Les paradigmes d’encre (Nv)

Concordance des signes alvéolaires

La moitié d’un autre fait la force du tout.

Un fluide après l’autre pour le solaire

La moitié d’une onde est un monde flou.

Énumération des suivis tentaculaires.

*

Parcourir les plaines ombragées en funiculaire

L’eau coule d’un liquide fou.

Les sensations se mentent à l’envers

Plongeant dans un océan de coup.

Vacations d’idées funéraires.

*

Idiome plat comme une huître en sevrage

Le vent du désert serpente au fond des breuvages.

L’allée des flots aux multiples unions

Garde en son sein le dernier alluvion.

Lente agonie sédimentaire.

*

Mouiller et sécher sur des voies de garage

Trébucher le long des imperceptibles ouvrages.

Les sols remplis de plots sans noms

Convoquent les premières expressions.

Trêve de bavardages séculaires.

*

Les derniers instants du vol de nuit des ombres

Plient sous la nature étatique du sable.

Une litanie des gardiens des nombres

Qui ne saurait compter chaque grain arable.

Sonde numérique en jachère.

*

Perdus dans des déserts aux oasis sombres

Les vents viennent conter des fables.

Où les élégies se fondent dans la pénombre

Quand chaque souffle pleure l’irréparable.

Pensée nue sous système planaire.

*

Fonction des illusions du langage oublié

L’unique démocratie de l’antique alphabet.

Entre terre et eau pour le mystère de vie

Entre feu et ciel pour la grande mythologie.

Liberté d’en être locataire.

*

Quelles créatures sommes nous humiliées

Des syllabes qui se meurent dans les Ave.

Entre mère et morts pour oublier les trahis

Eau et noire pour les jours sans symphonie.

Vide sonore vacataire.

*

Viscosité cinématique des incidences partielles

Encore à chercher l’origine des normes.

Animalerie sans vergogne des longues plages de fiel

Toujours à compter le contour des formes.

Semblable pareille et entière.

*

Oublier et reconstruire chaque chose immatérielle

Perdre les manuscrits de la mer filiforme.

Humanité désolante s’écoulant sensorielle

A pleurer les corps des femmes gazéiforme.

Finissons sans prière.

*

©Necromongers & ©Richard Kuran (2022)

Violation du permis d’exhumer nos âmes.

Les nuances et les formes

Des nuages et des illusions,

L’amertume de nos sensations

Sur les fonds de pensions indécises,

Le caractère imprécis des songes

Qui pensent à eux-mêmes trop souvent.

Laissons les nous déborder

Laissons les nous saborder.

Les conditions de nos engouements

Naviguent dans les cernes de nos stupeurs,

L’estaminet de nos dérives buccales

Dans l’humeur translucide de nos sueurs,

L’abolition de nos sondes internes tuméfiées

Emplies par l’abondance des essences.

Cours petite rivière

Coule petit ru.

La dernière immolation de l’esprit

Pour supporter les intrusions massives,

Susurre au coin de l’œil humide

Une buée suave et fragile défouraillée,

Une lanière d’émotions fragmentées

Dans la folie exfoliante d’une nudité lascive.

La pluie me manque

La pluie se cache.

Les gouttes de nos dividendes sereins

Dans l’atmosphère de nos blues incertains,

L’odeur miséreuse de nos lumières blafardes

Sonne comme un rond de chapeau,

L’aventure intérieure des insoumis aux extasies

Libère les valeurs enfouies de nos cols souillés.

Il faut rester calme.

©Necromongers

(Photo: Laetitia Portal)

L’esprit Libre, l’émission musicale de Ludovic Auboeuf.

Podcast ou émission musicale, l’appellation importe peu. C’est une émission de Ludovic Auboeuf qui a vu le jour en Août de cette année, et comme c’est un amateur qui se lance il fait avec les moyen du bord depuis son grenier.

Le concept et l’organisation à régulièrement changé depuis les premiers épisodes, et là je vous partage « L’esprit Libre #25 », ou c’est moi qui intervient et qui cause (parce que je l’ai joyeusement soudoyé pour ce faire^^), toute la réalisation technique et le choix des titres et des groupes appartient à Ludovic. L’émission est sans doute encore amenée à évoluer encore. A noter que je suis moi-même novice en la matière nous considèrerons que ce sont donc deux amateurs passionnés de musique qui ce sont rencontré.

L’esprit Libre #25 avec Necromongers c’est par ici:

https://archive.org/details/esprit-libre-025

Sur le site vous pouvez cliquer sur son nom (sous le titre de l’émission) pour avoir accès à toutes autres.

Pour les playlists je n’ai pas encore de solution pratique à vous proposer pour les autres numéros, pour le N°25 c’est:

The Prodigy – Smack My Bitch Up

The Chemical Brothers – Hey Boy Hey Girl

Depeche Mode – Its No Good

Joy Division – Transmission

Ramones – I Wanna Be Sedated

Siouxsie And The Banshees – Spellbound

The Stranglers – Golden Brown

The Doors – When the Musics Over

Tubeway Army – Down in the Park

Lou Reed – Perfect Day

Neil Young with Crazy Horse – Down by the River

Supertramp – Bloody Well Right

Iron Maiden : Fear of the Dark

Playlist et réalisation : Ludovic Auboeuf

Présentation : Necro Mongers

©Necromongers et ©Ludovic Auboeuf

Le cœur de notre néant.

On pourrait, se permettre

On pourrait, se remettre

On devrait, se libérer

On devrait, se délivrer.

Mais on ne sait que souffrir

On ne sait qu’allonger la liste

La liste du devoir se réserver

Se réserver pour ne pas faire de vagues

Ne pas faire de vagues pour s’oublier.

On aurait à se démettre

On saurait se causer à un mètre

On se permettrait de ne rien faire

On se dirigerait à l’aveugle dans l’air.

Mais on limite nos candides idées

Nos idées saugrenues et patraques

Patraques et sans raison d’être utiles

Ni utiles pour hier, ni pour demain.

On gagnerait à être moins croyant

On gagnerait à être moins voyant

On serait sans doute vite oublié

On serait sans doute vite négligé.

Mais on ne sait que mourir

On ne sait que formaliser nos risques

Les risques que nous prenons sciemment

Sciemment, en toute inconscience.

©Necromongers

49 [illusions] [et] 3 [étoiles].

Et la marche est forcée

Comme un indice fraîchement épié,

Et le pas est rapide

Comme une idée à peine établie.

**

Merci de ne pas revenir en arrière

Le monde se souffre à lui seul,

Merci de tenir compte du progrès

L’opprobre de nos origines est connu.

**

Meilleure est la source avant d’être tarie.

Nous aimons la farce de l’apocalypse.

Comptons ensemble les derniers risques.

Ne laissons pas les honorables manger du foin.

L’engrenage de nos dividendes semble illettré.

Puisons encore et toujours partout pour rien.

***

Et nos décisions sont forcenées

Comme une application inutile,

Et notre dérision est téléchargeable

Comme un principe programmé.

**

Merci de titulariser votre opinion

La morale se paie par PayPal,

Merci de renseigner vos codes d’accès

L’illusion devient la norme sociale.

**

La dérision est un non sens inexploité.

Il faut saigner du nez pour porter un masque.

Tombons de haut pour nous éparpiller.

La qualité est une idole de l’inaction.

Suivre un filament et découvrir la lumière.

Pour peu que nous soyons heureux par hasard.

***

©Necromongers

(Art: Tim O’Brien)

La virgule climatique de la marche inclusive en non mixité.

Son regard ne croisait rien de bien folichon, ni plus ni moins que la sobriété énergétique classique et sans grande frivolité. Mais il lui restait son absence inconsidérée d’états d’âmes, qui lui promettait encore de beaux jours à manger ses morts.

Pourtant, derrière son dos s’illuminait des néons quadrillés quatre par quatre dans la rue en rangs d’épis. Il avait cherché partout la multiprise pour défaire ce malheur climatique, sans succès. Il semblait évident que la lignée de ce monde avait piégé son sens des priorités.

Son pesant féministe allitérait son penchant indigéniste à lester les clauses du drame bien réel qu’il vivait avec son nouveau sexe, en non mixité antispéciste. Oui, la facture d’électricité s’annonçait salée, mais pas sans goûter aux plaisirs intersectionnels du chômage.

Il fallait trouver des coupables gratuits, bien disposés à n’émettre aucun avis sérieux qui puisse faire la balance avec ce qui est réellement important. Pisser sous la douche à 19°C et mettre des cols roulés restait donc l’arc narratif du discours officiel à souhaiter.

On devrait pouvoir abolir la façon dont les femmes n’ont pas envie de s’habiller pour revigorer l’appropriation culturelle. Iel semblait ne plus pouvoir arriver à définir avec précision quel-le était sa genrité-e promulgué-e. La lumière éclairait narcissiquement la nuit dehors.

L’illumination viendrait forcément du planning familial. Ils savent qui est un ou une, qui peut tomber enceinte ou enceint. La barbe de 3 jours commençait à poindre sous l’aqueuse peau des décisions de l’histoire de l’humanité. Les courbes du transhumanisme pointaient des saints.

Mais dehors, toujours la lumière s’évaporait dans le ciel étoilé. Point de meilleure mire que l’absence de raison. La chimère du genre au diapason d’une allégorie marchande, flirtait avec le vent de la salaison moribonde. Il ne suffisait plus d’être une nouvelle entité.

Il fallait dédiaboliser l’obscurantisme vacataire de l’idolâtrie personnelle, en tout point décisionnaire du renouveau de la pensée wokiste. Faire du vieux avec du neuf ou faire du neuf avec du vieux, peu importe, ce qui comptait c’était de faire parler de l’individu.

Le centre névralgique de la cause plurielle, le NOUS en JE. Le communautarisme des invisibles, les minorités qui viendraient anéantir la dernière notion du « vivre ensemble » par le « subir ensemble ce qui ne nous représente pas ». La cause climatique avait encore de beaux restes.

Soyons désinvoltes n’ayons l’air de rien, comme dirait un féministe transgenre déconstruit. Il irait dégueuler sa passivité mélancolique à l’intention des drag-queers pour réussir son futur décolonial dépassé par les évènements.

Les réverbères s’éteignaient un à une.

©Necromongers

Poésie climatique à 2°C.

Chambardement dans les nuits étoilées au tungstène,

Le soleil de minuit ne fait plus recette au 21ème siècle,

Rechargez maintenant vos smartphones aux mèmes,

Demain c’est la trêve des anémones en demi-cercle.

Nous sommes près du but ultime

Encore quelques degrés.

Livraison gratuite de quotient intellectuel sur le parking,

Des hordes de cerveaux disponibles se ruent à la dispute,

Personne ne sait vraiment départager, ni qui est le king,

Ça crie, ça se bastonne, ça part en vrille, ça se met hirsute.

Nous ne sommes plus très loin

Encore quelques libertés.

Les derniers lots de crème solaire indice 132 s’arrachent,

Les ultimes barbecues genrés fondent en soldes,

L’horloge de la fin du monde version gold,

Il est minuit moins deux un peu avant les dorures sur nos tâches.

Nous allons enfin réussir

Encore quelques benêts.

Les pluies d’acide dans nos terminaux neuronales en voie d’extinction,

Acquis à bas prix sur l’autel de la consommation infinie,

Surchauffent nos temples de l’individualisme travesti,

Énucléant nos algorithmes biologiques en pleine mutation.

Nous sommes aux portes du mensonge

Encore quelques progrès.

… 2ème degré.

©Necromongers

Les très grands du cinéma vus sous un angle rabougri (I).

Épisode 1 : Tes icônes du cinéma français que je ne vénère pas autant que toi.

Dans le monde sacré du cinéma français, il est des vedettes, des célébrités, des icônes, des acteurs qu’on ne critique pas, considérés comme intouchables par le pouvoir ancestral de leur légitimité populaire acquis au plus grand nombre.

Je ne suis pas de cet avis, et, si je reconnais volontiers leur aura et leur succès, l’idée même de les mettre sur un piédestal sans d’autre choix que de les vénérer m’insupporte au plus haut point. Je ne vais juger que leur jeu, pas leur personnalité ni d’où ils viennent et ce qui les a amené là. Ces avis n’engagent que moi et la perception que j’en ai.

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Depuis tout gamin il en est un qui ravit les petits comme les grands, dont la carrière fructueuse parsème encore et toujours plusieurs fois par an nos programmes télévisuels.

Louis De Funès : je n’explique pas la chose, mais depuis mon plus jeune âge je n’ai jamais beaucoup ri à ses pitreries. Son jeu d’acteur est quasi identique dans la plupart des films qu’il a tournés, poussif, bruyant, mimique, énervé, et au final dépourvu de toute originalité. Enfin si, la sienne, je l’admets volontiers. Je ne fais néanmoins pas partie des dizaines de millions de passionnés adeptes, qui se tapent avec plaisir la série des gendarmes 8 fois par an pour gonfler l’audimat de leurs chaînes. Cet acteur ne m’a jamais éclaté ni fait rire à gorge déployée.

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Gueule incontestée du cinéma de l’hexagone depuis les années 30, ayant joué dans de somptueux métrages d’avant et après guerre, de mon avis, il n’a guère développé autre chose que sa gueule sur très peu de films.

Jean Gabin : on peut, pour lui aussi, parler de mimiques plus que de jeu d’acteur. Le regard perçant derrière un visage bourru (surtout après les années 50), une tête qui dodeline à chaque fois qu’il veut appuyer un texte, les mêmes gestes répétitifs et la stature qui en impose. Voilà, hormis ces détails il n’y a rien de très diversifié dans le jeu d’acteur. C’est encore pire après la guerre. Jeune il avait une certaine fraîcheur qu’il a perdu ensuite au profit d’un angle d’attaque unique qu’on retrouve dans tous ses films. J’ai plaisir à le voir dans un film, mais pour autant je ne le trouve pas très bon acteur.

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Autre gueule mythique, casse-cou du cinéma frenchy, et légende des tubes cathodiques depuis toujours, acteur de l’action à la française, il n’a que son sourire fracasseur pour lui sauver la mise.

Jean-Paul Belmondo : souvent utilisé à contre emploi pour amuser la galerie et sauver les situations difficiles. Tantôt aventurier, tantôt dandy voleur, tantôt flic vengeur, et surtout cascadeur des émotions, il multiplie les gestes théâtraux et la diction par syllabes appuyées. Lui aussi a un jeu répétitif et calqué sur les effets de surprises. Bien que plus polyvalent sur sa fin de parcours (moins disponible physiquement pour les rôles athlétiques) avec des projets plus dramatiques qui servent des capacités inexploitées chez lui, il aura passé sa carrière à sauter partout en blouson de cuir en récitant les mêmes phrases sur un ton surjoué.

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Véritable marchand de bonne humeur, casse bonbon mythique des autres acteurs sur les écrans franciliens, animateur névrotique des gags de répétition grotesques et ridicules, cet acteur français m’est fort sympathique et a toute ma tendresse.

Pierre Richard : unijambiste laconique des farces équilibristes du placement de jambe en l’air, c’est un peu le Buster Keaton des chaussettes dépareillées. Son statut d’amuseur publique lui aura valu un nombre important de films qui ne servaient qu’un seul et unique jeu déployé à l’infini. Pour autant, une certaine faiblesse attendrissante dans le regard et un karma de victime à chaque métrage fait de lui un boulet sympathique. Un jeu d’acteur simpliste et maladroit répété à longueur de films, qui pourrait certainement lasser, a fonctionné. Ce n’est que sur le tard, avec des rôles plus dramatiques, qu’il s’emploie à tester un véritable jeu d’acteur. Mais je ne peux que l’admettre, au départ il ne signifiait que de la redondance gesticulatoire.

(à suivre…)

©Necromongers

Sur le trône du vide.

Mon encre de mémoire

sur mes lignes de fuites.

Mon gel d’indice passoire

En fine pluie illicite.

Phrasé de bromure

Étouffant l’inspiration.

Charge de sulfure

Tuant la respiration.

J’ai mangé le dernier instant de ma fulgurance,

On m’a dit que j’avais souvent bon appétit dans l’errance.

Tonnerre d’abandon sous perfusion

Quelques neurones sur le parvis.

Énorme calotte, ultime éviction

L’espace foudroyant d’un dernier avis.

Décroissance aveugle de l’intelligence

Plus-value des yeux globuleux.

Perfide abstention de la prévalence

Songes submersibles et tortueux.

J’ai bu la dernière goutte de mon espérance,

On m’a dit que j’avais souvent soif d’une meilleure abondance.

L’ignorance d’émotions, le fluide sec

Le calme plat, l’écorce à brûler.

Un trop plein d’âmes intrinsèque

La force d’une retenue à dévaler.

Plus rien à déchoir ni à dévaloriser

Le quotient d’unité est un dogme à farcir

Je retiens le multiple pour l’en effacer

J’additionne au carré la notion d’élargir.

J’ai su la dernière ode au monde de plaisance,

On m’a dit que j’avais souvent raison dans mes irrévocables malchances.

©Necromongers

(image: Beatriz Meneses)

Poésie climatique à 1.5°C.

Aube dorée des nuits solaires sous nos draps,

Le vent rallume nos braises sur vos golfs trempés,

Quelques pompiers bien sentis ne font pas,

S’éteindre facilement nos fournaises endiablées.

Nous sommes près du but ultime

Encore quelques degrés.

Nos vagues à l’âme s’embrasent dans le ciel,

Pour quelques étincelles d’engins mécaniques,

Pour la fumée qui emplie nos trachées de fiel,

Pour nos feux volontaires d’excitation empirique.

Nous ne sommes plus très loin

Encore quelques libertés.

N’oubliez pas d’éteindre le Wifi sous la douche,

Encore quelques jets d’urine à visée satyrique,

Pour fixer nos incendies intérieurs saphiques,

En a peine plus de douceur qu’un brasier dans la bouche.

Nous allons enfin réussir

Encore quelques benêts.

Les flammes lèchent nos forêts assiégées par la chaleur,

Corps à cœurs frissonnants sous le soleil de plomb,

Ne s’échardonnent pas à moissonner nos lances et nos toisons,

Pour des jours lunaires essorés sous brumisateurs.

Nous sommes aux portes du mensonge

Encore quelques progrès.

… 1er degré et demi.

©Necromongers

(Dessin: Luca Merli)