Etats d’âmes (28) (29) (30)

Etat d’âme 28 :

« Je vois bien l’espèce humaine évoluer comme arachnide au 22ème siècle.
Rester à l’affût dans le coin d’une décharge à ciel ouvert, à attendre quelques rares congénères pour la reproduction. Sans aucun consentement, se jeter sur sa proie, la violer et se laisser bouffer ensuite. Les rares légumes étant ce qui reste confiné dans nos derniers neurones, ça ferait toujours des soirées d’été permanent à végéter dans l’oubli.
Le dernier homme sera peut être une femme, si c’est le cas, j’espère qu’elle aura la décence de mettre fin à l’espèce.

« J’aime les gens c’est pour ça que je leur souhaite une mort imminente, si j’étais un monstre je voudrais qu’ils vivent dans leur monde jusqu’à en crever. »

Épitaphe sur mon bocal de cendre. »

 

Etat d’âme 29 :

« Je ne me rappelle absolument pas l’émotion que j’ai pu ressentir en entrant au lycée.
Peut être une chiasse d’enfer, où une angoisse liée à l’internat que j’allais affronter encore, déjà 2 ans au collège. On ne sait pas vraiment ce qu’on s’attend à trouver dans ce nouveau monde, quand on est puceau pour de faux.
C’est un peu l’entrée dans la « vraie vie », comme on s’amuse à dire dans les réseaux. Parce que voyez-vous, dans les sommités de la réflexion du virtuel on vous sermonne régulièrement sur l’idée que vous évoluez dans un conglomérat d’ombres prédictives. Et chacun rentre bien chez soit après avoir dégueuler sur l’amitié de l’autre qu’on se demande en parallèle.
Ce dont je me souviens avec clarté, c’est que c’est à cet endroit qu’on fait les premières rencontres décisives. Qu’on scelle des choix, des amitiés durables, des préférences, des décisions… bien avant de devoir admettre que cette « vraie vie » sentait autant la merde que la dite fausse. Mais les bons souvenirs il ne faut surtout pas les renier, même s’ils ne sont plus que des souvenirs.
Ma plus grande rentre en seconde demain, j’ai la chiasse pour elle, mais je sais qu’elle ne se trahira pas pour n’importe qui.
Des barres ma yeufy. »

 

Etat d’âme 30 :

« Comme quoi, rencontrer la même personne sans ressentir les mêmes choses, est tout à fait calibré par nos devantures larmoyantes des formalités abusives d’un conformisme à plusieurs étages.
Quand on y réfléchit un peu, rien qu’un chouilla, céder à la tentation d’émettre que l’éducation se caractérise par des conventions simulant des actes précis, noyant le reste dans un pugilat non conforme, est un attentat à la socialisation naturelle des gens entre eux.
Si tenté qu’il est inscrit quelque part que les choses doivent s’articuler autour d’un vouvoiement/tutoiement, d’une figure de style s’attachant à montrer une réalité sans fondement autour de l’avatar de quelqu’un, et qui scellerait les attentes que nous devons avoir les uns envers les autres… il est donc fort probable que nous ayons tous une envie intrinsèque de ne pas vouloir apprendre à vivre ensemble…
(réflexion intrusive et incomplète j’en suis sur) »

©Necromongers

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Objectif tronqué

Dimensions multiples

Cœur désarçonné

Odeur liquéfiée

Pour une armée mentale enclavée.

 

J’ai l’honneur de ne rien vous annoncer,

De laisser libre votre champ d’investigation.

J’ai l’immense plaisir de vous laisser mûrir,

Promettre à qui veut un monde qui transpire.

 

Salaisons différentielles

Objectifs catalogués

Conducteur mégalo

Arrivée saturée au centre de l’univers.

 

Tournez à gauche après la direction opposée,

Prenez en face vers les sens indiqués.

Patientez aux impatiences avant de revirer,

Puis, prenez à droite toute pour terminer.

 

Logez à l’enseigne

Restez zen

Attendez votre tour

Ne cherchez pas à faire la différence.

 

Si vous comptiez réfléchir, c’était un autre programme.

Veuillez reconfigurer la nécessité de le faire…

 

©Necromongers

 

Chez JAKMY (histoire vraie d’un dimanche matin)

La cinquantaine, cheveux grisonnants mi-long mèche au vent, lunettes sans bords (c’est pas bon les bords, ça enferme les yeux), fume clope sur clope devant un café et un verre d’eau.

On est chez JAKMY, hôtel resto bien français du cru de la Dordogne, planté sur un rond-point de zone industrielle. Ici on gicle les miettes de la toile cirée des terrasses d’un revers de main et on pose son canard sur les ronds de café pas essuyés. Quand tu reluques la qualité de l’hygiène des chambres, tu ne sais pas si tu dois faire le rapport avec la patronne, une énorme masse molle de partout avec un sourire grassement enjôleur. Pour la cuisine je n’en sais rien, pas eu l’audace d’intenter un procès à mon bon goût. Mais la tenancière et l’endroit sont prisés par une marge de moyenne fortune peu regardante.

Le brouhaha continu des voitures qui s’enfilent, ne se laissant que la priorité de s’engueuler par grands gestes mégalos de doigts tendus vers les inconnus, égaye le balayement des klaxonnes en bras d’honneur.

Il est perdu mon schizo. Se balance d’avant en arrière sur sa chaise en plastique, affirmant du bras, d’un index tendu, des vérités à voix haute pour lui-même. Des fois il se tient le front et perd ses yeux sans bords au fond de sa tasse vide. Il se lève, abandonnant son chef lieu de comptoir, et entame le tour du rond-point à pied. Il traverse sans regarder, fait demi-tour au Gamm Vert et se fout des claques sur le retour.

La voiture publicitaire du cirque Zavatta passe deux fois hurler ses numéros à base de super héros et d’animaux bientôt interdits au spectacle. Je les ai vu, ils sont plantés plus loin, sur une étendue d’herbe entre le LDL et un resto chinois. Mais le cirque est ici, dans le préambule d’une dialectique sermonnée à soi-même, au grand jour, sur un rond-point de la zone.

Il déplace et replace plusieurs fois son verre d’eau entre les ronds sales, s’explique qu’il a quitté Paris et un boulot à 500 balles pour venir parler tout seul ici. Il a commandé deux cafés, bu un litre de flotte, et à plusieurs reprises insisté du regard à ma table.

Et puis s’il me regarde ce n’est pas pour parler, c’est pour faire vivre son monde extérieur. Mais moi je suis plongé dans le cosmos du spectateur qui tisse du mensonge à l’aveuglette sur un bout de papelard. Ce n’est pas lui qui m’intéresse, c’est son atmosphère. La même ironie galopante que l’engluement stratosphérique du lieu fait ressortir. Ça colle à la nappe, aux vieux rideaux des années 70, aux tapisseries gluantes et colorées tout droit sorties d’un hôtel inquiétant avec Jack Torrance. Le formica du bar est plus propre que les chiottes de l’étage sur le pallier. Les chambres en sont aussi pourvues, mais la marque des trous qui laissaient pendre un vieux rideau devant le trône chimique est désespérément en attente de toile plastique. On regarde sa moitié se défraîchir le cul dans les yeux, avec ce plaisir mondain qui caractérise si bien nos envies ardentes d’une nuit d’hôtel.

Il tape plusieurs fois du doigt très fort sur la table, se lève et se rassoit de nombreuses autres. Les habitués remplacent d’autres réguliers de tables en nappes acryliques. Les psychotiques et les schizophrènes c’est pour moi, c’est mon lot quotidien. Au hasard du rien, dans l’espace improbable du destin en mode chargement, comme une lampée de coïncidence aiguë qui trime pour se donner rendez-vous quand il faut, ils me saignent le présent. Il se tape le front à espace modéré en criant en sourdine « NON, NON, NON ! », et reboit une gorgée de café. « IL NE FAUT PAS ! ».

Et puis il se lève pour partir enfin, après avoir sorti nonchalamment un billet froissé par sa poche, et quitte le rond-point.

Des lieux comme ça en France il y en a des milliers je suppose. Des endroits du néant, des claques de sauvetage en rond-point qui proposent des bouges mal lavés, empoussiérés, à l’hygiène douteuse, mais sans les putes.

J’ai fini mes grands cafés moi aussi, je dois attaquer le dimanche par la visite d’une propriété de Bergerac, et tout goûter pour savoir ce que j’achète. Et en chemin, je pense que je m’arrêterai de temps en temps pour pisser dans la nature en repensant au schizo de ma taule à pioncer, et me disant très sincèrement, que pour mon deuxième arrêt chez JAKMY en 4 ans, j’y reviendrai peut être finalement, pas par dépit cette fois-ci, mais par un intérêt prononcé du naturalisme humain.

 

©Necromongers

(photo: moi-même)

 

 

 

Etats d’âmes (25) (26) (27)

Etat d’âme 25 :

« On se permet tout
On n’est permis de rien
On ne s’étonne de rien
Puisqu’on est tout ce qu’on est

Je ne peux rien vous dire d’autre. Au-delà de nos conseils fugaces pour mourir dans les meilleures conditions, nous restons maîtres de nos plus grands instants.
Je vous conseille de vivre au mieux, sans rien penser qui puisse tout englober. C’est quand on est trop préoccupé par les détails que nos vies s’amenuisent.
La vérité universelle n’existe pas, chacun est responsable de son entité, et parsème comme il peut de sa décadente postérité anticipée…
Nous sommes une larme qui n’en finit plus de sécher.
Des bébés éprouvette sur le champ d’une bataille au gaz de schiste, des lacrymo-gènes puissance émerveillement.
Nous redeviendrons ce que nous avons toujours été…
Du sable bitumeux. »

 

Etat d’âme 26 :

« Tout est religion, même l’athéisme en est une. Les croyances sont multiples, l’homme ne sait rien faire sans croire en quelque chose, le capitalisme, la politique, l’écologie, dieu, la religion, le pétrole, l’argent… il a besoin de se rassurer depuis qu’il sait qu’il est mortel. L’homme me fatigue, je suis un nihiliste du néant. J’ai du respect pour tout le monde, mais il suffit qu’on me dise quoi faire et quoi penser pour que je sois de suite réfractaire par nature… alors l’un dans l’autre, il ne s’agissait que d’une pensée virtuelle, tout le monde sait très bien que l’espoir c’est pour ceux qui n’attendent plus rien… (merde, où est-ce que j’ai encore foutu ma corde… ah je suis con, elle est restée sur la poutre!) … j’aime bien tout mélanger, et surtout être le moins sérieux possible, sinon c’est foutu. »

 

Etat d’âme 27:

« Il y a des turpitudes aléatoires qui s’ébruitent en silence.
Le noir nous va si bien, comme une ode au temps partiel de la discontinuité cérébrale infantile.
Il faut sans doute se laisser convaincre par les lumières sans le siècle. Mais dans l’entre-deux, je remercie d’avoir vécu la connivence du dernier et de connaître les ressorts indolents sans consistance du nouveau.
Le miroir de nos alouettes n’est plus un reflet invisible, c’est un calmant à la parthénogenèse, une coulée de fumigènes andropodes à la petite semelle tannée comme on roule un joint à vif.
On déroule, on déroule et on sèche à l’arrivée. Maintenir à flot les derniers îlots, pour l’équilibre du monde. La foutaise internationale endimanchée par l’establishment d’un père Lachaise fatigué de voir mourir les enterrés vivants.
On regrettera plus tard d’avoir assoupli nos divagations mentales pour du pop-corn bon marché. »

©Necromongers

Chèvre un jour…

La chèvre est un mouton de panurge qui tourne en rond.

Elle est modulable, parce qu’elle ne veut pas s’embrouter avec l’essentiel.

L’herbe est à tout le monde mais certains brins ont de l’importance,

Même les ronces savent faire la différence.

Alors la chèvre fait sa promenade, tant que l’air est appréciable.

Elle se rebelle souvent, mais tourne sur son caillou en serrant les dents.

Après tout, protéger ses arrières ne sert qu’à prétendre théoriser quelque chose d’autre.

J’en veux à l’herbe tendre, aux pouces fragiles,

Au climat changeant, à la prime de risque.

Concéder ce que l’on gère pour immuniser ce que l‘on aime,

Quelle règle peut légitimer l’idée qu’elle reste une atmosphère ?

J’en vis, j’en parle et j’en écluse la réflexion.

Chèvre un jour, chèvre toujours ?

 

©Necromongers

Les réflexions stratosphériques de Necromongers

Je voudrais qu’on m’aime pour ce que je ne suis pas, ça me ferait des rêves à emballer pour plus tard.

 

L’écologie c’est une armoire à pharmacie pleine de médicaments qui ne servent jamais, parce qu’on se sent bien dans notre merde.

 

De plus en plus d’autochtones ne supportent plus le tourisme de masse, alors que moi c’est juste la masse du poids des autres.

 

Quand on ne parle pas de certaines choses on les fait devenir des sujets tabous. C’est comme quelqu’un mais « à bout ».

 

Devant la recrudescence des lobbys vegans, je propose de revenir à l’anthropophagie, les cons peuvent se manger entre eux après tout.

 

L’eau chaude a été inventée pour emmerder ceux qui n’aiment pas l’eau froide… et le chauffagiste pour ceux qui sont emmerdés.

 

Je ne comprends pas toujours la propension qu’ont certains à s’épandre de maux intimement précis sur leur vie privée (se gratte les couilles).

 

Pendant que Sarkozy s’emmerde et veut gagner plus d’argent nous on se bouffe la kératine des ongles pour remplacer la corne de rhinocéros.

 

– J’ai mangé Indien ce soir.

– Tu dis quoi?

– J’ai mangé Indien ce soir!

– Parle plus fort!!

– EXCUSE-MOI D’ÊTRE AUX CHIOTTES!

 

La quantité du sommeil n’a rien à voir avec la qualité. L’un dans l’autre ils se débrouillent très bien pour vous emmerder l’un ou l’autre.

 

La #liberté qu’est-ce que c’est? Sinon une #croyance qui se permet de faire passer l’#espoir pour une réalité augmentée…

 

Macron se casse la gueule dans les sondages, alors que dans les escaliers ça aurait suffi si ça se trouve…

 

Y’en a marre des stickers sur la vitre arrière qui ne sauvent rien:

« Bébé à bord »

« Animal à bord »

Je propose: « Neuneu accompagné à bord »

 

L’avantage avec les politiques c’est qu’on n’a pas à se soucier de leur casier judiciaire, sinon on serait obligé de tous arrêter de voter.

 

©The Necromongers stratosphérique-ment vôtre…

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J’ai rêvé d’être En Marche…

Au courant de qui, au courant de quoi

Laisse le béton mourir dans ses kilos d’émois.

J’ai parlé à des gens qui n’existent pas

J’ai entendu les doléances du peuple fantôme.

 

La liqueur des maux fatigue la bouche

Les ancêtres nouveaux fondent sous la douche.

Le ciel ne grisaille pas pour semer à la louche

Quelques histoires vieilles depuis qu’elles sont nées.

 

On pourrait courir en jouant aux petits chevaux

S’agripper en pleurant aux barques pour de faux.

Se mettre à chanter en hurlant ses défauts

Comme un hymne à la joie qui sonnerait mauvais.

 

J’envois dès demain une troupe de « sauve-situation »

Pour gérer les débats des « faites-attention ».

Plus de limites, un trône pour chaque occupation

Un ministère du presque parfait et de la tarte à l’envers.

 

Merde à celui qui le lira…

©Necromongers

Etats d’âmes (22) (23) (24)

Etat d’âme 22:

« Vous croyez que le monde est un procès d’intention?
Normalement vous devriez vous remettre en question, mais comme chacun ne le sait pas il est chose courante de n’avoir absolument rien à carrer de ce que les autres ont à penser d’eux… par ce qu’ils ne pensent qu’à eux.
Et puis les choses courantes emmerdent généralement, de part leur popularité, leur quotidienneté, leur insipide et journalière redondance. C’est en partie la cause d’un dysfonctionnement universel, la méfiance du renouvellement de l’intelligence.
C’est un produit devenu tellement rare que son apparition fait peur. Même poursuivi, reconnu et châtré, la conspiration de la réflexion fait l’objet d’une enquête sans précédent.
Malgré des efforts considérables pour la dénicher, la délivrer et lui donner la capacité de vivre en liberté, elle reste viscéralement en voie de disparition… sans aucune garantie de renouvellement de l’espèce. »

Etat d’âme 23:

« Tout est famélique.
L’ordre contenu des émanations sporadiques du vent des sédiments invisibles.
La chorale incessante des convenances manipulatrices existentielles.
Les contrées mécatroniques référentielles du ligament de l’espace sans bordures.
La clôture annuelle du comité des lourdingues sans limites agencées.
La ferme ta gueule de l’amour est dans le prémenstruel pour la forme sans le fond.
L’idiome secret des instances révolutionnaires de la fabrique des consonances multiples.
La gravité solennelle des devantures sans allergène assez conventionnelle pour traire les yeux.
La confusion des idées malingres qui fusionnent avec la célérité du plâtre à la Française.
La propriété centrifugeuse de l’hécatombe spongieuse en commémoration rancunière.
La dernière émanation discrète d’une nomenclature épongée par la bière de Mars. »

 

Etat d’âme 24:

« Je ne sais pas.
On ne peut pas tout savoir.
On devine parfois, pour participer.
Mais on ne sait pas tout.
J’aimerais en savoir plus.
Mais j’écourte souvent ma façon d’apprendre.
Je ne suis pas intéressé par tout.
Du coup je ne retiens pas ce qu’il faudrait savoir.
Pour en savoir plus j’entends.
Mon intérêt n’est pas feint.
Mon intérêt est distant.
Je suis comme vous, équidistant.
C’est comme distant mais sur la brèche.
On fait semblant des fois, pour exister.
On croit qu’on sait, on croit qu’on vit.
Et puis, bien évidemment, on vit sans le savoir.
Puisqu’on ne le sait pas.
Parce qu’on veut tout savoir.
Sans connaître l’essentiel.
Sans faire l’effort d’avoir à saisir l’information.
On va au plus simple, au plus rutilant.
On aime se faire voir, sans plus attendre.
Alors on danse (non ça je l’ai piqué).
Et puis on s’imagine, on se voit meilleur.
Mais on ne sait toujours pas quoi, qui, où?
On ne peut pas tout savoir.
On aimerait en savoir plus.
Mais c’est difficile, les autres nous coincent.
La vie, les infos, les trucs sans nous.
J’aimerais en savoir plus.
Mais… je ne sais pas. »

©Necromongers

BOIRE!!! par Jon HO (La P’tite Hélène Editions)

(Ceci est une christique litre et air)

 

Comme le dit l’auteur en préambule :

« Il n’est aucunement question ici de construire un parallèle comparatif entre l’alcoolique et L’abstinent, entre le mal et le bien ou entre n’importe quoi que ce soit qui fasse office de jugement. »

Néanmoins, on se questionne. Est-ce que Jon a été le Paul de son roman ? Est-ce que cette expérience est la synapse d’un vécu quelconque ?

Quelle que soit la réponse, on s’en fout. Ce qu’on peut en dire c’est que ça se sirote comme une tasse de thé au PMU, avec une suspicion sur les paris, mais l’agréable sensation d’un truc qui s’adresse au plus grand nombre. Boire tout le monde sait faire, vivre avec c’est moins probant.

C’est suffisamment bien écrit pour se lire facilement, dans un français à l’accessibilité ponctuée de langage médical par-ci par-là, et d’autres inconvénients littéraires liés à l’engorgement de qualificatifs sirupeux d’un délire flou, avec des cacahuètes de bar.

Ça s’avale très vite sans forcer (un peu comme un cocktail), et ça ne tombe pas des mains. Bref, si vous avez une journée d’abstinence à perdre (car c’est ce qu’il faut objectivement cul sec), je vous conseille ce machin.

Mais à la fin on ne sait toujours pas si Paul a été Jon, ou le contraire…

 

Nécro.

On peut acheter la chose par en-dessous

http://www.laptiteheleneeditions.com/pages/jon-ho.html

 

 

(Excusez pour la photo, c’est pas un thé et c’était pas au PMU, j’avais soif quoi merde !)

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Ô ouiiiiiii, bloque moi!

Ô oui.

Ô oui signale moi.

Ô ouiiiiiii.

Signale moi.

Clic moi très fort.

Presse violemment ton index.

Ne prends pas le temps de caresser la touche.

Fait toi le saigneur de mon fil.

Bloque moi, fait moi mal.

Ô oui, bloque moi.

Dans un coin de ton wall.

Fait moi la morale.

Ô oui.

Ô ouiiiii.

Fait moi la morale.

Suspends moi par inadvertance.

Rends moi inexistant.

Ô ouiiii.

Fait moi disparaître un jour, toujours.

Je te regarde saliver, vilain bloqueur.

Tu bandes ? Ton cœur bat plus vite ?

Ta braguette est dure.

Ton membre s’ankylose d’excitation.

 Tes orbites devenus trop petits.

Tes yeux ronds et dilatés.

Bloque moi.

Oui, derrière ton écran, bloque moi.

Je suis tout nu au bout de ton doigt.

Je le sens bien fort.

C’est ton majeur maintenant ?

Vilain bloqueur.

Mets-y ton pantalon.

Tout ton cœur du milieu.

Ton cerveau se dilate.

Le méat coule à flot.

Tu jouis.

Ô ouiiiii.

Tu jouis.

J’ai bien aimé.

Toi aussi ?

A bientôt joli cœur.

Fais moi signe.

Je serai toujours là.

Dans un coin, à genoux, à t’attendre.

J’ai déjà des images pour t’agacer.

Te faire grossir la morale.

T’énerver la veine cave.

Tu peux compter sur moi.

J’aime ça.

Je suis une saleweb.

Comme tu aimes.

Je te ferai dégorger l’index.

Remuer la braguette.

Bisous.

 

©Necromongers