Archives pour la catégorie Poésie

Poèmes vacanciers (1)

L’arrivée…

 

Odeurs marines,

Première partie du ressac unanime.

 

Senteurs salées,

Galbe écumé par entrelacement rythmé.

 

Les pieds dans l’eau,

Caresse plantaire d’un vague renouveau.

 

Les yeux dans l’eau,

Seul sur la plage pour recenser les bigorneaux.

 

Soleil rosé,

Lumière blafarde qui sent bon l’apéro du coucher.

 

Mer douteuse,

Trop calme et trop plate pour être heureuse.

 

Déchets onctueux,

Flotteurs savants d’un monde encore désireux.

 

Les enfants jouent,

Les galets s’en prennent plein la gueule, ça les secoue.

 

Les adultes font la moue,

Ils se demandent si l’avenir est entre les genoux.

 

Le soleil tranche,

L’idée de tergiverser serait un UV sans manches.

 

Les bateaux voguent,

Comme la diarrhée sur le SMECTA des gogues.

 

Demain le jour,

Il parait qu’il fait mieux que le simple amour.

 

©Necromongers

(photo: moi-même)

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Les paradigmes d’encre (ZÊTA)

A la tombée de la nuit je me rends compte

Qu’il n’y a aucun anneau à mon annulaire,

Et pourtant des belles histoires je m’en raconte

Je les liste, récite, déclame, énumère.

 

Le feu n’est pas toujours là où on l’attend

Combien de mèches encore à éteindre,

Histoire d’en raconter, d’en redire et de faire des plans

Pour ne plus jamais penser qu’à s’étreindre.

 

Se rassembler sur une toile, se dépeindre

Comme des amoureux frileux ou téméraires,

Ne sachant plus quel océan prendre, quel itinéraire

Et s’aimer, sans doute, s’élancer, se rejoindre.

 

Exploser ses viscères, connaître l’émotion transparente

Se donner, pour vivre, se livrer, pour être,

Eviter de réveiller le sommeil de la pente

Laisser libre cours à la vérité de paraître.

 

Se laisser bercer par une passion dévorante

Qui nous enflamme au fond et qui nous consume,

Elle peut être discrète, légère ou perforante

Nous marteler l’intérieur comme une enclume.

 

Plus d’ogive nucléaire, seulement le vent des intentions

Plus d’instance salutaire, juste des miroirs solaires,

Le sable sous les pieds, le cœur en action

Le palpitant en attaché-case, les stocks émotions en affaires.

 

Les icebergs guettent dans chaque coin de nos corps

Brûlant de désir ardent, comme des garde-fous,

Mais on déversera notre verve de tout notre saoul

Boire et ingurgiter de la mandragore.

 

Inutile d’entreprendre sans pourparler, aimer sans guerre

Reprendre l’amour en otage libre, les fleurs au chargeur,

Tuer le don de soi, se donner sans ses paires

Ignorer qu’il faut vivre une dernière fois, et prier la rancœur.

 

Se mettre à genoux devant l’infidélité

Souffrir, s’éparpiller l’âme en peine,

Disperser façon puzzle les déveines

Sentimentales ou amoureuses du sort jeté.

 

Parfaire pour ne durer que le temps nécessaire

S’en faire pour n’exister qu’une petite vague,

S’imaginer défaire, et s’aimer d’adultères

Se prendre l’intégral de sa vie en flag.

 

©Richard Kuran & ©Necromongers

Objectif tronqué

Dimensions multiples

Cœur désarçonné

Odeur liquéfiée

Pour une armée mentale enclavée.

 

J’ai l’honneur de ne rien vous annoncer,

De laisser libre votre champ d’investigation.

J’ai l’immense plaisir de vous laisser mûrir,

Promettre à qui veut un monde qui transpire.

 

Salaisons différentielles

Objectifs catalogués

Conducteur mégalo

Arrivée saturée au centre de l’univers.

 

Tournez à gauche après la direction opposée,

Prenez en face vers les sens indiqués.

Patientez aux impatiences avant de revirer,

Puis, prenez à droite toute pour terminer.

 

Logez à l’enseigne

Restez zen

Attendez votre tour

Ne cherchez pas à faire la différence.

 

Si vous comptiez réfléchir, c’était un autre programme.

Veuillez reconfigurer la nécessité de le faire…

 

©Necromongers

 

Chèvre un jour…

La chèvre est un mouton de panurge qui tourne en rond.

Elle est modulable, parce qu’elle ne veut pas s’embrouter avec l’essentiel.

L’herbe est à tout le monde mais certains brins ont de l’importance,

Même les ronces savent faire la différence.

Alors la chèvre fait sa promenade, tant que l’air est appréciable.

Elle se rebelle souvent, mais tourne sur son caillou en serrant les dents.

Après tout, protéger ses arrières ne sert qu’à prétendre théoriser quelque chose d’autre.

J’en veux à l’herbe tendre, aux pouces fragiles,

Au climat changeant, à la prime de risque.

Concéder ce que l’on gère pour immuniser ce que l‘on aime,

Quelle règle peut légitimer l’idée qu’elle reste une atmosphère ?

J’en vis, j’en parle et j’en écluse la réflexion.

Chèvre un jour, chèvre toujours ?

 

©Necromongers

J’ai rêvé d’être En Marche…

Au courant de qui, au courant de quoi

Laisse le béton mourir dans ses kilos d’émois.

J’ai parlé à des gens qui n’existent pas

J’ai entendu les doléances du peuple fantôme.

 

La liqueur des maux fatigue la bouche

Les ancêtres nouveaux fondent sous la douche.

Le ciel ne grisaille pas pour semer à la louche

Quelques histoires vieilles depuis qu’elles sont nées.

 

On pourrait courir en jouant aux petits chevaux

S’agripper en pleurant aux barques pour de faux.

Se mettre à chanter en hurlant ses défauts

Comme un hymne à la joie qui sonnerait mauvais.

 

J’envois dès demain une troupe de « sauve-situation »

Pour gérer les débats des « faites-attention ».

Plus de limites, un trône pour chaque occupation

Un ministère du presque parfait et de la tarte à l’envers.

 

Merde à celui qui le lira…

©Necromongers

Ô ouiiiiiii, bloque moi!

Ô oui.

Ô oui signale moi.

Ô ouiiiiiii.

Signale moi.

Clic moi très fort.

Presse violemment ton index.

Ne prends pas le temps de caresser la touche.

Fait toi le saigneur de mon fil.

Bloque moi, fait moi mal.

Ô oui, bloque moi.

Dans un coin de ton wall.

Fait moi la morale.

Ô oui.

Ô ouiiiii.

Fait moi la morale.

Suspends moi par inadvertance.

Rends moi inexistant.

Ô ouiiii.

Fait moi disparaître un jour, toujours.

Je te regarde saliver, vilain bloqueur.

Tu bandes ? Ton cœur bat plus vite ?

Ta braguette est dure.

Ton membre s’ankylose d’excitation.

 Tes orbites devenus trop petits.

Tes yeux ronds et dilatés.

Bloque moi.

Oui, derrière ton écran, bloque moi.

Je suis tout nu au bout de ton doigt.

Je le sens bien fort.

C’est ton majeur maintenant ?

Vilain bloqueur.

Mets-y ton pantalon.

Tout ton cœur du milieu.

Ton cerveau se dilate.

Le méat coule à flot.

Tu jouis.

Ô ouiiiii.

Tu jouis.

J’ai bien aimé.

Toi aussi ?

A bientôt joli cœur.

Fais moi signe.

Je serai toujours là.

Dans un coin, à genoux, à t’attendre.

J’ai déjà des images pour t’agacer.

Te faire grossir la morale.

T’énerver la veine cave.

Tu peux compter sur moi.

J’aime ça.

Je suis une saleweb.

Comme tu aimes.

Je te ferai dégorger l’index.

Remuer la braguette.

Bisous.

 

©Necromongers

 

 

Petit panier bio cherche noyé

Je n’ai plus rien à attendre du temps.

Morcelé, immature et volontairement piétinant,

En tout point soluble et malhabile.

Préférant les expressos en terrasse en se regardant passer.

Inutile, servile, volubile et noctambule.

Je n’ai pas celui dont il dispose pour m’amuser,

Ni maintenant, ni plus tard, pas plus qu’hier.

Mon cher ami, je t’emmerde toi et ton panier garni.

Je te saurais gré de passer ton chemin,

Tant que tu n’auras pas grandi d’intéressement.

Ton véhicule me gène, en double file tu nous exaspères.

Avec tes produits frais et ton sourire narquois.

Tout cela m’indispose, tes moyens indigents,

Ton consortium belligérant, tes adultères légumiers,

Tes rancoeurs biologiques, le lait qui boue sans toi.

J’en ai des aigreurs et des mucosités buccales,

L’essence reste chère mais mène notre capitalisme.

Je voudrais que cela s’arrête, et meurt avec nous.

Ne plus jamais compter que sur l’absence de ceux qui savent tout.

Noyez-vous les uns les autres, et disparaissons enfin.

 

©Necromongers

Les paradigmes d’encre (EPSILON)

Courir sans regarder devant soi

Mourir sans vivre derrière les autres,

Vouloir vivre, revivre, vivre encore et recommencer

Ne plus savoir s’arrêter, en redemander,

Recourir à savoir comment survivre.

 

Sprinter dans les steppes comme un nomade

Regarder, la vie et la mort comme un shaman,

Rentrer dans l’existence et en sortir

En sortir et y entrer, en sortir et en fuir,

Idéaliser le passé et vivre le futur

Se débarrasser du présent et écourter le silence.

 

Marquer une pause, pour reconnaître le temps

Allumer l’instant, poser ses limites,

Concentrer l’éternité sur une unité de valeur parallèle

Observer le flux volatile des énergies,

Consumer ses présages et augmenter le hasard.

 

Les augures piégés dans des constantes physiques

Immortalités, immoralités des unités perpendiculaires,

Repousser les frontières, éteindre les perpétuités

Fixer les règles, dérégler les flux fixes,

Nouer, sceller, attacher, cheviller

Ancrer nos champs d’inductions.

 

Prendre son élan, s’élancer à perte de vue

Survoler l’atmosphère et reprendre son souffle,

Nager la bouche ouverte dans les nuages

S’enfoncer doucement au milieu des rêves cotonneux,

Légiférer une fois encore sur la forme et le fond.

 

Passer des lames de fond à certaines visites de formes

Informes constantes, sans vague, et tellement divaguent,

Se noyer la bouche fermée dans un saut collapsar

Ne plus penser en solitaire mais comme un millier de données

Séparées par la vacuité de l’être humain qui se fixe une distance.

 

Ne plus croire pour arriver à continuer sans filtre

Egorger la pudeur d’arriver à se retrouver pour ou contre,

Sans jamais être certain de divulguer son halo d’invisibilité

Avancer entre les bulles des autres, sans toucher leur intimité,

Séjourner plus que d’un possible sans pleurer pour de vrai

L’intérieur rien que pour soi, l’extérieur pour les alpha.

 

Les Beta qui dictent les règles métaphysiques de Lavoisier

Tout relativiser pour des trous de verre intemporels, intentionnels,

Prend un sens et son contraire. Suivre son contraire puis son opposé

Etre d’accord en contradiction des contrastes qui nous guettent,

L’inverse de la contrepartie, en opposition avec la négation de l’univers

Vibrer et secouer à la cadence des atomes,

Qui nous séparent du vide de nos vies.

 

©Necromongers & ©Richard Kuran

 

 

 

 

Les paradigmes d’encre (DELTA)

S’échouer sur le long des rives

C’est comme remonter les flots du vin,

Jusqu’à la branche du raisin

Qui lui donne son goût si sucré,

Les soirs où l’on demande à voir Léthé.

 

Se laisser partir en divaguant

Comme une amphore secrètement amoureuse,

Bercé par l’onguent des parfums divins

Arrosé pieds à la berge, à écouler l’eau,

En pensant des demains d’hier.

 

Regarder l’heure

Regarder les minutes

Regarder les secondes.

Les seules secondes suspendues au-dessus de nos vies

Ces vies cherchant sans cesse des rapides,

Pour s’y enfoncer, s’écouler et nous secouer

Comme de simples navires marchands dans la tempête.

 

Le soleil s’attarder

Le ciel disparaître

La lune s’éveiller.

Les lumières étiolant la nuit nous regardant

Syncope qui fait briller nos yeux chancelants,

Pour s’en délecter, s’abreuver et nous rassasier

Comme un canot ivre dans la brume mielleuse.

 

Pourquoi ne pas s’enivrer de cette brume

Aimer cette brume

Se reposer dans cette brume

S’évaporer dans cette brume.

Que l’on puisse enfin retrouver les confluents mystiques

Qui un jour ont guidé nos pères,

Ces pères dont on se souvient à peine du nom,

Ce nom qu’ils nous on légué comme une racine au bord de l’eau

Que l’on cueillera quand on sera à maturation.

 

Ne plus avoir à rêver des méfaits du fleuve de l’oubli

Couler de source

Boire sa bourse jusqu’à l’écume

Forcer le monde à nous attendre.

Que nos semblables puissent réveiller leurs méandres idylliques

Que nous sachions encore qui nous sommes,

Ce temps qui compte sans nous,

Par delà les époques incertaines qui nous attendent au bord de l’eau

Sans prétendre à jamais, savoir de quoi l’ivresse sera faite.

 

©Richard Kuran & ©Necromongers

 

 

 

Les paradigmes d’encre (GAMMA)

Solutions d’entraves aux envies d’avancer

Porte énoncée des grandes évolutions.

On se vit par besoin d’exister

D’énergie en barrière de dévotion.

 

De soldats aux mouvements sous iode

Aux assemblées citoyennes démantelées.

Cherchant en vain dans leur demi vie

Un soupçon évanoui de prolifération.

 

Mais la faiblesse est mère de toute chose

Entame et grignote le gigot dominical.

Dans les foyers de la dernière osmose

Les invisibles ne sont jamais irresponsables.

 

Quand il s’agit de faire des essais

De contrôle des pensées par kilotonnes.

Mieux vaut se noyer dans un atoll

Pour pouvoir bétonner les fissures.

 

Le choc est un atome agité

Une marmite qui gronde sous le compte à rebours.

Un glaive rutilant et aiguisé

Un marasme de neutrons qui surgissent alentours.

 

Fera t-on une monstrueuse fission

Sous l’hypothèse d’un quelconque enrichissement ?

Qui au fond de la bouche des gens

Ne paraîtra pas comme une odieuse contamination.

 

L’énorme danger se traîne à nos pieds

Comme une vérole sans protection.

Un fléau sans toit ni loi

A la merci de chaque index tendu.

 

Avec un haut niveau de criticité

On atteint des eaux et mers lourdes.

Qui entrent en résonance avec des cerveaux effacés

Donnant à Oppenheimer une aura sourde.

 

Les regards se font sans se voir

Les décisions se prennent sans se peser.

L’ère de la géopolitique donne le son

Le mur du ton, qui laisse peu de choses à la détonation.

 

Glaciale Hiroshima passant devant nos yeux

Effaçant tout dans un étrange rayonnement.

Mettant un terme à la vie des dieux

Pour demain préparer un nouvel avènement.

 

©Necromongers & ©Richard Kuran