai pas de goût de luxe, ça ne me fait pas bander. Je ne tiens pas à devenir un sociopathe du plaisir facile prépayé… on a déjà tout essayé avec ma femme dans les hôtels bon marché.

Mon plaisir je le mets là où les autres l’abandonnent, au rayon des casses-couilles névropathes caractériels. En plus, l’illégalité côtoie la facilité, le Wifi est payant. Un genre de prose du capitalisme inversé, là où la chose est gratuite partout ailleurs, quand tu as tous les services tu payes la gratuité.

Faire payer le Wifi à un sociopathe c’est comme repousser la limite de la cuisson des pâtes Al Dente.

Nous on a trouvé ça par hasard, on y est allé comme à l’hôtel. Résultat, le dimanche on se tapait GIFI pour une éponge et du liquide vaisselle… ah, et puis aussi du PQ, j’aime bien laisser un peu de moi avec une forme qui prône la quantité plutôt que la qualité…

©Necromongers