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Etats d’âmes (40) et (41) … fin.

Etat d’âme 40 :

« Alors oui.
Le racisme sous-jacent baigne nos blagues de merdes. Comme un truc inscrit dans les colonisations de nos réunions de familles avérées par l’épuisement de trop de politique mollement comprise.
Il est évident que la panoplie dont nous disposons est une auréole de dispersion passive, sans grande commémoration avec la véracité de notre compréhension. On déballe des immondices notoires sans se rendre compte que ça pourrait blesser des gens.
Nous, peuple européen d’occident qui se la pétons grave de la liberté, égalité et tout le bordel, nous sommes les rois de la guérillas de l’humour narcissique.
Alors oui, nous agaçons, nous provoquons, nous sommes des chieurs avec un brin d’Alzheimer qui se promène, parce que ça nous arrange de pouvoir continuer de nous moquer sans cesse. Mais la redite industrielle de la vieille blague sur les nationalités est souvent aussi lourde que du Michel Leeb sous Prozac.
Ben va falloir faire avec je pense, tout en ayant à l’esprit que l’époque d’aujourd’hui est plus complexe qu’il y a 50 ans. Et donc que la sensibilité des uns et des autres est plus soucieuse de l’émotion qu’elle cherche à évincer qu’à souligner.
J’aime l’humour de merde, lourd, tout genre, noir ou pas, je m’en fous. Mais je concède que le monde n’est plus en phase avec lui-même, vit une période relativement sombre quand au retour de son auto critique, et ne sait plus vraiment faire la différence entre l’émotion et la réflexion.
C’est galère quoi.
Paix à vous, sinon bah tant pis. »

 

Etat d’âme 41 :

« Je ne revends pas mes états d’âmes.
Je les balance, les dissémine, les divulgue à qui veut les lire et les entendre.
Je suis au bout d’une période, je n’en ai plus à prêter.
Je n’ai plus d’idée, me livrer ne m’intéresse plus.
Je n’en vois pas l’intérêt, tout le monde se fout bien de ma vie.
Exactement comme je me fous de la leur.
Je suis un humaniste indépendant, une sorte de Che Guevara de l’adultère des valeurs actuelles.
J’aime bien vivre en dehors de la vie, effrayer les vivants que je croise par nature.
On peut aimer le rock et être un progressiste. Je fais ça à mes heures perdues jusque sur des groupes Suisses.
Je pense que je vais diversifier mes atouts. Espérer percevoir des généralités pour le reflet de mes armes.
Il ne me reste pas grand chose à vivre. C’est surtout que je ne fais rien pour rallonger le truc.
Avec cette initiative complètement branque, je clos les « états d’âmes ». Pour passer à autre chose.
Je vous remercie d’y avoir participé, et d’avoir suivi. Il est fort à parier que je mettrai en place un autre feuilleton pour mourir tranquillement.
Je vais sans doute faire des photos. Plein de photos. J’aime bien l’idée.
Des états de bises à l’âme.
Kiss and marijuana. »

©Necromongers

 

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Etats d’âmes (37) (38) (39)

Etat d’âme 37 :

« Je crois qu’il faut faire place nette.
Ce qu’on dit et pense n’est pas toujours une vérité évidente pour le tout un chacun.
Nos vies font que notre richesse est un ensemble, un bien commun. La société tend à nous séparer de cette notion de base, pour s’approprier notre égoïsme flâneur. Nous diviser pour nous rediriger vers des normes toutes bien huilées. Et ça marche plutôt bien.
Les parents ne sont pas plus l’éducation, que l’éducation nos parents. Notre vécu est un imbroglio de références voulues et involontaires. Les expériences nous apprennent des choses que notre socle familial ne peut nous apporter, car il faut vivre pour apprendre. Donc théoriquement, il faut prendre des risques. Des risques calculés qui dérapent, des risques inattendus qui fonctionnent, des risques fondamentalement interdits par éducation… qui permettent de se situer vis à vis de ce que l’éducation voulait nous apprendre pour nous-même.
Tout cela est essentiel, et, primordial.
Se croire assez malin pour dire des choses profondes en pensant qu’elles sont vraies, c’est comme se branler sur la photo de son ex en pensant qu’elle va revenir un jour sans qu’on l’aime.
Vivez.
Vivez bien plus que nécessaire.
Vivez au-delà de ce qui vous parait soutenable, pour essayer de vous rapprocher de ce qui vous parait véritable.
Pour le reste, je connais un bon psy. Il ne fait pas de miracle, mais il ouvre le chemin.
Et me concernant, je vous dirais juste, pensez à faire ce que je dis, pas ce que je fais. Mais bien sûr, vous l’aurez compris, je n’ai aucune vérité à vous avouer, car nous avons tous la notre. »

 

Etat d’âme 38 :

« Je ne sais plus très bien pourquoi les gens sont terriblement chiants.
Peut-être que ça part de moi. Que c’est ma façon de les voir qui fait d’eux des tombeaux ouverts. On m’accuse souvent d’être un lourd à part. Provocateur, un peu casse couille, mais aussi chaud et limite sur certains thèmes, presque attendu, comme si ma différence avait une faille évidente, mon « réactionisme » primaire sur certains sujets.
Vraisemblablement j’ai aussi des avantages invisibles, je sais me taire quelquefois, même si la tension devrait m’obliger à réagir. Et cela sans lien avec le fait de provoquer. Donc je suis complètement con, car assez inconstant.
Nous dirons finalement que je suis humain, comme la particularité définie de notre espèce, parait-il.
Dès lors, il n’est plus permis d’en douter, si, ni la constance, ni la provocation, ni l’humour de merde, ni la revendication primaire d’une particule élémentaire de l’humanité ne peuvent perdurer en moi… ne me faites pas chier, laissez-moi sur le trottoir. »

 

Etat d’âme 39 :

« Micro {anecdote(s)}

Je n’avais vraiment pas envie du système au bahut, j’ai tout fait pour échouer:
« C’est vrai, moi une fois (comme j’étais en internat et que ma piaule était à 20 mètres de la salle d’anglais) ben je m’y suis pointé en caleçon, avec tout le matos… évidemment j’ai pas pu faire cours, c’était justement ce dont j’avais envie… mais on est con quand on est jeune. »
Et j’ai fait quoi à la place? Je crois que j’ai été piquer un pack à l’Inter du coin en sortant par la réserve, et qu’on se l’ait bu à plusieurs après une course poursuite avec les vigiles… parce que ne voyant pas revenir mes potes, je suis revenu dans le hall du supermarché pour voir ce qu’ils foutaient avec le pack sous le bras, et les vigiles ne m’avaient pas vu ressortir.
Pourquoi me surveillaient-ils? Je crois que c’est parce que j’avais sorti tous les Gaston Lagaffe sous le manteau jour après jour, et puis aussi la collection des Tuniques Bleues pour un pote (un de ceux que j’étais bêtement revenu chercher).
On est con quand on est jeune, mais j’appelle ça des bons souvenirs. Pourquoi? Ben parce que j’ai tous les Gaston tiens! »

©Necromongers

 

 

Etats d’âmes (34) (35) (36)

Etat d’âme 34 :

« On ne dira jamais assez que le temps c’est de l’argent. Considérant cette légende urbaine j’en conclu de façon significative que j’ai de l’argent à perdre.
Comme j’ai de l’argent à perdre, certains diront que je le jette par les fenêtres, m’apostrophant du fait que j’en ai donc considérablement.
Comme je le jette par les fenêtres, d’autres iront colporter l’idée que l’argent ne fait pas le bonheur. Et qu’eux-mêmes pourraient encore en bénéficier à ma place.
Puisque l’argent ne fait pas le bonheur, nous n’épiloguerons pas longtemps sur l’idée que le temps à perdre est donc nécessaire, surtout celui pour s’en débarrasser plutôt que l’accumuler.
Moi je dis ça, je me fous bien du temps comme de l’argent. Ce que je vois en revanche c’est que les gens ont peur. Peur de manquer de temps, peur de ne pas faire leur bonheur, peur que le temps les jette par les fenêtres.
Je recommande donc vivement d’habiter au rez-de-chaussée, d’éviter de posséder des objets indiquant l’heure et bien évidemment, de n’avoir un habitat qu’avec des portes.
J’entends déjà les regrets ici et là-bas, concédant l’image suffisamment délurée que passer d’une pièce à une autre sans pouvoir mettre le nez dehors est une altération au bonheur que le temps ne nous permet pas de jeter, par ailleurs, par on ne sait où.
Je vois bien que les gens ne sont jamais contents, ni de rien, ni de tout, ni des adages et autres dictons, qui ne sèment jamais rien d’autre que le nom de nos peurs souterraines et incertaines.
Tant pis.
C’est comme ça.
Faut s’y faire. »

 

Etat d’âme 35 :

« Nous sommes dans un monde où on ne frivole plus.
On ne parle plus aux filles dans la rue.
On n’insiste pas du regard.
On ne mate plus les formes.
On n’essaye pas de nouer de contact.
On est un agresseur.
On doit baisser les yeux.
Ne jamais suivre une femme par instinct.
Toujours être vigilant.
Ne faire aucune erreur.
Oublier le romantisme improvisé.
Ne plus faire la cours.
Même en restant poli et bien éduqué.
Non, ça ne se fait plus.
On doit rester chez soi à se terrer sur les écrans pour tenter de trouver un(e) âme sœur avant de pouvoir la(le) rencontrer en vrai(e).
Notre monde est terminé.
Vous en êtes conscient? »

 

Etat d’âme 36 :

« Il y a des choses qui vous tuent.
Un regard
Un sourire
Un visage qui vous rappelle dans le temps.
L’impression que votre vécu ressemble à votre vie.
On ne fait pas toujours les meilleurs choix, quand seulement on en a.
On idéalise
On rêve
On s’imagine
On ne sait pas que rien de tout ça n’ira au bout, car entre croire et espérer la différence n’existe pas.
On peut se retrouver seul après avoir été trop entouré.
On peut être entouré et se sentir seul.
Quelquefois on remercie le destin, le hasard, les coïncidences, les nappes de silence qui glissent en emportant le temps avec lui.
D’autres fois on sait, que les décisions étaient les bonnes.
On ne peut pas faire taire le passé, car nous voulons continuer d’exister malgré tout.
Le temps n’efface rien.
Il comble nos douleurs comme on passe de la laque sur les cheveux, de façon éphémère.
Affronter seulement le courage d’accepter, est déjà une avancée.
Faire perdurer cette sensation sans fin, un calvaire.
Il y a des choses qui vous regardent sans vous voir, et des choses qui vous voient sans vous regarder.
On aime
On désire
On pleure
On pardonne
On avance
On s’efforce de comprendre
On ne devrait pas.

Il y a des choses qui vous muent.
Un regard
Un sourire… et l’éternité pour façonner la volonté de mieux faire. »

©Necromongers

 

 

 

Etats d’âmes (31) (32) (33)

Etat d’âme 31 :

« Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise si ça va mal?
Que ça ira mieux demain?
Que demain est un autre jour?
Que y’a des gens qui se lèvent tôt et que tout leur appartient?
Que demain y fera jour?
Que moins on en sait mieux on se porte?
Qu’à chaque jour suffit sa peine?
Qui vivra verra?
Balayer sous son paillasson avant de regarder sous celui de l’autre?

Non, je ne vous dirai rien de tout ça.
Parce que demain c’est la porte à côté, et que la porte à côté c’est la fenêtre ouverte à toutes les autres portes. Et que mieux on se porte moins on s’aide, et que la peine c’est toujours pour ceux qui aident aux lendemains des autres.
Et qu’en définitive, ceux qui pensent détenir les solutions sont toujours ceux qui prennent des décisions pour les autres, ceux-là même qui ne veulent rien faire pour que demain soit un autre jour, puisqu’ils ne regardent jamais sous leur paillasson.
Alors les lendemains qui chantent hein… Hollywood sous la pluie, même pas en rêve, même pas en chewing-gum, aussi tôt que vous voulez, rien n’appartient à personne.
Le monde est à tous, il faudrait cependant que TOUS nous soyons ce monde que nous voulons…
Et j’en passe et des meilleurs… »

 

Etat d’âme 32 :

« Faites ce que vous voulez.
Faites la grève
Bossez
Ne faites rien.
Bloquez tout
Prenez le métro
Restez chez vous.
Renversez les voitures
Tapez vous les embouteillages
Concourrez à canapéland.
Indignez-vous
Ne vous retournez pas
Marrez-vous du bordel.
Défilez pour dénoncer
Consultez votre épargne
Regardez par la fenêtre.
Soyez bienveillant
Acceptez la malveillance
Battez-vous en les couilles.

De toute façon, si le monde continu à mal fonctionner c’est un peu à cause de nous. La dernière fois que j’ai cru qu’une avancée sociale pouvait changer notre vie, j’ai repris 3 fois des glyphosates au petit déj… »

 

Etat d’âme 33 :

« A la télé y’a de la pub
Sur mon ordi y’a de la pub
Sur mon téléphone y’a de la pub
En ville y’a de la pub
Sur la route y’a de la pub
Sur les voitures y’a de la pub
Sur les poteaux téléphoniques y’a de la pub
En vacances y’a de la pub
Au boulot y’a de la pub
Dans nos maisons y’a de la pub
On mange
On boit
On dort
On vit
On baise…
… avec de la pub.

Mais sans nous il n’y a rien.
Disparaissons.

(ceci était un communiqué des vivants à crédits, sponsorisé par le choix funéraire) »

 

©Necromongers

 

Etats d’âmes (28) (29) (30)

Etat d’âme 28 :

« Je vois bien l’espèce humaine évoluer comme arachnide au 22ème siècle.
Rester à l’affût dans le coin d’une décharge à ciel ouvert, à attendre quelques rares congénères pour la reproduction. Sans aucun consentement, se jeter sur sa proie, la violer et se laisser bouffer ensuite. Les rares légumes étant ce qui reste confiné dans nos derniers neurones, ça ferait toujours des soirées d’été permanent à végéter dans l’oubli.
Le dernier homme sera peut être une femme, si c’est le cas, j’espère qu’elle aura la décence de mettre fin à l’espèce.

« J’aime les gens c’est pour ça que je leur souhaite une mort imminente, si j’étais un monstre je voudrais qu’ils vivent dans leur monde jusqu’à en crever. »

Épitaphe sur mon bocal de cendre. »

 

Etat d’âme 29 :

« Je ne me rappelle absolument pas l’émotion que j’ai pu ressentir en entrant au lycée.
Peut être une chiasse d’enfer, où une angoisse liée à l’internat que j’allais affronter encore, déjà 2 ans au collège. On ne sait pas vraiment ce qu’on s’attend à trouver dans ce nouveau monde, quand on est puceau pour de faux.
C’est un peu l’entrée dans la « vraie vie », comme on s’amuse à dire dans les réseaux. Parce que voyez-vous, dans les sommités de la réflexion du virtuel on vous sermonne régulièrement sur l’idée que vous évoluez dans un conglomérat d’ombres prédictives. Et chacun rentre bien chez soit après avoir dégueuler sur l’amitié de l’autre qu’on se demande en parallèle.
Ce dont je me souviens avec clarté, c’est que c’est à cet endroit qu’on fait les premières rencontres décisives. Qu’on scelle des choix, des amitiés durables, des préférences, des décisions… bien avant de devoir admettre que cette « vraie vie » sentait autant la merde que la dite fausse. Mais les bons souvenirs il ne faut surtout pas les renier, même s’ils ne sont plus que des souvenirs.
Ma plus grande rentre en seconde demain, j’ai la chiasse pour elle, mais je sais qu’elle ne se trahira pas pour n’importe qui.
Des barres ma yeufy. »

 

Etat d’âme 30 :

« Comme quoi, rencontrer la même personne sans ressentir les mêmes choses, est tout à fait calibré par nos devantures larmoyantes des formalités abusives d’un conformisme à plusieurs étages.
Quand on y réfléchit un peu, rien qu’un chouilla, céder à la tentation d’émettre que l’éducation se caractérise par des conventions simulant des actes précis, noyant le reste dans un pugilat non conforme, est un attentat à la socialisation naturelle des gens entre eux.
Si tenté qu’il est inscrit quelque part que les choses doivent s’articuler autour d’un vouvoiement/tutoiement, d’une figure de style s’attachant à montrer une réalité sans fondement autour de l’avatar de quelqu’un, et qui scellerait les attentes que nous devons avoir les uns envers les autres… il est donc fort probable que nous ayons tous une envie intrinsèque de ne pas vouloir apprendre à vivre ensemble…
(réflexion intrusive et incomplète j’en suis sur) »

©Necromongers

Etats d’âmes (25) (26) (27)

Etat d’âme 25 :

« On se permet tout
On n’est permis de rien
On ne s’étonne de rien
Puisqu’on est tout ce qu’on est

Je ne peux rien vous dire d’autre. Au-delà de nos conseils fugaces pour mourir dans les meilleures conditions, nous restons maîtres de nos plus grands instants.
Je vous conseille de vivre au mieux, sans rien penser qui puisse tout englober. C’est quand on est trop préoccupé par les détails que nos vies s’amenuisent.
La vérité universelle n’existe pas, chacun est responsable de son entité, et parsème comme il peut de sa décadente postérité anticipée…
Nous sommes une larme qui n’en finit plus de sécher.
Des bébés éprouvette sur le champ d’une bataille au gaz de schiste, des lacrymo-gènes puissance émerveillement.
Nous redeviendrons ce que nous avons toujours été…
Du sable bitumeux. »

 

Etat d’âme 26 :

« Tout est religion, même l’athéisme en est une. Les croyances sont multiples, l’homme ne sait rien faire sans croire en quelque chose, le capitalisme, la politique, l’écologie, dieu, la religion, le pétrole, l’argent… il a besoin de se rassurer depuis qu’il sait qu’il est mortel. L’homme me fatigue, je suis un nihiliste du néant. J’ai du respect pour tout le monde, mais il suffit qu’on me dise quoi faire et quoi penser pour que je sois de suite réfractaire par nature… alors l’un dans l’autre, il ne s’agissait que d’une pensée virtuelle, tout le monde sait très bien que l’espoir c’est pour ceux qui n’attendent plus rien… (merde, où est-ce que j’ai encore foutu ma corde… ah je suis con, elle est restée sur la poutre!) … j’aime bien tout mélanger, et surtout être le moins sérieux possible, sinon c’est foutu. »

 

Etat d’âme 27:

« Il y a des turpitudes aléatoires qui s’ébruitent en silence.
Le noir nous va si bien, comme une ode au temps partiel de la discontinuité cérébrale infantile.
Il faut sans doute se laisser convaincre par les lumières sans le siècle. Mais dans l’entre-deux, je remercie d’avoir vécu la connivence du dernier et de connaître les ressorts indolents sans consistance du nouveau.
Le miroir de nos alouettes n’est plus un reflet invisible, c’est un calmant à la parthénogenèse, une coulée de fumigènes andropodes à la petite semelle tannée comme on roule un joint à vif.
On déroule, on déroule et on sèche à l’arrivée. Maintenir à flot les derniers îlots, pour l’équilibre du monde. La foutaise internationale endimanchée par l’establishment d’un père Lachaise fatigué de voir mourir les enterrés vivants.
On regrettera plus tard d’avoir assoupli nos divagations mentales pour du pop-corn bon marché. »

©Necromongers

Etats d’âmes (22) (23) (24)

Etat d’âme 22:

« Vous croyez que le monde est un procès d’intention?
Normalement vous devriez vous remettre en question, mais comme chacun ne le sait pas il est chose courante de n’avoir absolument rien à carrer de ce que les autres ont à penser d’eux… par ce qu’ils ne pensent qu’à eux.
Et puis les choses courantes emmerdent généralement, de part leur popularité, leur quotidienneté, leur insipide et journalière redondance. C’est en partie la cause d’un dysfonctionnement universel, la méfiance du renouvellement de l’intelligence.
C’est un produit devenu tellement rare que son apparition fait peur. Même poursuivi, reconnu et châtré, la conspiration de la réflexion fait l’objet d’une enquête sans précédent.
Malgré des efforts considérables pour la dénicher, la délivrer et lui donner la capacité de vivre en liberté, elle reste viscéralement en voie de disparition… sans aucune garantie de renouvellement de l’espèce. »

Etat d’âme 23:

« Tout est famélique.
L’ordre contenu des émanations sporadiques du vent des sédiments invisibles.
La chorale incessante des convenances manipulatrices existentielles.
Les contrées mécatroniques référentielles du ligament de l’espace sans bordures.
La clôture annuelle du comité des lourdingues sans limites agencées.
La ferme ta gueule de l’amour est dans le prémenstruel pour la forme sans le fond.
L’idiome secret des instances révolutionnaires de la fabrique des consonances multiples.
La gravité solennelle des devantures sans allergène assez conventionnelle pour traire les yeux.
La confusion des idées malingres qui fusionnent avec la célérité du plâtre à la Française.
La propriété centrifugeuse de l’hécatombe spongieuse en commémoration rancunière.
La dernière émanation discrète d’une nomenclature épongée par la bière de Mars. »

 

Etat d’âme 24:

« Je ne sais pas.
On ne peut pas tout savoir.
On devine parfois, pour participer.
Mais on ne sait pas tout.
J’aimerais en savoir plus.
Mais j’écourte souvent ma façon d’apprendre.
Je ne suis pas intéressé par tout.
Du coup je ne retiens pas ce qu’il faudrait savoir.
Pour en savoir plus j’entends.
Mon intérêt n’est pas feint.
Mon intérêt est distant.
Je suis comme vous, équidistant.
C’est comme distant mais sur la brèche.
On fait semblant des fois, pour exister.
On croit qu’on sait, on croit qu’on vit.
Et puis, bien évidemment, on vit sans le savoir.
Puisqu’on ne le sait pas.
Parce qu’on veut tout savoir.
Sans connaître l’essentiel.
Sans faire l’effort d’avoir à saisir l’information.
On va au plus simple, au plus rutilant.
On aime se faire voir, sans plus attendre.
Alors on danse (non ça je l’ai piqué).
Et puis on s’imagine, on se voit meilleur.
Mais on ne sait toujours pas quoi, qui, où?
On ne peut pas tout savoir.
On aimerait en savoir plus.
Mais c’est difficile, les autres nous coincent.
La vie, les infos, les trucs sans nous.
J’aimerais en savoir plus.
Mais… je ne sais pas. »

©Necromongers

Etats d’âmes (19) (20) (21)

Etat d’âme 19 :

« Il n’y a pas besoin d’être jeune ou vieux, ni de droite ou de gauche, ni croyant ou athée, ni travailleur ou chômeur, ni impliqué ou passif. Il faut être juste et vrai, honnête et intègre avec soi-même, le reste… on s’en branle.
On peut être déçu de tout et enthousiasmé par beaucoup de choses. Pessimiste sur l’avenir et avoir envie de vivre. Malmené au quotidien et aimer les rencontres. Convaincu par habitude et étonné par expérience.
Il ne s’agit pas de faire semblant pour paraître, ni de croire possible des choses que l’ont sait vaines. De vendre la peau de l’ours avant de se rendre compte qu’on n’aime pas chasser. De parler dans le vide devant des gens qui semblent vous écouter.
La vie ne rigole pas avec nous, elle nous tend des pièges tout autant qu’elle nous donne des chances inouïes. Elle est invariablement plus courte et plus longue, sans empathie pour notre vécu, et nous laisse influencer nos parcours en laissant gérer nos émotions.
C’est tout un problème dont nous sommes assez responsables, sans pour autant pouvoir tout maîtriser. On se fout bien de nous quoi… la vie, cette saloperie d’ado sans retenue, qui inonde notre volonté de n’avoir pas envie de grandir.

Evidemment, ça dépend des jours. »

 

Etat d’âme 20 :

« – Bon ben on aura rien foutu aujourd’hui, ça t’a plu?
– Oui c’était plutôt bien, j’ai apprécié.
– Cool! On se cale comme ça alors!
– Ah ben non, demain va falloir fournir un peu d’effort quand même!
– Hein! Mais pourquoi? T’a pas aimé?
– Si mais on peut pas faire ça tous les jours!
– Je comprends pas. Si on aime un truc on doit quand même changer?
– Je… oui, enfin non mais… on ne peut pas ne jamais rien foutre!
– Sans déconner? Alors si demain je gagne 1 Million au loto et que je m’habitue je dois quand même changer? C’est bizarre.
– Hein? Non mais au loto c’est pas pareil. Déjà faut y jouer, pis quand tu peux te payer tous les services c’est pas comparable.
– Bon ok, disons que j’adore les flans au caramel, mais demain je dois arrêter? C’est ça? Parce que faut pas faire perdurer les choses qu’on aime?
– Mais tu passes du coq à l’âne! Tu prends des exemples complètement opposés, le cheminement n’est pas le même.
– Le cheminement n’est pas le même… tu es en train de me dire qu’il faut gagner au loto pour avoir le luxe d’aimer tous les jours les flans au caramel?
– Non. J’ai pas dit ça.
– Ah tu vois! Tu veux m’embrouiller.
– Non plus, mais… enfin merde tiens, fais ce que tu veux.
– Je savais que tu me comprendrais… »

 

Etat d’âme 21:

« Le vide s’est inscrit un jour de pluie au séminaire de remplissage.
Il croyait pouvoir régler une bonne fois pour toute son infériorité en tentant de combler son manque par des informations en pagaille. Peu importe le contenu, la quantité primait.
Mais lors de l’inscription on lui donna un formulaire avec plein de questions qui parlaient de son intérêt sur le séminaire. Une fois assis, le vide contempla le questionnaire avec une dubitative expression de manque, car il fallait le rendre avant le début de la conférence…
Vexé, il se leva et ne revint jamais. »

 

©Necromongers

Etats d’âmes (16) (17) (18)

Etat d’âme 16:

« Je ne pense rien d’important.
Remarquez je ne suis pas le seul dans ce mélodrame.
Des tas de sans importance pensent. Des tonnes de sans identité non avérée font la même chose en douce. Des oubliés de la communauté du vivre avec ou sans. Les imaginaires de la république sans dents. Les protéiformes discontinus zélés par la réforme du néologisme ancestral l’ont déjà remarqué… nous ne pensons rien d’important.
L’illusion est grande. Si grande et monumentale, que même l’importance ne s’en est pas rendue compte. Alors vous comprenez bien que le sens a des raisons que l’oubli forme par trahison.
S’il fallait penser des trucs importants nous serions à l’avant garde des résolutions fantômes. Un genre de scénario délirant, une scène pour le bonus d’un film d’auteur venu du froid. Une marque sans abris, qui peinerait à trouver son rayon pour se promouvoir. Un caddie abandonné au milieu d’une jungle urbaine. Un parallèle à la symétrie identique.
Nous ne pensons pas l’important, car l’important est dans nos pensées. Nous n’osons pas penser car l’important est dans l’ordre établi. Nous ne pouvons pas déroger à la pensée de l’ordre car l’important est dans ce qui est établi. Nous n’essayons pas de pousser plus loin le chemin car le chemin nous montre déjà le sien.
Je ne pense rien d’important.
Vous devriez ne pas en faire autant. »

 

Etat d’âme 17:

« Le fiel est là. Comme un incident presque hasardeux.
Le hasard n’a rien à voir avec toutes ces conneries.
On devrait se rendre compte que réfléchir ne nous va pas du tout.
Bien affalés, achalandés dans nos petits conforts matériels.
Dave Gibbons l’avait bien compris en créant les Watchmen. Gorges Orwell aussi avec 1984.
Dans une moindre mesure, et avec une réflexion plus profonde, Clifford D. Simack aussi avec Demain les chiens.
Nous sommes devenus la légende des créateurs de science-fiction, leur emblématique rêve de transfiguration.
La science-fiction n’est plus. De jour en jour elle prend forme, lentement, mais avec une conviction résolument résonnante.
Je suis là, comme vous, à me demander pourquoi tout cela me dépasse. Et je prie dans l’ombre, des croyances auxquelles je n’adhère pas.
Nous pouvons tout faire, tout changer, tout espérer.
Mais ce n’est pas près d’arriver.
Car pour changer les choses, il faut se sentir dans l’obligation de le faire. Il est encore trop tôt, beaucoup de mal reste à faire.
Le bien ne viendra de nul part. Le bien est une attitude contre le mal. Le mal s’occupe de faire tourner le bien comme il lui plait. Et tous ces discours qui prennent le bien et le mal pour des entités maléfiques ou purificatrices, ne sont que des prétextes à faire patienter.
Bientôt des nouvelles plus positives, j’en suis sur. »

 

Etat d’âme 18:

« Je veux que vous sachiez que, rien n’est gratuit.
Ni le sourire, même en coin.
Ni le premier soir, même un matin.
Ni la gentillesse, presque catin.
Ni le don de soi, sincère dès demain.
Non, rien n’est gratuit pour la simple raison que la vie des autres nous paye la nôtre.
Nous sommes tous liés. Pas seulement par nos rencontres, nos désinvoltures, nos positions, nos partages. Non, nous sommes liés par le système.
Nos salaires financent toujours une grande partie de nos services communs. Je ne sais pas si cela va perdurer, mais, pour l’instant c’est encore le cas.
Nous sommes tous reliés. Par un truc qui nous dépasse, car il nous prend pour les autres. Le ferions nous de nous-même? J’en doute pour la majorité. La majorité écoute toujours la pensée du moment, certainement pas la voix de l’humanité.
Est-ce le meilleur système? Si on considère que la majorité fait ce qu’on lui demande sinon elle ferait autre chose ou serait perdue, rien n’est sûr. Que profite à la majorité ce que les autres peuvent donner qui la serve? Ouais, donc nous sommes d’accord… ce qu’on lui demande.
Je demande à la majorité de reconsidérer la gratuité de sa propre vie, pour revoir la valeur de celle des autres. Après tout, ce qui nous fait nous l’avons fait, ce qui nous rassemble nous l’avons accepté, ce qui nous guide nous l’avons voulu.
Il me parait tout à fait de circonstance de ne plus rester isolé, et de faire valoir son droit sur le devoir de vivre.
Je veux que vous sachiez que rien n’est gratuit.
Ni le vote,
Ni l’abstention,
Ni le blanc,
Ni le nul.
Rien n’est gratuit.
Ni Macron , ni Le Pen ne peuvent dire le contraire.
Juste que, quoi que vous fassiez, quoi que vous preniez comme décision, vous payerez, au prix fort, la somme allouée à votre condition. Le seul constat que je fais, c’est que la prise de position n’est pas une fin en soi. Il reste quelques milliards d’autres idiots qui ne savent pas pouvoir compter sur vous, alors qu’en définitive, personne n’a le choix.
Je veux que vous sachiez que rien n’est gratuit.
Rien.
Pas même le droit de ne pas y croire. »

 

©Necromongers

Etats d’âmes (13) (14) (15)

Etat d’âme 13:

 

« Quand j’entends parler de « l’argent de la drogue » ou de la corruption ça me fait rire. L’argent n’est rien, ça reste de l’argent. Un bonbon ou de la coke quelle différence pour l’argent?
Un billet n’a rien fait, ce qu’on en fait en revanche, devient ce que l’argent fait faire, des choses qui font qu’il ne sera jamais le bienvenu dans notre système… mais allez leur dire. Ils s’en foutent. Ils déterminent à l’avance le pourquoi du besoin de quoi pour qui, et qui doit, qui devra, qui ne peut pas, qui ne pourra jamais.
La drogue, la corruption, le soi-disant « argent sale » ne l’est que parce que l’argent existe. Ça ne rend pas la drogue propre, non, mais ça tend à rendre l’argent sale pour tout. Evidemment certains me sortiront les fameuses embrassades du couillon qui prône l’argent qui fait du bien, celui qui fait le bonheur par-ci et par-là. Mais rien que ça c’est accepter que l’esclavage se limite à la considération que l’on a des moyens de l’aide que l’on peut apporter… et l’argent fait de nous des pauvres ou des riches.
En conclusion, il n’y a pas d’argent sale, parce qu’il n’y a pas d’argent propre. L’argent est un système de caste. Une religion universelle. C’est d’ailleurs ce qui permet au monde entier de se développer, bien et mal compris.
Qu’il aille se faire foutre, lui et ses dogmes à la con. »

 

Etat d’âme 14 :

 

« Le vent s’essouffle comme nos envies, d’un blizzard à la bise, une petite cerise qui crie depuis sa mare.
L’étang se noie comme nos ennemis, d’un Gloups au Blurp, une minuscule bulle d’eau s’échappe.
Les saisons se barrent comme nos années, entre pluie et beau temps, une parcelle de seconde après l’autre.
Les amis passent comme la couleur au soleil, d’un vif au pâle, un tantinet trop rapidement.
Les projets s’évadent comme la peur, d’un Arg à l’Oups, d’une ironie presque sans effervescence.
J’ai envie de dire, que les projets d’amis fassent un étang de vent selon les saisons, et on redistribuera l’ordre pour ceux qui en veulent un autre.
Mais sinon, il nous reste à vivre.
Alors ne faisons pas semblant… bordel de merde! »

 

Etat d’âme 15:

« Tout ça n’a pas beaucoup d’importance.
Les murs sont tous les mêmes quand on doit les gravir. Les gens ne savent même plus franchir la moindre parcelle d’humeur qui leur est propre. On se parjure le long des trottoirs en croisant des insectes langoureux, qui sautillent leur joie de n’être rien au milieu d’une nature féroce.
Tout ça n’est pas bien grave.
Les opinions s’échangent comme les branches mortes, le vent fait pleuvoir les avis sans conséquence. Et puis un jour, le sang ne coule plus, ça casse, et l’odeur de sève sèche n’attire plus aucune vie. Mais on ne se lasse pas des trottoirs si chers à arpenter, sans désir, sans sang, sans vie, juste une enveloppe vide, comme un insecte hors de sa chrysalide.
Tout ça n’est rien de rien.
Le libre arbitre est singulièrement étouffé. Petit à petit, comme une écorce qu’on arrache lentement. On s’épluche, on se découvre, on se met à nu, à la merci de notre pire ennemi: la passivité. Et les trottoirs continuent de défiler, pleins de pattes bondissantes, d’âmes éperdues persuadées de vivre leurs choix… mais vous l’aurez compris…
Tout ça est sans intérêt. »

©Necromongers