Une enquête de l’inspecteur Necrolumbo (part 3).

Il rappela son chef sur le parking de la boulangerie.

Allô ? Mais enfin qu’est-ce que vous foutez Necrolumbo  ! Ça fait 25 minutes que j’essaye de vous avoir !

J’avais perdu mon GSM commissaire, faut que je vous explique. Il avait glissé jusque sur mes chaussures par une poche trouée, et tandis que je conduisais mon…

J’EN AI RIEN A FOUTRE NECROLUMBO ! Et combien de fois il faudra que je vous le dise, on dit portable de nos jours, pas GSM !

Ah c’est vrai, je vous remercie de me le rappeler commissaire, je ne m’y ferais jamais.

Bon y’a plus urgent pour l’instant. Une explosion vient d’avoir lieu rue de La Souterraine, dans le secteur Carnot-Marceau, une maison à été soufflée. Allez voir ce qu’il a bien pu arriver, et revenez me faire un rapport.

Entendu, j’y cours commissaire. Euh, sans vouloir vous ennuyer d’avantage, vous savez s’il y a une boulangerie à proximité ? C’est pas tellement pour le pain en fait, ça je l’ai déjà, mais je cherche des petites pâtisseries pour ma femme, c’est son petit péché mignon, et depuis hier je ne cesse de la décevoir, vous connaissez les femmes, il…

VOUS M’EMMERDEZ NECROLUMBO ! MAGNEZ-VOUS !

Ah oui, pardonnez-moi commissaire, j’y vole, je raccroche là.

Le plus court depuis la rue Armand Dutreix c’était de prendre la rue d’Antony, couper par Croix-Buchilien, Rue de la résistance Limousine, pour rattraper l’Avenue Berthelot, qui se transforme en Adrien Tarrade, et déjà on était à Carnot. La place Carnot c’est un de ces ronds-points épique de la ville où il y a des feux. C’est très mal foutu. On s’engage parce que c’est vert, mais à la moitié ça peut l’être aussi pour d’autres, et de fait il y a une priorité à droite qui s’applique, en plein milieu du rond-point. C’est un petit miracle qu’il n’y ai pas plus d’accidents quand on y pense.

[Mais je vous raconte tout ça, il nous faut laisser l’inspecteur aller au plus vite Rue de la Souterraine pour sa nouvelle enquête officielle].

Ni une ni deux, il enfila son casque bol, enfourcha la bécane plantée sur les béquilles et se mit à pédaler férocement pour lancer le moteur. En moins de 10 minutes il était sur les lieux.

Effectivement, c’était tout à fait ce qu’avait dit le commissaire, la maison avait été soufflée. Les pompiers avaient dégagé deux personnes âgées des décombres. Leur pronostic vital n’était pas engagé (vu la maison c’était fou). Le gaz avait été coupé dans tout le quartier, car il semblerait que cela en soit la cause. La plupart des voisins présents restaient ahuris par l’intensité de l’explosion, mais il faut croire qu’avec le gaz c’est toujours comme ça, impressionnant. Bon, et bien il ne voyait pas quoi faire d’autre, c’était un accident classique.

Il fit le numéro de son chef.

C’est Necrolumbo commissaire, rien à signaler, simple accident domestique.

« bonjour, vous êtes bien sur le répondeur du commissaire Bouldener, momentanément dans l’impossibili…»

Ah, le répondeur, a chaque fois je me fais avoir.

« … té de vous répondre, n’hésitez pas à me laisser un message ou me rappeler ultérieurement »

Oui commissaire c’est Necrolumbo. Alors comme je disais avant le bip pour laisser un message…

« biiiiiiiiiiiiip ! »

Ah ben non, je me suis encore fait avoir par cette saleté de technologie à laquelle je ne comprends rien. C’est sûrement le bip de fin. Bon, il ne me reste plus qu’à trouver une pâtisserie.

(à suivre…)

©Necrolumbo by Necromongers

Sans titre654

Une enquête de l’inspecteur Necrolumbo (part 2).

L’apéritif commença plus tard que prévu. La faute au pain qu’il avait dû aller chercher aussi loin qu’un 102 pouvait emmener.

Necrolumbo était distrait sur l’attention qu’il aurait dû porter à ses convives, distrait par les questions qui l’envahissaient. Et sa femme le lui fit remarquer. Il s’excusa, en tirant une taffe sur son cigarillos Café Crème, et pria l’assemblée de lui permettre de s’éclipser quelques instants.

Comment diable une boulangerie pouvait fermer avant l’heure dite et officielle ? Que savaient les punks à chien sans laisse à propos du boulanger ? Comment une mairie de droite pouvait laisser faire ça ? Est-ce que les chaînes de boulangeries allaient continuer à prospérer suffisamment pour faire tomber le dictât des distances les jours de bus toutes les heures ? Pourquoi s’était-il emmêlé les guibolles dans les pédales du 102 ?

Il tournait et retournait dans le boudoir, que sa femme avait matérialisé entre un bout de couloir et deux portes menant à la cuisine et dans le salon, sans jamais arriver à trouver un indice valable. Les cigarillos se consumaient comme la pluie sur la neige, ce qui en général, fait une couleur une peu crade.

L’après-midi passa comme une crêpe qui saute sans jamais cuire.

Le lendemain, n’y tenant plus, vers 9h56, Necrolumbo enfourcha son fidèle destroy à pédale, fagoté de son imper flashy, et retourna en centre ville, un lundi.

Limoges un lundi c’est un peu comme n’importe quel autre bled en début de semaine. Les mêmes rues, les mêmes carrefours, les mêmes ronds-points à feux (alors là c’est particulier, mais bon, c’est pas courant en fait, rarement vu ça ailleurs), les mêmes halles au sol glissant qui font des accidents, les mêmes places en travaux depuis des années, la même Vienne au même endroit toute l’année… enfin ce genre de truc quoi.

Il gara son engin près de la mairie, dans l’étroite rue Delescluze en sens unique, sur le trottoir, là où tout le monde faisait régulièrement chier. De toute façon les piétons ça n’existait plus vraiment. Entre les Uber Eats à vélo ou en scooter, les trottinettes électriques et les IMC en fauteuil tout terrain, Limoges n’avait plus d’avenir sans danger.

Devant l’épicerie de nuit ouverte le jour, plus aucune trace des punks à chien sans laisse. La boulangerie convoitée était fermée le lundi. Sa femme venait justement de lui envoyer un sms pour lui demander de ramener du pain. Il n’avait pas congelé celui de la veille acheté à Pat à Pain, et on peut aisément dire que c’était suffisamment de la merde pour qu’il ait durci en si peu de temps.

Les enquêtes le lundi ça devenait n’importe quoi.

Son Nokia 5110 se mit à vibrer au fond de sa poche trouée. Le téléphone vint se coller contre la partie la plus charnue de son slip, agité par les secousses régulières de la sonnerie muette, c’était agréable, il commençait à bander. Mais ce n’était pas le but de la manœuvre, et c’était peut-être important. Il chercha à vite l’attraper, mais en essayant il poussa le téléphone et celui-ci s’engouffra dans le trou de sa poche. Le combiné glissa le long de sa jambe.

A plusieurs reprises il tenta de le saisir enfonçant sa main profondément à l’intérieur du pantalon. Ce n’est qu’en relevant la tête qu’il s’aperçut que son geste (au vu des nombreux passants le dévisageant du regard), ressemblait avec insistance à un mime masturbatoire.

Il venait de se ridiculiser, son enquête n’avançait pas vraiment, et l’appel de son chef n’avait pas abouti. Il était temps de décamper.

Mais avant, trouver une boulangerie un lund… ah, merde, bon, Pat à Pain.

(à suivre…)

©Necrolumbo by Necromongers

Sans titre87

Une enquête de l’inspecteur Necrolumbo (part 1).

Limoges, 2022. 11h45.

Tout en enfilant son pardessus Castelbajac poussiéreux, l’inspecteur Necrolumbo enfourcha son 102 sp Peugeot. Après deux/trois coups de pédales incertains, et quelques mètres en danseuse dans la pente de la mairie, l’engin pétarada joyeusement.

Il venait de recevoir un appel de sa femme sur son Nokia 5110 jaune, qui allait parfaitement avec son pardessus. En ce dimanche pluvieux d’automne, l’heure était parfaitement grave. Le gigot était presque prêt, les invités n’allaient pas tarder à arriver, et détail sordide : il manquait du pain.

L’élan pris dans la descente avait donné du peps au moteur de la mobylette, mais on s’éloignait du centre, et donc des boulangeries. Demi-tour torride juste avant le périphérique dans un fracas de gomme à faire pleurer la circulation s’il y en avait eu. Les dimanches à Limoges c’est pas comme à Bamako.

11h51. La côte semblait interminable. Le dernier Massey Ferguson fut horriblement dur à doubler avant que le feu ne passe au rouge. Il restait 50 mètres avant le prochain feu, et la première boulangerie était proche de l’épicerie de nuit ouverte toute la journée (une spécialité Limougeaude). En montant bruyamment sur le trottoir et en garant précipitamment sa 102 devant quelques punks à chiens sans laisse stationnant devant l’épicerie, son imper coloré se prit dans une des pédales et il se ramassa joyeusement sur le bitume.

Jusque là, rien ne trahissait vraiment l’atmosphère de la ville, mais le drame et l’inquiétude monta d’un cran quand à 11h59, à la vue de la boulangerie fermée, Necrolumbo fut prit d’un doute. Sa montre à gousset était-elle bien remontée ? Avait-il bien changé d’heure comme Jean-Pierre Pernaud le leur avait conseillé la veille ? Sa chute en descendant du Peugeot avait-elle cassé sa montre ? Les punks à chiens qui s’engueulaient avaient-ils l’intention de ne lui donner aucun renseignement valable ? Limoges était-elle le dernier fief LR à décapitaliser les dimanches commerçants ?

Les questions se bousculaient dans sa tête, mais le problème était le même, trouver du pain, un dimanche après-midi, à Limoges, en 102 sp, c’était l’assurance d’arriver en retard à l’apéro. Prit d’un doute fortement supplémentaire, il posa sa main droite sur son visage en appuyant son pouce sur la joue et l’index sur son front, et s’adressa à un jeune déluré tout défagotté devant l’épicerie.

Pardon de vous déranger mais… vous auriez l’heure ?

Il est l’heure de picoler papy ! T’en veux une ? Dit-il en lui tendant une 8.6.

Oh non je vous remercie, vous êtes très aimable mais je ne bois jamais quand je conduis. D’ailleurs, ma femme me dit toujours que j’ai tendance à prendre la chose trop à cœur.

Ben casse toi alors ! Nous on cause qu’aux gens qui boivent !

Oh ! Je vois. Je vous prie de m’excuser, j’ai cru un instant que vous auriez pu me renseigner sur les horaires d’ouvertures de la boulangerie d’à côté.

C’est quoi ton problème avec la boulangerie le poulet ?

Ah ! Vous m’avez percé à jour, ça se voit tant que ça que je suis de la police ?

Le petit groupe de punk à chien sans laisse se prirent ensemble d’un fou rire général.

Ça se voit comme sur la gueule à Lombertie qu’il est de droite !

Oui je comprends, il y a des artifices qui ne trompent pas. En même temps vous conviendrez que de votre côté on imagine très bien aussi que vous n’êtes ni de droite ni de gauche.

Oh hé ! Tu nous insultes pas papy ! On est anarchiste nous, rien à voir avec la clique à Macron !

Oh non ! Non ! Rien à voir avec tout ça ! Vous savez, moi, je ne cherche que du pain. Et je me demandais d’ailleurs si vous saviez pourquoi le boulanger avait fermé avant midi ?

On regarde jamais l’heure nous papy, et pis c’est dimanche hein, y te reste Pat à Pain et la boulange d’à côté qui sont ouverts la journée rue Armand Dutreix !

Necrolumbo acquiesça gentiment de la tête avec un sourire, et commença à s’éloigner. Mais il s’arrêta au bout de quelques mètres, pensif, et revint sur ses pas.

Pardon, j’allais vous suivre mais, vous êtes sûr que l’Epis Gaulois ne serait pas ouvert aussi à Lattre de Tassigny ? C’est moins loin, et ma femme me dit toujours que les chemins les plus cours sont toujours les plus simples. Parce que vous comprenez, en 102, avec tout ces Massey Ferguson…

(à suivre…)

©Necrolumbo by Necromongers

Sans titre98

Les 3 cavaliers de l’Apoplexie (V) – B.Tantôt – N.Mongers – R.Kuran.

Ceci est une association de 3 auteurs :Benoit Tantôt, Richard Kuran (qui a déjà écrit avec moi « les paradigmes d’encre »), et votre serviteur Nécro Mongers. Ce sont des poèmes thématiques sur un sujet précis, que nous essayerons de tenir régulièrement chacun notre tour.

Thème: L’AMOUR

(Ici en Espagnol)

Musica del universo

Tanto esperarla en mi vida,
Quiero gritarlo al universo,
Murmurarlo a la hormiga,
Callarme y escribirle ese verso.

Mi corazón no busca más
Donde anidar, donde parpadear,
Donde aliviar, donde paladear
El ritmo suave de las alturas.

¿Sea mi imaginario fértil,
Onda delirante, fervor sutil?
¿Sean mis pies en el suelo,
Partículas concretas, barco al cielo?

¿Sea mi mente perdida en las nubes?
¿Sea por navegar los ríos de sus sonrisas?
¿O el sonido de su voz en los bosques
Que incendia con una mirada a mis palabras?

Mi galera se amarró a una fantasma,
Ilusión amarga de mi incomprensión.
Materialista sea hasta el fondo del alma,
Mis tripas hierven ilógica sensación.

Es cierto, no sé más qué hacer conmigo,
Corazón vagabundo con pulsos en harapos,
Cerebro perforado por polillas de tejidos,

Camino sin meta, camino sin castigo.

Frente a serranías con cornamentas de corzo,
Soplan notas las maderas de la orquesta,
Instrumentos de una naturaleza modesta,
Canto rítmico, llave del circulo armonioso.

Tierra de donde se iniciaron penas y alegrías,
Llámame hermano, primo, amante leal.
Oh, vida, me lleno de tus impermanencias.
Oh, río tiempo, fluye mi amor por lo real.


©Benoît Tantôt

69614676_2347265882269832_3109313154140602368_n

Petit traité à caractère unilatéral de mon indispensable désintérêt général (II).

Je ne sais pas ce que les grévistes pensent des gens qui vont travailler quand-même. C’est pas tellement que ça m’intéresse, c’est que j’aimerais savoir si l’incompréhension est une haine semblable au mépris de la gouvernance.

Moi je n’aime aucun des trois. Ni les grévistes, ni les travailleurs, ni les gouvernants. Le monde entier me fait chier. De toute façon, si jamais on crève comme prévu, ce sera un peu la faute de tout le monde, ça c’est égalitaire.

Ne m’en veuillez pas trop, j’aime bien tout le monde, mais d’une façon générale je nous trouve à chier. On accepte ce contre quoi on se bat, et on se bat contre ce qu’on accepte. C’est quand même con l’être humain. On pense qu’on est dans le vrai, et puis bam! Tout est à refaire.

*

Non je ne sais rien.
Et vous non plus.
Qui saurait mieux que ceux qui croient savoir mieux que ceux qui font semblant de savoir… qui?
Non je ne sais rien, et c’est très bien comme ça.
Nous sommes arrivés à une croisée des chemins. Une sorte de mi-je sais et de mi-je crois savoir.
Et les gens sont certains d’être, certains de croire que savoir être est, certains de savoir que croire être c’est être…
On en arrive à des vérités qui sont des conneries monumentales. Des choses qu’on ne pensaient pas possibles autrement qu’en se les disant.
Moi je ne sais rien, et j’en suis presque fier. Parce que ne rien savoir c’est définir avec exactitude ce que l’on doit connaître.
Tout ce qu’on nous bassine comme étant important à savoir, et tout ce qu’on nous oblige à connaître en tant que savoir, est par définition l’indicible commémoration d’une volonté pragmatique de vouloir nous faire croire.
Nous devrions ne pas connaître, et toujours vouloir savoir ce que la connaissance veut de nous. Sans devoir être sûrs que ce que nous apprenons est une valeur naturellement certaine.
Et ce n’est pas ce que nous apprenons à l’école. Non. A l’école, on nous apprend à savoir ce qui doit être su, pas ce qui doit pouvoir être su.
Je vous demande de savoir ce que vous devez vous demander. Et surtout, de connaître ce que le savoir veut que vous vous demandiez sur ce qui est important que vous sachiez.

Des bises à vous.

©Necromongers

D14BqA4W0AAEB2S

Les 3 cavaliers de l’Apoplexie (IV) – B.Tantôt – N.Mongers – R.Kuran.

Ceci est une association de 3 auteurs :Benoit Tantôt, Richard Kuran (qui a déjà écrit avec moi « les paradigmes d’encre »), et votre serviteur Nécro Mongers. Ce sont des poèmes thématiques sur un sujet précis, que nous essayerons de tenir régulièrement chacun notre tour.

Thème: L’AMOUR

 

Une minute d’amour pour chaque seconde.

 

Enclume servile, je t’aime.

Ma petite profanation intérieure,

Le râle des transformations insidieuses,

Un mouvement des sens,

Une prison délicieuse,

Cher pistolet sur la tempe, je t’aime.

 

On court pour aller se noyer.

Sourire en se jetant de la falaise.

Pour l’instant tout va bien,

La chute est en apnée.

On sait courir pour prendre de l’élan,

Chères forces immatures, je vous aime.

 

Amour, je haïs t’aimer.

Mon sol est sec, écorché de poussière.

Le ciel est trop étroit pour nos dérives.

Peur contagieuse des moments infaillibles.

Humeur litigieuse, songes laborieux.

Amour, j’aime te haïr.

 

Troupeau de bœufs écrasant l’herbe,

Des fleurs se jettent sous leurs sabots.

Chatoyantes prairies faisant l’amour au soleil,

La grêle se déverse éperdue, nue comme l’envie.

Des pluies dévastatrices renaissent à l’abri du désir,

Simulant un acte sensuel d’abandon, dans les plaines.

 

Sauvage et incontrôlable désespoir forcené.

Sensation démultipliée, absence de cadre autorisé.

Faire l’amour à l’amour.

Vivre et mourir à la fois.

 

Rien qu’un instant

Une seconde

Une fois

Un jour

Se risquer.

 

La vie, c’est mourir un peu tous les jours,

L’amour, c’est vivre un peu chaque seconde,

Délictueux et délicieux

Quand on se laisse aller.

 

©Necromongers

(Gabriela Manzoni)

69614676_2347265882269832_3109313154140602368_n

Poésie politisée (II)

Permettez-moi d’être catégorique

Et d’initier au demeurant,

La possible entente entre les fainéants

Et la litière du monde moderne avec sa clique.

 

La démocratie a ses limites, ce n’est pas la dictature qui me contredira.

 

Il faut je crois, s’évaporer

S’énucléer de nos dispositions sincères,

Fourvoyer nos arrières

Il faut je crois, s’exiler.

 

Partir un jour, pour disparaître

Ne plus pleurer, regarder devant.

Sentir le moment, se laisser renaître

Faire un signe du majeur, partir en le levant.

 

©Necromongers

(Dessin: Mark Bryan)

Mark Bryan

Les Humeurs de Necromongers « État des lieux vite fait, amer »

État des lieux vite fait, amer (1).

Je ne crois pas en la conscience écologique.
Déjà c’est du marketing à la base, et puis quand tu fais vraiment le tour et que tu observes les gens sans rien dire (ou presque), tu te rends bien compte que personne n’est préoccupé par ça.
Déjà, le tri est un gros foutage de gueule. Quand tu vois vraiment, à la base comment les gens le font chez eux, et ensuite quand tu vois aux poubelles où tu dois tout emmener le résultat. Ils foutent tout un tas de merdes dans des sacs qui n’ont rien à faire là, par terre, en se disant que quelqu’un va sûrement ôter de leur logique et de leur fainéantise ce petit tas de leurs immondices intérieures. Quand on arrive à faire ça, c’est que la conception du recyclage n’est déjà pas très importante à leurs yeux, ils font semblant de, pour se donner en public la conscience tranquille du « moi je tri », la belle image du parfait petit ménage républicain qui vote.
Même avec des petits picto très clairs ça marche pas. Les handicapés je comprend, je galère avec certains qui ont un quotient très bas, c’est juste une habitude, un réflexe, il n’y a pas vraiment de sens à la démarche… pareil pour plein de gens dit « normaux », aucun sens dans la démarche.
Nos sociétés capitalistes ne sont pas faites pour l’écologie, c’est un non sens de croire qu’en utiliser le terme est une forme d’engagement quelconque. Le progrès ne recule pas, jamais.
On voit bien que c’est n’importe quoi avec nos déchets, on finit par les envoyer par bateau dans des pays d’Asie pour qu’ils croupissent à l’air libre. On pollue ailleurs, pour la bonne conscience, comme les voitures électriques, pareil.
On est des gros cons de consommateurs avides de modernité jusqu’à la gueule qui crève le monde. On est tous des enculés, même avec la meilleure attitude possible, tous.
C’est la guéguerre au boulot pour ne pas avoir à payer le trop plein de déchets, faut bien séparer les trucs, faut bien mettre à plat, bientôt je ne serai plus éduc mais trieur de déchets. Pendant ce temps-là, y’a des gens du siège qui viennent nous voir et balancent leur mégot par terre, oui, devant des résidents, et t’es obligé de les reprendre. Y’a aucune conscience de rien du tout dans ce monde qui crève, et si quelqu’un vous dit qu’il fait tout ce qu’il faut pour tout bien pas faire de mal à la planète, bah dites lui bien qu’on s’en branle, on en crèvera comme lui.

État des lieux vite fait, amer (2).

L’écologie n’existe pas, c’est un programme politique et démagogique pour sensibiliser les gens à une autre forme de capitalisme.
Y’a des tas de gens qui vivent sans abuser de rien dans leur vie, ils ont juste du bon sens, et ça existe depuis bien plus longtemps que le terme pompeux boboiste flower power mes couilles.
Les hippies aussi n’étaient pas écologistes, ils étaient pour la paix, le reste ils s’en foutaient. Car une vraie prise de conscience dans l’action pour l’environnement demande d’être en guerre, la paix n’existe pas dans ce domaine.
On a vendu la campagne à la télé pour promouvoir les congés payés des citadins qui rêvaient de ne pas savoir où polluer sans le savoir.
Notre société infantilisante a évolué vers une immense dégénérescence de la conscience, qu’elle quelle soit. La logique et le bon sens ne font plus parti de nos directives et nos façons de penser, et le progrès aidant, maintenant on ne sait même plus lire et écrire correctement.
Même à la campagne, dans les fossés c’est devenu n’importe quoi. Gamin, je ne me souviens pas d’avoir vu autant de merdes jetées ça et là. Je vous raconte pas quand ils sont tondus, le plastique vole partout, les vaches le bouffent, certaines en crèvent.
On dénombre 1 personne sur 3 qui jette encore sa vie consommable par les fenêtres des bagnoles. Vous voulez éduquer ça vous?
On éduque pas les gens sur l’environnement, c’est de la connerie. Soit les gens font un minimum gaffe depuis toujours par rapport à ce qu’ils ont vécu gamin, soit c’est de la fausse bonne conscience publique, de l’inclusion du doigt d’honneur patriotique, après quelques foutues CB chez carrefour ou la Coop Bio du coin.
Même le bio est de moins en moins bio. On vous ment, on vous spolie le discours sur la façon dont les logos sont distribués par l’Europe, c’est de moins en moins drastique, c’est normal pour les enculés que nous sommes. Faut faire à bouffer pour tellement de gens en faisant croire qu’on fait de plus en plus de bio car on s’en souci pour vous dans un monde qui ravage les sols via les multinationales de l’agro-alimentaire… jusque dans nos campagnes profondes.
Quand le bio devient un supermarché ce n’est plus du bio. On n’est pas prêt de changer nos habitudes.

 

©Necromongers

36029570_10215002784370578_3748750664012922880_n

Les 3 cavaliers de l’Apoplexie (III) – B.Tantôt – N.Mongers – R.Kuran.

Ceci est une association de 3 auteurs :Benoit Tantôt, Richard Kuran (qui a déjà écrit avec moi « les paradigmes d’encre »), et votre serviteur Nécro Mongers. Ce sont des poèmes thématiques sur un sujet précis, que nous essayerons de tenir régulièrement chacun notre tour.

Thème: L’ALCOOL

 

Fluide extatique.

Le vide au fond se remplit constamment,

Cherchant dans le vermeil des créatures,

Qui dans les liquides se ligaturent

Et se bercent dans leur tournoiement.

 

Limpide et mélangé aux sels,

Suintant d’arômes in-humanisant,

Dénudé d’équilibre frémissant,

Quand l’influx surprend surréel.

 

La vie paraît-elle si limpide ?

Les espaces ne songent qu’à souffrir,

Lorsque les flots peuvent périr,

Sur les rives d’un Léthé insipide.

 

Menant à diverses chimères,

De si effrayantes perceptions,

Menant à de fluctuantes libations,

Lors de partages crépusculaires.

 

Et le hanap videra mes pensées,

La liqueur comblera ma vanité,

De mes bacchanales désenchantées,

Dans mon corps pleurant inanimé…

 

©Richard Kuran

Bw3PRAnIIAAJ1bb

Les 3 cavaliers de l’Apoplexie (II) – B.Tantôt – N.Mongers – R.Kuran.

Ceci est une association de 3 auteurs :Benoit Tantôt, Richard Kuran (qui a déjà écrit avec moi « les paradigmes d’encre »), et votre serviteur Nécro Mongers. Ce sont des poèmes thématiques sur un sujet précis, que nous essayerons de tenir régulièrement chacun notre tour.

Thème: L’ALCOOL

 

Liquidation totale.

 

Le sable est délié

Il s’engouffre grain par grain,

Pénétrant nos glottes tuméfiées

Il nous suffoque pour les lendemains.

A choyer son voyage

Dans nos boyaux intimes,

Les diamants d’un mirage

Éclairant nos enzymes.

 

Déni du passé

Arôme nostalgique

Comprimé déplacé

Sensation névrotique.

Habitude congestive

Sonate gutturale

Liquide à vivre

Naissance abyssale.

 

Le corps à cœur d’une nuit étoilée d’ivresse,

Chavirant à l’envie,

La barque mélancolique qui tangue sans adresse,

Noyant l’insomnie.

 

Irriguer

Irriguer

Irriguer le flot des gorgées.

Déverser

Déverser

Déverser l’empreinte éthylisée.

 

On fait des pluies de mendiants de nos amours défigurés

Quand à l’inverse de nos raisons nous nous semons ébahis.

On tourne sans cesse à l’intérieur de nos extérieurs nés

Quand pour aller vers l’oraison nous récoltons nos folies.

 

Tinte à l’unisson, la colère transparente

Le verre frappe, la houle se boit.

 

Il est des nôtres, il a couru sa guerre comme les autres.

 

©Necromongers

Bw3PRAnIIAAJ1bb