Les effrayantes défrayées non payantes de Necromongers (I).

L’époque où je faisais des petits éclaircissements en fin de soirée, dont je me resservais allègrement pour des publications officielles, genre pensées durables… est en jachère.
Je n’ai pas arrêté par manque d’imagination, j’ai arrêté par manque d’originalité. Et par souci de ne pas trop me répéter.
Mais nous vivons une époque pleine de rebondissement. Et les temps sont durs pour des tafioles de l’écriture comme moi.
Il me semble important de replonger le nez dans le poudrier, sans éternuer, parce que sinon, ça fait des empreintes de doutes à relever.
L’écorce de nos jugements a dévitalisé la moisissure de nos modestes troncs sédimentaires… il va falloir restructurer le cerclage de nos ressources à lire.

Peut-être qu’on se trompe tous.
Peut-être que les policiers sont des anges immatériels.
Peut-être que le gouvernement est notre protecteur spirituel.
Peut-être que les manifestants sont d’horribles communistes des temps anciens.
Peut-être que que nos médias relayent uniquement la vérité que nous refusons de voir et d’entendre.
Peut-être que nos vies doivent devenir des organismes à part entière de l’oligarchie prophétique.
Peut-être que nos cœurs sont incendiés par l’insoumission des forces du mal de gauche.
Peut-être que le libéralisme et l’ultra capitalisme sont des moyens durables de reconquérir l’âme des survivants.
Peut-être que l’écologie est un complot de la France d’en bas pour contrecarrer le nouvel ordre mondial.
Peut-être que…

(ouvre un œil, puis deux)
Ah putain, putain de sieste, j’ai fais un rêve bizarre…

Nous sommes des salauds… oui mais c’est un métier.

« Le peuple contre le peuple contre le gouvernement qui est contre le peuple qui est contre le gouvernement contre le peuple… j’ai bon? N’est pas salaud qui veut, c’est tout un entraînement. Si vous ne vous suicidez pas pour eux faites le au moins pour vous même (pensée apolitique de droite, juste à gauche en sortant de l’échafaud). Excusez-moi, je me suis mis à l’humour de droite depuis peu, c’est tout un art. »

L’avenir est une casserole d’eau bouillante sur une gazinière bleu pétrole.

Je me sens toute folle.

©Necromongers

(Dessin: Hergé, Texte: GAB-M)

Mes grues III (et fin).

Le (I) est ici:

https://thenecromongersblog.wordpress.com/2021/03/01/mes-grues-i/

Le (II) est ici:

https://thenecromongersblog.wordpress.com/2021/03/08/mes-grues-ii/

*

On ne cessera jamais de se questionner sur les migrations nécessaires ou pas, pendant ce temps-là le monde poursuivra son cours sans se demander si c’est intéressant ou pas de se questionner.

Le monde est un véritable cloaque en perdition. Des années de climats qui partent en vole stationnaire au-dessus de vos têtes. Les grues partent de plus en plus tard et rentrent de plus en plus tôt. Les peuples décimés et acculés à la prison du déménagement à vie n’ont pas de saison longue ou courte, ils ont une régularité. C’est le point commun avec les oiseaux migrateurs.

*

Fais nous encore des conventions citoyennes sur le climat monseigneur,

Fais nous rêver avec ta chienlit participative clinquante.

Donne-nous encore notre vitrine quotidienne des illusions marquantes,

Et fais de nous des croyants de nos impossibles labeurs.

*

On se crève au jardin pour manger mieux, manger plus proche, manger plus direct… sans savoir si le sol qu’on travaille n’est pas déjà infecté par le rejet humain.

Nous sommes en pleine mutation forcée. Même les grues ont raccourci leur résidence secondaire. Personne d’autre que le vent ne nous ramène mieux du césium-137 vieux de 60 ans. Le temps des colonies nucléaires est fini, il faut maintenant accueillir la poussière miséreuse d’ailleurs.

*

Mange dans ma main petit oiseau perdu d’Orient,

Mange dans ma main petit oiseau perdu d’Afrique,

Mange dans ma main petit oiseau perdu d’Asie,

Crotte entre mes doigts s’il te plaît, la main qui donne ne peut pas recevoir tout ce qu’elle a toujours honoré d’absence en son creux.

*

Mais les jours passent et ne se ressembleront plus jamais. Les solutions ont déjà trop attendu pour être utilisées. C’est comme l’obsolescence programmée, le climat est fait pour s’arrêter un jour.

Que mettrons nous à sa place ? De quel nouvel appareil à vendre pourrons nous faire la promotion pour sauver le capitalisme vert ? De quelle merde totalement inutile avons nous le plus besoin ? Saurons nous survivre en progressant vers la décroissance ? Aurons nous les couilles de dégenrer le constitutionnalisme identitaire ? Débunkerons nous les minorités massives vers une exploitation de leurs frustrations d’antan ? Est-ce que l’écriture inclusive sauvera le climat ? Y aura t-il des frites antispécistes à la cantine ?

*

Sang pour sang, nul doute qu’est le lot de notre justice de justesse.

Le courage d’un monde n’assumant aucun détail de l’histoire,

Enivrant l’allumage de nos culs s’écharpant dans le dérisoire.

Oubliant nos humanités vécues avec tant de mensongère finesse.

*

Mortes couilles et palombes à la lisière du chemin,

Chasse à courre et idiocratie calomnieuses sur vos terrains,

La terre paraît légère quand elle ne vous appartient plus,

On y fourre la saloperie d’avenir les yeux bandés de pus.

*

Je m’efface simplement, en tentant de guerroyer avec le vent. La terre était nourricière, nous l’avons rendu putassière. Et toutes les grues du monde ne pourront rien y changer. Les choix politiques auront raison du climat bien avant quelques phrases et mots séchés dans des textes à la gloire de la magie et de l’endoctrinement.

Les grues ne votent pas car elles s’en foutent de la vérité, elles continuent inlassablement de promouvoir la liberté de vivre, car elles sont la liberté que nous n’aurons jamais, et que nous avons noyée.

(fin)

©Necromongers (Texte et photo)

Mes grues II

Le (I) est ici si vous voulez le lire en premier: https://thenecromongersblog.wordpress.com/2021/03/01/mes-grues-i/

*

Les grues sont passées.

Là-haut, entre des couches d’atmosphères.

Le temps est névrosé.

En moi, entre mes couches de somnifères.

Je n’ai rien pu faire, et je ne ferai rien.

Les abus que nous avons suivis auront de faibles lendemains.

J’ai craché ma queue de cerise.

A cette époque, c’est indécent les mauvais fruits.

*

Et puis cela a cessé.

La pluie torrentielle des arrivées par milliers, des oiseaux de bon augure.

La forte plus-value des échangeurs de continents, les guerriers manifestes de la décontraction de l’habitat prioritaire, le flux tendu des myriades de migrants sans contrôle à la frontière… s’est estompé.

Notre regard n’est plus tourné vers le haut, notre attente n’est plus sonore, on ne guette plus, jusqu’à ce que ça recommence encore, et encore, et, encore…

Partout dans le monde les gens sont déracinés, violentés, agonisants, tués, malmenés, enfermés, mais ils regardent les grues passer en levant la tête, sans rien pouvoir faire.

C’est un passage dans l’ombre se disent-ils. Une mélopée, un signe, la mort chante ses louanges et se gausse du sort des gueux. La nature, tout en dérive soit-elle, ne s’éloigne jamais de son but retentissant, et reproduit à l’infini son règne discret.

*

Érodons-nous jusqu’à la misère pour un peu de sang,

En regardant passer les misérables libertaires,

La tête haute et le regard fuyant,

Quelques notes criardes à travers les airs.

*

Au son des vagues qui viennent lécher la dérive,

Dans le creux des larmes d’enfants irresponsables,

Quelques canots de fortune qui sentent le misérable,

Et des boyaux à perte de flots sur des mers inclusives.

*

Moi aussi je retourne ma terre de façon ancestrale, comme un sanglier gratte sa surface. Lui aussi pare à sa défense personnel, en ensemençant plus que de raison, il fait fit de la capitalisation de la FNSEA, et devient le number one des gibiers de race à abattre. Le sanglier c’est l’hydre. Un de tué, deux têtes repoussent. La vraie liberté ça se paye, très cher.

Il me semble que les migrants en sont là, quoi qu’il arrive, quoi qu’il se passe, quelle que soient les décisions prises, 20 de morts et 40 voguent à nouveau vers nos contrées. Le message est celui des grues, immuables, quoi qu’il arrive elles repasseront dans un sens et dans l’autre.

*

Les grues ne voyagent pas par plaisir, les déracinés non plus.

Le ciel ne change pas par nécessité, mais par la force d’un mouvement dont il n’est pas maître. Nos chiennes de vies sont des rats morts qui flottent.

Nous dormons comme des routiniers de l’absurde.

*

Le ciel ne nous répondra pas, il a du climat à se faire.

Nos terres émergées seront englouties à plaire.

Ça nous fera des milliards d’humains à voyager rude.

(à suivre…)

©Necromongers (Texte et photo)

Mes grues I

Une illumination dans le ciel.

Une queue de cerise dans la bouche, je m’interroge.

Moi aussi j’ai vu la lumière, de celle qu’on égorge au soleil. La tuile tout le monde l’attendait, les prédictions étaient fausses, on croyait que le danger viendrait de nos erreurs, il est venu de notre humanité.

Nous avons survécu à quelque chose de plus grand que nous, notre flagornerie égotique. Nous avons créé le prêt à porter de main, simple, virtuel, dématérialisé, sans réelle importance, et professeur émérite de notre démantèlement psychodramatique.

Une chaloupe dans l’œil de nos priorités, un écran de fumée dans nos carcasses de vies. Une crotte infinie, un néant vital, un miasme considérable et insignifiant, un sarcasme monumental. Nous étions soudain des merdes exégèses et absolues.

Tout là-haut, les grues passaient par paquet de cent à la douzaine.

Mes yeux roulaient entre les nuages, et l’hiver se faisait la malle.

*

Le choc des tyrans pointait son nez. Nous avions tous assez vécu pour entreprendre de mourir facilement. Chercher pourquoi, revenait à devoir se passer des oiseaux et de l’hiver.

Les gruidés tournoyaient à n’en plus savoir où aller, plantées en carafe au-dessus de ma tête. Ce que je faisais et avait prévu de faire n’avait plus d’importance. Notre technologie aurait pu leur montrer le chemin, dans un geste moribond de sale gosse impatient. Comme les voix des connasses reliées par satellites dans nos bagnoles.

On perd pied dans nos vies. Des virus ennemis, des gestes barrières, des restrictions sanitaires, des éloignements sociaux, et tout le cursus mortifère de ce que nous avons tellement appris à aimer pour nous détester.

Notre échec vient de notre amour pour la vie. A vouloir la rendre simple et accessible, nous l’avons pervertie et déshumanisée pour tous. Le capitaliste a fait un pas de géant pour la politique sécuritaire, il a désocialisé les grues de l’hiver. Cette saloperie de monde dans lequel on vit, on mange, on dort, on bosse, on baise, on chie, on pleure et on rit, a capitalisé la nature et son rythme ancestral.

*

Moi je suis là, à bêcher comme un âne dans mon potager, et les grues se prennent pour un GPS féministe à l’emporte pièce. Le savent-elles que je me fais chier pour rien ? Se dirigent-elles grâce à un instinct en langage inclusif ? Mettent-elles des points médians entre chaque cri et se nourrissent-elles de moustiques bio à la cantine ? Est-ce que leur formation en V est d’origine franc-maçonne ou islamo-gauchiste ?

Le ciel est bas quand elles passent, comme la terre que je fracasse.

Nous sommes perdus, mais pas elles.

L’homme est une pâle copie de l’humanité, il n’a rien inventé d’utile pour la vie, il n’a rien mis en place pour la protection de la nature, il n’a rien fait pour protéger ce qui le nourrit, il n’a finalement rien fait pour lui-même.

J’ai oublié mon smartphone dans la maison, je ne peux même pas les filmer pour rendre compte aux autres que l’immuable a plus de beauté que leur jolis pavillons pourris, leur boulot débile ou leurs gosses dégénérés.

On nourri un principe de reproduction tout comme les animaux, mais eux ont des prédateurs. Nos pratiques mentales sont des hivers sous acide ou des étés sous LSD, nous n’existons pas sans intellectualiser. La conscience est une chose horrible.

*

J’ai cassé du pré pour en faire de la terre à cultiver. Les grues sont passées.

J’ai levé la tête car on ne peut pas les rater. Elle s’écharpent à crier.

J’ai eu l’impression de n’être rien. Rien qu’un insecte qu’elles auraient pu gober.

Je me suis demandé pourquoi ce qu’on faisait valait la peine qu’on le fasse.

Je suis resté hypnotisé par leur voyage, la grandeur de ce qui nous dépasse.

Je ne suis rien, rien qu’un être vivant, de la viande pour les cantines badass.

*

Un numéro génétique sur un code barre vaccinal,

Un idiot famélique dans un bouillon marginal,

Un enfant de trop sur l’échelle de la surpopulation,

Un con farci d’audace et nul en rédemption,

Une marmite à bouillir, une simple poêle à frire,

Une pauvre mutation, une icône du sourire qui fait pâlir,

Une éventration populaire, un garde-fou pamphlétaire,

Une vieille marotte infâme, un arrière-goût délétère.

(à suivre…)

©Necromongers (Texte et photo)

Allégories d’onomatopées.

BA-DA-BOUM !

L’humeur incertaine dans les couloirs figés.

PA-TA-TRAC !

L’odeur glacée des sueurs malmenées.

CRAC-BOUM-HUE !

Gardez vos doutes à l’abri pour plus tard.

PIF-PAF-POF !

Ne riez pas, j’ai dans le viseur votre regard.

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CHTONC-CLAC-CLANG !

La volée de misère dans ta truffe.

CLAP-CLAP-CLAP !

Jolis humains blêmes et tartuffes.

GNA-GNA-GNA !

Le refrain des jours heureux qui clignotent.

PA-TA-TRAS !

Ta vie qui fout le camp qu’on sirote.

||_||

SPLICH-SPLACH-SPLOCH !

On s’égoutte bruyamment sans penser.

SCRO-GNEU-GNEU !

La ribambelle ajournée des fauteurs assermentés.

TIC-TAC-TOC !

L’engelure simulacre de nos émotions sèches.

WIF-WOUAF-WOUF !

||_||

Ça cogne à la porte de nos sédiments rêches.

N’en démordons pas, l’espoir se tape la guibolle.

Nos gaudrioles enflammées s’enguirlandent entre marioles.

Ne nous limitons pas à nos savoirs patrimonesques.

Saisissons l’immuable liberté d’entrevoir nos presques.

||_||

©Necromongers

[Archives-2010]…JE ME SOUVIENS D’AVOIR OUBLIÉ…M’être réveillé.

Je me souviens du lien qui nous survit

De la somme des voies évidentes,

Du talent en chacun de nous

Qui en fait émerger le meilleur.

#

Je me souviens de ces instants, magiques,

Qui illuminent notre quotidien pour une meilleure saveur.

Du contrôle absolu des sensations directes,

Du parfum enivrant la pièce, d’un bonheur secret.

#

Je me souviens, mieux que quiconque, des effets.

Je me rappelle encore, du poids positif de leurs effluves,

Du sang sacré qui se répand en moi, comme une ondée,

De sa circulation au sein de mon corps, servant d’étuve.

#

Je me souviens, une fois de plus, des raisons qui l’animent.

Je me prélasse, toujours, du trajet qui serpente,

Comme une coulée dans un moule pour un bien qui prime.

Je me souviens des trésors de vérités, découverts sans qu’ils me mentent.

#

MAIS,

J’ai oublié d’entendre les sons qui s’y joignaient,

Leurs appels incessants pour attirer mon attention,

Leur puissante giclée pour atteindre mes intentions.

L’espace frappé de leur résonance qui s’y attardait.

#

J’ai oublié de goûter ce parfum à sa juste valeur.

Oublié qu’il fallait, plus que tout, s’en nourrir pour s’en resservir,

Emmagasiner l’effet, suspendre l’atmosphère, et avec ardeur

Transformer l’énergie pour une constante à établir.

#

J’ai oublié la leçon de vie qui occupait l’instant.

Je n’ai vibré qu’en espérant m’occuper de celui-ci.

Je ne saurais m’en vouloir cependant, d’avoir appris de ce moment,

Pour en porter longuement les attributs en mémoire.

#

J’ai oublié d’en graver, au plus profond de moi, l’efficacité.

Celle qui détermine à jamais le pouvoir d’y re-goûter sereinement,

En utilisant spasmodiquement le fruit du savoir, spontanément

Évitant trop souvent, d’avoir à y regarder de nouveau.

#

ALORS,

Je m’y efforcerai !

#

Pour me souvenir de ne pas avoir oublié…de m’être éveillé de nouveau.

©Necromongers (texte et photo)

La jouvence des mimes.

L’eau claque et explose

Roulement de tambour.

On écorche quelquefois la puissance

Et les corps songent, s’allongent.

Ecchymoses de larmes projetées

La vie abrasive, nos cœurs sentis.

~~

Des liquides, des émotions

Des rides aux jointures,

Articulation embuée

Glissade d’une escale sensitive.

L’espace et le temps en inertie continuelle

Embuscade gestuelle, sacrifice rituel,

Mélopée manuelle et concordance baroque

Jouvence des mimes, partition manichéenne.

~~

Le fluide se dérobe

Les minéraux s’entrelacent.

Matière palpable contre substance fantomatique

D’un horizon à sa verticale.

Épuration de l’impudicité

Joie sensible et éphémère.

~~

Le corps en partance, le cœur en alternance, la jouvence aux mimes.

Le ciel n’est d’eau que ce qu’il fait jouer aux mains.

~~

©Necromongers

(Photo: Lysiane Bossis)

[Archives-2009]… Expiation d’un jour.

Aux indigents la loi du plus fort.

Aux méprisants la loi du plus faible.

Aux médisants la loi pandémique,

Aux prévoyants la loi du seuil critique…

~~

Aucun rapport moral ou historique,

Aucune lacune connue pour d’intrépides malentendus

Aucun star système à la hauteur d’un témoignage,

Aucune force comparable à l’envie d’aimer.

~~

Chacun pour soi dans un monde sur image,

Chacune de ses lacunes en périphérie

Chacun dans le soi pour moi, et le moi pour soi,

Chacune d’entre ses idées est un ensemble propre.

~~

Séparer l’impossible de son champ d’illusion,

Opérer spontanément à force de raison

Stationner dans un cartel de sens en émulsion

Condenser l’ultime dans un vœu de profusion.

~~

Dubitatif, dans un état proche de la fatigue,

Contemplatif, je suis usé par les méthodes.

Expiatif, je divague comme un incident de parcours,

Nominatif, je déraisonne pour un but précis.

~~

©Necromongers [2009]

Couvre-Farandole

Criant spasmodiquement avec vigueur

Ouvertement placide et songeur,

Une autre source d’envie en énergie

Vers un inconnu connu et reconnu assagi,

Renversant nos dogmes idolâtrés

Enfourchant nos peurs galvanisées.

_

Fébriles mais la fibre bandante.

Ensevelis mais la tête sortante.

Unis mais la solidarité chancelante.

°°

Concomitance à l’ombre des doutes

Opiniâtres et laissés pour contre,

Usure falsifiée par acquis de contre-science

Versant comique du label calamité,

Rencontres hors-champs depuis les prés

Embolie vaccinale sous cavité.

_

Fonction virale en léthargie.

Eunuque de la pensée.

Utilitaire pro-confessionnel.

°°

Cage de haute-voltige en arabesque

On applaudit à 18h la grande fresque,

Ustensiles de cuisines contre télétravail

Vrai guidon de l’âme avant qu’elle s’en aille,

Raccordement lyrique de la social distanciation

Enclume parfaite sur un mur de lamentations.

_

Fait d’arme de la guerre virale.

Euthanasie des libertés sociales.

Untel contre quiconque animal.

°°

©Necromongers

Micro(s) poésie(s) rassemblée(s)

Et puis

Rien d’important

Les lumières sont transversales

Et puis

Tout est neutral

Les sons d’images cadrées en accéléré

Pourtant

Et puis, c’est suffisant

Les fractures murales sont délétères

Et ce faisant

Pourtant

Rien d’important.

=

Sans doute

Parlons pour ne rien lire

Exagérons

Sans doute

Posons-nous la question

Proliférons

Sans doute

Ne démentons pas sans avoir cru

Saignons

Sans doute

Marchons, loin

Décalons, nos doutes

Sans doute.

=

Il va sans dire

Taisons nous

Rien ne vaut le silence

Il va sans dire

Silence à table

Calmons nos ardeurs

Il va sans dire

On ne répétera rien

J’ose l’espérer

Il va sans dire

Il ne fait pas froid

La cuisine est occupée

Il va sans dire.

=

Soyons neufs

Ne lésinons pas

Mangeons à perte

Soyons neufs

Courons

Dans la maison

6 par 6

Soyons neufs

Soufflons

Sans perdre haleine

Ne nous débinons pas

Marchons

Geste après geste

Soyons neufs

Barrière après barrière

N’ayons l’air de rien

Soyons neufs.

=

©Necromongers

(photo: ©Necromongers)