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Les paradigmes d’encre (ZÊTA)

A la tombée de la nuit je me rends compte

Qu’il n’y a aucun anneau à mon annulaire,

Et pourtant des belles histoires je m’en raconte

Je les liste, récite, déclame, énumère.

 

Le feu n’est pas toujours là où on l’attend

Combien de mèches encore à éteindre,

Histoire d’en raconter, d’en redire et de faire des plans

Pour ne plus jamais penser qu’à s’étreindre.

 

Se rassembler sur une toile, se dépeindre

Comme des amoureux frileux ou téméraires,

Ne sachant plus quel océan prendre, quel itinéraire

Et s’aimer, sans doute, s’élancer, se rejoindre.

 

Exploser ses viscères, connaître l’émotion transparente

Se donner, pour vivre, se livrer, pour être,

Eviter de réveiller le sommeil de la pente

Laisser libre cours à la vérité de paraître.

 

Se laisser bercer par une passion dévorante

Qui nous enflamme au fond et qui nous consume,

Elle peut être discrète, légère ou perforante

Nous marteler l’intérieur comme une enclume.

 

Plus d’ogive nucléaire, seulement le vent des intentions

Plus d’instance salutaire, juste des miroirs solaires,

Le sable sous les pieds, le cœur en action

Le palpitant en attaché-case, les stocks émotions en affaires.

 

Les icebergs guettent dans chaque coin de nos corps

Brûlant de désir ardent, comme des garde-fous,

Mais on déversera notre verve de tout notre saoul

Boire et ingurgiter de la mandragore.

 

Inutile d’entreprendre sans pourparler, aimer sans guerre

Reprendre l’amour en otage libre, les fleurs au chargeur,

Tuer le don de soi, se donner sans ses paires

Ignorer qu’il faut vivre une dernière fois, et prier la rancœur.

 

Se mettre à genoux devant l’infidélité

Souffrir, s’éparpiller l’âme en peine,

Disperser façon puzzle les déveines

Sentimentales ou amoureuses du sort jeté.

 

Parfaire pour ne durer que le temps nécessaire

S’en faire pour n’exister qu’une petite vague,

S’imaginer défaire, et s’aimer d’adultères

Se prendre l’intégral de sa vie en flag.

 

©Richard Kuran & ©Necromongers

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Les paradigmes d’encre (EPSILON)

Courir sans regarder devant soi

Mourir sans vivre derrière les autres,

Vouloir vivre, revivre, vivre encore et recommencer

Ne plus savoir s’arrêter, en redemander,

Recourir à savoir comment survivre.

 

Sprinter dans les steppes comme un nomade

Regarder, la vie et la mort comme un shaman,

Rentrer dans l’existence et en sortir

En sortir et y entrer, en sortir et en fuir,

Idéaliser le passé et vivre le futur

Se débarrasser du présent et écourter le silence.

 

Marquer une pause, pour reconnaître le temps

Allumer l’instant, poser ses limites,

Concentrer l’éternité sur une unité de valeur parallèle

Observer le flux volatile des énergies,

Consumer ses présages et augmenter le hasard.

 

Les augures piégés dans des constantes physiques

Immortalités, immoralités des unités perpendiculaires,

Repousser les frontières, éteindre les perpétuités

Fixer les règles, dérégler les flux fixes,

Nouer, sceller, attacher, cheviller

Ancrer nos champs d’inductions.

 

Prendre son élan, s’élancer à perte de vue

Survoler l’atmosphère et reprendre son souffle,

Nager la bouche ouverte dans les nuages

S’enfoncer doucement au milieu des rêves cotonneux,

Légiférer une fois encore sur la forme et le fond.

 

Passer des lames de fond à certaines visites de formes

Informes constantes, sans vague, et tellement divaguent,

Se noyer la bouche fermée dans un saut collapsar

Ne plus penser en solitaire mais comme un millier de données

Séparées par la vacuité de l’être humain qui se fixe une distance.

 

Ne plus croire pour arriver à continuer sans filtre

Egorger la pudeur d’arriver à se retrouver pour ou contre,

Sans jamais être certain de divulguer son halo d’invisibilité

Avancer entre les bulles des autres, sans toucher leur intimité,

Séjourner plus que d’un possible sans pleurer pour de vrai

L’intérieur rien que pour soi, l’extérieur pour les alpha.

 

Les Beta qui dictent les règles métaphysiques de Lavoisier

Tout relativiser pour des trous de verre intemporels, intentionnels,

Prend un sens et son contraire. Suivre son contraire puis son opposé

Etre d’accord en contradiction des contrastes qui nous guettent,

L’inverse de la contrepartie, en opposition avec la négation de l’univers

Vibrer et secouer à la cadence des atomes,

Qui nous séparent du vide de nos vies.

 

©Necromongers & ©Richard Kuran

 

 

 

 

Les paradigmes d’encre (DELTA)

S’échouer sur le long des rives

C’est comme remonter les flots du vin,

Jusqu’à la branche du raisin

Qui lui donne son goût si sucré,

Les soirs où l’on demande à voir Léthé.

 

Se laisser partir en divaguant

Comme une amphore secrètement amoureuse,

Bercé par l’onguent des parfums divins

Arrosé pieds à la berge, à écouler l’eau,

En pensant des demains d’hier.

 

Regarder l’heure

Regarder les minutes

Regarder les secondes.

Les seules secondes suspendues au-dessus de nos vies

Ces vies cherchant sans cesse des rapides,

Pour s’y enfoncer, s’écouler et nous secouer

Comme de simples navires marchands dans la tempête.

 

Le soleil s’attarder

Le ciel disparaître

La lune s’éveiller.

Les lumières étiolant la nuit nous regardant

Syncope qui fait briller nos yeux chancelants,

Pour s’en délecter, s’abreuver et nous rassasier

Comme un canot ivre dans la brume mielleuse.

 

Pourquoi ne pas s’enivrer de cette brume

Aimer cette brume

Se reposer dans cette brume

S’évaporer dans cette brume.

Que l’on puisse enfin retrouver les confluents mystiques

Qui un jour ont guidé nos pères,

Ces pères dont on se souvient à peine du nom,

Ce nom qu’ils nous on légué comme une racine au bord de l’eau

Que l’on cueillera quand on sera à maturation.

 

Ne plus avoir à rêver des méfaits du fleuve de l’oubli

Couler de source

Boire sa bourse jusqu’à l’écume

Forcer le monde à nous attendre.

Que nos semblables puissent réveiller leurs méandres idylliques

Que nous sachions encore qui nous sommes,

Ce temps qui compte sans nous,

Par delà les époques incertaines qui nous attendent au bord de l’eau

Sans prétendre à jamais, savoir de quoi l’ivresse sera faite.

 

©Richard Kuran & ©Necromongers

 

 

 

Les paradigmes d’encre (GAMMA)

Solutions d’entraves aux envies d’avancer

Porte énoncée des grandes évolutions.

On se vit par besoin d’exister

D’énergie en barrière de dévotion.

 

De soldats aux mouvements sous iode

Aux assemblées citoyennes démantelées.

Cherchant en vain dans leur demi vie

Un soupçon évanoui de prolifération.

 

Mais la faiblesse est mère de toute chose

Entame et grignote le gigot dominical.

Dans les foyers de la dernière osmose

Les invisibles ne sont jamais irresponsables.

 

Quand il s’agit de faire des essais

De contrôle des pensées par kilotonnes.

Mieux vaut se noyer dans un atoll

Pour pouvoir bétonner les fissures.

 

Le choc est un atome agité

Une marmite qui gronde sous le compte à rebours.

Un glaive rutilant et aiguisé

Un marasme de neutrons qui surgissent alentours.

 

Fera t-on une monstrueuse fission

Sous l’hypothèse d’un quelconque enrichissement ?

Qui au fond de la bouche des gens

Ne paraîtra pas comme une odieuse contamination.

 

L’énorme danger se traîne à nos pieds

Comme une vérole sans protection.

Un fléau sans toit ni loi

A la merci de chaque index tendu.

 

Avec un haut niveau de criticité

On atteint des eaux et mers lourdes.

Qui entrent en résonance avec des cerveaux effacés

Donnant à Oppenheimer une aura sourde.

 

Les regards se font sans se voir

Les décisions se prennent sans se peser.

L’ère de la géopolitique donne le son

Le mur du ton, qui laisse peu de choses à la détonation.

 

Glaciale Hiroshima passant devant nos yeux

Effaçant tout dans un étrange rayonnement.

Mettant un terme à la vie des dieux

Pour demain préparer un nouvel avènement.

 

©Necromongers & ©Richard Kuran

Les paradigmes d’encre (BETA)

L’univers tangue à l’instar d’un bateau

Qui nous mène vers un astre inconnu.

Alors que même dans les temps de trouble

On illumine le blanc de la voie lactée.

 

Etrange comme le monde peut sourire

Sans parler de sa force du pire.

Les couleurs sèchent en attendant la lumière

Comme un œuf sans coquille, loin de sa tanière.

 

C’est l’huile sur la toile qui se répand

D’un peintre troglodyte oublié.

Du fin fond de son origami déplié

Qui dicte les règles du jeu.

 

D’étoile en étoile on s’époudre

La poussière d’une carte aux trésors.

Nos enveloppes fondent sous la foudre

Fumée âpre et odeur de corps.

 

Des nébuleuses en verra t-on

Du fond de nos yeux vairons ?

Qui à chaque instant saignent

Dans l’espace ou Neptune règne.

 

Le regard perdu vers l’horizon sans fin

A chercher la répercussion d’un son égaré.

Les comètes pleuvent aussi

Hérissant nos capillarités, frôlant nos peurs.

 

Tandis que les lunes nous réconfortent

Tel un enfant des astres.

Qui se réfugie dans sa chambre forte

Pour éviter les solaires désastres.

 

Le vide intersidéral de nos cœurs

La matière noire s’infiltre, coule.

Il nous faut percer les mystères

Rayonner sans éblouir.

 

Comme au fond d’un corps stellaire désolé

Les réponses attendent encore.

Quand sur les rivages des Venus d’or

Nous suivons d’étranges destinées.

 

Alors il faut continuer à voyager

Se répandre et partager les âmes.

Alors il faut ne jamais s’arrêter d’en finir

Se rapprocher pour s’entendre à l’utopie.

 

©Richard Kuran  & ©Necromongers

Les paradigmes d’encre (ALPHA)

[1er poème à 4 mains et 20 doigts d’une longue série, improvisé avec mon ami Richard Kuran.]

 

 

L’avenir est un condiment insoluble

On espère tellement mieux que des miettes.

Si les réponses sont des questions

L’univers s’engloutira tout seul.

 

Le passé est un miroir constant

On y plonge le regard sans se retourner.

Pour retrouver les chuchotements d’antan

Quand la terre cessera de tourner.

 

Des boites, des sacs et du pétrole

Le sang du passé recyclé se pleure.

De smartphone jusqu’en carte bleue, les billets verts

Du goudron et des plumes.

 

Des visions binaires et erronées

Contaminent la rétine de nos yeux.

Devant la toile web de nos anciens dieux

Dirigeants le cours de nos pensées.

 

Salves héroïques pour sonder l’éternel

Aux armes les telluriques, des larmes réelles.

L’essieu sans visage, ressort de notre monde

Accuse avec paresse nos grimaces moribondes.

 

Sur les sourires effacés de la vie

Aux failles tectoniques, aux sorts contrés.

Quand des princes nagent en eau profonde

Au prix de leur souffle éphémère.

 

Le fil est incertain, plus que de mystère

Les louanges ne rassasient personne.

Au diable les alouettes et les dernières terres

S’il faut crier pour écorcher ce qui résonne.

 

L’écho se faisant oppressant comme un chant

Qui suspendrait toutes les questions de la vie

Alors s’il faut déclamer pour engendrer des voix irréelles

Nous choisirons nos instruments sur nos premières mers.

 

Faire la planche sans se noyer, d’une coulée

Etancher la liberté de flotter sans bouée.

Survoler les échappées belles pour se fondre

Se permettre de voyager et de se répondre.

 

En faisant taire la mer intérieure déchaînée

Pour mieux palper le silence des paysages,

Qui dans un mouvement perpétuel

Nous offrent la plus belle aventure : le rêve.

 

©Necromongers & ©Richard Kuran