Dissection paraplégique du corps marchand.

Non, le cœur de nos défaites n’est pas aléatoire.

L’union ne fait plus la force, elle divise avec amour.

Les maux nous dirigent, avec zèle, vers un bouton poussoir.

Des camps martèlent idéologies et combats pour toujours.

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Hémoglobine docile de nos instants fragiles,

Pertes menstruelles d’une politique à l’agonie,

Nous léchons la stratosphère du bitume ancestral,

Pour cautériser les mensonges de nos visions lucratives.

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Oui, nos poumons sont l’hémicycle de nos essoufflements.

Respirer ne permet plus de vivre, à peine de reprendre haleine.

Nos corps sont prisonniers, de facto, de faux engouements.

Des normes édictent nos couloirs à vivre dans la peine.

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Turgescences maladives de la miroité fécale,

Fibrome syncopé d’une tumeur maligne démocratique,

Ablutions mythomaniaques d’une écorce plastique humaine,

Malade mais vivant comme une tique qui transmet la névrose.

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Il ne nous reste plus qu’à pleurer des immondicités plates.

Faire pleuvoir des allégations de neutralité préposées.

Enrober d’élégance sans vergogne nos mendicités fastes.

Élaguer avec persévérance nos convoitises aseptisées.

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Je nous vois, ici bas, applaudir la besogne versatile

Je nous vois, ici las, s’esbaudir la panse érectile.

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Condoléances factices.

©Necromongers [2020]

(Graph: Nychos)

[Archives-2012]… L’amer ami que l’âme fuit.

La vie n’a d’égale que sa persistance à perdurer,

La mort n’a d’égale que sa persistance à espérer…

Que la vie ne persiste au mieux, que peu de temps,

Car le temps est compté, ne peut s’installer durablement.

Ainsi va la vie, attendant à reculons l’arrivée de l’inéluctable,

Ainsi va l’inéluctable, attendant et trépignant,

Que l’instant de la vie s’achève d’une note supportable,

Raccourci par les évènements mis en demeure, de ne plus être stagnant.

Le fil aux eaux fuit, comme l’âme mère qui s’écoule,

L’or rit jaune dans ses souterrains, d’être oublié,

Comme fuse l’âge qui était contraint dans sa houle,

D’en chasser plus d’un pour continuer à exister.

Et si la mort s’essaye à nous transpercer,

Nous lui répondrons donc de notre vivant,

Que l’écume pantelante de nos odeurs liquéfiées,

N’est pas un ressort qui pousse vers l’avant.

©Necromongers [2012]

[Archives-2011]… et depuis, je me pose des questions.

Rien n’est glorieux, tout est dérisoire
mais l’heureux sentiment de la passion,
nous sort quelquefois d’un tiroir
préférant nous dévoiler dans la déraison.

Rien n’est heureux, tout est subjectif
car dans l’illustre notion de nos tréfonds,
rien ne saurait vraiment n’être que jouissif
seulement sous les vents, il n’y a que des questions.

Rien n’est hideux, tout est magnifique
c’est à l’ombre de nos mémoires qu’il faut lire,
une éternelle étreinte de douleur idyllique
se transforme en fable aussi simplement qu’on peut se suffire.

Rien n’est à envier, tout est à perdre
jouer pour gagner c’est perdre pour se marrer,
il faut un ordre d’idée, un supplice acerbe
pour ne pas oublier, qu’il n’y a rien à gagner.

Moi, je n’ai rien oublié, rien gagné
j’ai pendu ma tête au bout d’une pique,
pour rigoler sur notre esprit critique
pour effacer la douleur, dormir enfin comme un benêt.

Je n’ai ni gagné ni perdu
je n’ai ni joué ni regardé,
j’ai seulement tourné la tête un instant
et depuis…je me pose des questions.

©Necromongers [2011]



(Collage: BouDerLo)

Poésie à l’estouffade.

Le trouble

Festif, offensif, agressif

Le trouble

Magnifique, épidermique, symptomatique.

*

Des songes à l’emporte pièce autonome

Rivalisant d’insomnies nébuleuses.

*

L’ennui

Dubitatif, sélectif, apéritif

L’ennui

Onirique, maléfique, symbiotique.

*

La part de nous qui n’effraie personne,

Le manque à gagner de notre particule.

*

La patience

Organique, mélancolique, stratégique

La patience

Insondable, irresponsable, relégable.

*

Un simple couloir sans fin

Une étape sans étoile au guide Michelin.

*

La force

symbolique, prolifique, étatique

La force

Malléable, orientable, indéboulonnable.

*

Le front des carences qui frise l’anémie,

Au devant de rien d’autre que la vie.

*

La colère

Soumission, allégation, bouillon

La colère

Soporifique, dialectique, énergétique.

*

Au revoir de n’avoir jamais vu

Commettre l’indicible et repartir aveugle.

*

Le déni

Omission, segmentation, déraison

Le déni

Angélique, étatique, mirifique.

*

Glorieuse tarte à l’envie

Saupoudrée d’un peu de sucre candy.

*

Le rêve

Serpentaire, solaire, salutaire

Le rêve

Bénéfique, saphique, électrique.

*

Dernière étape avant le trouble

Sueur frontalière des draps imagés.

*

Le trouble du déni fait naître la colère, dont la patience ne connaît pas la force, mais l’ennui rêve…

©Necromongers

LA COVIDIENNE (hymne décadent)

Allons enfants de la Coviideuh

Le jour de croire est arrivé

Contre nous de la chloroquineuh

L’étendard sans gants est levé (bis)

Remasquez vous dans les campagnes

Abrutir ces féroces limiers

Ils viennent jusque dans vos nez,

Tester vos fils, vos compagnes

🤘

{refrain}

Au drame citoyens! Formez vos bataillons!

Toussons, toussons

Qu’un sang impur abreuve nos écouvillons

🤘

Qui veut cette horde d’esclaves

De traîtres, de doigts levés?

Pour qui ces ignobles entraves,

Ces masques dès longtemps préparés (bis)

Moutons! Pour nous, ah! Quel outrage!

Quel isolement il doit exciter!

C’est nous qu’on ose enfermer

De rendre à l’antique esclavage!

🤘

{refrain}

Au drame citoyens! Formez vos bataillons!

Toussons, toussons

Qu’un sang impur abreuve nos écouvillons

🤘

Quoi! Des postillons étranger

Feraient la loi dans nos foyers?

Quoi! Ces Chinois meurtriers

Terrasseraient nos fiers déjeuner! (bis)

Grand Dieu ! par des mains délavées

Nos fronts sous le gel se ploieraient !

De vils gestes barrières deviendraient

Les maîtres de nos destinées !

🤘

{refrain}

Au drame citoyens! Formez vos bataillons!

Toussons, toussons

Qu’un sang impur abreuve nos écouvillons

🤘

Tremblez, tyrans, et vous, perfusions,

L’opprobre de tous les cas positifs,

Tremblez ! vos symptômes en action

Vont enfin recevoir leurs prix vifs! (bis)

Tout est libertarien pour vous combattre,

S’ils tombent, nos vieux zéros,

La terre en produit de nouveaux,

Contre vous tout prêts à s’abattre !

🤘

{refrain}

Au drame citoyens! Formez vos bataillons!

Toussons, toussons

Qu’un sang impur abreuve nos écouvillons

🤘

Covidiens, en guerriers magnanimes,

Distancez ou retenez vos coups !

Enfermez ces tristes victimes,

À regret s’armant contre nous. (bis)

Mais ces despotes tortionnaires,

Mais ces complices de Bill G,

Toutes ces tiges qui, sans pitié,

Déchirent les tarins de leur mère !

🤘

{refrain}

Au drame citoyens! Formez vos bataillons!

Toussons, toussons

Qu’un sang impur abreuve nos écouvillons

🤘

Amour sacré de la Pandémie,

Soumis, contiens nos bras vengeurs.

Liberté, Liberté flétrie,

Combats avec tes défibrillateurs ! (bis)

Sous nos protocoles que la victoire

Laboure à tes pâles absents,

Que tes ennemis respirant

Voient ton triomphe et notre foire !

🤘

{refrain}

Au drame citoyens! Formez vos bataillons!

Toussons, toussons

Qu’un sang impur abreuve nos écouvillons

🤘

Nous survivrons dans la crise sanitaire

Quand nos aînés n’y croiront plus,

Nous y balayerons leur poussière

Et la trace de leurs vertus (bis)

Bien moins jaloux de leur survivre

Que de flipper à leur écueil,

Nous aurons le sublime orgueil

De ne plus croire ou de les suivre.

🤘

©Necromongers

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Une enquête de l’inspecteur Necrolumbo (part 7).

Les semaines passaient, et rien n’arrivait à vraiment affoler Limoges. Oui, de nombreux cas avaient été déclarés et aussi quelques clusters, mais franchement, dans la rue, rien de bien extraordinaire à réprimer. Des centaines de gens s’étaient découvert une passion pour la course à pied, et autant venaient de découvrir qu’ils avaient un chien.

De toute façon cette situation agaçait d’autant plus Necrolumbo, dans la mesure ou en plus de ne rien pouvoir vraiment faire il ne touchait pas le chômage partiel en tant que fonctionnaire d’état. Alors oui, sans doute était-il bien mieux lotis que bon nombre de ses concitoyens, mais le méritait-il ?

Les rues étaient absolument désertes, les boulangeries étaient toujours ouvertes, il y avait bien quelques troquets qui distillaient des cafés touillettes amenant quelques individus à faire obstacle devant l’entrée, mais rien de bien phénoménal.

Les punk à chien sans laisse étaient toujours de la partie, n’ayant nulle part où aller. En revanche, plus aucune nouvelle de l’homme en bleu, ni de la plupart des partis politiques inutiles qui d’habitude assommaient les gens avec leur prétention rédhibitoire.

Voir Limoges encore plus désertée qu’à 15 minutes du centre ville, c’était du jamais vu. Une ville livrée aux chiens d’aveugles qui faisaient du jogging pour la première fois, et d’enfants courant sans laisse dans les rues chaudes passé 21h. Même pour une ville considérée par les parisiens comme le fief des ploucs, de mémoire, jamais la province n’avait été aussi désertée, sauf peut être pendant la guerre. Et tout le monde le sait bien, ici chez les campagnards la Waffen SS avait défouraillé une petite commune, Oradour-sur-Glane. Necrolumbo se mit à imaginer la chose avec un méchant virus, quoi de plus ridicule qu’un déploiement de SS avec des masques et du gel hydroalcoolique… « n’empêche… » se dit-il « avec les gestes barrières ça aurait pu tout changer ! ».

Son Nokia 5110 le sortit de ses pensées historiques en entonnant le ringtone « grande valse ».

Oui allô j’écoute !

ÉVIDEMMENT QUE VOUS ÉCOUTEZ NECROLUMBO ! SINON ÇA NE SERAIT PLUS UN TÉLÉPHONE ! Hurla le commissaire Bouldener !

Pardon commissaire, je ne vous avais pas reconnu !

BIEN SÛR QUE NON JE N’AVAIS PAS ENCORE PARLÉ ! Non mais franchement Necrolumbo, rappelez-moi comment vous êtes devenu inspecteur ? J’ai l’impression que ce jour-là on aurait dû être en confinement !

Ah ah ! Ah oui ! Je ne sais plus très bien à vrai dire. Je crois me rappeler que lorsque j’étais jeune je rêvais de devenir gradé dans la police et un jour que j’ai croisé l’adjud…

ON S’EN FOUT ! Contentez-vous d’écouter !

Ah je… très bien commissaire, très bien ! Donc je vous écoute, je suis tout ouïe, je n’ai d’oreilles que pour v…

ÇA SUFFIT ! Vous m’épuisez Necrolumbo ! Sans vous avoir encore rien dit vous m’épuisez !

Pardon commissaire, allez-y !

Nous avons un problème sérieux ! Les parents d’une petite fille que vous auriez rencontrée il y a quelques semaines en bord de Vienne portent plainte contre vous pour, je les cite « propos déplacés à caractère ambigu et sexuel ». De plus, avec votre grand pardessus crasseux ça fait genre pervers, et le chien attire les enfants.

Mais… je ne comprends pas commissaire. Je me souviens bien de cette petite fille, assez pour me souvenir que c’était elle qui avait un langage un peu déplacé, très familier, et une attitude légèrement mal élevée au final.

Ne cherchez pas midi à quatorze heure Necrolumbo, rappliquez illico dans mon bureau !

(à suivre…)

©Necrolumbo by Necromongers

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Les fleurs sont plus belles sous la brume

C’est un tombereau de brouillard mainte fois vécu, mais tellement trouble à la fois qu’il est encore là pour parler de lui-même.

Marchandage de l’absence, négation du vide, on souffle sur les braises d’une canicule annoncée.

Et puis, c’est tellement joli la dégringolade des cieux embrasés, on serait là, assis, à croquer l’éphémère.

La guerre c’est pour les autres, ceux qui n’acceptent pas les conditions fragiles que le monde met à mal.

Les frissons d’une angoisse perpétuelle, la chair de poule sur les bras, une onde délicieuse parcourant le dos.

Des sensations oubliées, remises au goût du jour, l’émerveillement spontané de nos derniers moments.

Libre comme un prisonnier volontaire, parfaitement conscient, totalement acquis à sa cause.

Les fleurs sont plus belles sous la brume, agitées par le poids chancelant des gouttes attirées par la pesanteur.

 

Concours de circonstances, délégation prolétarienne des plantes vertes sous brumisateur, nous cuisons.

C’est un avenir de pacotille qui relie nos drames et nos joies, un champ d’herbe brûlé aux couleurs du soleil.

Étuve aux embruns carmin, étouffante et limpide clarté somnolente, air comprimé, lapidé, enrobé d’une chape ondoyante.

Particules invisibles s’immisçant par delà nos pores, la vitamine D contamine nos intérieurs fantômes.

Parfaitement imparfait, à ressasser le droit de panser, coulant d’une lave luxuriante et atmosphérique.

On rêve de paysages celtisant, où le froid serait un délice, l’air irisé de nuances fraîchement vallonnées en bruyères transpirantes.

Quelques bouquets colorés dansant au vent sur des plateaux moutonneux, les fleurs sont plus belles sous la brume.

Le reste de notre vie à cuire le sentiment d’oubli, et sentir le chemin sous nos pas hésitants, pleinement conscients.

©Necromongers

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Les paradigmes d’encre (LAMBDA)

Pareil au firmament sans éclat

D’égal ne sont les germes qui n’écloront pas.

Il est de coutume d’endiguer le moindre

De fortune ne naîtront que ceux à plaindre.

Atrium à constante placide.

 

Si les étoiles guident le futur

Leurs traînées de poussières créatures,

Conservent chaque moment bâillonné

Ceinturé et ligaturé pour des jours éclairés.

Forum aux mouvements translucides.

 

Aux autres la faveur de l’avenir

Personne ne sait quoi dire aux arrivants.

On dort phénicien sans tressaillir

Le monde n’est alors qu’un survivant.

Laudanum aux moments lipides.

 

Nous faisons des rêves de Syracuse

Aux allures des ruines de Al khali.

La pensée est en éveil souvent recluse,

Lorsque le monde plonge dans l’alalie.

Sanatorium de conjonctures insipides.

 

Songes et portions de silicium

Aux enrobées des alchimistes du seum.

Naissance d’une guérilla des activistes

Auréolés d’une notion d’arrivistes.

Consortium des limites frigides.

 

Tout peux changer avec l’avenir

Même les sorciers sombres peuvent mourir.

Épitaphe d’une terre lointaine en pleurs

Nimbée dans la poussière et la sueur.

Opium des tourments du vide.

 

Lointains ancêtres du vivre moyen

Méditez sur vos idoles du passé.

Une chignole, un sert-joint, mieux que rien

Une farandole, une prose, loin d’être posée.

Lithium de la vie d’Euclide.

 

Prise de conscience d’un fragment de vie

Où les croyances auraient plus d’importance.

Dissonance cognitive de la Titanomachie

Une Élégie, une complainte et les conséquences.

Curriculum de combat fratricide.

 

Rien n’est jamais parfait, les dieux en sont témoins

Tout est parfaitement mâché, honneur aux lendemains.

Le sol sur lequel nous marchons est un lion

Son rugissement s’entend de par légions.

Épithélium de la mort par acétamide.

 

Nous irons dire à la lointaine Lacédémone

Que nous gisons ici pour ses lois autochtones.

Et que l’on chute ou bien demeure debout

Aucun péché, aucun combat ne sera absous.

Quorum des poètes extralucides.

 

©Necromongers & ©Richard Kuran [2020]

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Une enquête de l’inspecteur Necrolumbo (part 6).

Déjà une semaine que le confinement était de rigueur. Plus question pour Necrolumbo de parader avec son jogging des familles, il fallait qu’il soit impeccable et dissuasif. Pour l’occasion il avait ressorti son plus beau pardessus poussiéreux, avait briqué son Peugeot et sorti son plus beau casque bol.

Limoges n’était déjà pas spécialement vivante la plupart du temps, mais pendant le confinement merci bien. L’expression « pas un chat » n’avait pas lieu d’être, car il n’y avait plus qu’eux dehors. Ah si bien sûr, il restait les punks à chiens sans laisse et les sdf de trottoir.

Un si beau temps pour tant de gens enfermés, ça ressemblait à une enquête sans chef d’accusation. Les cigarillos n’avaient plus la même saveur sans personne à enfumer avec. En dehors de ses tournées de garde, Necrolumbo passait son temps à promener son chien avec une attestation. Et c’est à ces moments de soirée tardive, que le peuple se permettait de sortir outre mesure vis à vis des recommandations. Mais sa femme lui avait fait un sermon « si tu passes ton temps à pister, piéger et sanctionner les gens qui essaient juste de prétendre à encore un peu de liberté en étant seulement dehors, tu ne vaux pas mieux qu’eux ! ».

C’est pourquoi Necrolumbo passait ses journées à faire la queue devant des boulangeries pour acheter des petits pains à sa femme, et le soir il sortait le chien en civile pour discuter avec les badauds. En bref, il faisait tout pour n’avoir à mettre aucune amende à personne.

Ce soir il profitait des derniers moments de bords de Vienne pleins de vies, car il savait que très vite la préfecture allait y interdire les promenades. Avec ou sans attestation, les gamins à vélo sans parents et les gens sans chiens s’y baladaient.

Alors que son chien, « Le chien », déposait une sévère amende sur le bout de pelouse aux abords du pont Saint-Étienne, une petite fille curieuse s’arrêta pour engager la conversation avec lui.

Hé salut le chien !

C’est incroyable tu connais déjà son nom !

Ça va le chien ?

Oui, alors c’est ce que je viens de t’expliquer, c’est son nom, tu l’as trouvé du premier coup.

Tu chies bien le chien ?

Oh ben dis donc, comment tu y vas toi ! Et bien oui, il me semble qu’il s’essaye à la liberté lui aussi, mais elle est un peu poussive.

La petite fille fit quelques caresses hésitantes sur la tête de Le Chien pendant qu’il poussait encore assez fort sa 4ème crotte.

Alors tu sais, il aime bien aussi, comme tout le monde, être un peu tranquille quand il fait ses besoins. Tu es toute seule ? Personne ne t’accompagne pour sortir ? Tu sais qu’en ce moment la situation nous oblige à sortir le moins possible à cause du méchant virus ?

La petite fille pivota la tête en direction de Necrolumbo avec une moue de désapprobation.

Et toi ? C’est ton chien qui te sort de chez toi pour te promener ? T’es trop vieux pour avoir des enfants à la maison, t’es de la police ? Elle se releva et continua son chemin sans se retourner.

Necrolumbo la regarda partir en tirant une grosse taffe sur son cigarillos. Il était évident que le monde allait être compliqué à museler pour une histoire de microbe invisible et quelques crottes sur la pelouse, et puis en ville, franchement, toutes ces familles dont on ne sait pas si ça se passe bien ensemble…

En repartant il écrasa une crotte de Le chien avec son godillot en râlant après sa femme qui ne le sortait jamais.

(à suivre…)

 

©Necrolumbo by Necromongers

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Petit traité à caractère unilatéral de mon indispensable désintérêt général (IV).

Toute ma sympathie va aux conspirateurs et aux complotistes. Nous vivons une époque où l’économie de l’originalité ne fait pas défaut, et c’est tant mieux.

Loin de moi de faillir à l’idée d’affoler les populations sur leur devenir, mais en l’état, il m’apparaîtrait indélicat de vous trouver une quelconque marge de déresponsabilisation. Il faut je crois garder mesure de notre temps passé à avoir tout accepté sans rien y faire. Et quand bien même les combats se sont tenus pour certains, il semble évident que ceux-ci ne ressemblent pas à la guerre que nous aurions dû mener.

Nous en sommes au point où l’amélioration de nos conditions de vies est comme participativement bloquée. Et je ne voudrais pas participer activement à l’élaboration d’une motion de censure de la quadrature du net. Mais, dans la notion de ce que nous appelons à devenir, il y a l’idée de maîtriser un temps soit peu le futur… si je n’aimais pas l’humour je vous dirais que c’est pathétique.

Je ne sais pas quoi faire de votre optimisme fétichiste, de votre raison de garder le meilleur, quand le pire est assis chez vous, sur votre canapé. Malheureusement, je ne peux même pas en discuter avec ma femme sans perdre tout crédit de pouvoir utiliser cet instrument lascif sur lequel on s’échoue.

Vous voudriez sans doute que ce monde soit simple et limpide. Oh oui, moi aussi, j’aimerais vraiment qu’une telle option soit possible. J’ai toujours rêvé d’une telle opportunité. J’ai souvent préféré imaginer un champ des possibles totalement féerique, fantastique et fantaisiste, depuis l’enfance. Mais ça n’est pas ce qui est arrivé.

Le réel est moche. La réalité est une claque dans la gueule. Le vécu est différent selon chacun, mais, ce qui nous arrive à tous est une donnée qui ne peut s’échapper de notre cursus élémentaire collectif. Nous sommes déjà des pantins, si nous ôtons cette information clef de notre domaine d’expertise personnel, nous serons des inutiles jusqu’à la fin des temps.

Tout mon drame est là, ne pas arriver à rester positif, car, en tout point, cela ne me concerne pas. Je suis irrémédiablement opposé à son sémantisme blafard et persécuteur devant l’impossible, et catégoriquement horrifié par son spéculatif enchanteur déplacé et irraisonné.

Pour autant, je reste dans l’humain et l’aide dans ma profession. Le paradoxe n’est jamais celui qu’on prétend être, il est toujours celui qu’on ne pense pas pouvoir servir. Je suis profondément humaniste, pour ceux qui le méritent. Pour les autres, je planifie un bûcher céleste qui purifierai la planète de leur absence justifiée… j’espère que vous ne comptiez pas trop sur moi.

Les gens sont généralement idiots. Dites leur de croire un truc et de voter un machin, et le tour est joué. Pour le reste, ils laissent facilement le monde courir à sa perte sans vouloir ou pouvoir y faire grand-chose. Et c’est vrai que d’une certaine façon, ils n’y peuvent rien. Enfin, sauf si prendre en compte que voter massivement pour le candidat que les médias mettent en avant systématiquement est un élément suffisamment recevable.

Le temps ne fait rien à l’affaire, jamais.

 

©Necromongers

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