Archives du mot-clé Poème vacancier

Poèmes vacanciers (4)

Le départ…

 

Pour les pantoufles c’est raté.

 

Encore une soirée sans envergure.

Des désirs mal projetés, faut ranger sa mère.

Et puis le désordre c’est un pont jeté,

Sitôt mis en ordre faut encore le ranger.

 

Je trouve les départs plus sympas que les arrivées.

Beaucoup aiment s’installer, moi j’aime me sentir toujours là.

Alors forcément c’est plus simple de partir,

Pour retrouver ce qui n’a jamais bougé.

 

Revenir devient une ode à l’immobilisme.

Retrouver ses repères, ses bons vieux pépères.

Ceux qui n’ont jamais fait défaut,

Sur qui ont peut compter dans l’oubli.

 

Partir pour revenir, oublier pour se remémorer.

Les artifices sont nombreux pour se piéger.

Faire semblant de vivre ailleurs,

Est un désir de vivre ailleurs pour de vrai.

©Necromongers

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Poèmes vacanciers (3)

La visite…

 

En Hispanie ils vivent au chaud,

Ils conduisent comme si c’était un numéro.

Même quand il pleut faut traverser fissa,

Pis faut pas faire son rigolo avec l’entrada.

 

La San Miguel ou les tapas, c’est un leurre,

Ça bouffe à 17h et ça remange à 23h.

C’est fourbe chez les Catalans, ça fait style,

Mais tu tournes en rond avec des sens uniques débiles.

 

Ils ont des villes qui s’appellent COLERA,

Pas de chichi, ici on ne meurt que de maladies lambda.

Des fois, tu croises des STOP pour des chemins inexistants,

On s’en fout, les vignes et les oliviers c’est pas des habitants.

 

Ils ont des plages à faire pleurer la lambada,

Et les kayaks de la mer d’Espagne n’en font pas tout un tralala.

On me souffle à l’oreille que c’est la Méditerranée,

Et puis quoi encore, les mouettes sont bilingues depuis quelle année ?

 

N’empêche que la pluie à 30°C ça ne sert vraiment à rien,

T’es mouillé, t’as chaud, et t’apprends pas l’Espagnien.

C’est très urbain par là-bas, même la police s’appelle la Guardia Urbana,

C’est dans des gros 4X4 qu’elle se la pète, coudes aux portières de fausses LADA.

 

On ne m’y reprendra pas, même au musée du moustachu,

Y’a des Cadillac martyrisées avec des nymphes ventrues.

Tu payes l’entrée pour encore payer à l’intérieur des mystères qui resteront,

Je préfère les chocolats LANVIN, des clous pour Gala et des pendules fondues au plafond.

©Necromongers

   

Poèmes vacanciers (2)

Les complications…

 

Les vacances j’en ai plein le dos,

Il parait que le changement n’est pas fait pour le repos.

 

C’est pas grave si j’emmerde tout le monde,

On dira que j’étais le seul à savoir que la terre est ronde.

 

S’évader du quotidien pour faire ressembler les vacances à un autre quotidien…

C’est l’imprévu qui se moque du prévu pas prévu pour son bien.

 

J’aimerais que les kilomètres arrêtent d’afficher notre besoin d’évasion,

Là où on se sent bien n’a pas besoin d’être aussi loin que la saison.

 

Si c’était à refaire je referais les mêmes erreurs,

Là où il y a de la gène il n’y a pas de bonheur.

 

Vous vous dites « celui-là il n’est pas prêt d’accepter sa condition ! »

Je vous répondrais « je ne sais pas de quoi vous parlez, je n’ai jamais prétendu que les autres avaient raison ! ».

©Necromongers

Poèmes vacanciers (1)

L’arrivée…

 

Odeurs marines,

Première partie du ressac unanime.

 

Senteurs salées,

Galbe écumé par entrelacement rythmé.

 

Les pieds dans l’eau,

Caresse plantaire d’un vague renouveau.

 

Les yeux dans l’eau,

Seul sur la plage pour recenser les bigorneaux.

 

Soleil rosé,

Lumière blafarde qui sent bon l’apéro du coucher.

 

Mer douteuse,

Trop calme et trop plate pour être heureuse.

 

Déchets onctueux,

Flotteurs savants d’un monde encore désireux.

 

Les enfants jouent,

Les galets s’en prennent plein la gueule, ça les secoue.

 

Les adultes font la moue,

Ils se demandent si l’avenir est entre les genoux.

 

Le soleil tranche,

L’idée de tergiverser serait un UV sans manches.

 

Les bateaux voguent,

Comme la diarrhée sur le SMECTA des gogues.

 

Demain le jour,

Il parait qu’il fait mieux que le simple amour.

 

©Necromongers

(photo: moi-même)