Addictions mon amour…

L’alcool. Ceux qui en parlent le mieux sont encore ceux qui boivent.

Il y a bien les proches, la famille, les amis, mais souvent ce n’est pas pour en dire la même chose.

J’ai déjà écrit sur le sujet, et peut-être qu’au final, sans le savoir, j’écris sur ça intrinsèquement parlant dans la plupart de mes publications.

Evidemment, ça ou une autre addiction cela revient à écrire sur le phénomène du piège. On peut faire l’apologie de la liberté sous toutes ses formes, être clean ou débarrassé de l’addiction ne veut pas dire que l’on est pas soumis au dictât d’une société. Et trop souvent, c’est la raison qui affaiblie l’âme, faisant perdre pied à une réalité de plus en plus néfaste à la conscience.

Boire ou consommer une drogue n’aide en rien à assumer la vie pour laquelle nous sommes voués à vivre, de par la formalisation de la société. En plus ça fait mourir plus vite. Mais ça, c’est un sujet bancal dans l’idée que s’adonner à ce mal est une volonté inconsciente d’en arriver à ce résultat.

Aujourd’hui, nous sommes régulièrement pris pour des idiots qui saignent leur temps et leur santé pour la vivacité financière des plus riches. Et finalement, se droguer ou pas n’y change rien.

Etre conscient est déjà une forme rare d’avouer sa capacité à appartenir à ce monde malade. Boire ou se camer est une négligence fondamentale de l’être, car pour le même résultat et sans aucun plaisir, nous pouvons encore contribuer à améliorer le sort des autres.

Il y a sans doute une volonté mesurée de continuer à vivre dans l’addiction. Car, bien trop souvent on oublie d’en parler comme d’un palliatif à supporter la vie. On parle beaucoup moins des médications à base de neuroleptiques et des anti-dépresseurs comme un souci de société, parce que si leur fonction est indubitablement la même, les effets négatifs sont uniquement liés à sa propre santé plutôt qu’à une dérive comportementale directement associée.

Les réseaux sociaux sont devenus une autre problématique addictive à prendre en compte depuis 10 ans. Pour des raisons et un résultat quasiment similaire, fuir un quotidien désarmant et dont le contrôle nous échappe. C’est un phénomène neuf et récent mais déjà palpable en terme d’effets secondaires. De plus, l’état et la société en est devenu une quasi filiale de surveillance pour ceux qui en usent. De fait, c’est une drogue d’état, fortement conseillée par la société, comme la dématérialisation. Cette déformation de la communication et du dialogue a nettement abêtit la population, sans parler de l’effet fake news, subtil invité de l’aliénation  propagandiste.

Comment se soigner ? Si l’on est pas bien dans le monde dans lequel on vit, si on se sent largué par la vie qu’on a tenté de construire et reconstruire, si nos tentatives pour continuer à poursuivre sont basées sur la seule idée qu’il faut assumer nos choix… il semble évident que beaucoup d’entre-nous choisissent l’addiction pour tenir. La volonté ne suffisant pas à résoudre les soucis car elle n’en change pas la nature profonde, il faut se changer soi-même ou s’accepter tel qu’on est. Certains tombent dans le sport à outrance, l’occupation par le biais d’associations, la multiplicité des activités quelles qu’elles soient, mais selon le niveau des « choses » personnelles à régler rien n’est jamais vraiment acquis, requis et  simple.

Il faut aimer parait-il pour avancer le plus sereinement possible. Oui mais aimer quoi, qui ? L’amour suffit-il à tout ? L’amour est-il toujours rendu ? L’amour est-il propre ? L’amour est-il désintéressé ? L’amour est-il sans conséquence ?

 

A priori rien n’est sans conséquence. A posteriori tout est conséquemment lié.

 

« On est dans la merde.

On peut se plaindre, on a toujours quelque chose à perdre. »

(Oxmo Puccino)

©Necromongers

 

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Ici, tout de suite, maintenant…

L’important c’est d’aimer

Avant, après, pendant

Je ne sais pas, c’est équivalent.

 

On peut tout se reprocher

Avant, après, pendant

Peu importe, c’est légiférant.

 

Il n’y a pas à se supporter

Avant, après, pendant

Pourtant on s’aime d’être dépendant.

 

L’avenir s’écrit sans avoir été

Avant, après, pendant

De préférence en ayant vécu longtemps.

 

On cherche à être nominé

Avant, après, pendant

On pleure surtout l’ironie des vivants.

 

Avoir c’est déjà posséder

Avant, après, pendant

Quel avenir pour nos amis d’antan ?

 

On n’est pas beau quand on est laid

Avant, après, pendant

On flirte régulièrement avec le jugement.

 

On est pareil quand on est différent

Avant, après, pendant

Il n’y a que les aveugles pour voir que c’est un faux-semblant.

 

On pleure, on rit, on chante

Avant, après, pendant

La joie c’est comme la peur quand elle nous ment.

 

On cherche, on fouille, on rêve

Avant, après, pendant

Toutes nos illusions d’enfant.

 

On voudrait des réponses sans imaginer

Avant, après, pendant

Que le sort de nos solutions est un problème errant.

 

Ici, tout de suite, maintenant

Il y a la vie qu’on juge intensément

Avant, après, pendant…

 

©Necromongers

 

Appel à l’un sur l’érection des autres (anarchy in the fuck).

{un petit coup de gueule d’il y a 1 an, en pleine élections}

 

Elle est jolie la myriade d’humeurs que nos concitoyens vénèrent à se plumer la gueule dans le dos des autres. On fait des espoirs avec le recyclage du tri, manque juste une once d’humanité.

C’est partout pareil me direz-vous. Ici, là-bas, ailleurs et j’en passe c’est même des fois bien pire que l’horreur elle-même. C’est à cause de l’identité des gens. Comme on ne leur a jamais dit d’où ils venaient vraiment, ils se sectorisent, croyant dur comme fer appartenir à un clan.

Le truc c’est qu’on a peur. De nous, des autres, de ce qui n’existe pas encore, de ce qui pourrait arriver avec cette chienne de confiance aveugle. On voudrait faire de nous des chiens guides, aboyer aux sons des hymnes, et chier sur des sacs en plastique. Mais on manque de flair, alors on traverse quand le bonhomme nous le dit.

On fait caca sans faire la grimace, parce que c’est impoli de pousser déformé. On fait pipi sur la faïence, parce qu’il faut rester discret dans notre souffrance. Déjà que nos décisions individuelles nous appartiennent de moins en moins, vous comprendrez donc que nos corps se détachent au profit de ceux qui en ont le plus à y gagner.

Ni gauchers, ni droitiers, pas même ambidextres… serions-nous devenus des air-pignoleurs ? Il faut de ce pas créer un comité des extracteurs de la branlette cognitive assumée, et réveiller les pulsions basiques de nos dérangements civiques. J’appelle à défourailler l’intelligence par n’importe quel moyen qui sommeille encore en vous, ne prenez plus de distance avec vos commodités, apprenez à vous démunir du superflu, libérez votre intérieur par dehors, comptez plus sur vous-même que sur fleurette.

Le patriotisme de la merde qui pue.

La république à l’haleine de phoque.

La démocratie au goût de chiotte.

Le nationalisme qui griffe la gueule.

La France qui ne me représente pas, ni personne, et pas grand monde au final. Je resterai absent de ton évolution tant que ton nom résonnera avec le capitalisme qui sèche les yeux et crève le cœur des nécessiteux.

 

Restons simples, brûlons l’argent et ceux qui le vénèrent. Ensuite on deviendra pacifique.

 

©Un universaliste de la pause café trop chaud qui crame la gueule (à cheval entre ©Necromongers et ©Le Docteur Burz).

La décortiqueuse

Elle était si brève dans l’acte que peu d’hommes arrivaient au bout de leur catatonie… si rare même, qu’aucun d’eux ne pouvait la séduire sans la peur au ventre… une fille difficile, comme il en existe autant auquel le terme aille vraiment.

Mais comme communément acquis, la peur ne se dissipait qu’après seulement quelques va-et-vient… quand l’adultère lendemain était au bord de la faille temporelle, et que pantois, l’homme devait encore se finir seul, par courtoisie.

Les filles difficiles, il connaissait ça. Mais aussi pointilleuse à l’acte, aussi spongieuse à l’émotion pas très bien. Les habitudes ne périssent qu’un temps, celui nécessaire à l’éventail de leurs proportions gardées. Et lui, ne s’était enfilé qu’un mannequin chatouilleux de la viande à crue, pas plus liquoreuse qu’une âme de sangsue. Il restait perplexe, le sexe à l’air, la tendinite encore souillée par l’effort.

Les femmes faciles, il connaissait aussi. D’ailleurs, celle-ci lui faisait l’impression des deux, une fille facilement difficile à l’emploi. Une bourrique étriquée qui manipulait le chibre par ses osseux orifices avec une certaine pression d’exercice. Pas vraiment le temps de jouir avec cette raboteuse de fond. Pressée de se nécroser le citron, elle ne pédalait dans la semoule qu’après s’être essorée elle-même. Du coup, il fallait encore se forcer sans plaisir à lui donner un autre des siens, l’astiquage sur viande chaude.

Jeannine, puisque c’était son nom, lui pratiqua le démembrement décalotté d’une puissante allée et venue avec une dextérité maintes fois usitée. A trop médire de ses infortunes, on finit quelquefois par oublier le point de non-retour, et le plaisir qui monte malgré tout. Cela aurait été moins loquace si en plus elle était restée de marbre… mais son regard de braise et sa bouche entre ouverte ne laissait rien présager de placide. Tirant à sa demeure, son sexe au prépuce de son lyrisme buccal, elle effleurait en rythme avec ses lèvres son allant frénétique… ses yeux dans les siens. Elle avait joui avant lui, aussi rapidement qu’un serpentin de carnaval, mais son autre main pris quand même la direction de son entre jambe.

Elle naviguait en eaux troubles jusqu’au bout des doigts la Jeannine. S’agitant du bout des ongles au long des phalanges… accélérant, décélérant, d’un phallus au con, sans perdre la dimension du braquemart qu’elle suçotait d’un coin de langue. Elle n’avait pas son pareil pour activer le soubresaut préliminaire. D’ailleurs, lui-même, n’ayant pas d’autre activité placée en bourse n’avait pris aucune option sur le dividende à verser… mais d’une courte réflexion sur son action en manque de contrôle, il commença à se laisser envahir. Jeannine limait son dard comme une chienne mange un bout de lard, et se tordait l’hymen comme on viole une bourgeoise. Grégoire, car c’est ainsi qu’il s’appelait, fut pris de spasmes divergents. De jets nonchalants, pendant qu’elle s’envoyait la vulve en enfer, il lui inonda le visage et le fond de la gorge par semonces rapides et franches.

Il reprenait son souffle tandis qu’elle retrouvait haleine. Tous deux affalés sur la moquette marquée par leurs ébats. C’était un fait, elle était si brève dans l’acte que peu d’hommes arrivaient au bout de leur catatonie… mais bordel, ça valait le coup de se dépouiller la limande ! Et en plus… thé et petits gâteaux après le régal étaient faits pour lui donner la main leste au porte-monnaie.

Grégoire se tapait Jeannine régulièrement, tout à fait dans les règles, et pour pas cher en plus… juste de quoi vivre avec elle… de temps en temps.

©Necromongers

Si on cherchait à s’égarer…

A la poursuite du temps perdu

J’ai pourchassé nos vies futures,

Comme dans un vide suspendu

J’ai patiné à toute allure.

 

Immolé par le cœur errant

D’une aventure sans lendemain,

J’ai traversé les âmes d’antan

Glissant de près d’un fond sans teint.

 

Tout déconfit, me retournant

J’ai voulu faire une marche arrière,

Sans regarder si au-devant

La vie pouvait me faire barrière.

 

Un instant grave m’a rappelé

Qu’en cherchant trop on s’égarait,

Par une prison qui m’a figé

Entre deux temps, coincé, j’étais.

 

Depuis j’ai hâte de retrouver

Une liberté sans précédent,

Un univers de vérité

Pour m’établir très sincèrement.

 

©Necromongers

Les réflexions stratosphériques de Necromongers IV

La société

*l’argent*

Le social

*l’argent*

L’accomplissement

*l’argent*

L’autonomie

*l’argent*

L’indépendance

*l’argent*

La volonté

*l’argent*

L’innovation

*l’argent*

La considération

*l’argent*

La confiance

*l’argent*

La reconnaissance

*l’argent*

La vie

*l’argent*

La mort

*l’argent*

 

Il faut s’avouer un truc. Quel que soit le président élu, de gauche, de droite, du centre, de tout, on lui en met plein la patate.
Faut dire en même temps que président c’est pas un métier d’avenir… enfin 5 ans tout au plus.
Mais c’est bien fait pour sa gueule, au roi des cons.

 

– HEY! JE SUIS NU, T’ES LA?

– Oui mais à 70% seulement…

– Ah oui je vois, t’as gardé l’huile et les palmes…

 

Les connards de gros chefs d’entreprises soutenus par l’état. Les enculés du ministère qui fliquent les gens virés. Les donneurs de leçons qui détruisent des vies. Allez vous faire économiser ailleurs.

 

Puisque de plus en plus il faut calibrer sa pensée.
Puisque de plus en plus il faut pondérer ses mots.
Puisque de mal en pis il faut faire gaffe à ses parties intimes.
Puisque les femmes doivent se taire.
Puisque les hommes doivent être con.
Il faut, je pense, DCD en CDD.

 

Les considérations bio-pathétiques indélébiles me fatiguent. Je vous emmerde ardemment, avec un charme Lacanien trempé de mansuétude sirupeuse…

 

Je crois qu’on est tous des indésirables désirés avec des marche-arrières en vidéo sans le volant…

 

Le moment idéal c’est quand tu penses que c’est l’instant qui veut ça… mais souvent c’est l’instant qui fait d’un idéal le moment que tu n’as pas choisi.

 

Les artistes non inclusifs sont priés d’aller se faire (l)égaliser la pensée avant de créer. Sans ça ça devient n’importe quoi si on peut tous librement s’exprimer. Tant qu’on y est y’a qu’à être différent aussi!
#TweetCommeLaPenséeUnique

 

Je ne sais pas ce qu’on peut attendre d’une société qui demande aux travailleurs dont les droits baisses et sont bafoués sans cesse, de faire gagner de l’argent à leurs déjà « riches actionnaires » qui les licencient encore plus.
Du pain et des jeux, comme y’a 2000 ans je suppose.

 

C’est bien la peine d’essayer de se socialiser quand la majorité n’en a rien à foutre de son prochain.
Au bout d’une heure, je m’entends encore crier dans les oreilles de ma passagère de femme: « J’ESPÈRE QU’IL Y EN LA MOITIE QUI VA CREVER! »
Bref, je suis allé en ville un samedi…

 

Rappelez-moi exactement à quel moment sauver des vies, des gens, dans le besoin et dans la détresse, est devenu illégal?
Peut-être à partir du moment où changer de vie pour survivre est devenu dangereux, non conforme à la possibilité de vivre pour être un meilleur prisonnier.

 

L’Espagne pourrait être rétrogradé au rand de démocratie imparfaite (à cause de la Catalogne). 
J’ai envie de rire.
De rire très fort.
D’où est-ce que la parfaite représentation de la démocratie est-elle inscrite quelque part?
Si c’est le cas faudra en parler à Macron.

 

Je me bouffe les doigts depuis tout gamin. Une fois j’ai réussi à arrêter 1 mois, mais ça c’était avant.
Quand j’étais au collège j’adorais regarder mes doigts à la loupe binoculaire. J’avais l’impression de participer à « terre inconnue » où de me faire « la terre vue du ciel » dans le grand canyon version Peter Jackson à ses débuts… maintenant je rêve juste de les tremper dans l’eau oxygénée, et de les laisser mousser dans le néant de la privatisation de l’obsolescence symbolique de la guérison spontanée…

 

©The Necromongers stratosphérique-ment vôtre…

Les paradigmes d’encre (IOTA)

Confiné dans les vastes splendeurs du néant

Une main tendue flotte dans le vide errant.

Une étoile naine y brille sans aucune logistique

Éclairant de sa dimension les lignes magnétiques.

Soluté à la poigne naissante.

 

Suspendu dans la vacuité un simple instant

L’espace scindé par l’immensité terramorphique.

Une œuvre d’un pauvre dieu, au cœur persistant

Ouvrant les étoiles à coup de clé voltaïque.

Image à la vision angoissante.

 

L’océan noir tremble à la lumière grandissante

La paume céleste brûle, devient évanescente.

L’équilibre est précaire, instable unité de recherche

Quelques myriades et des parsecs pour perche.

Naissance à l’aveugle sidérante.

 

Les doigts effleurent chaque distance opalescente

Les yeux regardent encore et encore, la distance.

De nous, à des années lumières infiniment vacillantes

Un astre, dans l’infinité humaine de la résilience.

Vision infinie déchirante.

 

De magmas en explosions atmosphériques

Léché par sa première comète tellurique.

Un foisonnement faisant déplacer la matière

Une deuxième naissance, un remous adultère.

Mouvements d’indécise planante.

 

Des Calliope remuant les lignes de leur corps

Dans les écrits célestes, perdus et souterrains.

Derrière les beautés des failles sismiques raccords

Épousant les courbes à chaque mouvement de rein.

Galaxie souvent tournoyante.

 

En dehors du temps, créant son indice naturel

Des pluies filantes festoient en jouissance la nouvelle.

Les dimensions se congratulent à l’unisson

L’univers ouvre un œil, sa sieste écourtée par la chanson.

Canopée générationnelle frémissante.

 

Les météores et les comètes ne se croisent jamais

Dans des plaines aux allures volcaniques.

Oubliant les flots insensés qui coulent désormais

Dans le cœur d’une planète organique.

Battement silencieux d’Amarante.

 

Le cosmos s’étalant sur l’infini de toutes les attentes

Résonne en sourdine pour de futures patentes.

Une variante du Big Bang pour les étoiles à neutrons

La dîme des poussières sous les étoiles d’électrons.

Voie lactée partiellement déroutante.

 

Le silence et les cris stellaires des anneaux

Tournoyant autour des vieux paradis célestes.

S’abstient de toutes voix susurrées sous nos peaux

Quand nous prions durement pour le reste.

Déité aux allures pesante.

 

©Necromongers & ©Richard Kuran

 

 

 

[ça repousse]

Il y a cette pile monstrueuse de magazines de mode, de santé, de machin people et autre géographie mondiale. Moi je suis venu pour mes dents.

Je ne sais pas si c’est l’heure ou le jour, mais bizarrement je n’ai jamais vu autant de monde ici. J’ai un peu d’avance, mais je suis pressé d’en finir.

[ça pousse]

Ça sent drôle. Comme du camphre au fluor et des marées d’eau de cologne. Mes voisins et mes voisines le sentent tous. Je me dis que c’est peut-être ça le bonheur, même avec des dents pourries on peut puer bon de la gueule et des aisselles.

De tic-tac en épluchage de pages, et de fond d’oreillettes en glissement de doigts, l’atmosphère s’alourdit dans le calme. Personne ne regarde personne. Comme si on était tous un peu sale. On est là pour la même chose, des trucs louches dans nos bouches, des machins dans le vagin.

[ça pousse]

Je prends une revue au hasard, sans regarder, avec la peur de croiser les yeux de quelqu’un. Merde, Voici. C’est le truc con ces rassemblements chez les regroupements de professionnels. Unir un dentiste et une gynéco, tous vos problèmes de bas en haut. `

Evidemment, c’est la pleine mixité entre les chaises. Ça ne fait pas trop de cas pour savoir qui va voir qui, hormis les filles. C’est sale de partout une fille ? Les hommes sont des porcs, d’accord, ça, on nous le répète assez en ce moment, mais une fille ? J’en sais rien et je m’en fous. On se sent sale d’attendre comme ça. A se regarder faussement, rapidement, sans se questionner du fond de l’œil, sans chercher à se reconnaître, au fond de l’autre.

[ça pousse]

Voici. Quelle merde. Tiens. J’ai 15 minutes d’avance. Tout ce bouillonnement silencieux me donne envie de visiter les WC. En tout bien tout honneur, pétri d’une immense gloire sans gène, et plein d’un courage que peu pourraient qualifier d’arriviste, je me lève promptement sans mot dire, et pars chier avec mon Voici.

[ça pousse]

Problème épineux, c’est occupé. C’est un peu la valse des commodités chez les indignés de la prostate hors de chez eux. Y’a pas d’âge légal pour être en concurrence des intestins ou de la vessie chez les rageux.

Je n’ai vu personne sortir de la pièce depuis mon arrivée. J’en conclus bêtement que c’est une entrée en matière prévisionnelle, ou un caca de force majeur des docteurs.

[ça pousse]

Des enfants font la comédie pour supplanter mon besoin élémentaire. Ma sociabilité primaire fait office d’un constat, qui m’appelle à rediriger mes calculs binaires sur l’éventualité d’un fondement expiateur prioritaire.

[ça pousse]

Je cède ma place et mon Voici. A mille lieux de penser que les minutes tournent elles aussi. Oubliant momentanément mon mal de gencives. Mais je le sens bien, ça piétine derrière. C’est de ma faute. Mon avance c’est du retard que j’ai perdu chez moi.

[ça pousse]

Je suis désoeuvré. Ça rentre et ça sort du cabinet, pendant que moi je bataille avec mon ventre dur et mes gencives de porc. Je fais de la politesse sociale. Si je sens bon de la bouche c’est une erreur de casting, bientôt je vais faire mon coming prout.

[ça pousse]

Et puis soudain, le drame. La porte des deux cabinets s’ouvre, mon nom prononcé à haute voix. Ebranlé par la surprise, je sers dents et fesses. J’hésite. Le désarroi. Je n’ai rien vu passer, ni senti venir, c’est mon tour, mais lequel choisir ?

Voici n’en parlait pas. Même pas un potin sur l’horoscope. Rien que du temps perdu. Mon toubib s’impatiente. Voici passera de main en main, même pas pour les chiottes. Pourtant, les lendemains sont les mêmes pour tout le monde… fait chier.

[ça repousse]

 

©Necromongers

Les paradigmes d’encre ( ÊTA)

{une erreur s’est glissée dans l’ordre de notre alphabet Grec. Celui-ci aurait dû être entre ZÊTA et THÊTA}

 

Dans l’odeur mélancolique des courants d’eaux

Une flaque obsolescente traîne en flottant.

Unique en son genre, pâle comme une myriade d’océans

Elle luit, brille et se pare de ses lunettes mégalos.

Hormone tellurique.

 

Elle danse comme les mers déchaînées au lointain

Elle jouie comme les désirs inachevés, si soudain.

Vibrante de son état, subtile, insaisissable

Jouant les figurantes de son histoire impérissable.

Idée métaphorique.

 

Songe du néant, noir et rampant, huile sur le feu

Jardin d’étincelles, lourde et suintante, elle se paye cher.

Fait avancer le monde en brûlant les étapes, amère

Combustible des vies enfouies, nécessité des envieux.

Frappe géopolitique.

 

Agitée comme les vagues, une peinture abstraite

Attisant les flammes sur des vents bénévoles.

Qui naviguant, s’envolent, se survolent

Parfois prennent soudain la poudre d’escampette.

Charge hystérique.

 

Idiome discret, se délectant du mystère établi

Forcenée des faveurs ondulantes des affres marines.

La peur n’est plus à moindre encolure, au port même minime

Sans plus effrayer les vagues à l’âme de la vie.

Planeur mélancolique.

 

Confluence mystique, magnétisme insaisissable

L’ivresse limpide de vivre sur des effluves claires.

Vivante, vivifiante, tonifiante, comme un éclair

Au travers de cette atmosphère non mystifiable.

Vapeur éthylique.

 

Amour croisé, délétère, arguant des tripes à voler

Séjour d’un horizon voilé planant sur un soleil.

Trépidant, irradiant, sonnant de meilleurs bûchers

Galopant sans concession vers un destin d’éveil.

Liqueur famélique.

 

Haine des mémoires oubliées sur les glaces

Le long de ces couloirs de verre et de marbre.

Survivant, soutenant, suivant de l’écho filasse

Des fluides gravés au cœur des arbres.

Rivière anthropomorphique.

 

Derrière les salves héroïques légendaires, en miroir

Le feu tenaille, la vie tressaille, rougit d’espérance.

Se nourrir de la forge de Mjollnir, partir à l’abattoir

Renverser le monde, le tenir pour responsable d’errance.

Explosion pandémique.

 

Et dans la poussière restante nous renaîtrons enfin

Un silence d’espérance dans la nuit des temps.

Le monde se meurt, le ciel s’écoeure, des pleurs assassins

Nous reconstruirons ce qui reste d’antan.

Poème philosophique.

 

©Necromongers & ©Richard Kuran