Sensation indirecte de poésie maladive.

Nous ne serions plus qu’une humeur

Puisque de nature nous avons peur.

Partout le mal se permet la villégiature

Partout le mâle se permet l’encolure.

[]

Nous épuisons nos limites inaccomplies

Somme toute à la mesure de nos ennuis.

Force est de constater que nos murs s’enlisent

Force est d’acclimater nos enduits qui nous vissent.

[]

Ne pleurons plus pour un néant captivant

Songeons à ouvrir nos méandres et nos élans.

Ouvrons-nous pour le meilleur du pire

Ouvrons-nous avec des odeurs de cire.

[]

N’engageons rien sans rien pour quelque chose

Reluisons patiemment nos plus belles névroses.

Arguons sans prétention nos atouts

Arguons sans présomption nos ajouts.

[]

Il pleut sur la neige

Il neige sur la pluie

Tout est perdu

Tout est retrouvé

Nous ne sommes plus seuls

Restons parmi nous

Visons la folie douce

Unissons nos délires

Fracassons nos sarcasmes

Libérons nos identités

Soyons ailleurs que là où on nous attend.

[]

La poésie est une vaste connerie

Une simulation de nos fastes orgies.

Un code élémentaire de nos frondes lapidaires

Une auréole de progestérone sous parapluie d’air.

N’y croyez pas

Votez contre

N’y pensez pas

Soyez sa honte.

Je t’aime, poésie immature et contrevenante.

©Necromongers

(Image: BouDerLo)

Les cécités visibles.

Et notre écorce caramel

Déborda comme un linge humide

Offrant à ceux et à celles

Ce liquide sirupeux qui fait le vide.

_

Nos valeurs ajoutées

Fraîchement transpirantes

Se mirent à s’égoutter

En sudation dégoulinantes.

_

Et puis nous nous sommes regardés

Les yeux brumeux, la cécité visible

Et puis nous nous sommes refermés

Les pupilles fragiles, la raison risible.

_

Nos cœurs palpitaient la sérénade

Nos sourdes oreilles résonnaient

Plus rien n’avait le goût de pommade

Même pas celle qui répare les plaies.

_

Nous étions juste là où nous fûmes

Dans un quartier de nos veines

Aspirant à éluder nos dernier rhumes

Agitant nos naseaux dans la plaine.

_

Le chœur de nos armées intérieures

Puissantes, préparées et mitoyennes

Surgit en tapotant nos mondes inférieurs

Préparant l’enfantement de nos stèles aériennes.

_

Dormir et s’alanguir pour expectorer

Un dernier silence bruyant venu des songes

Une fable véritable, un mur déployé

Une cascade de sentiments, une fontaine d’axonges.

_

Nous nous sommes réveillés en réalité d’abrogation

Comme nul autre ne sait, nul autre ne saura

Nous avons dégluti de nos brèves apparitions

La simple et unique chance de ployer sous le dictât.

©Necromongers

(Dessin: Jocelin Carmes)

Fariboles et perpendicularités soumises…

Perpétuel torrent éparpillé, en longueur longiligne

Socle sans fin et abyssal, généré d’intentions subtiles,

Nourrissant nos directives, pourrissant nos invectives

Évaluant avec une ironie facile, nos sphères sensitives…

… nos sensations

… nos émanations

… nos stagnations

… nos flagellations

… nos prédilections

… nos communications…

°

Stupides.

°

Segments défrichés et ligaturés, somnambules et partiels

Sans coagulant et sans fixateur, en autonomie régentée

Parcourant des couloirs lascifs, opérant sans filtre captif

Nous narguant sans retenue, vers de faux espoirs perdus…

… pour dédramatiser

… pour dé-configurer

… pour remodeler

… pour segmentariser

… pour instrumentaliser

… pour s’immiscer…

°

Tranquille.

°

Le souffle de nos vents est une réparation du vide que l’on entend.

La connaissance ne peut pas acheter le savoir qu’on ne reconnaîtra jamais.

Le silence est un ajout d’humeur dans le jargon de nos peurs.

Les ruisseaux de notre conscience n’ont pas cours sur leur lis.

°°

Docile.

°°

Partir pour la vie c’est comme grandir à jamais.

Écoper la pluie qui saigne nos embarcations, survivre.

Couler pour l’ennui d’irriguer nos nations.

Se lamenter mais ne rien tenter, en dérive.

°°

Débile.

°°

Se réveiller un jour et se sentir étranger à soi-même.

Ne pas reconnaître son reflet dans le miroir, avoir peur.

S’étrangler avec sa salive et transpirer frénétiquement.

Mourir proprement d’un intérieur sale et poussiéreux.

°°

Servile.

°°

Gélatine élégante de l’affaiblissement tragique de nos sociétés perfides

Ordonnée comme une horloge programmée pour un certain retard,

Un argument fallacieux et réfutable de la plus mauvaise heure

Pour une des plus mauvaises ententes aux accords préjudiciables…

… sans faux col

… sans bémol

… sans envol

… sans demi-molle

… sans bonne école

… sans grande folle…

°

Agile.

°

Fulgurance au bout de sa course et en fin de son suivi de crise

Forfait pour l’avenir et incertain pour un futur proche,

Aiguisé comme un couteau à beurre sans prétention

Parti pour laisser une humeur plus longue encore que le son des vagues…

… en décadence

… en résonance

… en dissonance

… en élégance

… en dissidence

… en alternance…

°

Stupides.

°

©Necromongers

(Photo: Shana et Robert ParkeHarrison)

Les paradigmes d’encre (Mμ)

La renaissance passe par les particules

Qui de leur humeur laconique se sont tues.

Durant l’attente dans les sombres vestibules

Lors de nos longues nuits souvent perdues.

Résurrection d’un binôme éteint.

//

La transformation naît d’un tout et d’un rien

Comme l’eau se vaporise et redevient liquide.

Longueur et temps ne semblent pas vains

Nos corps meurtris au synapse d’un teint livide.

Élongation d’une tranche d’instinct.

//

L’esprit se plonge dans un simple métaverse

Quand l’hôte se dilue dans les heures.

Mais la chair s’arrache sur les herses

D’un humain pendu au saule pleureur.

Connexion d’une nuit en vain.

//

Minuscule ère d’une histoire ancienne

Nous muons pour survivre aux odeurs phéniciennes.

Tout petit bal antique qui s’immisce jusqu’à nous

Une lettre mutante et quelques éclats de remous.

Transplantation des failles de l’incertain.

//

Insertion dans une matrice écorchée

Où nous cherchons les rares lambeaux de peau.

A travers les câbles de nos veines connectés

Quand nos semblables changent nos quelques sceaux.

Révélation cognitive de l’humain.

//

Géolocalisation de l’âme par synergie

L’infiniment petit deviendra tellement aigri.

La mutation des données semble une onde obsolète

Comme nos planisphères changeantes et nos cœurs poètes.

Autorisation d’un accord sans lendemain.

//

Tout était écrit les prophètes ont dit

Voyant le monde en hallucination fractal.

Nous sommes d’une nouvelle espèce animale

Réflexion de la 5g pendant nos nuits.

Restrictions par les dieux anciens.

//

Et bien que la lueur de nos yeux s’émancipe

Nos torpeurs ont flagellé nos silences futurs.

Nos nations se sont éparpillées dans la mesure

Sans pouvoir se retrouver sur un terrain de principe.

Commémoration d’un avenir en déclin.

//

Nos âmes coincées entres les mondes

S’entre déchirent pour une planète disparue.

Quand la poussière des rayons de lune est blonde

Et que notre conscience est tirée au chahut.

Déclinaison d’un souvenir de dédain.

//

On s’accorde à considérer par mégarde

Que nos derniers messages seront un jour captés.

Et puis pour un tour à la faveur d’une harde

Nos alentours aussi seront bardés.

Captation d’un mal souterrain.

//

©Richard Kuran & ©Necromongers (2021)

Sauve à la sauvette.

Je jette en pâture le chemin de mes os

Présent certifié qui diligente ma décroissance,

J’abdique et j’éructe mon dernier lasso

Néant de calamité, âme de mon absence.

Sauve qui peut, mais pas moi.

Tu glanes en silence ton histoire déglutie

Ardent message oublié d’un vide catapulté,

Tentative de ta surreprésentation de l’ennui

Géant malade, aura de ton absurdité.

Sauve qui peut, mais pas toi.

Il sonne en cadence sa guilde d’énergie

Solvant régulier du denier de son monde,

Il trébuche sans cesse mais jamais ne plie

Béant intarissable, panoplie de sa fronde.

Sauve qui peut, mais pas lui.

Cogne, frappe, tape et fracasse

Ton autel des nuisances perfectibles.

Hurle, crie, vocifère et beugle

Ton dernier bruit indéfectible.

Sanglote, pleurniche, chiale et vagis

Tes conglomérats de nuisible.

Chute, décline, succombe et tombe

Ta petite mélancolie inaudible.

Sauve à la sauvette, qui tu peux.

Toi, moi, lui mais pas nous.

©Necromongers

(Texte et photo: Necromongers)

Une enquête de l’inspecteur Necrolumbo (part 10: final).

Tout l’été Necrolumbo s’était évertué à chercher de fond en comble sur les bords de Vienne cette fameuse petite garce. Le Chien n’avait jamais autant arpenté sa capacité à façonner d’innombrables crottes dans autant d’endroits différents de la capitale Limousine. Du matin au soir, du début de la nuit à sa fin, à pied ou en 102, il en avait pardessus son imper !

D’autant plus qu’avec le masque rendu obligatoire ça compliquait sa tâche pour reconnaître les visages facilement. Au moment du confinement personne n’en avait. Mais il y avait bien plus de gens dehors désormais, et des enfants en veux-tu en voilà en plein mois d’Août !

Avec le beau temps, les bords de Vienne étaient bondés, les gestes barrières peu respectés, il n’était pas difficile d’imaginer un nouveau confinement dès la rentrée. Mais Necrolumbo n’avait toujours aucune envie de faire la morale aux gens, ni de les réprimander, et c’est bien normal puisque de toute façon il était suspendu !

I Will Survive retentit au milieu de la rue depuis la poche intérieure de son imper. Oui, il avait craqué à la mode des nouveaux téléphones tactiles et n’osait pas encore le dire à sa femme. C’est un peu pour ça qu’il avait oublié le sien d’avant dans le monde d’après de son 102.

La sonnerie indiquait Bouldener comme contact.

— Ouiiii ? Patron ?

— NECROLUMBO ! Vous êtes réhabilité ! Venez dès demain matin à la première heure !

— Mais… comme ça ? Sans raison ? Vous êtes sûr commissaire ?

— ÉVIDEMMENT QUE JE SUIS SÛR INSPECTEUR ! Vous me prenez pour un bleu ?

— L’enquête a avancé ? Je suis dégagé de tout soupçon ? Quelqu’un a parlé ? Vous avez retrouvé la gamine ?

— VOUS ME FATIGUEZ NECROLUMBO ! Venez demain, c’est tout ce qu’on vous demande !

Bouldener avait raccroché sans attendre une autre réponse.

Le lendemain matin, à la première heure, Necrolumbo était à son bureau en open space, attendant patiemment l’arrivé du commissaire. Il triturait nerveusement son smartphone. Il n’était pas du genre impressionnable, mais entre son désir de comprendre et le regard de ses collègues qui le scrutaient, il avait du mal à cacher sa nervosité.

Il tripotait sa bibliothèque sonore fraîchement téléchargée, une sorte de Graal personnel, qu’il trouvait fascinante et tellement novatrice dans son concept, lui qui n’avait encore qu’un vieux GSM Nokia il n’y a pas 2 mois. Associer de véritables chansons aux contacts téléphoniques, quelle merveilleuse façon d’imaginer l’autre et de le façonner à son désir avant de sortir son téléphone pour lui répondre en toutes circonstances.

La porte de l’open space s’ouvrit brutalement en venant percuter le mur de la grande pièce, Bouldener fit une entrée fracassante et auditive. Necrolumbo sursauta, son doigt glissa sur son smartphone en tombant. Un petit silence précéda le déclenchement du titre « Big Bisou » de Carlos, qui résonna grossièrement en vibrant au sol.

— QU’EST CE QUE VOUS FOUTEZ NECROLUMBO ! Vous faites mu-muse ?

Bouldener se dirigea vers son bureau et commença à s’asseoir. Necrolumbo ramassa son téléphone et le suivit.

— Oh, je, vous, enfin, vous n’imaginez pas les choses époustouflantes que ce genre d’appareil propose, c’est absolument dingue ! Et je…

— Bienvenu dans le 21ème siècle Nécrolumbo, asseyez-vous !

— Ah oui, bien entendu, je suis vieux jeu, je vous prie de m’excuser, je viens de découvrir la modernité voyez-vous, et je ne m’attendais pas à aimer spécialement ça. Mais c’est franchement…

— Vous me fatiguez Nécrolumbo ! Taisez-vous !

Bouldener tria quelques dossiers et en étala sur son bureau quelques pages. Un long silence se fit.

— Nous avons pu certifier que les accusations contre vous n’étaient pas fondées, grâce à des vidéos de la ville et du quartier. On vous y voit clairement vous promener alors qu’une jeune fille vous aborde à s’enquérir de caresser votre chien qui, soit dit en passant, inonde de ses déjections la pelouse municipale.

— Oh oui monsieur le commissaire, oui mais si peu, si peu !

— Il n’est pas à proprement parler du caractère litigieux de votre animal Nécrolumbo, mais du fait que les raisons pour lesquelles vous avez été suspendu n’ont plus lieu d’être.

— Ah, encore grâce à la technologie ! C’est ahurissant les pouvoirs de cette fameuse évolution. Et je ne vous cache pas que finalement, je suis bien heureux de ne pas avoir à prouver mon innocence moi-même.

— Et bien c’est parfait. Vous pouvez retourner braver le pavé dès demain dans ces conditions.

— Demain ?

— Oui demain, un problème Nécrolumbo ?

— Et bien c’est à dire que… ah, ça m’embête de vous dire ça patron mais, demain c’est l’anniversaire du chien, et j’avais promis à ma femme une petite balade pour lui défouler un peu les pattes. Ah vous savez il est vieux Le Chien, je ne me souviens pas vraiment de son âge avec précision, mais je suis sur d’une chose, c’est que ma femme attendait ce petit extra avec autant de sagesse que les pelouse savent accepter les petits chambardements du chien, et…

— STOP ! Nécrolumbo, vous me fatiguez, vous m’avez toujours fatigué, vous me fatiguerez sûrement encore longtemps… va pour la semaine prochaine.

*

Épilogue

Limoges, 2033. 10h20.

Necrolumbo descendait l’avenue Garibaldi en direction de la place Jourdan. A gauche cours Bugeaud. Premier rond-point. Deuxième rond-point, à gauche rue Aristide Briand. Au feux à gauche encore, cours Gay-Lussac. Puis à gauche toujours, cours Vergniaud, jusqu’au premier rond-point de la cours Bugeaud.

Il avait beau faire ce trajet quotidiennement depuis 40 ans maintenant autour du champ de Juillet, rien n’y faisait. A pied, en 102 SP ou en Peugeot 5008, on y retrouvait constamment ces vieilles prostituées de l’Est dont personne ne savait vraiment si ça valait le coup de les laisser bosser ou pas. Ça n’avait pas beaucoup d’importance. Le fait est que pour le peu de dérangement occasionné au quartier malgré de nombreuses plaintes, leur proximité remontait à tellement longtemps. Limoges a d’ailleurs été une des dernières villes à fermer ses maisons closes après guerre, en invitant les clients des brasseries à finir leur verre à l’étage, là où elles avaient sans doute commencé avant Augustoritum, dans la citée Saint Martial.

Nous sommes tous de passage et nous ne choisissons pas toujours la vie que nous voulons avoir.

« Didn’t I BrowYour Mind This Time » de The Delfonics se mit a retentir sur son smartphone.

— Ouiiii allô chérie !

— Mon cher commissaire ! Je sais que ton boulot te tient à cœur, mais je te signale que tu pourrais être au bureau ou à promener Le Chien, ou même être avec moi plutôt que de faire le tour des putes un dimanche !

— Mais comment sais-tu que…

— Ta ta ta ! J’ai toujours su que tu allais là-bas pour réfléchir, et bien avant même quand tu ne sois inspecteur. Mais c’est fini maintenant, tu es commissaire. Il va falloir que tu t’habitues à ce prestige et que tu passes un peu plus de temps avec ta femme et Le Chien !

— Ah oui, bon, d’accord. Écoute, justement je viens de finir le tour, je trouve une boulangerie et je rentre !

— On est dimanche y’a le Pat à Pain avenue Garibaldi d’ouvert !

Comme une sorte de retour en arrière infini par ici…

©Necromongers 2021

Poème exagéré (6)

Le vent siffle, entre nos orteils

Les orteils griffent, le devant de la scène

La scène tarde, ivre, cherchant son équilibre

L’équilibre est nerveux, les jours poreux.

*

Trop peu de haut vers le bas

Très peu de bas pour le haut

Contre toute attente on ne refait pas le monde

C’est le monde qui surfe sur nos attentes.

*

La plume de nos entrailles, cet évident feu de paille

L’encre à la bile, le foie de notre croyance

Suffoquant d’émotions, dilaté par la raison de naître

Pas à pas sur nos pieds des stalles, s’érigeant aux nimbes.

*

Le vent roule, entre nos oreilles

Les oreilles coulent, du grabuge dans la plaine

La plaine emploi, à vivre, cherchant son calibre

Le calibre est véreux, l’amour vénéneux.

*

Trop peu de beau vers le laid

Très peu de laid pour le beau

Contre toute méprise on se surprend à revisiter l’immonde

C’est l’immonde qui de son plus beau nous méprise.

*

L’écume de nos ajours, ce monument jeu d’atours

La bave indélébile, l’effroi de nos errances

Rageant d’éructations, frelaté par la notion de paître

Nez à nez sur nos lieux, comme un, exigeant sa regimbe.

*

Le vent fredonne, entre nos sommeils

Le sommeil fond, à vu d’âtre et de peine

La peine et moi, du givre, s’octroyant un félibre

Le félibre est heureux, le boulgour ennuyeux.

*

Le vent fait bien ce qu’il veut, pendant que nous sommes sérieux.

*

©Necromongers

(photo: @ifpalide)

La poèterie des chasseurs

Elle fouette la mouette

Elle pue la grue

Il est puant le bruant

C’est une enflure la conure

Il fait le beau le corbeau

C’est un cave le crave

C’est un gnangnan le faisan

C’est une girouette la fauvette

Il est louche le gobemouche

Quelle endive cette grive

C’est une brèle l’hirondelle

Elle pourrie la perdrix

Elle fait la belle la tourterelle

Il nous court le vautour

Quel mongol ce rossignol

Quel con ce pigeon

Quelle harpie cette pie

Il craint le ragondin

Quel beau parleur ce raton laveur

Quelle sotte cette marmotte

Quel espiègle ce lièvre

Quel enculé ce sanglier

Il est gras le grand tétras

Il est en deuil le chevreuil

Elle est tarte la martre

Elle est pas fine la fouine

Elle est pas nette la belette

C’est un renégat le putois

C’est un crevard le renard

Elle est pine l’hermine

Il est rond le vison

C’est un blaireau le blaireau

C’est un artefact le muntjac

Pendant que nos chats, ces rats

Sont tirés comme des lapins, ces nains

Que tes copains agriculteurs sont des tueurs

Qu’ils tiraillent, qu’ils mitraillent

Les Al Capone de la maldonne

Les Fu Manchu du dernier trou

Ça terrasse et ça déterre

Sous la tranquillité des arbres

Ça défouraille et ça éviscère

Ça pimente la vie des promeneurs, ces branleurs

Ça fait pédaler en zigzag dans les chemins

Les automnes sont plus fun, avec ces belles couleurs de gun

Nous sommes heureux d’accueillir à chaque nouvelle saison

Les pourfendeurs de la vie à foison

Premiers écologistes de France, et pas seulement le dimanche

Une ode à la nature, comme un cycle de gros manches

Les chasseurs ces faux cueilleurs, à l’origine de la vie

Des faiseurs de bonheur, ce truc qu’on a retrouvé au fond du jardin, enfoui

Bientôt la décroissance, et son lot de naissances

Il n’y aura plus rien à tuer, nous serons tous faisandés

De nuisibles il ne restera que nous, à lécher des flaques de boues

D’une eau cartonneuse et huileuse, aux cancers des mers porteuses

Des pluies de nacre aux balles sifflantes, des champignons aux heures dormantes

La nature au naturel, nos chasseurs aux tirs réels

©Necromongers

(image by Paul Braddock)

Les Humeurs de Necromongers « [Archives sa mère] Janvier 2020 »

Chers auteurs, chers dessinateurs, chers penseurs, chers cinéastes, chers paroliers, féminins ou masculins, vous ne serez bientôt plus en mesure de vous exprimer à votre guise.
Le 21ème siècle est en train de créer une génération de perpétuels décideurs de ce qui est autorisé à être soutenu en terme de discours, ou être totalement conspué et jeté à la masse moraliste tueuse, jusqu’à ce que mort par lapidation verbale ou médiatique s’en suive.
C’est un génocide de la liberté de parole, un attentat à la réflexion de fond, et un terrorisme de la bêtise. La morale et le politiquement correct font leur grand retour, à coup de patriotisme aveugle, de ferveurs et de croyances sourdes à la logique sociale, d’obligation paritaire par la force, de sectarisme identitaire (quelle qu’en soit la cause), du prosélytisme roi protégé par l’État, de l’interdiction de blasphémer et/ou d’écorcher les valeurs faussement républicaines qui ne rassemblent que ceux qui souhaitent s’éloigner de l’intelligence.
Nous en sommes au point où toutes les œuvres passées sont décortiquées pour savoir si oui ou non, elles correspondent au canon de la bienséance, comme les gentilles publicités des années 50 nous invitaient à nous soumettre. Et nous en sommes également au moment ou les choses sont constamment réécrites, retournées et transformées, pour effacer les stigmates des gens qui ont vécu, mais dont on ne doit rien savoir pour ne rien apprendre.
En somme, le plus effroyable effondrement de l’homme moderne.
Bonne chance.

//

La différence entre le black friday et le 5 décembre?
Bon bah déjà c’est un jeudi, rien à voir. Et puis honnêtement, après avoir sermonné la terre entière de ne pas se jeter à corps perdu dans la consommation abusive d’objets au prix ou on devrait normalement pouvoir les acheter toute l’année… ben du jour au lendemain, t’as même plus les moyens d’aller faire semblant de ne rien pouvoir acheter, vu que tu ne peux pas mettre de carburant dans ta voiture pour aller à défendre les valeurs qui n’existeront plus jamais.
De toute façon j’y crois pas à la retraite moi, c’est une invention complotiste pour t’obliger à te faire croire que c’est légitime d’avoir participé avec bonne conscience au bon fonctionnement de la démocratie… alors qu’il est surtout question d’argent qui pullule qu’on a pas envie de te donner, pour te donner bonne conscience de seulement exister sans faire chier personne à petit prix.
A la prochaine révolution, je serai en arrêt maladie.

//

L’émotion d’être heureux par hasard est beaucoup plus jouissive que n’importe quelle préparation d’un quelconque événement. Moi c’est souvent avec l’achat de disques par hasard que je la trouve. Oui, par hasard. J’en ai beaucoup de CD, je fais des totales de certains artistes/groupes, mais je n’anticipe pas. Anticiper n’a aucun intérêt. Évidemment, je pourrais faire le point, me dire: « voilà il me manque celui-là et celui-là, ok je commande ça j’aurai la collection complète »… non, ça n’a aucun intérêt, il n’y aurait aucune histoire à raconter, aucune association émotive avec la chose, ce serait juste de la marchandise payée à prix fort. Alors que faire les bacs à 20€ les 4 ça coûte pas un bras au final.
Bien sur, le point je le fais régulièrement, je sais à peu près ce que j’ai, ce qui me manque, ce que j’aimerais trouver, mais aussi, je me réserve l’effet de la surprise, du truc pas prévu au moment où on y pense plus, et là BIIIIIIM! On tombe sur un truc qu’on espère trouver depuis plusieurs années, oui, plusieurs années.
Quand on en a trop aussi, on hésite, on ne sait plus, on ne veut pas toujours prendre le risque, et on se retrouve avec une déconfiture à la maison « PUTAIN! Je l’avais pas en fait! ». Bien sûr, il m’arrive aussi d’acheter des trucs en double, car je n’étais plus certain, mais je m’arrange après.
Il m’arrive tout de même d’anticiper certaines sorties et de les acheter au prix fort, mais je trouve ça moins jouissif. L’émotion du truc pas cher trouvé par hasard qu’on cherchait depuis un bail est relativement plus sympa.
Mais attention, c’est pas chiner que j’aime, faut que ça aille vite, y passer des heures m’emmerderait. Je fais confiance au hasard, à la providence, et bien des fois je suis rentré frustré.

©Necromongers 2020

Sonate du reste à vivre.

Pourriture infâme

Procédure en lactation

Périples et drames

Particules en décomposition.

🫁

Je sais nos restes à vivre, et la lueur dans nos vieux.

🫁

Lumière chatoyante

Logistique de clarté

Louange ondulante

Lucioles imagées.

🫁

Nos havres de sourires en paix, et l’étincelle sur les dents.

🫁

Captation des alignements

Couloirs et nébuleuses

Connivence des agencements

Couverture aqueuse.

🫁

Il est vain d’assommer les croyances, l’origine de la bombe.

🫁

Jargon d’endoctrinement

Jardin surexposé

Jovial en éternuement

Jaille envenimée.

🫁

Tu ne saurais éviter le pire, même en prêchant le bien.

🫁

Croise les doigts

Creuse l’affaire

Cire les bois

Crains la paire.

🫁

Vous n’aurez jamais l’occasion, ni même l’opportunité d’être sûrs.

🫁

Sonde la joie

Source de bonheur

Souris à la voie

Songe aux labeurs.

🫁

Tu es ce que tu désires par dessus tout, en plus du reste.

🫁

Brise ton pouvoir

Baise fort

Baliverne exutoire

Bouge dehors.

🫁

Ils n’ont rien pour eux, et l’Univers n’en a pas rendu compte.

🫁

©Necromongers