J’ai rêvé d’être En Marche…

Au courant de qui, au courant de quoi

Laisse le béton mourir dans ses kilos d’émois.

J’ai parlé à des gens qui n’existent pas

J’ai entendu les doléances du peuple fantôme.

 

La liqueur des maux fatigue la bouche

Les ancêtres nouveaux fondent sous la douche.

Le ciel ne grisaille pas pour semer à la louche

Quelques histoires vieilles depuis qu’elles sont nées.

 

On pourrait courir en jouant aux petits chevaux

S’agripper en pleurant aux barques pour de faux.

Se mettre à chanter en hurlant ses défauts

Comme un hymne à la joie qui sonnerait mauvais.

 

J’envois dès demain une troupe de « sauve-situation »

Pour gérer les débats des « faites-attention ».

Plus de limites, un trône pour chaque occupation

Un ministère du presque parfait et de la tarte à l’envers.

 

Merde à celui qui le lira…

©Necromongers

Etats d’âmes (22) (23) (24)

Etat d’âme 22:

« Vous croyez que le monde est un procès d’intention?
Normalement vous devriez vous remettre en question, mais comme chacun ne le sait pas il est chose courante de n’avoir absolument rien à carrer de ce que les autres ont à penser d’eux… par ce qu’ils ne pensent qu’à eux.
Et puis les choses courantes emmerdent généralement, de part leur popularité, leur quotidienneté, leur insipide et journalière redondance. C’est en partie la cause d’un dysfonctionnement universel, la méfiance du renouvellement de l’intelligence.
C’est un produit devenu tellement rare que son apparition fait peur. Même poursuivi, reconnu et châtré, la conspiration de la réflexion fait l’objet d’une enquête sans précédent.
Malgré des efforts considérables pour la dénicher, la délivrer et lui donner la capacité de vivre en liberté, elle reste viscéralement en voie de disparition… sans aucune garantie de renouvellement de l’espèce. »

Etat d’âme 23:

« Tout est famélique.
L’ordre contenu des émanations sporadiques du vent des sédiments invisibles.
La chorale incessante des convenances manipulatrices existentielles.
Les contrées mécatroniques référentielles du ligament de l’espace sans bordures.
La clôture annuelle du comité des lourdingues sans limites agencées.
La ferme ta gueule de l’amour est dans le prémenstruel pour la forme sans le fond.
L’idiome secret des instances révolutionnaires de la fabrique des consonances multiples.
La gravité solennelle des devantures sans allergène assez conventionnelle pour traire les yeux.
La confusion des idées malingres qui fusionnent avec la célérité du plâtre à la Française.
La propriété centrifugeuse de l’hécatombe spongieuse en commémoration rancunière.
La dernière émanation discrète d’une nomenclature épongée par la bière de Mars. »

 

Etat d’âme 24:

« Je ne sais pas.
On ne peut pas tout savoir.
On devine parfois, pour participer.
Mais on ne sait pas tout.
J’aimerais en savoir plus.
Mais j’écourte souvent ma façon d’apprendre.
Je ne suis pas intéressé par tout.
Du coup je ne retiens pas ce qu’il faudrait savoir.
Pour en savoir plus j’entends.
Mon intérêt n’est pas feint.
Mon intérêt est distant.
Je suis comme vous, équidistant.
C’est comme distant mais sur la brèche.
On fait semblant des fois, pour exister.
On croit qu’on sait, on croit qu’on vit.
Et puis, bien évidemment, on vit sans le savoir.
Puisqu’on ne le sait pas.
Parce qu’on veut tout savoir.
Sans connaître l’essentiel.
Sans faire l’effort d’avoir à saisir l’information.
On va au plus simple, au plus rutilant.
On aime se faire voir, sans plus attendre.
Alors on danse (non ça je l’ai piqué).
Et puis on s’imagine, on se voit meilleur.
Mais on ne sait toujours pas quoi, qui, où?
On ne peut pas tout savoir.
On aimerait en savoir plus.
Mais c’est difficile, les autres nous coincent.
La vie, les infos, les trucs sans nous.
J’aimerais en savoir plus.
Mais… je ne sais pas. »

©Necromongers

BOIRE!!! par Jon HO (La P’tite Hélène Editions)

(Ceci est une christique litre et air)

 

Comme le dit l’auteur en préambule :

« Il n’est aucunement question ici de construire un parallèle comparatif entre l’alcoolique et L’abstinent, entre le mal et le bien ou entre n’importe quoi que ce soit qui fasse office de jugement. »

Néanmoins, on se questionne. Est-ce que Jon a été le Paul de son roman ? Est-ce que cette expérience est la synapse d’un vécu quelconque ?

Quelle que soit la réponse, on s’en fout. Ce qu’on peut en dire c’est que ça se sirote comme une tasse de thé au PMU, avec une suspicion sur les paris, mais l’agréable sensation d’un truc qui s’adresse au plus grand nombre. Boire tout le monde sait faire, vivre avec c’est moins probant.

C’est suffisamment bien écrit pour se lire facilement, dans un français à l’accessibilité ponctuée de langage médical par-ci par-là, et d’autres inconvénients littéraires liés à l’engorgement de qualificatifs sirupeux d’un délire flou, avec des cacahuètes de bar.

Ça s’avale très vite sans forcer (un peu comme un cocktail), et ça ne tombe pas des mains. Bref, si vous avez une journée d’abstinence à perdre (car c’est ce qu’il faut objectivement cul sec), je vous conseille ce machin.

Mais à la fin on ne sait toujours pas si Paul a été Jon, ou le contraire…

 

Nécro.

On peut acheter la chose par en-dessous

http://www.laptiteheleneeditions.com/pages/jon-ho.html

 

 

(Excusez pour la photo, c’est pas un thé et c’était pas au PMU, j’avais soif quoi merde !)

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Ô ouiiiiiii, bloque moi!

Ô oui.

Ô oui signale moi.

Ô ouiiiiiii.

Signale moi.

Clic moi très fort.

Presse violemment ton index.

Ne prends pas le temps de caresser la touche.

Fait toi le saigneur de mon fil.

Bloque moi, fait moi mal.

Ô oui, bloque moi.

Dans un coin de ton wall.

Fait moi la morale.

Ô oui.

Ô ouiiiii.

Fait moi la morale.

Suspends moi par inadvertance.

Rends moi inexistant.

Ô ouiiii.

Fait moi disparaître un jour, toujours.

Je te regarde saliver, vilain bloqueur.

Tu bandes ? Ton cœur bat plus vite ?

Ta braguette est dure.

Ton membre s’ankylose d’excitation.

 Tes orbites devenus trop petits.

Tes yeux ronds et dilatés.

Bloque moi.

Oui, derrière ton écran, bloque moi.

Je suis tout nu au bout de ton doigt.

Je le sens bien fort.

C’est ton majeur maintenant ?

Vilain bloqueur.

Mets-y ton pantalon.

Tout ton cœur du milieu.

Ton cerveau se dilate.

Le méat coule à flot.

Tu jouis.

Ô ouiiiii.

Tu jouis.

J’ai bien aimé.

Toi aussi ?

A bientôt joli cœur.

Fais moi signe.

Je serai toujours là.

Dans un coin, à genoux, à t’attendre.

J’ai déjà des images pour t’agacer.

Te faire grossir la morale.

T’énerver la veine cave.

Tu peux compter sur moi.

J’aime ça.

Je suis une saleweb.

Comme tu aimes.

Je te ferai dégorger l’index.

Remuer la braguette.

Bisous.

 

©Necromongers

 

 

Le Petit Dictionnaire des Définitions Iconoclastes, Utopistes et Décalées: Le FUTUR

Le FUTUR

 

=

 

Fantomatique et Ubuesque Théorie Utopique de la Rêverie

 

 

 

Il est la parfaite illustration de ce qui n’est pas, pas encore, ou ne sera jamais. Trop d’événements indistincts sont à prendre en compte, pour n’espérer qu’en substance qu’Il soit assez présent un jour pour devenir un passé.

Le futur n’a pas vocation d’optimisme ou de pessimisme. Il est d’une neutralité en attente d’être programmé, conditionné par l’emprise de ce qui n’existe pas pour l’inventer.

Il est une joie éphémère qui relie l’espoir et la peur, l’anticipation et l’avènement, le rêve et la réalité, et tous les éléments capables d’en construire la possible structure. C’est une réflexion sur l’avenir, une hypothèse de réalisation.

Il sert bien souvent de but à atteindre. Tant bien pour se fixer des limites que des objectifs. Et malgré son évidente inexistence, Il est une source intarissable de plaidoyer pour sa croyance démesurée, ayant pour fonction d’alimenter la motivation par les fantasmes et autres prédictions en tout genre. Nombre de personnages célèbres l’ont utilisé sciemment (Nostradamus) ou à leur insu (Da Vinci, Jules Verne…) pour un résultat souvent contrasté mais étonnamment probable. C’est avec eux que nous pouvons mesurer une échelle constante de l’humanité, qui est de penser et de regarder assez loin pour ne pas pouvoir en vérifier les effets.

Conclusion : il n’y a rien à craindre du futur tant que nous maîtrisons le présent et tirons expérience du passé… et l’histoire prouve qu’il est justement à craindre de tout cela.

 

Extrait du « Petit dictionnaire des définitions iconoclastes, utopistes et décalées »

©Necromongers

Petit panier bio cherche noyé

Je n’ai plus rien à attendre du temps.

Morcelé, immature et volontairement piétinant,

En tout point soluble et malhabile.

Préférant les expressos en terrasse en se regardant passer.

Inutile, servile, volubile et noctambule.

Je n’ai pas celui dont il dispose pour m’amuser,

Ni maintenant, ni plus tard, pas plus qu’hier.

Mon cher ami, je t’emmerde toi et ton panier garni.

Je te saurais gré de passer ton chemin,

Tant que tu n’auras pas grandi d’intéressement.

Ton véhicule me gène, en double file tu nous exaspères.

Avec tes produits frais et ton sourire narquois.

Tout cela m’indispose, tes moyens indigents,

Ton consortium belligérant, tes adultères légumiers,

Tes rancoeurs biologiques, le lait qui boue sans toi.

J’en ai des aigreurs et des mucosités buccales,

L’essence reste chère mais mène notre capitalisme.

Je voudrais que cela s’arrête, et meurt avec nous.

Ne plus jamais compter que sur l’absence de ceux qui savent tout.

Noyez-vous les uns les autres, et disparaissons enfin.

 

©Necromongers

Le Petit Dictionnaire des Définitions Iconoclastes, Utopistes et Décalées: Le PRÉSENT

NB: ceci est un exercice auquel je me suis essayé dans l’idée de créer un dictionnaire décalé. Il y a bon nombre de définitions que l’on y trouve sans qu’elles nous donnent l’impression d’y avoir leur place. Des mots fugaces, qui recouvrent des sens cachés qui ne peuvent s’exprimer qu’avec nos émotions et notre ressenti…chacun est libre de ne pas être d’accord, c’est ma vision des choses à un moment donné de mon existence (ce qui laisse entendre qu’à d’autres moments elle peut varier, quelle constance!)…j’ose espérer qu’elle parlera à certains…

 

Le PRÉSENT

 

=

 

Propriétés Rétrogrades d’Éléments Sporadiques Éternels Nantis de Ténacité

 

 

 

Il est un instant qui ne dure pas, qui, accumulé les uns aux autres, construit un temps sans cesse en retard ou en avance. L’idée qu’il puisse exister est constamment remis en cause, si bien que pour s’en donner l’impression il empiète sur l’espace invisible dont il est fait : l’écoulement du temps.

A peine se nomme t-il qu’il est déjà relégué à s’appeler autrement. Passant continuellement de l’expérience à l’espérance, il ne s’ancre jamais, ne vit qu’en substance de ce qu’on croit palpable, mais en apparence il n’est qu’une poussière au soleil qui ne s’arrête jamais de virevolter.

Le présent est un état d’esprit de la permanence, celle qui induit notre volonté à figer nos définitions instables. Nul ne saurait avec certitude déterminer exactement si son existence peut être prouvée, et si dans l’espace qu’il lui reste pour s’épanouir vainement, son aventure ne commence véritablement que quand sa vie se termine en direct.

Passé-Présent-Futur… pas d’existence pour les uns sans les autres. Tout reste à inventer pour tirer de l’expérience une donnée mesurable…

 

 

Extrait du « Petit dictionnaire des définitions iconoclastes, utopistes et décalées »

©Necromongers

Les paradigmes d’encre (EPSILON)

Courir sans regarder devant soi

Mourir sans vivre derrière les autres,

Vouloir vivre, revivre, vivre encore et recommencer

Ne plus savoir s’arrêter, en redemander,

Recourir à savoir comment survivre.

 

Sprinter dans les steppes comme un nomade

Regarder, la vie et la mort comme un shaman,

Rentrer dans l’existence et en sortir

En sortir et y entrer, en sortir et en fuir,

Idéaliser le passé et vivre le futur

Se débarrasser du présent et écourter le silence.

 

Marquer une pause, pour reconnaître le temps

Allumer l’instant, poser ses limites,

Concentrer l’éternité sur une unité de valeur parallèle

Observer le flux volatile des énergies,

Consumer ses présages et augmenter le hasard.

 

Les augures piégés dans des constantes physiques

Immortalités, immoralités des unités perpendiculaires,

Repousser les frontières, éteindre les perpétuités

Fixer les règles, dérégler les flux fixes,

Nouer, sceller, attacher, cheviller

Ancrer nos champs d’inductions.

 

Prendre son élan, s’élancer à perte de vue

Survoler l’atmosphère et reprendre son souffle,

Nager la bouche ouverte dans les nuages

S’enfoncer doucement au milieu des rêves cotonneux,

Légiférer une fois encore sur la forme et le fond.

 

Passer des lames de fond à certaines visites de formes

Informes constantes, sans vague, et tellement divaguent,

Se noyer la bouche fermée dans un saut collapsar

Ne plus penser en solitaire mais comme un millier de données

Séparées par la vacuité de l’être humain qui se fixe une distance.

 

Ne plus croire pour arriver à continuer sans filtre

Egorger la pudeur d’arriver à se retrouver pour ou contre,

Sans jamais être certain de divulguer son halo d’invisibilité

Avancer entre les bulles des autres, sans toucher leur intimité,

Séjourner plus que d’un possible sans pleurer pour de vrai

L’intérieur rien que pour soi, l’extérieur pour les alpha.

 

Les Beta qui dictent les règles métaphysiques de Lavoisier

Tout relativiser pour des trous de verre intemporels, intentionnels,

Prend un sens et son contraire. Suivre son contraire puis son opposé

Etre d’accord en contradiction des contrastes qui nous guettent,

L’inverse de la contrepartie, en opposition avec la négation de l’univers

Vibrer et secouer à la cadence des atomes,

Qui nous séparent du vide de nos vies.

 

©Necromongers & ©Richard Kuran

 

 

 

 

Le Petit Dictionnaire des Définitions Iconoclastes, Utopistes et Décalées: Le PASSÉ

NB: ceci est un exercice auquel je me suis essayé dans l’idée de créer un dictionnaire décalé. Il y a bon nombre de définitions que l’on y trouve sans qu’elles nous donnent l’impression d’y avoir leur place. Des mots fugaces, qui recouvrent des sens cachés qui ne peuvent s’exprimer qu’avec nos émotions et notre ressenti…chacun est libre de ne pas être d’accord, c’est ma vision des choses à un moment donné de mon existence (ce qui laisse entendre qu’à d’autres moments elle peut varier, quelle constance!)…j’ose espérer qu’elle parlera à certains…

 

Le PASSÉ

 

=

 

Présent Anticipé Sous Sédatif Evolutif

 

 

 

Combinaison d’événements ayant tous trait avec des présents s’étant déjà produits. Le passé est à la fois l’ancêtre du présent et l’inspiration du futur.

La vérité est quelquefois si dure à accepter que son ombre a souvent été malmenée, trafiquée et régulièrement réécrite. Ceux qui s’emploient à dire que l’on ne peut pas modifier le passé sont les mêmes qui refusent d’accepter le présent. Au regard volatile de ce dernier, on comprend aisément leurs difficultés.

C’est une passerelle sensée contenir des informations sur la réussite ou les échecs selon des situations données. Si l’on considère que le contexte est source de changement dans les constantes, l’expérience en résultant n’a pas forcément un caractère fondamentalement certain.

Le passé est là à titre de témoin, en fonction de choix et de décisions qui auraient pu être tout autres selon de nombreux critères, et ne résulte en aucun cas d’une forme d’exemple alpha. Certaines choses ne s’étant jamais produites, il reste à réaliser dans le présent une forme de passé encore invisible pour les générations futures.

 

Extrait du « Petit dictionnaire des définitions iconoclastes, utopistes et décalées »

©Necromongers

Les paradigmes d’encre (DELTA)

S’échouer sur le long des rives

C’est comme remonter les flots du vin,

Jusqu’à la branche du raisin

Qui lui donne son goût si sucré,

Les soirs où l’on demande à voir Léthé.

 

Se laisser partir en divaguant

Comme une amphore secrètement amoureuse,

Bercé par l’onguent des parfums divins

Arrosé pieds à la berge, à écouler l’eau,

En pensant des demains d’hier.

 

Regarder l’heure

Regarder les minutes

Regarder les secondes.

Les seules secondes suspendues au-dessus de nos vies

Ces vies cherchant sans cesse des rapides,

Pour s’y enfoncer, s’écouler et nous secouer

Comme de simples navires marchands dans la tempête.

 

Le soleil s’attarder

Le ciel disparaître

La lune s’éveiller.

Les lumières étiolant la nuit nous regardant

Syncope qui fait briller nos yeux chancelants,

Pour s’en délecter, s’abreuver et nous rassasier

Comme un canot ivre dans la brume mielleuse.

 

Pourquoi ne pas s’enivrer de cette brume

Aimer cette brume

Se reposer dans cette brume

S’évaporer dans cette brume.

Que l’on puisse enfin retrouver les confluents mystiques

Qui un jour ont guidé nos pères,

Ces pères dont on se souvient à peine du nom,

Ce nom qu’ils nous on légué comme une racine au bord de l’eau

Que l’on cueillera quand on sera à maturation.

 

Ne plus avoir à rêver des méfaits du fleuve de l’oubli

Couler de source

Boire sa bourse jusqu’à l’écume

Forcer le monde à nous attendre.

Que nos semblables puissent réveiller leurs méandres idylliques

Que nous sachions encore qui nous sommes,

Ce temps qui compte sans nous,

Par delà les époques incertaines qui nous attendent au bord de l’eau

Sans prétendre à jamais, savoir de quoi l’ivresse sera faite.

 

©Richard Kuran & ©Necromongers