Archives du mot-clé alcool

_ Les songes d’une nuit d’éther _

Valse à mille pans

On regarde ailleurs,

Conduite en état de détresse

Permis de fuir.

Avaler des éthylotests

Passer la dernière,

Démarrer en trombe

Remettre le couvert.

Singer les contre cœurs

Faire fi des politesses,

Avoir la tête qui séjourne

Dans une gueule d’atmosphère.

Voir trouble et tintinnabuler

Essayer de répondre à la foudre,

Courir dans un désert de soif

Chercher l’oasis de dégrisement.

L’avant poste de l’infortune

Le serpent qui se mord le feu,

Faire une dernière gouttière

Se jeter à l’eau…

la vérité n’aime pas Dieu

Sans foie ni loi, si pieu,

Être ou avoir éthéré

N’être ou ne pas naître.

©Necromongers

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Ivre…

Ivre dans son bain, il décroche son téléphone et se jette Allô.

Ivre, il tente de se brosser les dents, mais elles sont sans cible…

Ivre, il tente de se dégriser lui-même dans le noir.

Ivre, il tente d’enfiler un slip, il fait un flop.

Ivre, il s’endort la tête dans le cul et se réveille avec de la merde dans les yeux.

Ivre, il se couche avec du poil dans les dents, mais il ne sait pubien pourquoi.

Ivre, il mange un sandwich au thon, le lendemain il accuse son chat.

Ivre, il envoie un texto à toutes ses ex, le lendemain son numéro a changé de téléphone.

Ivre, il poste sur les réseaux, personne ne s’en aperçoit.

Ivre, il se couche ivre. Sobre, il se lève sobre. Sa vie change à jamais.

Ivre, il compte les moutons pour s’endormir à voix haute, il a la laine douteuse.

Ivre, il fait semblant d’être sobre. Il est aussitôt dénoncé.

Ivre, il découvre que la vérité est vraie, le mensonge le gagne à jamais…

©Necromongers

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Alcoologies (4): Le Plan Levant du Penchant

Le plan Levant du Penchant

 

 

Comment est-ce possible ?

Adieu géant, témoin miraculé de l’imaginaire,

Salut vieux brigand, gérant solide de nos atmosphères.

 

Comment est-ce possible ?

Témoin gênant tenu à l’écart circonstanciellement,

Regard vitreux, hagard, morbide, pour ça il est excellent.

 

L’ouverture secrète de nos pires cauchemars

Malgré, le salut fraternel de nos prières

Il reste, l’ange déchu qui ère les boulevards

L’archange immatériel qui sillonne nos jachères.

 

Le démon, en somme, celui qui est en chacun de nous

Et qui penche la balance au gré de ses préférences.

Comme un somnambule épris de justice, d’un joug

D’une idée transgressive, maligne…avec persévérance.

 

Il est là ! Devant nous, moi, toi…comment est-ce possible ?

 

Après tant de combat pour l’éradiquer de notre intérieur,

Tant de supplices partagés, d’erreurs mal digérées.

Il se donne tant de MAL pour entrer sans aucune saveur

Dans les profondeurs marâtres de nos peurs transfigurées.

 

Craigniez donc, pauvres pantins.

Pensiez-vous encore qu’il ne reviendrait pas ?

De quel arbre descendez-vous, ne sera-t-il planté que demain ?

Croyez-vous qu’il n’aura plus faim pour ça ?

 

Ceci est un message oecuménique pour les vivants,

Personne n’est à l’abri de son jardin défendu,

Nous devons tous nous préserver du commun des mortels dépendants,

Et aussi captifs que nous soyons, résistons à l’assaut du salut.

 

Pas celui du Levant, mais du Penchant !

 

L’ironie est une piètre consolation

L’avenir ne s’écrit pas sans l’appel du Levant,

Le présent sans les acquis de la passion,

Le passé ne peut mourir, sans l’accord du Penchant.

 

©Necromongers

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Alcoologies (3): Addictions

ADDICTIONS

 

 

Fragile état de renaissance,

Abrupte constat d’abondance,

Précepte rédhibitoire d’accoutumance,

Amère sensation de délivrance.

 

Logique primaire de refoulement,

Etat secondaire chargé d’isolement,

Force tertiaire d’acharnement,

Syndrome quaternaire d’effondrement.

 

Un esprit s’évade, un corps subit.

Un corps malade dans un esprit conquit.

Un environnement qui réagit,

Un comportement qui trahit.

 

La substance est implicite,

L’attitude n’est pas proscrite,

Les évènements ne sont pas illicites,

L’avènement, néanmoins, reste explicite.

 

En soi, trouver l’énergie positive,

Etaler la somme des pensées qui motivent,

Reconnaître les siens, liste non exhaustive,

Encenser l’amour, réaction cognitive.

 

Rechercher le ton qui ramène la raison,

Maîtriser l’humeur pour les relations,

Travailler son cœur, élargir ses dons,

Engendrer l’espoir comme une floraison.

 

Transformer le provisoire en durable,

Saisir l’opportunité d’être redevable,

Travailler ses peurs, les rendre solvables,

Dominer sa colère, c’est préférable.

 

Avoir une philosophie, c’est se protéger,

Ecouter les autres et partager,

Devant les doutes se faire conseiller,

Croire en l’amour fait toujours avancer.

 

©Necromongers

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Alcoologies (2) : La joie continuelle de l’ivresse éphémère.

LA JOIE CONTINUELLE DE L’IVRESSE EPHEMERE

 

L’ivresse volontaire est maîtresse de nos désirs.

Son flot alternant et fluctuant, spasmodique

Berce notre illusion d’un monde presque identique,

D’une suave impression d’oublier de se mentir.

 

Dans l’onguent cicatrisante de sa volonté d’être,

La pellicule protectrice de son enveloppe ondoyante,

Charnière d’un état dépendant, d’un coma qui se répète

On ne s’appartient plus soi-même, d’une joie naissante.

 

C’est un rêve maîtrisé, qui prend acte,

Une unité stagnante qui sent le plaisir.

C’est un dogme latent qui se targue d’alunir,

Une entité berçante qui veut signer un pacte.

 

S’il faut s’y plier, à la source bénite

D’un état précaire, illuminant la vie,

J’y vois la prière d’un moment continu, un mythe

La somnolence accrue aux douleurs qui se lient.

 

La fragile instance de cette opération constante,

Et l’image tellurique d’une jouissance perpétuelle,

Est le reflet vivant d’une envie sempiternelle,

L’enfant caché des sentiments résiduels, d’une idéologie lancinante.

 

A chercher éternellement les frissons du bonheur

Et penser que, l’instant seul, peut suffire,

L’éloignement sporadique de nos diverses labeurs

S’imbriquent pas à pas, éspérablement, pour s’en languir.

©Necromongers

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Jusqu’à plus soif

Nouvelle parue initialement dans le mag numérique les Short-Stories Etc… de (http://lamatierenoire.net/), mag aujourd’hui disparu…

 

Je n’ai pas retenu le nom. Non, je n’ai pas retenu le nom du gars. Je n’ai pas vraiment eu le temps faut dire. Et puis retenir le nom de quelqu’un qu’on n’a pas eu vraiment le temps de connaitre, ce serait une coïncidence amusante. Je ne le connais pas vraiment moi ce gars. Je n’ai eu qu’un bref aperçu de lui-même, un bref aperçu tout court…faut dire. Son visage je ne le connaissais pas avant, mais je ne l’ai pas vu assez longtemps pour m’en souvenir. C’est qu’il a fait vite le bougre. Je ne peux rien en dire d’ailleurs, je n’ai pas d’avis sur le personnage. Que voulez-vous que j’y fasse ? J’aurais pu avoir le temps de m’entretenir avec lui, un peu. Mais visiblement il était pressé. J’aurais pu apprendre à le connaitre, mais je crois qu’il n’avait pas envie, pas le temps, pas que ça à penser, bref, il a comment dire…précipité les choses. Et moi-même je n’étais pas dans le ton. Je n’ai pas eu la présence d’esprit de l’interrompre. C’était assez furtif il faut dire.
J’avais peine à reprendre haleine après avoir craché toutes mes tripes dans la ruelle à côté du pub. De toute évidence, j’avais quelque peu abusé de la boisson. Courbé en deux, mon corps en appui grâce à la main plaquée au mur qui le tenait en équilibre précaire. A vomir mes abus, comme un repenti qui prend conscience d’une partie de sa vie, qui s’arrête, prend appui et se libère des péchés qu’il a commis. Mon ventre me faisait mal, autant que ma gorge à rendre de la bile. Le film de la soirée passait en boucle dans ma tête, avec quelques vagues et brumeuses hésitations sur le fondement des choses, les réponses aux questions des possibles confrontations.
J’étais arrivé tôt à l’ouverture. A vrai dire, j’ai même attendu devant la porte qu’elle se décadenasse. Le premier client…j’étais le premier client à commander ma rétribution au système social, le premier à rembourser le trop plein d’une vie chargée d’impayés en plus-value.
Quand le deuxième client est arrivé pour renflouer les caisses, j’en étais déjà à mon 5ème don républicain. J’étais prêt à payer très cher, à rembourser ma dette au complet, dussé-je être obligé d’assister à la fermeture de la banque sociale des emprunteurs par intérêt pour y parvenir. Je n’ai pas pu m’empêcher de contribuer avec lui, à l’exaltation de l’émancipation patriotique qui nous exacerbait tous. Le renflouement de la dette. Et la dette est importante, croyez-moi ! Au fur et à mesure de l’arrivée des nombreux actionnaires, j’ai eu la vague impression d’avoir épongé une partie du problème, avec beaucoup d’enthousiasme. Si bien que je m’étais déjà fait beaucoup d’amis, en plus des connaissances donatrices que je pratiquais déjà.
La vie n’a vraiment de sens que quand on la confronte. Avec celle des autres, avec ce qui nous lie aux autres, avec une certaine sagesse syndicaliste…la dette sinon rien ! Tant et si bien que la dette s’est accumulée…surtout pour mon quota prépayé ! J’avais déjà pris des stocks options sur mes récupérations depuis plus longtemps que la simple ouverture de l’établissement. Que du CDD…mais à long terme ! Mais enfin, en bon citoyen, je n’avais pas les moyens de renflouer sans emprunter, donc, j’avais une ardoise.
Ce n’est pas parce que j’étais socialement reconnu comme un contribuable fiable de l’établissement que j’avais connaissance de tous ses créanciers. Mais ma soif de justice et de connaissance était telle que je ne pouvais m’empêcher de me mêler aux nombreux donateurs de la soirée. Avec une certaine délicatesse du verbiage, faisant valser en titubant, la plupart du temps, le contenu de ma rétribution sur les occupants du pub, j’avais acquis une certaine notoriété. Une notoriété que tout le monde considérait comme une évidence acquise, par un taux de présence remontant jusqu’à la simple ébauche du projet de l’établissement. Donc, plus question d’être un simple pilier, mais une véritable entité représentative de la débauche du système social. En fait, j’étais un des concepteurs du projet d’origine, et j’avais encore des parts. Des parts que je dépensais uniquement en ardoise, et que j’avais l’honnêteté de déclarer publiquement.
Ma présence dans les lieux n’était plus à justifier, à prouver par son excès…je m’en croyais le propriétaire spirituel. Un concept devenu quelque peu désuet de nos jours. Mais enfin, ma joie participative à l’ensemble de la procédure s’était pérennisée dans le temps. Mon apport spécifique, caractérisé par la libre évocation du don de soi par la contribution économique au projet, avait sans doute, au-delà de populariser l’endroit par ma simple présence, ajouté au constat évident des impayés de l’état au niveau du système social, une liberté autorisée de l’âme dans ses dénouements les plus restrictifs. C’est justement le problème, on ne sait jamais qui on rencontre vraiment dans ce genre de lieu. C’est un tout venant où les gens semblent heureux de participer à l’amélioration d’une justice civique, autant qu’à éponger une morale déconvenue, tout droit issue des excès débordants de la vie. Les gens viennent liquider leur espoir dans un spasme de partage, tronqué par les visions d’une théorie brumeuse, que l’alcool parsème de son illusion pratique. Et, croyez-moi, je sais de quoi je parle.
De table en table, de verre en verre, j’ai dû oublier pourquoi j’étais venu, et ma compagnie commençait à trouver l’écho d’un symptôme récurent chez l’être humain, la patience. Celle-ci engendrant du même coup un symptôme directement lié au premier, la politesse. Et en cela, il était aussi clair que les gens ne savaient plus, non plus, pourquoi j’étais là. De verre en verre, de table en table, d’un bout à l’autre du pub, je n’étais plus en capacité d’assurer une conversation normale, de marcher normalement, de boire sans renverser. Tout autant que ma bière sortait régulièrement de son contenant, je déversais des flots de paroles que, pour ainsi dire, je jetais littéralement au hasard des visages qui croisaient le mien. Commençant une phrase ici, la ponctuant plus loin, pour tenter de la terminer par là…phrases d’ailleurs, qui devenaient aussi approximative que ma capacité à garder la majeure partie du contenu de mon verre à l’intérieur de celui-ci.
Tout cela aurait pu continuer encore un temps si, par mégarde, ma cheville ne s’était prise dans le pied d’un tabouret. Un croche patte qui scella une partie de mes tergiversations mentales, par un effet d’une symétrie remarquable, visant à projeter dans un alignement parfait le contenu de mon verre fraichement remis à niveau, sur les clients accoudés le long du bar. Et dans un cri de rage décomplexé, à la finesse d’un verbe éclairé, je pu de nouveau étirer le contenu de ma phrase d’un bout à l’autre du bar, sur la figure de chacun de ses occupants : « Puuutainnnnnnnn de bordel de meeeeerddddddeuuu de tabouret à la connnnnnnn ! »
Ce petit incident malheureux de rien du tout provoqua néanmoins un émoi général. Avec une volonté presque unanime et sans la moindre concertation, dans un élan spontané de soutien, la petite dizaine d’idiots qui peuplaient mon environnement proche (à peu près de la superficie qu’avait pu atteindre les projections de mon verre dans l’élan) se rua sur moi pour me jeter dehors. Si vite que je n’ai pu me préparer à l’idée de m’y retrouver avec un verre vide…quelle merde !
Quelle histoire ridicule que de vouloir à tout prix endoctriner les gens avec mes théories sans fin ! Il n’y a sans doute que moi qui buvais mes paroles. Tous des abrutis congénitaux, à ne même pas savoir ce qui les avaient amenés dans ce bar. Moi j’y étais bien avant eux, et ma raison était simple, j’en étais le propriétaire spirituel…ce qui s’y disait et s’y passait me regardait, c’était le lien de mes pensées. Croyez-vous seulement qu’ils avaient tous conscience de ce qu’il s’y jouait ? Bah…qu’ils y crèvent !
Malgré la force avec laquelle ils m’avaient expédié à l’extérieur, et les rouler-bouler que j’avais fait, j’avais toujours mon verre bien en main, intact, mais vide. Avachi le long du trottoir, à moitié sur la route, j’étais là, à me demander pourquoi ce verre était vide. Qu’est-ce qui avait pu empêcher qu’il se remplisse, alors que ma tête était pleine. Dans un effort largement haché, découpé par une complexe désynchronisation de tous mes mouvements, je mis un certain temps à me remettre debout…toujours avec ce verre vide à la main. Où bien allais-je pouvoir étancher mes idées ? Il n’y avait pas une minute à perdre. Il fallait se mettre en chemin. Trouver la soif de vie qui épancherait mon savoir. Reprendre l’histoire là où elle s’était arrêtée, pour achever la difficile aventure des trésors cachés de l’âme. Il fallait remplir ce verre. N’importe quelle direction ferait l’affaire…tous les chemins mènent au Rhum. Je finirais bien par tomber sur une source lumineuse, à la devanture alléchante. Une lumière réfléchissante m’invitant au dialogue.
A cette heure de la nuit les rues se ressemblaient toutes. Il me fallait procéder avec logique et pratique pour ne pas trop tourner en rond. Pendant que d’une main je tenais les murs des bâtiments, qui risquaient à tout moment de s’effondrer, je tendais en avant l’autre, le Saint Graal en évidence tel une baguette de sourcier. Ne pas le casser, la source de vie devait rester pleine d’humilité. Enfin, pour l’instant la coupe était vide…ma quête en devenir. Les murs me suivaient, l’impression d’une force plus grande que moi qui m’empêchait de trouver la source lumineuse. A plusieurs reprises je butai sur des obstacles, m’obligeant à chaque fois à danser avec la vie, qui faillit s’échapper de mon étreinte et de ma poigne. Mais ma volonté de ne pas s’en tenir aux possibles échecs avait payé. Les ruelles inconfortables, mal éclairées, et parsemées d’embûches ne me faisaient pas peur. Ma foi dans l’éternelle consistance de cette coupe me montrait le chemin, j’en étais sûr.
A quelques mètres d’un angle de rue, là, devant moi, la luminosité blafarde et hasardeuse des faibles éclairages, laissait deviner un halo rougeâtre clignotant. J’en étais certain, ce n’étais pas le fruit du hasard, ni le mirage d’un désert provoqué par la soif…ça ne pouvait être que le rayonnement d’une source, le câble de l’alimentation qui me manquait, la batterie d’une seconde chance…un miracle…un débit de boisson ! Mes soupçons furent confirmés, quand à l’approche lente et pénible de cette apparition angulaire, je pu entendre le doux frissonnement d’un ensemble de murmures qui se délectaient d’un contenu. Oui, il y avait de la vie, donc…une source d’approvisionnement et de partage revitalisant.
Ce monde de bar dans lequel nous vivions commençait encore à ressembler à mes attentes…les réponses à mes questions pourraient peut-être trouver le chemin de mon âme. Mon corps en tremblait, mes membres ondulaient de plaisir, ma trachée salivait de nouveau à la simple évocation de l’écoulement du fluide divin dans mon corps. Ma nuit n’avait pas eu son compte, mon verre n’avait pas fini sa servitude, et le flot de mes pensées n’aurait pas à dormir sur mes idées, j’allais pouvoir les confronter. Cette chaleur physiologique, plus qu’humaine, m’enguirlanda l’esprit, et mon corps s’emballa. D’une marche pénible et aventureuse dans le brouillard de ma nuit, mes jambes se mirent à tituber d’affolement, sans plus prendre garde aux possibles obstacles. Comme une réponse évidente de mon esprit vers mon corps, inconsciemment, mon allure s’accéléra, alors même que j’avais déjà le plus grand mal à mettre un pied devant l’autre. Qu’importe, je n’étais plus qu’à quelques mètres.
Alors même que j’approchais une fois de plus de la consistance qui donnait vie à mes illuminations, un signe vint éblouir mes convictions. Un flash étourdissant, me sortant de la torpeur de ma nuit, éclaira une fraction de seconde la ruelle. Cette image blafarde qui parcourait ma rétine jusqu’à présent, et qui me guidait vers le lieu sacré de ma rédemption, m’a explosé à la vue, autant qu’elle m’a exposé à une déformation de mon champ de vision qui tâtonnait…dans ma course, je perdis mon rythme et mes pieds se sont pris dans quelque chose qui me poussa à céder à l’équilibre, la perte totale de celui-ci. Si bien que ma main, tenant jusqu’ici les murs pour me guider, ne suffit plus à me maintenir dans la chute. Par réflexe (oui…j’en avais encore) j’écrasais mon autre main, tenant le verre, sur le mur pour échapper au pire. Une explosion supplémentaire survint dans un fracas d’émiettement qui rayonna de milliers d’étoiles rouges…ma main et le visage en sang, étalé sur le flanc, la tête sur un sac poubelle tombé d’un container pour amortir ma chute. Alors que je tentais de me relever avec les dernières forces qui me restaient, j’entendis du coin de la rue : « Regarde ce que je viens de prendre, un sac de vin près d’un sac de merde…surréaliste comme photo ! ». Les fins débris de verres plantés dans ma main me firent atrocement grimacer quand je pris appuis pour me relever. Le sang qui coulait sur mon front et sur mon visage obstruait ma vue. Mon enfer était à quelque pas de la vie, et j’entendis encore : « Bon allez, c’est bien joli tout ça mais je vais fermer moi…TOUT LE MONDE DEHORS…ON FERME ! »
J’ai toujours eu la vision d’un avenir empêché, d’une vie entravée par le questionnement perpétuel des attentes à avoir. J’ai toujours misé sur la dévotion spirituelle, l’attachement sans limite aux idées qui tiraillent. Mais dans l’immédiat, mon verre était vide, dématérialisé en une myriade d’étoiles de verre, et ma quête voué à être reportée, sans nul doute. Cette soudaine agitation m’avait remué les tripes, et je commençais à sentir comme une remontée d’orgueil caractéristique me prendre de l’estomac jusqu’à la gorge. Ma main ensanglantée s’appuya sur le mur, et, dans un spasme douloureux mon corps entrepris de vider le contenu de ses vices sur la flaque de sang qui gisait à mes pieds. Un sac de vin près d’un sac de merde…il a rien compris à la vie celui-là ! Je suis en quête d’une vérité qu’il ne trouvera lui-même jamais, trop occupé à compter la rétribution du rêve qu’il vend sans mesurer son impact. Il ne sait sans doute pas que les réponses se cherchent là où les limites se côtoient. C’est pas grave, il y a des choses pour lesquelles j’ai de la volonté…et dès que possible, je retournerai expliquer à cet idiot que la vie ne ressemble pas à un instantané, qu’il va lui falloir plus qu’une photo pour la comprendre….tiens, je me demande même si sa clientèle est déclarée…

©Necromongers

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Alcoologies (1) : En attendant la marée

EN ATTENDANT LA MAREE

Tout cela n’est qu’une fausse vérité

[Amère et précipitée]

Je noie mon chagrin, mal digéré.

[Dans un océan d’opacité]

C’est une perte de moi-même,

[Un fond de commerce bien mal acquis]

Une identité partagée, un mal inassouvi.

[En bref, une idée inaboutie]

Comment  passer à autre chose après l’apothéose,

Comment combler le vide qui anime mes entrailles.

Le temps ne fait pas toujours son oeuvre, l’osmose,

Qui dicterait la seule direction possible, me tiraille.

Il se peut que le mal ne soit absous que par méprise,

Que la racine de mes pensées ne soit pas légitime.

Il se peut que le vent dont je suis l’emprise

Virevolte au néant, vogue à la cime.

Alors, pour m’en libérer, boire me parait sensé.

Quitter un moment les affres ultimes d’un joug malmenant,

Sombrer un instant dans les frasques majorées

Me donne l’absolution que la vie digère mon tout venant.

Abandonner le navire comme un capitaine perdu,

Pour retourner à l’arrache le mas qui le guide.

Qui fait naviguer son vaisseau, flotter son salut,

Eclaircir sans paraître, la lumière saisissante et frigide.

Nul doute que la vie n’a pas d’attache sérieuse.

Elle navigue au creux des vagues, au son du vide.

Nul doute que le son des sentiments heureux reste livide,

Il navigue au creux du vague, dans un archipel d’îles mystérieuses.

La boisson est le lien, qui maintient l’équilibre,

Le joint qui relie les ponts entre les émotions.

Qui filtre les sensations, n’en laissant qu’un arôme hybride,

Une feuille de route traçant la conduite, un aimant pour la direction [distraction].

Aux armes citoyens, massacrez le pouvoir qui se libère en vous,

Prenez la tangente et criez au feu, si vous avez le vent en poupe.

Attirez jusque chez vous, la croyance magnifiée d’un dernier rendez-vous,

L’alternance personnifiée d’un ramassis d’idées, à la loupe.

 

 

©Necromongers

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