[Archives-2009]…C’EST ANCRÉ, ON A PIED !

Personne n’est dupe, mais tout le monde présume.

Au large de l’océan des idées, certaines vocations sont vaines.

Une histoire sans fin qui déraisonne autant qu’elle aime,

Un pas de géant dans une prairie d’abondance posthume.

¤

Les vents sont contraires, ils freinent la vitesse de la vie.

Mais les coques secouées frissonnent de remous éternels,

Dans une âpre folie la tempête se déchaîne, sempiternelle,

Elle happe les secondes d’ivresse qui naviguent sur la lie.

¤

Echoué sur la rive d’une côte étrangère, laissé seul

Comme ces objets à la dérive, sur les flots d’une pensée

Ecorché, comme cisaillé par les rafales, le souffle qui gueule

Accroché dans un état, planeur en dirigeable pour naviguer !

¤

©Necromongers 2009

[Archives-2013]… EN CHANTIER!

Intrigues à mener, tours à déjouer

Une prestation digne d’un diplomate.

Prêt à armer, fort à penser

Une libération promulguée, à heure exacte.

En chantier la raison ! En chantier la raison !

Laissez-là se déployer !

Un combat inné, la vie à enclencher

Une altercation dictée par un télépathe.

Une vie enjouée, des couleurs prononcées

Une génération en marche, une bataille adéquate.

En chantier la raison ! En chantier la raison !

Laissez-là se déformer !

Je ne suis pas vacciné, contre les effets désirés

Par manque de solution dans mes idées disparates.

J’ai couru déchiré, mes muscles déployés

En toute profusion dans les âmes que j’exploite.

En chantier la raison ! En chantier !

Laissez-là !

©Necromongers 2013

(image Teun Hocks)

[Archives-2010]… JE ME SOUVIENS D’AVOIR AIMÉ…ET M’ÊTRE RÉVEILLÉ.

Rien ne s’est vraiment passé

Une idée, juste une idée,

C’est arrivé comme ça

Comme on n’y pense pas.

Mon pouls est encore régulier.

Mais je n’entends que le bourdonnement de moi-même.

Je ne sens plus ce qui fait que j’étais,

Mes membres, mon corps, ma mémoire qui se sème.

C’est arrivé trop vite

Comme une pluie orageuse,

Une idée, puis une autre qui s’excite

Un spasme, une furie nerveuse.

Je vois des lumières qui traversent ma rétine.

Des éclairs de feu qui jaillissent d’ailleurs.

Je crois bien que je suis arrivé, aux sources divines,

Plié dans ce tombeau, dans un ultime ailleurs.

On ne voit plus grand-chose

Quand le noyau explose,

On quitte des yeux suffisamment longtemps

La ligne maîtresse de nos idées d’avant.

Les signes se rapprochent, par intermittence.

Ma vue se trouble, je tremble sans bouger.

Les images se secouent, ma vision double d’impertinence,

Le flou de mes impressions me somme de rester calé.

Et quand on regarde à nouveau

Devant le sillon qui s’efface,

On entrevoit le décalage des traces

D’où s’échappe un tournant, approximativement…trop tôt !

Je n’entends toujours rien, sinon le vide de moi-même.

Les éclairs clignotent avec le balancement des portières.

Les éclats d’étoiles parsèment mon corps qui se traîne,

Je vois des êtres attraper mes jambes, entières !

Je me souviens d’avoir aimé…et m’être réveillé à nouveau.

©Necromongers 2010 (texte et photo)

L’en-dessous caramélisé (made in rêve).

Trempe tes pieds dans la bordure

Le vent sale des sources chaudes.

Bas de plafond sous les ordures

Sous l’instant crade qui maraude.

🍊

Ne glisse pas sur les rochers

Ne te fais pas caraméliser.

Made in rêve d’outre-fronde

Sous les pavés la Joconde.

🍊

Non potable en perspective

Falsifiée pour les messages.

L’eau courante est dispersive

Emmène nos selles en rage.

🍊

Ne plisse pas sur les galets

Ne te fais pas caraméliser.

Made in rêve sur le monde

Sous la jetée ça abonde.

🍊

Ne regarde pas en arrière

Tous les mystères sont devant.

L’agent orange des planisphères

Ne crie et hurle qu’au cap levant.

🍊

Tes pieds lissent les graviers

Ne te fais pas caraméliser.

Made in rêve sous la rotonde

Sous les citées moribondes.

🍊

©Necromongers

(photo: Léonel Houssam)

Une enquête de l’inspecteur Necrolumbo (part 9).

Après 4 bouteilles de Sainte-Anne, l’éclairage du vieux Limoges donnait à la rue du Pont Saint-Etienne un air de Moyen-Age crasseux. Necrolumbo pouvait tout à fait fumer à l’intérieur. Malgré la loi en vigueur, Le Petit J était un des derniers bastions de la liberté underground de la ville, mais entre son besoin de prendre l’air et sa déformation professionnelle, la rue l’appelait.

Il n’y avait personne ce soir là, première ouverture depuis la fermeture générale du 27 Mars. Même déconfinés, les gens n’avaient pas encore tout à fait réalisé que le monde se réveillait doucement de sa léthargie forcée.

Le Chien somnolait devant la cheminée, le Petit J en possédait deux. Depuis un certain nombre d’années, rares étaient les fois où l’âtre rayonnait de chaleur, la législation sans doute. Necrolumbo s’était rassi pour finir son verre, sous la complainte de Mark Arm des Mudhoney, qui aboyait « Underide ».

— Votre femme ne va pas trop s’inquiéter Inspecteur ? Il est déjà minuit passé.

— Oh vous savez, elle a l’habitude de mes horaires décalés et incertains !

— Je m’en doute, mais je connais aussi vos habitudes, là vous n’êtes pas en service. Et si je puis me permettre, l’info traîne que vous êtes plus ou moins hors service tout court en ce moment.

Necrolumbo leva les deux bras en l’air en penchant la tête vers le bas, balançant un regard en coin au patron.

— Ahhhh mais si y’a des choses qui se disent en plus ! Les gens vont bientôt être plus fort que ma femme dans les colportages !

— Je ne porte pas de jugement, je vous dis juste ce qu’il se raconte. De ce que j’en sais, si tous les flics étaient comme vous l’image de la police serait bien meilleure.

— C’est gentil ce que vous dites. Je n’ai pas d’avis sur la question, je fais au mieux, et concernant ma situation actuelle, oui, je confirme que je suis en pause.

Sans plus en rajouter, Necrolumbo laissa un billet sur la table, se leva, réveilla Le Chien, et saluât poliment le tenancier.

— Je vous remercie de votre accueil patron, et du moment que vous avez bien voulu passer en ma compagnie, moi, et Le chien ! Dit-il amusé.

En rentrant, il trouva sa femme assise dans le boudoir, lisant France Dimanche. Il lui fit un sourire complice.

— Tu n’as pas trouvé le temps trop long ? Il ne fallait pas m’attendre tu sais, j’avais besoin de me ressourcer.

— Mon cher Inspecteur, ce n’est pas parce que tu racontes partout que je suis la seule à me servir de ton prénom que tu dois oublier mon existence. Cela s’appelle le téléphone.

Necrolumbo resta confondu quelques secondes, en arrêt sur image. Et puis il porta la main à son front en ouvrant grand les yeux.

— Sapristi ! J’ai oublié l’objet du délit dans la sacoche du 102 depuis plusieurs jours ! Cela fait tellement longtemps qu’il n’a pas sonné que j’en ai oublié son existence, à lui.

— Ton humour ne te sauvera pas. Arrête un peu de t’apitoyer sur ton sort, et laisse Le Chien en dehors de tes escapades. Tu empestes la bière Inspecteur.

— Hormis un peu de sport d’altitude, Le Chien n’a rien fait d’inhabituel, il pète toujours en dormant.

— La bière fait ça aussi.

Necrolumbo expira profondément avant de détacher Le Chien, qui se précipita sur son fauteuil favori, et péta en grognant. Il ôta son pardessus qu’il accrocha au porte manteau, déposa ses clefs dans le vide poche près de l’entrée et s’approcha de sa femme pour la prendre dans ses bras.

— Je ne sais pas ce qu’il s’est passé chérie. Je n’ai rien fait d’autre que ce que tu m’as toujours conseillé, rester juste et clément. Et puis je suis tombé sur cette enfant mauvaise et mythomane. Rien d’autre.

— Personne ne dit le contraire mon cher, ce que je dis moi c’est que tu attends bêtement sans mener ta propre enquête.

Necrolumbo eu un mouvement de recul.

— Mais… Bouldener ! Je risque plus que la mise à pied si je mène une enquête contre moi !

— Tu ne l’a mènes pas contre toi, mais pour toi, pour nous, pour ton intégrité, ta présomption d’innocence, pour toutes ces années à avoir été le policier le plus aimé de la ville ! Ça vaut bien une petite entorse au règlement !

Necrolumbo s’attendait à un sermon de sa femme mais pas à celui-là. Il était près à passer pour un imbécile dans le cadre de ses fonctions mais pas pour ce qu’il n’était pas et n’avait jamais été.

(à suivre…)

©Necrolumbo by Necromongers

Un par un, par deux pour tout.

Parapet déconnecté, immense largesse évidée.

Le son de nos silences est une marge essentielle.

Les trottoirs sont des catapultes scénarisées.

La lumière de nos corps se noue comme une ficelle.

👽

On entend au loin l’archipel des objets trouvés.

La paume de tes mains s’englue dans son destin.

Tu regardes si les yeux sont fermes et angulés.

On se retourne, pour imaginer de nouveaux tremplins.

👽

N’être que deux en un, et un qui font deux.

👽

La course des sentiments oubliés, se floute.

Le vide n’est qu’un entier pour les incertains.

Tu formes un triangle parfait pour les voûtes.

Tu remplis la connaissance d’une aisance de gains.

👽

Pour la vie tu n’es rien, car ton tout dévie.

Pour le tout tu deviens, car ta vie sévit.

Pour ta vie tu es tout, car rien n’est écrit.

Pour l’envie c’est écrit, car ta vie la vit.

👽

N’être que un en deux, et deux qui font trois.

👽

Englué pour la postérité, sans jamais dévisser.

Pieds et poings liés, décalcifié aux normes.

Remuer dans la gélatine de l’effort, sans suer.

Refiler la gangrène de l’esprit, dans les formes.

👽

Encore un peu de ton venin pour la nuit.

Encore des écorces de fiel pour l’ennui.

Encore des chemins torturés pour la lie.

Encore quelques chimères pour un ciel de suie.

👽

N’être que plusieurs en un, et un à deux qui font tout… en un.

👽

©Necromongers

Congratulation des rires forcés pour l’occasion.

Petit caillou

[dans la chaussure]

Petite pensée

[dans les archives]

Petit canevas

[dans les idées]

Petite pulsion

[dans le bas ventre]

¤

Auréole de barbelé

Piqûre de rappel ensorcelée

Niveau d’encre incomplet

La cartouche est bloquée.

¤

Minuscule progrès

[pour la prospérité]

Minuscule largesse

[pour la postérité]

Minuscule émotion

[pour le désir d’inventivité]

Minuscule aliénation

[pour endimancher la résurrection]

¤

Il faut laisser les seigneurs mourir en alunissant la ferme intention d’établir un contact sans prétention.

Il faut parvenir à tenir les tabous debouts et le diable dans le sable.

Il faut tenir.

Tenir.

Il faut soutenir.

Soutenir.

¤

Il faut reléguer le son de nos entraves à des lustres de quelques encablures incertaines.

Il faut saisir l’opportunité du dialogue de la surdité avancée dans l’immense subterfuge de ce que nous ne sommes pas.

Il faut mentir.

Mentir.

Il faut se languir.

Se languir.

¤

Ignoble censure

[de l’esprit et du reste]

Ignoble provocation

[de la vie et des autres]

Ignoble condescendance

[de notre coque immatérielle]

Ignoble résilience

[de la pauvreté de nos intentions]

¤

Entouré de formes floues

Presque des regards à genou

Lueur et compagnie par dessous

Imagerie sans limite et puis nous.

¤

Rage de l’immobilisme

[un peu dans l’alternance]

Rage du nombrilisme

[un peu sans substance]

Rage contractuelle

[un peu pour faire chier]

Rage du niveau des gris

[un peu par paresse]

¤

L’urgence est à la dernière des congratulations pour de rire.

Nous sommes pliés par l’avenir, et la source se demande encore si le cœur a des raisons que l’avenir ne veut pas divulguer.

Le temps n’aura raison pour personne, il est aussi incertain que le nombre de vivants qui savent qu’ils le sont.

Il faut vivre.

Vivre.

Il faut être ivre.

Ivre.

©Necromongers (texte et photo)

Les effrayantes défrayées non payantes de Necromongers (I).

L’époque où je faisais des petits éclaircissements en fin de soirée, dont je me resservais allègrement pour des publications officielles, genre pensées durables… est en jachère.
Je n’ai pas arrêté par manque d’imagination, j’ai arrêté par manque d’originalité. Et par souci de ne pas trop me répéter.
Mais nous vivons une époque pleine de rebondissement. Et les temps sont durs pour des tafioles de l’écriture comme moi.
Il me semble important de replonger le nez dans le poudrier, sans éternuer, parce que sinon, ça fait des empreintes de doutes à relever.
L’écorce de nos jugements a dévitalisé la moisissure de nos modestes troncs sédimentaires… il va falloir restructurer le cerclage de nos ressources à lire.

Peut-être qu’on se trompe tous.
Peut-être que les policiers sont des anges immatériels.
Peut-être que le gouvernement est notre protecteur spirituel.
Peut-être que les manifestants sont d’horribles communistes des temps anciens.
Peut-être que que nos médias relayent uniquement la vérité que nous refusons de voir et d’entendre.
Peut-être que nos vies doivent devenir des organismes à part entière de l’oligarchie prophétique.
Peut-être que nos cœurs sont incendiés par l’insoumission des forces du mal de gauche.
Peut-être que le libéralisme et l’ultra capitalisme sont des moyens durables de reconquérir l’âme des survivants.
Peut-être que l’écologie est un complot de la France d’en bas pour contrecarrer le nouvel ordre mondial.
Peut-être que…

(ouvre un œil, puis deux)
Ah putain, putain de sieste, j’ai fais un rêve bizarre…

Nous sommes des salauds… oui mais c’est un métier.

« Le peuple contre le peuple contre le gouvernement qui est contre le peuple qui est contre le gouvernement contre le peuple… j’ai bon? N’est pas salaud qui veut, c’est tout un entraînement. Si vous ne vous suicidez pas pour eux faites le au moins pour vous même (pensée apolitique de droite, juste à gauche en sortant de l’échafaud). Excusez-moi, je me suis mis à l’humour de droite depuis peu, c’est tout un art. »

L’avenir est une casserole d’eau bouillante sur une gazinière bleu pétrole.

Je me sens toute folle.

©Necromongers

(Dessin: Hergé, Texte: GAB-M)

Mes grues III (et fin).

Le (I) est ici:

https://thenecromongersblog.wordpress.com/2021/03/01/mes-grues-i/

Le (II) est ici:

https://thenecromongersblog.wordpress.com/2021/03/08/mes-grues-ii/

*

On ne cessera jamais de se questionner sur les migrations nécessaires ou pas, pendant ce temps-là le monde poursuivra son cours sans se demander si c’est intéressant ou pas de se questionner.

Le monde est un véritable cloaque en perdition. Des années de climats qui partent en vole stationnaire au-dessus de vos têtes. Les grues partent de plus en plus tard et rentrent de plus en plus tôt. Les peuples décimés et acculés à la prison du déménagement à vie n’ont pas de saison longue ou courte, ils ont une régularité. C’est le point commun avec les oiseaux migrateurs.

*

Fais nous encore des conventions citoyennes sur le climat monseigneur,

Fais nous rêver avec ta chienlit participative clinquante.

Donne-nous encore notre vitrine quotidienne des illusions marquantes,

Et fais de nous des croyants de nos impossibles labeurs.

*

On se crève au jardin pour manger mieux, manger plus proche, manger plus direct… sans savoir si le sol qu’on travaille n’est pas déjà infecté par le rejet humain.

Nous sommes en pleine mutation forcée. Même les grues ont raccourci leur résidence secondaire. Personne d’autre que le vent ne nous ramène mieux du césium-137 vieux de 60 ans. Le temps des colonies nucléaires est fini, il faut maintenant accueillir la poussière miséreuse d’ailleurs.

*

Mange dans ma main petit oiseau perdu d’Orient,

Mange dans ma main petit oiseau perdu d’Afrique,

Mange dans ma main petit oiseau perdu d’Asie,

Crotte entre mes doigts s’il te plaît, la main qui donne ne peut pas recevoir tout ce qu’elle a toujours honoré d’absence en son creux.

*

Mais les jours passent et ne se ressembleront plus jamais. Les solutions ont déjà trop attendu pour être utilisées. C’est comme l’obsolescence programmée, le climat est fait pour s’arrêter un jour.

Que mettrons nous à sa place ? De quel nouvel appareil à vendre pourrons nous faire la promotion pour sauver le capitalisme vert ? De quelle merde totalement inutile avons nous le plus besoin ? Saurons nous survivre en progressant vers la décroissance ? Aurons nous les couilles de dégenrer le constitutionnalisme identitaire ? Débunkerons nous les minorités massives vers une exploitation de leurs frustrations d’antan ? Est-ce que l’écriture inclusive sauvera le climat ? Y aura t-il des frites antispécistes à la cantine ?

*

Sang pour sang, nul doute qu’est le lot de notre justice de justesse.

Le courage d’un monde n’assumant aucun détail de l’histoire,

Enivrant l’allumage de nos culs s’écharpant dans le dérisoire.

Oubliant nos humanités vécues avec tant de mensongère finesse.

*

Mortes couilles et palombes à la lisière du chemin,

Chasse à courre et idiocratie calomnieuses sur vos terrains,

La terre paraît légère quand elle ne vous appartient plus,

On y fourre la saloperie d’avenir les yeux bandés de pus.

*

Je m’efface simplement, en tentant de guerroyer avec le vent. La terre était nourricière, nous l’avons rendu putassière. Et toutes les grues du monde ne pourront rien y changer. Les choix politiques auront raison du climat bien avant quelques phrases et mots séchés dans des textes à la gloire de la magie et de l’endoctrinement.

Les grues ne votent pas car elles s’en foutent de la vérité, elles continuent inlassablement de promouvoir la liberté de vivre, car elles sont la liberté que nous n’aurons jamais, et que nous avons noyée.

(fin)

©Necromongers (Texte et photo)

Mes grues II

Le (I) est ici si vous voulez le lire en premier: https://thenecromongersblog.wordpress.com/2021/03/01/mes-grues-i/

*

Les grues sont passées.

Là-haut, entre des couches d’atmosphères.

Le temps est névrosé.

En moi, entre mes couches de somnifères.

Je n’ai rien pu faire, et je ne ferai rien.

Les abus que nous avons suivis auront de faibles lendemains.

J’ai craché ma queue de cerise.

A cette époque, c’est indécent les mauvais fruits.

*

Et puis cela a cessé.

La pluie torrentielle des arrivées par milliers, des oiseaux de bon augure.

La forte plus-value des échangeurs de continents, les guerriers manifestes de la décontraction de l’habitat prioritaire, le flux tendu des myriades de migrants sans contrôle à la frontière… s’est estompé.

Notre regard n’est plus tourné vers le haut, notre attente n’est plus sonore, on ne guette plus, jusqu’à ce que ça recommence encore, et encore, et, encore…

Partout dans le monde les gens sont déracinés, violentés, agonisants, tués, malmenés, enfermés, mais ils regardent les grues passer en levant la tête, sans rien pouvoir faire.

C’est un passage dans l’ombre se disent-ils. Une mélopée, un signe, la mort chante ses louanges et se gausse du sort des gueux. La nature, tout en dérive soit-elle, ne s’éloigne jamais de son but retentissant, et reproduit à l’infini son règne discret.

*

Érodons-nous jusqu’à la misère pour un peu de sang,

En regardant passer les misérables libertaires,

La tête haute et le regard fuyant,

Quelques notes criardes à travers les airs.

*

Au son des vagues qui viennent lécher la dérive,

Dans le creux des larmes d’enfants irresponsables,

Quelques canots de fortune qui sentent le misérable,

Et des boyaux à perte de flots sur des mers inclusives.

*

Moi aussi je retourne ma terre de façon ancestrale, comme un sanglier gratte sa surface. Lui aussi pare à sa défense personnel, en ensemençant plus que de raison, il fait fit de la capitalisation de la FNSEA, et devient le number one des gibiers de race à abattre. Le sanglier c’est l’hydre. Un de tué, deux têtes repoussent. La vraie liberté ça se paye, très cher.

Il me semble que les migrants en sont là, quoi qu’il arrive, quoi qu’il se passe, quelle que soient les décisions prises, 20 de morts et 40 voguent à nouveau vers nos contrées. Le message est celui des grues, immuables, quoi qu’il arrive elles repasseront dans un sens et dans l’autre.

*

Les grues ne voyagent pas par plaisir, les déracinés non plus.

Le ciel ne change pas par nécessité, mais par la force d’un mouvement dont il n’est pas maître. Nos chiennes de vies sont des rats morts qui flottent.

Nous dormons comme des routiniers de l’absurde.

*

Le ciel ne nous répondra pas, il a du climat à se faire.

Nos terres émergées seront englouties à plaire.

Ça nous fera des milliards d’humains à voyager rude.

(à suivre…)

©Necromongers (Texte et photo)