Lâcher pour contre.

A ne pas douter

Plus que de mesure, laisser les aigreurs s’étendre.

Les odeurs n’ont rien pour elles

Le monde entier se meure d’envier l’impossible.

Le choc des civils en action

L’émeute des villes garde le son des barricades en cercle.

Il n’est rien qui puisse

Et personne ne doute de la véracité du mensonge.

J’accuse les bonnes œuvres

Et quelques similitudes longitudinales existentielles.

A plat ventre les cœurs

Pour tout un tas de lenteurs industrielles exaltantes.

Laissez les choses se morceler

Aucun indicateur ne laisse présager le meilleur du pire.

On peut rêver de force

Négocier les remèdes n’endigue pas la raison.

Priez pour nous pauvre prêcheur

La fin n’est rien, l’avenir sait mourir.

Les phrases suintent

Elles sont l’origine qui gronde la mystification du monde.

Une fois n’est pas coutume

Combien d’autres naissances y ont cru ?

Vérité je te vois nue

Promets-moi d’être habillée quand il fera froid dans mon jugement.

Le feu nous tuera

J’éteindrai à la source la gueule des flammes jouissives.

Nos pas seront lents

Ce qu’ils voudront dire ne nous emmènera pas aussi loin que ce qui n’était pas prévu.

Nous devons nous reconfigurer

Livrer le monde à des batailles non conformes, des guerres silencieuses.

Re-magnifier nos directives

Ne rien laisser paraître, même temporairement, sans paraître à délaisser.

Il faut [définitivement] survivre

Jusqu’à la fin des temps, et pour toute la durée de son règne lancinant.

 

©Necromongers

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ERROR 404

Nous sommes des panoplies interchangeables.
Un combiné sémantique crevant un écran aux algorithmes syncopés par la disette spirituelle.
Des pièces jetables, calibrées pour mourir dans un temps donné. Sans aucune faculté requise pour combiner esprit d’initiative et réflexion spontanée. Une simple copie de copie.
Rien. Rien qui soit un indice quelconque pouvant prétendre à devenir plus qu’il ne tente d’être. Un remixe alternatif d’une version non officielle piratée par la base de métadonnée.
Nous échouons la plupart du temps là où nous pensons réussir. Les médias, les réseaux sociaux et la synthétique liberticide de l’étendue névralgique de notre ego nous voilent nos mirages invisibles.
Nous existons pour entretenir un potentiel d’éléments participant à nos désirs d’évoluer afin de nous sentir vivant. Nous luttons intérieurement contre ce phénomène déstabilisant qu’est la naissance de la mort avant la déchéance de la vie.
Le miroir aux alouettes ou la glace aux pingouins, telle est la question?
Je crois que la vie sait beaucoup mieux que nous où nous pouvons aller. Je pense que nos hésitations sont une source intarissable du jaillissement de notre histoire, nous faisant régulièrement tomber dans les mêmes erreurs.
Nous survolons les problèmes au lieu des les affronter. Icare n’était pas loin du but, jusqu’à son apogée.
Sans doute trouverez-vous ce texte sombre et négatif, désenchanté et réducteur, facile et sans arguments. Regardez-nous. Contemplez-nous. Renseignez-vous. Libérez-vous.
Vous verrez qu’il est beaucoup plus facile de croire sans raison que d’ouvrir les yeux pour admirer la beauté du massacre à l’échelle humaine.
Moi je m’en fous, je vais me fondre avec la nature, je saurai pourquoi je vais mourir comme tout le monde. Dans le calme.

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Veuillez nous pardonner cette excentricité textuelle sans gravité. Un technicien va intervenir rapidement afin de rétablir la normalité du fil de publication de Necromongers. Vous êtes invités à signaler tout abus concernant ce contact. Si vous receviez un autre message à connotation négative le concernant, merci d’en référer à notre administration punitive, sans équivoque et pleine d’un sens aussi exacerbé que sa bêtise grotesque et décalée de l’avenir.
Le service d’ERROR 404 est tout à votre disposition, pour le meilleur et pour le dire.

©Necromongers

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Je bois des mouches

Sur l’horizon liquide

Au milieu des glaçons

Entre les bulles de mousse

D’un revers de verre,

Quand les pattes s’emmêlent

Les ailes divaguent

L’altitude perd sa hauteur

Kamikaze de l’apéro,

Je bois des mouches.

 

Ça trempe au fond

Ça noie sa courte vie

Repêchage au doigt

Tourbillonne à terre,

Détrempée d’adultère

Ma boisson infectée

La grimace me tord

Je n’aime pas gâcher,

Je bois des mouches.

 

Bataille dans les airs

Ça virevolte en piqué

Passe les rubans à colle

La tapette fend l’O2,

On rate mais on boit

Ça gratte à la gorge

On n’est sûr de rien

Elles ont fait quoi dedans,

Je bois des mouches.

 

La campagne est sordide

Des insectes partout

La mouche reine d’intérieur

Pose ses miches à gavasse,

A la tienne pour la vôtre !

Toi aussi fait du bzzzz

Mais protège ton godet

Si tu ne veux pouvoir dire,

Je bois des mouches.

 

©Necromongers

(image tirée de « La mouche noire », 1958)

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Il était une fois… de Tarantino à Nécro.

Préambule : Qu’il soit décrié, glorifié, traité d’imposteur ou déifié, Quentin Jérôme Tarantino n’a jamais cherché autre chose qu’à transformer l’amour qu’il a du cinéma en un hommage perpétuel et référentiel aux genres. Il n’a rien inventé, mais en 9 films 1/2 (mon côté Kill Bill sensuel) il a transcendé son héritage en fantasmes visuels.

 

Le cinéma n’a rien d’autre que lui-même pour exister, sauf quand certaines personnes tentent de le sacraliser.

Quentin Tarantino n’a pas une quantité astronomique de longs métrages à son actif, à peine 9 à ce jour (Kill Bill comptant pour un film puisque son projet initial était un unique et seul film)… en trente ans ça paraît peu, mais comme chaque film est décortiqué et prend son temps pour se bonifier, c’est suffisant.

Depuis son enfance et surtout plusieurs années à travailler et, quasiment, vivre dans un magasin de location de vidéos pendant 5 ans, il a vu, emmagasiné et finalement écrit des scénarios. Des collaborations fructueuses (Roger Avary, Robert Rodriguez) et quelquefois des scenarios volés et modifiés (Oliver Stone), ne l’auront pas empêché de faire l’acteur, le producteur, et quelquefois le réalisateur de segments d’autres films et/ou séries.

Un style reconnaissable, basé sur des arcs narratifs multiples à un moment commun, de la violence shakespearisée, un scénario (quelquefois) à rebours dans le déroulé, des programmations musicales de ouf, et des acteurs illuminés par leurs rôles.

Monsieur Tarantino est un fourre-tout du cinéma. Un esthète de l’allitération cinéphile, un perpétuel garant du 7ème art, un fidèle converti à la mémoire du cinéma de genre, d’exploitation et quelquefois B ou Z.

 

Ce ne sont pas mes bêtes et courtes années d’école de cinéma et d’audio-visuel qui m’ont donné l’envie de vous dire du bien du personnage de Quentin, car de sa vie je ne connaîs rien. Cependant, alors que je finissais de foirer ma scolarité d’assisté, j’ai vécu la naissance de RESERVOIR DOGS à sa sortie (mais en vidéo). Ce fut pour moi une claque cinématographique. Si bien que je me suis évertué par la suite à suivre la filmographie de chacun des acteurs, tant ils m’avaient éblouis. C’est notamment comme ça que je suis devenu un fan inconsidéré de Harvey Keitel, et un peu de Michael Madsen. Cette conversation surréaliste au bar à propos de Like A Virgin de Madonna, et la scène de torture dans le hangar désaffecté ont fait voler mon approche du cinéma à 20 ans, et cette condescendance au sang sans vergogne, ivresse d’un ébat jamais résolu. Et dès son premier film, la musique idéale utilisée sur des scènes faites pour elle (ou l’inverse), comme un rêve de cinéaste.

Quelque temps après j’ai vu True Romance, de Tony Scott, qui était basé sur le même mode opératoire, et tout aussi péremptoire mais en version plus soft. Nous savons tout de même de qui était le scénario.

 

PULP FICTION à fait l’effet que vous connaissez tous, tant sur la toile que jusqu’à Cannes et ensuite dans les chaumières. Résultat, à seulement son deuxième film, la consécration ultime et une statuette. Sans doute des tas d’autres films de l’époque le méritaient aussi, mais celui de Tarantino ne démérite pas ce prix. Là encore, sa fibre composite cinéphile est posée. C’est un peu l’apogée de son style, burlesque par l’aspect, complexe par sa narration, stylé par son grain, désireux de faire des références mémorielles aux genres, exalté dans ses dérives personnifiées, tragiquement désinhibé, dans une violence situationnelle autant que dans une lenteur de circonstance, et puis toujours et bientôt un persistant devoir de faire renaître des acteurs sur la brèche (John Travolta). On pourrait crier au chef d’œuvre, je n’y vois en fait que l’agencement de ce qui se fait de mieux en terme d’hommage au cinéma, et c’est là toute la qualité qui ne quittera jamais son réalisateur.

 

Je n’ai vu quasiment aucun film de Tarantino au cinéma (à part récemment Once Upon a time… in Hollywood et Django Unchained), et malgré tout je considère presque ça comme un hommage à sa courte carrière vidéophage. Je crois qu’il avait compris l’importance du poids (à l’époque) de la vidéo exploitation, et particulièrement de la blaxploitation. De là est né JACKIE BROWN.

On retiendra de ce film l’animosité féline de Pam Grier (qu’il a fait renaître de ses cendres), un Robert Foster monumental et un Robert de Niro trippé comme jamais. Un scénario de polar funky (sur une base similaire de sketchs à la Pulp Fiction), mêlant une fois de plus des individualités antagonistes et des situations burlesques. Et une BO à faire chanter sa belle-mère en footing.

 

Je ne suis pas passé à côté du KILLING ZOE de Roger Avary, qui est un Tarantino à la française produit par le maître himself, et qui reste une curiosité dans la filmographie de Jean-Luc Anglade et Julie Delpy.

En 1996 (soit 1 an avant Jackie Brown), Quentin (pardon pour la familiarité, c’est pour diversifier) bouleverse une partie de mon affiliation et me fait lorgner du côté de Robert Rodriguez (pour le restant de mes jours) aux côtés de Georges Clooney et Harvey Keitel dans UNE NUIT EN ENFER. Cette fois pour ses talents d’acteur, autour de cette farce de série Z (comme zombie) et du grand guignolesque sanglant, pour laquelle je suis presque à genoux (surtout devant Salma Hayek). Je l’avais cependant découvert auparavant par hasard avec El Mariachi, avant la version Desperado. Et j’avais noté l’accointance certaine qu’il pouvait s’offrir avec le sieur T.

 

KILL BILL. Je n’en ferais pas une épopée de diatribe à l’étale, car j’ai moyennement adhéré à ce film en deux parties. Je ne sais pas trop pourquoi, j’ai zoné pour arriver à les voir, et au final j’ai trouvé l’ensemble marqué stylistiquement par des empreintes évidentes du cinéma d’action Kung Fu et des espaces façon western spaghetti, mais je crois au final très brouillon selon mes souvenirs.

Cependant, ce film recèle de formidables hommages aux genres concernés, avec des scènes entières, façonnées pour l’histoire de la mémoire (comme la briève remise en scène pour David Caradine). Et quelque part, si on doit rendre hommage au cinéma de Tarantino, c’est surtout et essentiellement sur sa volonté de lui-même rendre hommage au souvenir indélébile qu’il en garde, et que nous devrions garder.

 

Malgré ma volonté de rester chronologique, j’ai vu INGLORIOUS BASTERDS avant Boulevard de la mort, mais ça ne s’est pas bien passé. Je l’ai vu en VO non sous-titré. De fait j’ai laissé tomber l’histoire et j’ai passé 2 ans sans regarder de Tarantino. Mais je me suis rattrapé plus tard et je ne le regrette pas.

Là encore, outre la reconstitution des années 40, ses concepts scénaristiques sont présents. Flashback, violence sans péché, et imagerie nazi à la sauce Tarantino, ça manquait au cinoche tout de même !

Mais dans ma mémoire, au final ça ne reste pas un de mes films phares du bonhomme. Je note en revanche, qu’à partir de ce métrage, la violence devient plus thématique que gratuite, et sans disparaître (bien au contraire) deviendra plus ciblée de film en film.

 

BOULEVARD DE LA MORT (death proof), sera ma seconde claque du réalisateur après Reservoir Dogs. Il est fort possible qu’il soit mon film préféré de Tarantino.

Cet attachement au grain des caméras 35 ou 70 mm, cette façon de filmer les conversations (avec une ouverture version Reservoir Dogs au féminin), cette promenade mécanique vue de l’intérieur des véhicules, ce besoin de ralentir le cinéma au niveau du temps réel, et bien sûr, cet hommage aux films de poursuite des années 70 et ses couleurs chaudes. Et puis Kurt Russell «  Stuntman Mike » (à prononcer à l’américaine, ça tape je trouve), gueule éternelle du anti-héros parfait, un must.

 

Je ne me souviens plus très bien de l’ordre dans lequel je n’ai pas respecté la chronologie de sortie de ses films, mais je crois bien avoir vu DJANGO UNCHAINED en salle.

Depuis le temps que la logique de son cinéma tournait autour, empruntant à foison les codes du western spaghetti, on attendait quelque chose d’original de A Band Apart ( sa société de production). Chose faite avec le thème centrale de la ségrégation, empruntant un personnage existant déjà dans l’univers du western spaghetti et de la blaxploitation. Et puis le personnage campé par Samuel L.Jackson, le majordome noir à la cause des ségrégationnistes est formidablement interprété, son acteur le plus utilisé, comme acteur et comme voix off, 6 participations en tout (sans compter True Romance).

De fait, plutôt que d’avoir un western traditionnel, on tourne autour d’un thème pour utiliser ses codes et son univers. Il faudra attendre le suivant (les 8 salopards), pour en avoir un vrai.

 

Je pense avoir visionné LES HUITS SALOPARDS (The Hateful Eight) au moins 2 ans après sa sortie, pourquoi ? Je ne sais pas, j’ai raté le coche, je n’ai pas pu y aller. Et puis, pour être honnête, je ne cherche pas absolument à voir, j’attends que l’occasion se présente, je laisse le destin mettre le truc sur ma route. En somme, des fois ça va vite, des fois ça prend des lustres.

En le visionnant je me suis dit qu’il arrivait à son but ultime, tous ses films précédents avaient l’humeur, le ton et l’ambiance de son Graal personnel. Et puis arriver à mobiliser Ennio Morricone pour la musique d’un western en 2015, c’était une parfaite symbiose avec l’amour qu’il tentait de ressusciter dans le cinéma moderne, des entrailles de ce que l’histoire du 7ème art a construit.

Après toutes ces années à tourner autour du pot, que pouvait-il nous offrir de mieux ?

Justement…

 

ONCE UPON A TIME… IN HOLLYWOOD.

Finalement, quoi de plus logique que faire un film sur le milieu du cinéma pour parachever tous les autres. Et tant qu’à faire, suivre un acteur dans le Hollywood de Polansky et Manson en 69, qui tourne des westerns… la boucle est bouclée.

Depuis Inglorious Basterds, Tarantino a basculé dans un autre cinéma, celui de la violence thématique et non gratuite (je l’ai dit plus haut, même si celui-là comporte une scène puissance 10 dans le genre), mais aussi dans un cinéma de reconstitution, car il film des époques. Et son Hollywood de l’année 69 est assez bluffant de réalisme.

Même quand un vieux film de guerre passe dans ces vieilles boites cathodiques en plastique, qu’il a lui-même tourné pour l’y faire passer, il y a la lumière de l’époque sur les cheveux, le hâle patiné sur le front de DiCaprio, et le grain sensible du noir et blanc.

L’histoire de la secte hippie de Manson plane régulièrement, mais le scénario alterne entre fiction et réalité, je laisserai donc à chacun de découvrir par lui-même les tenants et les aboutissants.

 

J’ai l’air de parler de son dernier film comme, justement, du dernier. Évidemment, selon ses propres dires il en fera au moins 10 (et plus s’il revient sur sa décision) sans compter son projet de série (encore) western. Mais je trouve que son Once Upon a Time signe élégamment une boucle dans son propre parcours.

Quentin Tarantino n’est pas le meilleur réalisateur du monde, mais il a su rendre au cinéma ce qui lui appartient, le plaisir et l’amour de l’émotion (et peut-être le fétichisme des pieds féminins), et moi, il m’a radicalement ouvert les yeux, c’est comme ça.

 

PS : Comme vous avez pu le lire je n’ai pas fait de référence à Tueur Né de Oliver Stone, car si le script utilisé est à la base un scénario de Tarantino il a été totalement modifié et réécrit, pour au final s’éloigner de l’esprit originel. Il est donc régulièrement cité dans son parcours mais n’en a pas l’essence.

 

RePS : Et sinon j’oublie sûrement des tas de trucs mais je ne suis pas journaliste, c’est un article de cœur pour le fun.

 

©Necromongers

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L’étranger au regard de sable

La chevelure bouillonnante, le teint frais, le regard élancé, et quelques brèves de comptoir plus loin… sa vue n’était plus qu’un champ de coton imbibé de liquide. La vie s’égraine sans heurt quand l’effort n’est pas légion. Quoi de plus neuf que le repos forcé, quand on vieillit prématurément.

Pas d’amertume en ce jour, rien n’était d’une importance capitale. Les morts savaient obstinément ce que les vivants saccageaient, la puissance du lendemain sans anticipation brisait le miracle de la subordination.

On aurait pu laisser mourir du monde, ce qui restait relatif devenait une hydre. Dans ses yeux, on aurait dit du sable venu de loin. Un coton de Panurge, un imbécile au lait frais, une épopée sans limite.

Plusieurs personnes lui on dit d’arrêter, de se taire en silence, de cesser la mise à mort de l’indifférence. Mais c’était plus fort qu’au-delà de nous, d’imaginer seulement qu’une histoire puisse ne pas arriver. Alors, son sourire fut prit pour une arme dangereuse, et on commença à le montrer du doigt.

Son calme léthargique, son allure penaude, sa carrure fantomatique et ses pupilles hypnotiques suffirent à déclencher la furie des haineux. Il restait là, à ne rien faire, il était donc capable de quelque chose d’inconnu.

Ce fut un matin pluvieux, tôt, à l’heure des ballons de blanc printaniers, que le drame coula à flot.

Les journées jusque là pétries de sa présence, honorèrent son absence d’une assourdissante névrose calomnieuse. L’homme au regard de sable n’était plus là.

Une enquête fut ouverte et des témoins auditionnés.

 

Agent : Sa description ?

Témoin : Allure penaude, carrure fantomatique, cheveux bouillonnants, pupilles hypnotiques, teint frais, regard élancé…

A: Pardon ?!

T : Et bien tout ça quoi !

A : Vous appelez ça une description ? Je ne comprends rien !

T : Je ne sais pas quoi vous dire d’autre, c’est comme ça qu’il était connu.

A : Je ne peux pas marquer ça sur le rapport, on ne sait pas à quoi il ressemble.

T : Vraiment ? Vous n’avez pas d’images poétiques qui vous viennent ? Mais vous voyez les gens comment vous ?

A : Age, taille, poids, couleur des yeux, des cheveux, ce genre de truc.

T : Je ne comprends pas.

A : Vous ne comprenez pas quoi ?

T : Je ne comprends pas qu’on puisse encore en être à décrire les gens de façon identique, avec aussi peu de variantes pour pouvoir les retrouver .

A : Les retrouver ? Mais votre gars est introuvable avec des informations aussi vagues, floues et dénuées de caractéristiques précises !

T : La poésie retrouve tout le monde. La poésie ne formate personne. La poésie est une arme de précision massive.

 

Nous n’en saurons pas plus. Les éléments de l’enquête n’ont pas été dévoilés.

Ce qu’on sait en revanche, c’est que depuis son absence chacun prend le temps de se scruter avant d’entamer le dialogue. Lui qui était là auparavant pour fédérer les haines, avec son sable dans les yeux, sa condescendance passive, sa différence inconnue… ils en avaient peur, ce qui leur permettait de vivre ensemble sans craindre l’autre, puisqu’il était le démon de tout le monde.

Ils apprirent donc à se supporter en silence, comme quand on ne sait pas si cela est nécessaire d’aimer ou pas. L’amour a toujours eu bon dos pour vivre ensemble.

Depuis, le bruit des ballons de blanc qui tintent, tôt, dans la brume des esprits conspirateurs, se dégustent sans un seul regard de sable.

 

On apprit plus tard qu’un témoin avait donné une description très technique du disparu à la police, qui fut notée officiellement dans le rapport. Jamais personne ne le retrouva.

©Necromongers

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Les Humeurs de Necromongers « nos mémoires s’étalent dans l’oubli »

Je ne sais pas s’il y a encore des choses valables à dire.
Des gens souffrent. D’autres se moquent. D’autres s’en foutent.
On peut tous crever comme ça, dans l’indifférence générale augmentée. Dans cette alliance de la modernité et de l’austérité moyenâgeuse.
Peut-être que ça n’a pas beaucoup changé, que ça n’a pas beaucoup évolué. Peut-être que les peurs ont toujours eu raison de la majorité, pour qu’enfin le peuple se plie et baisse sa garde d’épuisement.
Jamais nos sociétés n’ont été aussi informées. Jamais nos vies n’ont été aussi faciles à manipuler, faciles et promptes à générer des fusils sur la tempe le sourire aux lèvres.
On nous demande d’être patriote, de croire en l’homme, de faire confiance, de s’abandonner aux nouveaux dieux de l’économie.
Il y a un monde entre mes 20 ans et mes 4
5 ans que je ne saurais vraiment expliquer. Je ne sais pas si mes choix ont été les bons, je ne sais pas si ce que j’ai fait était nécessaire, je ne sais pas si le temps résout les équations.
Ce que je sais en revanche, c’est que le retour en arrière est impossible. Pour moi, pour vous, pour notre immense peine à réfléchir, pour toute la communauté qui a détruit l’environnement avec aisance et continu
e sans s’écorcher la conscience, pour la politique utilitaire du capital… qui ne s’arrêtera jamais sans qu’on la détruise avec violence.
Le monde
a toujours été violent, mais aujourd’hui il est nihiliste volontairement.

*

Il est des jours où les coïncidences font réfléchir.
Alors que je m’apprêtais à prendre un virage à angle droit dans un petit village, j’ai été stoppé net à l’angle, au niveau du monument aux morts. Enfin stoppé net, non, je me suis retrouvé au cul d’une Ayo qu’une trottinette aurait pu doubler sans élan.
Vous l’aurez deviné, l’autoplaymobil de chez Toyota était conduite par une vieille personne, dont l’autorité bienveillante du respect qu’il m’est demandé d’avoir est proche de la logique d’une réflexion entamée par la sécurité meurtrière de notre pays.
Par chance, je tournais de nouveau environ 20 mètres après dans une nouvelle direction, laquelle m’a paru aussi longue et lointaine qu’une semaine entre 2 épisodes de GOT.
Je n’imagine pas le tracas et l’angoisse parsemé
s d’incertitude qu’a pu véhiculer ce tombeau ouvert aux autres conducteurs sur les mètres suivants, pile dans l’alignement de l’église.
Chose incongrue, ma mission élégante du jour était d’aller vider le tri de mes poubelles dans les containers répartis à cet effet. Vous savez, le tri, ce même objectif lugubre et indéfinissable que les Français ont autant de mal à faire pour leurs déchets que pour les informations trouvées sur le web. Car il lui faut du prémâché à notre esthète de la civilisation moderne, plus le niveau de confort est acquis moins le niveau de réflexion est motivé.
Peu importe.
1h après, en repassant par ce même village, j’ai croisé sur la portion à 30 km/h une quinzaine de motards de la gendarmerie encadrant deux véhicules du même ministère des armées, dont un banalisé avec un chauffeur portant un gilet pare-balle.
J’avais envie de leur dire, ne sachant aucunement la portée ni l’objectif de leur mission, qu’à 60 minutes près ils auraient bien pu tous mourir dans d’atroces vieilles souffrances boursouflés par l’âge au niveau du monument fleuri aux non vivants.
Les choses capitales ne se rencontrent pas toujours au bon moment.

©Necromongers

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Conglomérat d’adversité

Il pleut des étoiles comme on rêve de saillie.
Les arcs-en-ciel naissent peut-être dans les taillis.
 
Les beaux jours de printemps sont des culbutos.
Le soleil qui chauffe s’est levé un peu trop tôt.
 
On pourrait faire des mirages avec des vérités.
Certains font le ménage avec leur vanité.
 
On grappille des idéaux pour des fausses manœuvres.
C’est tellement plus beau, ça fait vendre les œuvres.
 
Partir sans lendemain c’est l’utopie d’hier.
Quand on avait pas de frein et personne par derrière.
 
Je veux bien mourir comme un idéal.
Du moment que c’est inscrit dans le dernier Vidal.
 
On écume les clairières à vouloir du champ libre.
Je prédis des avances sur le salaire de nos fibres.
 
Puisque le monde s’étonne nous serons rigoureux.
Soyons libéraux, crevons de liquoreux.
 
©Necromongers
 
(photo ©Leonel Houssam… il est avant tout écrivain, c’est par ici : https://leonel-houssam.blogspot.com/?fbclid=IwAR0f4c5Sfw6wqaG2w7oD4xfmtilvyzEcf6BwuDHs_VARiLMALsk7ROgARCE )
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Les mots durs tout mous

Et puis on s’enlace, derrière des miroirs fades.

Reflétant par erreur, des dimanches ébouriffés.

On y croit dur comme fer, c’est la vie, notre univers.

 

Les gens circulent autour de nous,

Ils font des cercles pis les yeux doux,

On prend pas garde on est des fous,

La vie c’est dur mais pas pour nous.

 

De toute façon, les idées finissent toujours mal.

Pour peu qu’on veuille, ça ferait des guirlandes clignotantes.

Les avis s’effleurent, les circonstances s’épargnent.

 

Je vois des lueurs qui survivent,

Personne ne sait que les autres sont des convives,

le mal est fait pour détourner les missives,

On pleure on rit on fait des lessives.

 

On est des tout mous qui pensent tout dur.

Ça fait des vieux fous pour un faux futur.

 

©Necromongers

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Censure Facebook

Pour cause de censure Facebook depuis 2 mois, veuillez noter que je rebondis avec ce nouveau blog ailleurs, que j’espère temporaire.

(adresse ci-dessous)

The N blog M:

https://ianussios.wixsite.com/website

Celui-ci reste consultable pour les articles depuis sa création, mais je n’y publierais plus pour l’instant.

Il fonctionne parfaitement sur tout un tas de réseaux, mais comme une majorité de mon lectorat est sur le pouce bleu, et que j’ai perdu énormément de visibilité, j’ai choisi cette solution en attendant le rétablissement du bon fonctionnement entre Facebook et WordPress. Problématique qui commence à concerner énormément d’utilisateurs de WordPress (sans aucune raison logique et valable), de over-blog et d’autres. Il serait intéressant que WordPress se préoccupe plus avant de ce gros souci, ayant connaissance de la lassitude générale de ces utilisateurs, ce site va perdre beaucoup de blogueur et d’abonnés qui vont migrer ailleurs.

©Necromongers

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Les Humeurs de Necromongers « Socialement vautre »

Le problème de l’information aujourd’hui c’est qu’elle se fait avec l’émotion, pas avec le discernement.
Plus les gens ont des infos à profusion, moins ils s’informent sur la véracité et l’orientation des médias qui la colportent.
Oui, c’est devenu beaucoup plus difficile de s’informer correctement, en étant sûr que ce que l’on partage n’est pas trop propagandiste ou trop faux. Mais les gens ne font plus l’effort.
En soi, le niveau de partage de l’information révèle le niveau de position des gens dans leur citoyenneté, et par conséquent dans leur façon de voter.
Et bien évidemment, il implique la façon dont ils sont capable
s de se faire abuser, autant politiquement que socialement.
C’est bien dommage mais c’est comme ça, la population s’est appauvri
e intellectuellement en même temps que son accès au monde est devenu grandissant.
C’est pour ainsi dire la preuve que nous sommes à l’aube d’un changement fabuleux, la connerie va devenir le nouvel étalon humaniste.
Tant pis, on a ce qu’on mérite parait-il.

*

J’avoue ne pas très bien comprendre la polémique autour des formulaires scolaires pour remplacer père/mère par parent 1 et parent 2.
A la base c’est une volonté qui date de la loi Taubira pour ne pas stigmatiser les couples homosexuels qui peuvent avoir des enfants à charge.
Si on peut y voir une légère maladresse que reflète notre société judéo-chrétienne basée sur le mode patriarcale, même en remplaçant par « représentant légal 1 et 2 » ça ferait polémique quand-même. Du moment qu’on pense père en premier et mère en deuxième, les 1 et 2 en seraient les noms.
Oui, tout le monde
a des parents biologiques. Mais ils ne les connaissent pas forcement, et même si c’est le cas, ne vivent peut-être pas avec eux.
Au-delà de l’adoption, et de la légalité pour des couples homos de le faire (et à mon humble avis c’est de cela dont il s’agit et qui ne passe pas dans notre pays de gros cons), on peut avoir des tuteurs différents familiaux (oncle/tante, Grand parents, etc…). Et dans ce cas là, déjà à la base, on ne rentre pas dans les cases.
Alors le souci administratif général de nos sociétés est bel et bien de rentrer dans des cases.
Et franchement, de comment les cases s’appellent, je vous prie de croire qu’on s’en branle le jonc derrière la sacristie… du moment que les gosses sont bien traités avec leur consentement.

*

C’est compliqué d’être peinard.

– Si tu supportes les gilets jaunes t’es un connard qui aime que les autres empêchent les Français de travailler.
Avec 2 sous-entendus:
👉Soit tu les supportes mais tu ne manifestes pas donc tu fous rien t’es un connard.
👉Soit tu manifestes et t’es un gauchiste casseur ou un droitiste xénophobe, donc un connard.

– Si tu ne supportes pas les gilets jaunes t’es un connard d’égoïste forcément plein de thunes qui ne viendra pas se plaindre après (un peu comme quand t’es abstentionniste mais avec de l’argent).
Avec 2 sous-entendus:
👉Soit t’es un salaud sans âme à la solde du système macronien, t’es antisocial et tu méprises les pauvres.
👉Soit t’es un foulard rouge qui ne s’assume pas et tu protèges l’Etat et le fric en général pour empêcher le partage.

Vous remarquerez que dans les 2 positions t’es un connard pour quelqu’un, et que dans les 2 sous-entendus… ben t’es un connard aussi.
La case pour les gens qui réfléchissent, pensent, ne veulent faire chier personne et trouvent des idées débiles dans les 2 camps n’existe pas.
Pour ce faire je propose pour les débats animés des soirées, que chacun puisse être identifié.

Français 1
Français 2
Français 1+2 donc 3, mais en même temps pas tellement parce que si on réfléchit un peu à la sit… ah oui, pardon, le mot qu’il ne fallait pas employer.

Finalement, j’aurais dû commencer par: c’est compliqué d’être un connard.

 

©Necromongers

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