Les paradigmes d’encre (BETA)

L’univers tangue à l’instar d’un bateau

Qui nous mène vers un astre inconnu.

Alors que même dans les temps de trouble

On illumine le blanc de la voie lactée.

 

Etrange comme le monde peut sourire

Sans parler de sa force du pire.

Les couleurs sèchent en attendant la lumière

Comme un œuf sans coquille, loin de sa tanière.

 

C’est l’huile sur la toile qui se répand

D’un peintre troglodyte oublié.

Du fin fond de son origami déplié

Qui dicte les règles du jeu.

 

D’étoile en étoile on s’époudre

La poussière d’une carte aux trésors.

Nos enveloppes fondent sous la foudre

Fumée âpre et odeur de corps.

 

Des nébuleuses en verra t-on

Du fond de nos yeux vairons ?

Qui à chaque instant saignent

Dans l’espace ou Neptune règne.

 

Le regard perdu vers l’horizon sans fin

A chercher la répercussion d’un son égaré.

Les comètes pleuvent aussi

Hérissant nos capillarités, frôlant nos peurs.

 

Tandis que les lunes nous réconfortent

Tel un enfant des astres.

Qui se réfugie dans sa chambre forte

Pour éviter les solaires désastres.

 

Le vide intersidéral de nos cœurs

La matière noire s’infiltre, coule.

Il nous faut percer les mystères

Rayonner sans éblouir.

 

Comme au fond d’un corps stellaire désolé

Les réponses attendent encore.

Quand sur les rivages des Venus d’or

Nous suivons d’étranges destinées.

 

Alors il faut continuer à voyager

Se répandre et partager les âmes.

Alors il faut ne jamais s’arrêter d’en finir

Se rapprocher pour s’entendre à l’utopie.

 

©Richard Kuran  & ©Necromongers

Etats d’âmes (16) (17) (18)

Etat d’âme 16:

« Je ne pense rien d’important.
Remarquez je ne suis pas le seul dans ce mélodrame.
Des tas de sans importance pensent. Des tonnes de sans identité non avérée font la même chose en douce. Des oubliés de la communauté du vivre avec ou sans. Les imaginaires de la république sans dents. Les protéiformes discontinus zélés par la réforme du néologisme ancestral l’ont déjà remarqué… nous ne pensons rien d’important.
L’illusion est grande. Si grande et monumentale, que même l’importance ne s’en est pas rendue compte. Alors vous comprenez bien que le sens a des raisons que l’oubli forme par trahison.
S’il fallait penser des trucs importants nous serions à l’avant garde des résolutions fantômes. Un genre de scénario délirant, une scène pour le bonus d’un film d’auteur venu du froid. Une marque sans abris, qui peinerait à trouver son rayon pour se promouvoir. Un caddie abandonné au milieu d’une jungle urbaine. Un parallèle à la symétrie identique.
Nous ne pensons pas l’important, car l’important est dans nos pensées. Nous n’osons pas penser car l’important est dans l’ordre établi. Nous ne pouvons pas déroger à la pensée de l’ordre car l’important est dans ce qui est établi. Nous n’essayons pas de pousser plus loin le chemin car le chemin nous montre déjà le sien.
Je ne pense rien d’important.
Vous devriez ne pas en faire autant. »

 

Etat d’âme 17:

« Le fiel est là. Comme un incident presque hasardeux.
Le hasard n’a rien à voir avec toutes ces conneries.
On devrait se rendre compte que réfléchir ne nous va pas du tout.
Bien affalés, achalandés dans nos petits conforts matériels.
Dave Gibbons l’avait bien compris en créant les Watchmen. Gorges Orwell aussi avec 1984.
Dans une moindre mesure, et avec une réflexion plus profonde, Clifford D. Simack aussi avec Demain les chiens.
Nous sommes devenus la légende des créateurs de science-fiction, leur emblématique rêve de transfiguration.
La science-fiction n’est plus. De jour en jour elle prend forme, lentement, mais avec une conviction résolument résonnante.
Je suis là, comme vous, à me demander pourquoi tout cela me dépasse. Et je prie dans l’ombre, des croyances auxquelles je n’adhère pas.
Nous pouvons tout faire, tout changer, tout espérer.
Mais ce n’est pas près d’arriver.
Car pour changer les choses, il faut se sentir dans l’obligation de le faire. Il est encore trop tôt, beaucoup de mal reste à faire.
Le bien ne viendra de nul part. Le bien est une attitude contre le mal. Le mal s’occupe de faire tourner le bien comme il lui plait. Et tous ces discours qui prennent le bien et le mal pour des entités maléfiques ou purificatrices, ne sont que des prétextes à faire patienter.
Bientôt des nouvelles plus positives, j’en suis sur. »

 

Etat d’âme 18:

« Je veux que vous sachiez que, rien n’est gratuit.
Ni le sourire, même en coin.
Ni le premier soir, même un matin.
Ni la gentillesse, presque catin.
Ni le don de soi, sincère dès demain.
Non, rien n’est gratuit pour la simple raison que la vie des autres nous paye la nôtre.
Nous sommes tous liés. Pas seulement par nos rencontres, nos désinvoltures, nos positions, nos partages. Non, nous sommes liés par le système.
Nos salaires financent toujours une grande partie de nos services communs. Je ne sais pas si cela va perdurer, mais, pour l’instant c’est encore le cas.
Nous sommes tous reliés. Par un truc qui nous dépasse, car il nous prend pour les autres. Le ferions nous de nous-même? J’en doute pour la majorité. La majorité écoute toujours la pensée du moment, certainement pas la voix de l’humanité.
Est-ce le meilleur système? Si on considère que la majorité fait ce qu’on lui demande sinon elle ferait autre chose ou serait perdue, rien n’est sûr. Que profite à la majorité ce que les autres peuvent donner qui la serve? Ouais, donc nous sommes d’accord… ce qu’on lui demande.
Je demande à la majorité de reconsidérer la gratuité de sa propre vie, pour revoir la valeur de celle des autres. Après tout, ce qui nous fait nous l’avons fait, ce qui nous rassemble nous l’avons accepté, ce qui nous guide nous l’avons voulu.
Il me parait tout à fait de circonstance de ne plus rester isolé, et de faire valoir son droit sur le devoir de vivre.
Je veux que vous sachiez que rien n’est gratuit.
Ni le vote,
Ni l’abstention,
Ni le blanc,
Ni le nul.
Rien n’est gratuit.
Ni Macron , ni Le Pen ne peuvent dire le contraire.
Juste que, quoi que vous fassiez, quoi que vous preniez comme décision, vous payerez, au prix fort, la somme allouée à votre condition. Le seul constat que je fais, c’est que la prise de position n’est pas une fin en soi. Il reste quelques milliards d’autres idiots qui ne savent pas pouvoir compter sur vous, alors qu’en définitive, personne n’a le choix.
Je veux que vous sachiez que rien n’est gratuit.
Rien.
Pas même le droit de ne pas y croire. »

 

©Necromongers

Les paradigmes d’encre (ALPHA)

[1er poème à 4 mains et 20 doigts d’une longue série, improvisé avec mon ami Richard Kuran.]

 

 

L’avenir est un condiment insoluble

On espère tellement mieux que des miettes.

Si les réponses sont des questions

L’univers s’engloutira tout seul.

 

Le passé est un miroir constant

On y plonge le regard sans se retourner.

Pour retrouver les chuchotements d’antan

Quand la terre cessera de tourner.

 

Des boites, des sacs et du pétrole

Le sang du passé recyclé se pleure.

De smartphone jusqu’en carte bleue, les billets verts

Du goudron et des plumes.

 

Des visions binaires et erronées

Contaminent la rétine de nos yeux.

Devant la toile web de nos anciens dieux

Dirigeants le cours de nos pensées.

 

Salves héroïques pour sonder l’éternel

Aux armes les telluriques, des larmes réelles.

L’essieu sans visage, ressort de notre monde

Accuse avec paresse nos grimaces moribondes.

 

Sur les sourires effacés de la vie

Aux failles tectoniques, aux sorts contrés.

Quand des princes nagent en eau profonde

Au prix de leur souffle éphémère.

 

Le fil est incertain, plus que de mystère

Les louanges ne rassasient personne.

Au diable les alouettes et les dernières terres

S’il faut crier pour écorcher ce qui résonne.

 

L’écho se faisant oppressant comme un chant

Qui suspendrait toutes les questions de la vie

Alors s’il faut déclamer pour engendrer des voix irréelles

Nous choisirons nos instruments sur nos premières mers.

 

Faire la planche sans se noyer, d’une coulée

Etancher la liberté de flotter sans bouée.

Survoler les échappées belles pour se fondre

Se permettre de voyager et de se répondre.

 

En faisant taire la mer intérieure déchaînée

Pour mieux palper le silence des paysages,

Qui dans un mouvement perpétuel

Nous offrent la plus belle aventure : le rêve.

 

©Necromongers & ©Richard Kuran

 

 

 

 

 

Le Petit Dictionnaire des Définitions Iconoclastes, Utopistes et Décalées: La CONSTANCE

NB: ceci est un exercice auquel je me suis essayé dans l’idée de créer un dictionnaire décalé. Il y a bon nombre de définitions que l’on y trouve sans qu’elles nous donnent l’impression d’y avoir leur place. Des mots fugaces, qui recouvrent des sens cachés qui ne peuvent s’exprimer qu’avec nos émotions et notre ressenti…chacun est libre de ne pas être d’accord, c’est ma vision des choses à un moment donné de mon existence (ce qui laisse entendre qu’à d’autres moments elle peut varier, quelle constance!)…j’ose espérer qu’elle parlera à certains…

 

La CONSTANCE

=

Communication Omniprésente Névralgique Sous Tension par Appétit Nuancé Créatif et Encensé.

           C’est l’acte promu comme une vérité existentialiste.

           Le fondement de la continuité de soi à travers soi, et de soi à travers l’autre.

           Vous avez dit parfait ? Vous en êtes assez loin en fait !

            La constance oblige à des efforts sur humains qui valorisent non pas, la conscience de soi sur ses possibilités, mais la conscience de soi sur les attentes des autres et l’impact approprié.

            Il n’empêche pas d’être quelquefois envahit par ce « spasme de furie » comme Slaine Mc Roth (roi des celtes en des temps inconnus) qui transforme, déforme l’être pour une frénésie mystique du combat, et qui aide a accompagner l’acte jusqu’à sa finalité.

            Non, sans rire, la constance est le relais continuel de l’action à la réaction, dans une relative approche des sensations spontanées qui se nourrissent d’un appétit sans limite, pour encenser une communication déferlante, précise, et enclencher une action basé sur une réflexion construite et travaillée.

 

 

Extrait du « Petit dictionnaire des définitions iconoclastes, utopistes et décalées ».

©Necromongers

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Poème exagéré (5)

On fait des alouettes au pied du plancher

Volant à l’envers sans sourciller,

Des actions Carambar pour mieux rigoler

Mêlant encore son tordant à mastiquer.

 

Le soleil n’arrête jamais de briller

Même quand il pleut des vaches qui rient,

L’herbe fait semblant de pousser

Pour les tondeuses en fin de droit qui prient.

 

Les chats dorment même la nuit

Si bien que le jour ne sait plus quoi illuminer,

Les mulots aimeraient sortir manger

Sans finir carpette au pied du lit.

 

Le vent n’a rien inventé d’original

Mélangeant nos mèches sur son piédestal,

A peine quelques bourrasques d’Epinal

Des yeux qui pleurent un peu bancals.

 

Laissons nos goulags personnels s’enliser

On peut aussi les tartiner lentement,

Gaffe à ne pas choisir une biscotte ébréchée

La mélasse qui casse c’est légèrement chiant.

 

On se regardera en chien de faïence

Prêt à se recoller la mémoire,

En brocante, vide grenier ou dans une foire

Nos vies en puzzle sans aucune patience.

 

©Necromongers

Le dernier mgversion2>datura N°88 avec moi en Guest.

Le dernier numéro de la revue française mauvaise graine, éditée en langues française et anglaise. Créée en Grande-Bretagne en 1996, rebaptisée mgversion2>datura et à laquelle plus de trois cents auteurs et artistes ont participé en plus de vingt ans d’existence. Invité spécial de ce numéro: Necromongers.

Ont aussi contribué à ce numéro: Edward Ahern, Gary Beck, Chereze Booysen, Roisin Browne, Basile Rouchin, Bruce Dodson, Stephen Philip Druce, Khalid EL Mokhabeti, Jack Grady, C. Z. Heyward, Christopher Knodel, Patrice Maltaverne, Randel McCraw-Helms, James B. Nicola, J. J. Steinfeld, John Tavares & Lynn White.

 

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_ DÉSIMAGINER _

Et puis merde quoi à la fin

Quelle importance après tout ?

On voudrait des canons de la poésie

Des volutes de la beauté des mots.

 

Montrez-nous le chemin des bois jolis

L’exercice manque au siècle.

Tout refaire comme avant

N’en déplaise, ne sonne plus comme maintenant.

 

N’imaginez rien, pour quoi à la fin ?

A trouver des arnaques à l’astuce,

Des théories qui ne servent personne,

Des breloques qui embellissent le faux.

 

Changeons d’avenir, restons stable.

Modulons le passé, éteignons la vie.

Perturbons le présent, ne faisons rien.

Recomposons le temps, exerçons-nous à mieux.

 

A mille lieux de défaire, il faut des « faire ».

A mille lieux d’encourager, il faut en cours « rager ».

A mille lieux de prédire, il faut de près « dire ».

A mille lieux d’imaginer, il faut des images « innées ».

©Necromongers

Histoire Écourtée 16: (La course)

Le souffle était court. Un battement sur deux ne savait plus que le sang ressourçait son oxygène. Les arbres dansaient comme un rêve narcotique. Ce n’était pas la pluie qui glissait sur son corps et trempait sa chemise. Quelquefois, des branches venaient gifler son visage. Ses jambes couraient toutes seules, avec une volonté affolée. La douleur trouverait d’autres instants plus propices pour se manifester. Derrière lui, l’expiration de l’air s’étendait sur des centaines de mètres. Devant lui, aucun but précis, si ce n’est de garder les yeux ouverts.

Son pied accrocha une racine bien ancrée, faisant trébucher son regard sur le sol. L’air eu peine à poursuivre son chemin avec toute cette terre qui lui barrait la bouche. Pendant quelques secondes, l’oxygène ne savait plus que les battements existaient. Le retour à l’envoyeur. Quelque chose lui tira les cheveux en arrière. Il prit une grande respiration encombrée, s’étouffa un peu et recracha de l’humus. Reprendre ses esprits, le temps de sentir un froid glacial sur sa tempe.

Quand le coup retentit, une flopée d’oiseaux s’envola en nombre, faisant résonner le bois d’une vie jusque-là silencieuse. Leur souffle était court. Un battement sur deux ne savait plus que le sang ressourçait leur oxygène…

©Necromongers

Dans les champs d’horizons…

Qui peut savoir

Qui ne saura jamais

Qui rêverait de savoir

Qui ne voudra jamais savoir

Qui rêverait d’avoir le choix…

 

Nous sommes bousculés

Happés, remués, contorsionnés

Nous sommes une illusion

Nappés d’angoisse jouissive…

 

Monumentalement en dérive

Catapultés par le besoin

Mécaniquement compulsifs

Les cadavres d’un jardin fleuri…

 

Les champs de brouillards

Inoculant les bulles d’air

Tournent en s’égouttant

Virevoltent, chantent et explosent

Eclaboussant la lumière de brume.

 

Nous sommes des nuages prospères

Une fumée nocive pleine de couleurs

Des hélicoptères de pétales ondulés

Déchirés par le vent de nos vies

Inconscients, percutés par notre fatalité.

 

Irons-nous jusqu’au bout

Irons-nous plus loin

Irons-nous enfin mieux

Irons-nous quelque part…

 

Le soleil me manque déjà

Quand il fait vivre le jour

Au milieu des branches d’un bois

A travers les hautes herbes.

 

La lune continue à épouser la nuit

Nous sommes une écurie d’étoiles

Formés pour mourir en plein jour

Les feux d’artifices ne se rencontrent pas.

 

©Necromongers