Archives pour la catégorie Poésie

Ni feu ni fête.

Sons d’or me sont

Quelquefois oubliés

La pluie n’arrive qu’aux vents

Il faut trancher les quotas.

 

Fruits sacrés sans limite

La tanière des âges nacrés

Sur l’oraison des attributs

Un orage les a fait naître.

 

L’odeur ne fait se fendre

On ploie sans conteste les idioties

Ne mélangeons pas tout ce qu’on sait

Le monde plierait sans confort.

 

Tranquille, docile, sans paraben

Faut pas croire quand on est pas sûr

Et puis d’abord on lève le camp

On part vite quand on se sait fragile.

 

Pour paraître on est mieux qu’en vrai

Il faudrait disparaître pour faire semblant d’être là

J’imagine sans fard que l’autre est

Pendant que sans fioriture on s’efface pour de faux.

 

©Necromongers

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Acide Désoxyribo Nucléique

Au cœur de la matrice

Dans les espaces ondulés

Nous confinons nos sueurs.

Arrangements préalables sédentaires

Diminuant nos pertes communes

Nidifiant par erreur de savants calculs.

Action, réaction, proportion

Dissidence, cadence, émergence

Noctambule, préambule, opercule.

Aliénation providentielle sulfurisée

Dommages séquentiels dépressurisés

Nomenclature et autre format imprévu.

Au sol, nos plates effusions

Dictature forcenée de nos illusions

Nasillarde déviance de nos composés.

Allègement chimique mental

Divination des caractéristiques

Nodule prénatal ankylosant.

Adoration sauvage des molécules

Dandysme des fractions aléatoires

Niveau des enzymes en contagion.

Amalgame de prêteur sur gage

Dosé en filigrane liquide

Nettoyant en profondeur à l’arme bactériologique.

Assurément, nous sommes en perfusion

Dorénavant, nous contrôlons le mal

Nous étions naturels, nous serons nucléiques.

©Necromongers

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Polyamide moutarde Ξ poésie consumériste Ξ

Y’a tellement de trucs beaucoup plus importants que le nylon soleil sur les rond-points.
Chais pas moi, le désert de la vie, la poussière de l’amiante solitaire qui s’efface au loin.
Le rosé du matin, la glace à piler sur vos pare-brise, les questions qui nous donnent à moudre du foin.
Les savantes diatribes énuclées de nos dérives, précipitées par la sécheresse du RSA sans fin…

Y’a tellement de choses beaucoup plus essentielles que le plastique canari.
Les gravas de l’inconditionnelle patrie, la farce théorique de nos séances tenantes à vie.
Les kilomètres à s’enfiler du bilan carbone, les épreuves résilientes des 1000 porcheries.
La faculté sans limite de chacun, à conditionner la capitalisation de nos services au bénévolat soumis.

Y’a tellement de machins nettement plus capitaux que le polyamide moutarde.
Des rangées de turbulences anonymes qui s’agrippent à la dernière génération du hard.
Des flopées d’enzymes bouffonnes en léger détachement craintif militant par mégarde.
Une simili suffisance identitaire qui perdure au tréfonds de nos cavernes bouffardes.

Y’a tellement d’évidences plus majoritaires que les cardigans citron.
La montée des eaux placides et généreuses, comme une folie meurtrière en canots gonflés bidons.
Les tentacules vivipares d’un océan de bouteilles, l’accalmie raisonnée des collégiales de béton.
Une force incalculable, une poussée majuscule des énergies fossiles en carton.

©Necromongers

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Ventricule Visagiste Vacillant

L’abîme qui nous habite, abrite la rime qui nous effrite.
Sort saluée solennellement, salubre salmonelle sous sacerdoce qui sent.
Jamais ne tenir rigueur à l’heure, leur aigreur jacte à jalon sans heurt.
Délivrance de déraison décalée, doucette doctrine délivrée.

Joie joliment juxtaposée, jargon gentiment jalonné.
Procédure fatigable par floraison, farandole perméable à foison.
Luxure laxiste laconique, léthargique et langoureusement laïque.
Action platoniquement arriviste, accès potentiellement activiste.

Caractère carrément cautérisé, cancérigène coriace caractérisé.
Ondulation d’idolâtres ordinaires, ossements intrinsèques d’ovaires.
Banderole bodybuildé balbutiante, banqueroute badigeonnée béante.
Tentative tonitruante accentuée, accumulation tentaculaire tétanisée.

©Necromongers

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300 K a Poetry Anthology… et du moi dedans.

300K A Poetry Anthology about the Human Race.

Une anthologie de poésie sur l’espèce humaine. French-speaking and English-speaking poets from the 21st century meet in this incredible anthology that wants itself to be another stone on the suicidal path sapiens took 300.000.

Des poètes francophones et anglophones du 21ème siècle se croisent dans cette superbe anthologie qui se veut une autre pierre sur le chemin destructeur que sapiens a pris il y a 300000 ans.

Nos origines sont encore obscures bien que pas totalement inconnues. De nouvelles découvertes au Maroc ont repoussé notre présence sur Terre de 200 000 à plus de 300 000 ans. Oui, nous sommes là depuis aussi longtemps et cela n’est pourtant qu’un saut de puce à l’échelle des autres choses vivantes ou non qui nous ont précédés et sont encore là ou que nous avons lentement mais sûrement anéanties ou défigurées pour toujours. Vous pouvez aussi vous référer aux livres d’Elizabeth Kolbert La sixième extinction (surtout son introduction) ou de Yuval Noah Harari Une brève histoire de l’humanité.

Sommes-nous condamnés ? Je suis quelqu’un de pessimiste et ma réponse très personnelle est oui. C’est pour cette raison que j’ai souhaité publier cette anthologie comme une marque, un signe, une trace de notre – le votre et le mien – passage sur Terre. Pensez aux pétroglyphes, aux peintures rupestres, les artefacts, toutes ces traces laissées ici et là partout dans le monde. Plutôt que des traces de produits chimiques, d’hydrocarbures, de particules de plastique, de canettes de soda, de bidons d’essence, de morceaux de cellules photovoltaïques, faites de silice, que personne ne sait encore vraiment comment recycler, de déchets de téléphones mobiles, de bouts d’ordinateurs portables… pourquoi ne pas plutôt laisser un livre de poésie qui se perdra certainement lui aussi dans l’oubli comme tant d’autres livres ou objets avant lui mais que quelque descendant de la race humaine, une intelligence artificielle mobile et consciente d’elle-même, ou une civilisation extra-terrestre redécouvrira peut-être dans, disons, 300 000 ans, qui sait ?

Peut-être que la réponse à la question ci-dessus est « non » et que vous êtes plus optimistes et ébahis au sujet d’homo sapiens. En effet, nous avons tenu tout ce temps et avons aussi accompli des choses merveilleuses : des pyramides ou des monuments gigantesques à travers le monde, des inventions, des découvertes scientifiques, des courants de pensées, des conquêtes sociales pour le bien et la grandeur de l’Humanité. Vous avez peut-être voulu voir en l’Humain son côté le plus positif et égayerez ainsi cette anthologie si vous êtes aussi optimistes que je suis pessimiste.

Walter Ruhlmann

 

Le lien du PDF pour lire le machin: 

https://mail.google.com/mail/u/0?ui=2&ik=eda94234d5&attid=0.1&permmsgid=msg-f:1614863758607941470&th=16692608547a7f5e&view=att&disp=inline

Le lien du site Lulu pour le commander en papier si ça vous tente:

http://www.lulu.com/shop/walter-ruhlmann/300k-une-anthologie-de-po%C3%A9sie-sur-lesp%C3%A8ce-humainea-poetry-anthology-about-the-human-race/paperback/product-23842476.html

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Cœur de comptine

Joli cœur je t’envoie des fleurs

Mais prends garde, je fais aussi dans le malheur.

Il faut des bras et des jambes

Personne n’est vraiment à l’aise quand ça flambe.

 

Mon petit cœur j’ai des cris, des douleurs

Faut-il que j’emploie en direct les aigreurs ?

Je ne saurais commettre l’irréparable

Tant et si bien que la vie est une fable.

 

Mon petit amour je t’aime toujours en secret

Ne t’occupes pas de ceux qui font circuler des quolibets.

Si l’on fait fi des colportages sans fin

On récolte une petite rosée chaque matin.

 

Mon petit canard des îles j’ai préparé les préliminaires

Il suffit d’appuyer sur un petit bouton pour ce faire.

Tout s’illumine et le monde reste derrière nous

On ne fait pas semblant et on s’écorche les joues de bisous.

 

Mon petit avion de chasse que j’aime tant

On voudrait sûrement me faire dire que je mens.

Que mes idées sont misogynes et sexistes

tu te rends compte des petits drapeaux qui existent ?

 

J’ai décidé que je t’aimais envers et contre tous

Ça leur fera une belle jambe à la place de ce qui pousse mousse.

Sinon dans quel élan l’amour aurait-il un frein ?

C’est pour toujours une alliance, une forme de petit larcin.

 

On peut être heureux même sans savoir pourquoi

Si ce n’est pas maintenant ce sera forcément pour une autre fois.

La vie ne pardonne pas le flux qu’elle balance

Les mouches grillent quand-même sous les lampes en avance.

©Necromongers

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Tentative désamorcée d’un pétard mouillé.

Ne partez pas j’ai l’addition.

Quelques ronds de chapeaux à défrayer .

Niveau zéro, très terre à terre,

Pas d’ambitions, juste la misère.

Chacun paye sa part ou on fait un pot commun ?

Le prix est le même sans ambiguïté.

On peut tous mourir avec la charité,

La plaie du monde, ça et la virginité.

Des fois je me dis « on pleure pour rien c’était couru ».

Et puis d’envie, on meurt en lien par notre vécu.

Quelle merde après, pour trier les événements,

Une sombre affaire, les gens n’achètent que ce qui les perd.

Le vide

La toile cirée des décisions,

Le pouvoir

L’idée qu’en somme c’est nous les cons.

L’instant d’après, j’étais déjà ailleurs.

On s’en fout des progrès, l’humain sait reculer.

L’invention de la liberté nous effleure,

C’est comme un boa qui a une crise d’aérophagie.

La crise

La fausse humeur du hashtag qui dégueule,

L’abolition

Du petit peuple qui saigne, pas des privilèges.

Une odeur, un soupçon parfumé de fleurs fanées.

Une étuve dans un flacon, qui s’égoutte en glissant.

Un champ qui pleure dans la brume,

C’est un voile de tristesse, un fantôme vivant.

Nos démons sont capricieux

Enfermés dans des molécules

Ils se distillent aux plus offrants…

Et s’effondrent en nous mourant.

©Necromongers

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Réquisitoire pour la peine de vie

Songe

Songe un instant

Tes épaules sont lourdes

Tes paupières te trompent avec l’ennui

Ton postérieur durci par l’attente.

Ronge

Ronge en rampant

Tes oreilles sont sourdes

Tes pupilles se dilatent avec mépris

Tes membres inférieurs saisis par la pente.

Regarde au loin le temps qui a vécu

De part et d’autres sans report,

On freine facilement quand on se sait vu

Les bienveillants marchent sur leurs morts.

Plonge

Plonge en respirant

Ta confiance est aveugle

L’espace que tu occupes est déjà employé

La mer a noyé tous les mystères du sel.

Éponge

Éponge en sifflotant

La concurrence se beugle

Comme une infirmière répare son dernier dilapidé

La courbe du tracé de ta vie s’écrit sans elle.

Surveille maintenant la force de tes bras ténus

D’est en ouest depuis dehors,

Aucune gloire ne s’affiche qu’on n’est tenu

Sourire est toujours un immense effort.

©Necromongers

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Les pluies qui parlent aux vents (II)

Tomber aux premiers clapotis des devantures

Sur une larme sans vergogne,

Le pli des agencements du temps qui passe

Ondule en ressort sur le tempo du vide.

 

On gigote, on besogne

On prie pour ne pas revivre le futur,

Sans crier gare, alerte au bide

La vie surprend quoi qu’on fasse.

 

Nul n’est parfait, même les enjoliveurs

Les secousses narguent nos fragiles certitudes,

Les trajets ne sont pas toujours des raccourcis

On freine souvent avec le vent dans le dos.

 

Avec nos applications d’inexactitudes

Torse-nus devant nos jolis serveurs,

Faire des anchoïades de niveau zéro

Et courir en tremblant les genoux farcis.

 

Et même, même si devant nos yeux nous sommes troubles

Qu’en dehors de leur vision nous sommes pauvres,

Des couleuvres somnambules virevoltent

Les lieux que nous connaissons s’évaporent.

 

Rien de ce que nous vivons n’est guimauve

On titube aussi bien avec rien que double,

L’idiot du village tourne à la mandragore

Le feu qui tient les gens vise la révolte.

 

©Necromongers

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