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Les Zéros Zoziaux « Le Grand Vizeur »

C’est une fable à l’échelle humaine. Une de celle que l’on raconte sans estrade, au même niveau que la terre. Elle n’est pas écrite, se propage à l’ancienne, se déforme et s’améliore avec le temps, d’une bouche à l’autre. Le passé, le présent, l’avenir sont le socle de son histoire. Le Grand Vizeur sait néanmoins que tout cela va s’arrêter un jour. Parce qu’il voit au-delà des mots. Parce qu’il sent par delà le temps.

C’est une histoire qui commença il y a longtemps.

Au départ arrivèrent tout un tas de Zoziaux, d’on ne sait où, ni comment. Dans cette aube silencieuse qu’était la nature on s’entendait respirer. Leur nombre augmenta si considérablement que le murmure du silence s’en trouva époumoné. Pourquoi, tous ces Zoziaux d’on ne sait où, donnaient un rythme lancinant à la vie végétale, une note dorénavant digitale ? Que ferait-on du silence ? Pourra t-on encore respirer par les pores ? Le chapitre du calme venait t-il de s’éteindre ?

Toutes ces questions qui tintinnabulaient en grande pompe ne trouvèrent jamais de réponse suffisante. Les Zoziaux continuaient à piailler, toujours en surnombre. Un malheur n’arrivant jamais seul, étrangement, sans que l’on n’y comprenne mieux que la chute du calme, des Zumins naquirent eux aussi dans un mystère profond. Ils semblaient enchantés par le son tonitruant des Zoziaux d’avant-eux. Si bien qu’en grandissant également, ils les mirent en cage pour leur confort auditif.

Tout d’abord on ne crut pas au malheur, car la nature retrouva partiellement sa sérénité de toute seule. Mais le Zumin ne prit pas que bonne note des Zoziaux, et commença aussi à emprisonner la nature dans des pots et des carrés potagers. Sitôt dit, sitôt fait, il avait donc le silence et le bruit à sa guise, qu’il pouvait dégainer au nez du Grand Vizeur. Et c’est bien normal, car depuis l’apparition inexpliquée de plein de choses nouvelles, le Zumin ne s’ennuyait plus à chercher à comprendre. Mais, deux jouets seulement, ça commençait tout de même à le lasser. Mais comment s’amuser sans rien chercher ? Fallait-il attendre un autre événement inattendu patiemment ?

Le Zumin n’est pas patient. Même le Grand Vizeur savait ça.

Alors, une autre sorte de phénomène rare se produisit soudainement, genre sans crier gare. Enfin, ce n’est pas tout à fait ça. Le Grand Vizeur s’est dit que pour avoir la sensation d’avoir la paix, le mieux, c’était de mettre le Zifi à tout le monde.

Pour ça, il a fait tomber du néant une invention toute réglée pour la chose, une boite d’abord noire quand y’a rien, puis toute pleine de trucs quand y’a le Zinterniet.

Le Zumin, tout bonnement con qu’il est, n’a pas cherché à comprendre comment ce procédé a pu lui tomber sur le paletot. Mais pour sûr que ça l’a captivé.

Et depuis, loin des tumultes de la nature silencieuse et du vague à l’âme encagé des Zoziaux, il navigue sur des plateformes totalement avilissantes et légumoniques, les Zéros Zoziaux de le Zinterniet.

Le Grand Vizeur a enfin la paix, les Zumins font n’importe quoi, sur le seul univers qui leur ressemble, là où comprendre et chercher est un leurre tellement paisible, que chercher à comprendre deviendrait dangereux.

Morale : Pour occuper l’histoire il faut occuper ceux qui la font. Tant pis si la vérité est un mensonge, la bêtise est compatible dans toutes les sociétés.

©Necromongers

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Les Fables minutes présentent: Au jour luit, la nuit tombe

LES FABLES MINUTES PRÉSENTENT :

« Au jour luit, la nuit tombe »

 

 

Et les larmes du soleil

Ne crèveront qu’entre deux miradors.

A se regarder sécher

Surveillées, opprimées, prises au piège.

 

 

 

Pourtant le jour fumait sans pareil

Élaborant sa rosée comme un matin s’endort.

A s’attendre de transpirer

Névrosé, parano, il brûlait sur son siège.

 

 

 

Et la nuit lui avait prédit :

« Tu peux te pavaner, je t’éteindrai toujours ! ».

A se regarder crâner

Jetant sa lune sur un monde apeuré.

 

 

 

La solitude, un cafard érudit

Enfumait la nuit d’un brouillard sourd.

A s’attendre passer

Pour voir naître la lumière tous les réveiller.

 

 

 

Le problème n’étant pas récent

Personne n’y trouvant son compte, somatisant.

A se regarder d’éclairs

Pourfendre l’injustice chacun dans son camp.

 

 

 

Et la dépression d’un élément

Irrigué par la peur d’une effusion de vent.

A s’émoustiller la chair

Essouffler sa condition aux nuages tranchants.

 

 

 

Et le voile se fit prêche

Pour cacher la misère de nos vies trépassant.

A inonder le ciel

Rayer d’une étole la lune et le soleil.

 

 

 

Et depuis chacun cherche

A trouer de son œuvre les stratus insistants.

A s’immiscer de son fiel

 

 

Pour que naisse au grand jour où au cœur de la nuit, un seul œil.

 

©Necromongers

 

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Les Fables minutes présentent: à dormir d’énergie l’entrain dîne

LES FABLES MINUTES PRÉSENTENT :

 

« A dormir d’énergie l’entrain dîne. »

 

L’énergie dormait si bien

Qu’en ces temps de disette elle fit place au lendemain.

En toute impunité, dès son lever

Prit conscience que sans elle le monde s’était éveillé.

Pris d’une certaine forme de fard

Dédaigneuse de se faire oublier, même par son retard,

Soumis l’idée que vaillance il n’y aurait

Si d’ores et déjà les hommes d’elle se passaient.

Aurore et Aube s’en mêlèrent

Car pour bien dormir s’activer était nécessaire,

Et pour tout dire enfin

L’énergie seule ne suffisait pas au lendemain.

A crier de toute part des deux camps

L’on se rendit compte, non sans épuisement,

Qu’il fallait plus que du courage et d’allant

Pour seulement faire sortir le jour et la nuit de leur berceau d’antan.

Admettre malgré tout qu’au final

Un oubli perdu dans une grasse matinale

Ne suffirait pas à rendre opportun la seule volonté

Il fallait aussi l’entrain et l’énergie pour la rendre vérité.

 

©Necromongers

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