Archives pour la catégorie Poésie

Poème exagéré (5)

On fait des alouettes au pied du plancher

Volant à l’envers sans sourciller,

Des actions Carambar pour mieux rigoler

Mêlant encore son tordant à mastiquer.

 

Le soleil n’arrête jamais de briller

Même quand il pleut des vaches qui rient,

L’herbe fait semblant de pousser

Pour les tondeuses en fin de droit qui prient.

 

Les chats dorment même la nuit

Si bien que le jour ne sait plus quoi illuminer,

Les mulots aimeraient sortir manger

Sans finir carpette au pied du lit.

 

Le vent n’a rien inventé d’original

Mélangeant nos mèches sur son piédestal,

A peine quelques bourrasques d’Epinal

Des yeux qui pleurent un peu bancals.

 

Laissons nos goulags personnels s’enliser

On peut aussi les tartiner lentement,

Gaffe à ne pas choisir une biscotte ébréchée

La mélasse qui casse c’est légèrement chiant.

 

On se regardera en chien de faïence

Prêt à se recoller la mémoire,

En brocante, vide grenier ou dans une foire

Nos vies en puzzle sans aucune patience.

 

©Necromongers

_ DÉSIMAGINER _

Et puis merde quoi à la fin

Quelle importance après tout ?

On voudrait des canons de la poésie

Des volutes de la beauté des mots.

 

Montrez-nous le chemin des bois jolis

L’exercice manque au siècle.

Tout refaire comme avant

N’en déplaise, ne sonne plus comme maintenant.

 

N’imaginez rien, pour quoi à la fin ?

A trouver des arnaques à l’astuce,

Des théories qui ne servent personne,

Des breloques qui embellissent le faux.

 

Changeons d’avenir, restons stable.

Modulons le passé, éteignons la vie.

Perturbons le présent, ne faisons rien.

Recomposons le temps, exerçons-nous à mieux.

 

A mille lieux de défaire, il faut des « faire ».

A mille lieux d’encourager, il faut en cours « rager ».

A mille lieux de prédire, il faut de près « dire ».

A mille lieux d’imaginer, il faut des images « innées ».

©Necromongers

Dans les champs d’horizons…

Qui peut savoir

Qui ne saura jamais

Qui rêverait de savoir

Qui ne voudra jamais savoir

Qui rêverait d’avoir le choix…

 

Nous sommes bousculés

Happés, remués, contorsionnés

Nous sommes une illusion

Nappés d’angoisse jouissive…

 

Monumentalement en dérive

Catapultés par le besoin

Mécaniquement compulsifs

Les cadavres d’un jardin fleuri…

 

Les champs de brouillards

Inoculant les bulles d’air

Tournent en s’égouttant

Virevoltent, chantent et explosent

Eclaboussant la lumière de brume.

 

Nous sommes des nuages prospères

Une fumée nocive pleine de couleurs

Des hélicoptères de pétales ondulés

Déchirés par le vent de nos vies

Inconscients, percutés par notre fatalité.

 

Irons-nous jusqu’au bout

Irons-nous plus loin

Irons-nous enfin mieux

Irons-nous quelque part…

 

Le soleil me manque déjà

Quand il fait vivre le jour

Au milieu des branches d’un bois

A travers les hautes herbes.

 

La lune continue à épouser la nuit

Nous sommes une écurie d’étoiles

Formés pour mourir en plein jour

Les feux d’artifices ne se rencontrent pas.

 

©Necromongers

Et puis tous les jours sont obscènes…

Et puis les jours nous mentent

Ils font des tours pour rien,

Pire que l’invention de la tente

Qui se déplie en un tour de main.

 

Tous les idiots sont à l’intérieur de nous

A se lancer des défis,

Ça se fait des bises aux joues

Ça pleure, ça crie, ça rit.

 

On se regarde avec de drôles d’yeux

Comme des dimanches qui tombent un férié,

Comme un jour de vote quand il pleut

Et qu’on n’a procuré personne pour mentir avec fierté.

 

C’est le syndrome du qui mieux mieux

Sans se retourner pour faire factice,

On oublie même qu’on sera vieux

Les jeunes nous foutront dans les hospices.

 

De venir aveugle et consommer

Se cuire un œuf sur le dos du monde,

Eviter de se sentir concerné

La vérité pourrait devenir une fronde.

 

Dehors les gens pleurent et se saignent

Ils n’ont rien trouvé de mieux pour que cela se voit,

Pendant que les cartes des crédits violent sans contact les enseignes

Les derniers valides s’enrichissent là où les autres se noient.

 

Et puis on regarde plus loin quand on n’y voit rien de près

Les flous s’oublient presque partout,

L’ambition c’est la guerre du lait UHT

Nos amis pour la vie finissent moisis chez Justin Bridou.

 

Aux armes et cætera… mon cul sur un abîme

Allons enfants… mes couilles sur la table,

Et l’isoloir jouera son rôle habituel d’estime

Sans les mains à l’urinoir les yeux dans l’étable.

 

Pardonnez-moi quelques mots gros

Comme la vie est quelquefois indélicate,

Les guillemets entre parenthèses sont des salauds

Exploitants à fort taux la délivrance de nos actes.

 

Et puis les gens nous mentent

Ils font l’amour pour rien,

Pire que des vérités démentes

Qui se multiplient en deux tours, demain.

©Necromongers

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Avec deux mains on ne va pas plus loin

Une heure chaque jour pour un jour chaque heure,

Une éternité pour y réfléchir.

Deux doigts pour rien en plusieurs fois pour une poignée de demains,

Quelques embrassades pour se questionner.

Trois choses seulement pour des émois sans raison,

Subir le temps et attendre son verdict.

Quatre à quatre sans se retourner pour comprendre,

Longer le fleuve pour reprendre son souffle.

Cinq fois le tour du pâté de maison pour vérifier,

Comme un seul homme apeuré.

Six coups tirés en l’air pour vider le chargeur,

Sommations sans précédent pour apprendre à se noyer.

Sept vies consumées en n’ayant l’air de rien,

Pour briser l’anathème d’une éternité au rabais.

Huit calmants pour endiguer la fatigue accumulée,

S’endormir éveillé et se contempler en flottant.

Neuf chats plus tard à se caresser le désir idolâtre,

La moisson du poil soyeux aux avant-postes.

Dix sur dix à la rédemption de soi-même pour la communauté invisible,

Finir en brochette sans Totem d’immunité, et rendre la monnaie.

 

©Necromongers

(photo by Necromongers)

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Quand est-ce qu’on fait quoi?

On est sensé partir en fumée quand ?

Non parce que j’ai l’âtre qui s’embrase.

J’aurais aimé réussir ma vie avant,

Juste pour dire « j’étais en phase ».

 

Ce n’est pas de bol que tout aille aussi vite,

Même pas le temps de fermer le gaz pour les générations futures.

On ne pourra pas dire qu’on n’a pas eu de visites,

C’était plein tous les dimanche jusqu’aux encablures.

 

Adieu les paradigmes de noctambules.

Au revoir les derniers vestiges vieillissants.

Le plaisir était pour les gens dans leur bulle,

La vie n’a fait d’eux qu’un germe exfoliant.

 

On s’en fout des urnes, ce qu’on veut c’est maintenant !

Voter pour décider plus tard c’est du passé,

Vivre avant d’anticiper, ne plus être suppléant.

Manger, boire, dormir, baiser, dans l’ordre que vous voulez.

 

©Necromongers

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C’est pas nous, on n’était pas vous !

N’enragez rien, sortez vos gonds !

Faites place à l’émotion, existez-là !

Après tout, il faut vivre pour savoir qu’on est con,

Il faut s’éprendre des déraisons jusque-là.

 

On n’est plus rien sans forcer la main.

L’existence est réduite à un salaire,

Le quotidien sent la discorde de demain,

L’avenir sert un futur de mauvaise ère.

 

Bougez-vous ! Plus rien ne nous retient !

Il faut saliver les derniers repas,

Humecter les miettes d’embruns,

Dévorer l’air tant que y’en a.

 

Ne rien laisser, tout consommer !

Le capital doit être épuisé, laminé, englouti,

Que plus personne ne puisse recommencer,

Qu’on construise autre chose dans l’oubli.

 

Ne vous laissez pas faire, plus rien à perdre sinon tout !

On aimerait tant mourir plus vieux,

Avec le choix, des désirs et des rêves flous,

Jusqu’au bout pour aller mieux.

 

N’en faites rien, envoyez tout bouler !

Ce qui compte vraiment c’est d’atmosphériser,

Laisser pour compte les uniformisés,

Changer d’auberge quand le saucisson est au lait.

 

On en revient toujours aux fondamentaux.

La parole n’est libre que quand elle est pensée,

Quand bien même on aurait tort de changer de niveau,

Il est si bas que notre cœur est dans les pieds.

 

Et pour finir un gros gâteau, empiffrez-vous !

On l’a fait avec nos doigts qui travaillent,

Qu’on a sucés ensuite jusqu’au rendez-vous,

Celui qui donne à réfléchir, pour qu’on s’en aille…

 

©Necromongers

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Le damné

Profil ardent d’une gent odieuse et crépusculaire

L’amour fait rage et combat l’affreuse obédience.

 

D’un cri séquestré et époumoné

Le fiel s’ajoute à la peur du mépris,

Oraison d’un vaste complot funèbre

A la fois pléthore et ramassis de débris osseux.

 

Serpentant dans l’âtre marâtre

Un esprit malfaisant saisit l’âme du damné.

Avalant d’une langue impitoyable

Les sens de l’objet profondément visé.

 

A qui plait-il de faire autant de mal

Quand ainsi la vie s’acharne sur autrui ?

Pour autant que l’on sache il était prédit,

Avec une immondice de questions,

Que l’âme du dit condamné était déjà dans l’oubli.

 

©Necromongers

 

(Dessin source inconnue. Si vous savez dites-le moi, je me ferais un plaisir de le créditer)

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Je n’y suis plus

Maintenant je n’ai plus peur.
Le La qui sonnait mes frayeurs n’est plus.
Sa matière s’est transformée, elle n’est plus là.
Son horizon s’est évaporé, je ne le verrai plus.

Ici j’y suis, pour parfaire ma condition.
Ne me demandez plus de retourner là-bas.
J’ai crié si fort que j’en ai perdu la raison.
J’ai dû m’égarer par-delà la frontière.

J’ai perdu par ailleurs le passage qui me menait là,
Celui qui m’ouvrait la dernière porte factice.
Le mystère des lieux, que je ne retrouve pas,
Mesure un temps qui déjà ne m’appartient plus.

Il ne faut pas que je cherche, il ne faut plus.
Si d’ici là je n’ai pas plus d’endroits où aller,
J’irai ailleurs, chercher dans mon cœur.
Les émotions ici-bas n’affectent plus ma raison d’en haut…

…parce que…je n’y suis plus !

©Necromongers

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Il pleut dans ma cheminée

Il pleut dans la cheminée

Des ploucs, des plocs et des fucks au feu.

Il pleure au fond de l’âtre

Des flaques, des flous et des goutte-à-goutte.

 

Mes bûches transpirent comme du foie de veau

Leurs larmes s’émoussent et bouillonnent.

Mes yeux fatiguent de flammes feignantes

C’est quand que l’ciel nous f’ra sourire ?

 

J’emmerde bien fort la poésie de l’eau

Qui inonde mon foyer de sa mise à jour.

En rêvant d’un toit qui ferait barrage

Aux meilleurs entrants qui mouillent la saison.

 

Je ne sais rien faire que regarder

Tomber les crépitements humides.

C’est un doux bruit de feu sans chaleur

Une tromperie, un mensonge, une arnaque rouillée.

 

On aura presque du regret quand la pluie sera sèche

A évider nos idées creuses, nous larmoyant.

On priera de nouveau la boue et les inondations

Croyant mou comme frite qu’on préfère avoir froid.

 

Mais pendant ce temps-là, il bruine chez moi

Le temps dégueulasse fait mieux que derrière les vitres.

Il s’invite à ma table, je lui passe le sel il me souffle le poivre

J’éternue gris, comme un dehors à l’intérieur.

 

Il ne me reste que les vieux torchons pour briller

Quelques braises à essuyer, des cendres à nourrir.

A la prochaine saison je maudirai le beau temps

Lui et sa clique de bobo du printemps.

 

J’espère grandement une atmosphère rancunière

Un fourbi de tornades à pleines bradassées.

Je ne tarie pas d’éloges sur le gel et les dérèglements

De sortes que la pluie soit avec nuages adjuvants.

 

La bonne mornifle à la fin, quelques caillasses

Deux trois mois de repos, pour sécher les carcasses.

Si t’as le nez fin tu sauras, que la pluie n’est pas l’eau

Le chemin est trempé d’avance, ça sent depuis le passé.

 

Et pour finir, pas le moins du pire, un élixir

S’il plait encore sans avertir, j’annonce la fin des soirées chaudes.

Le refroidissement à tous les étages, jusque dans les stères

Le climatosceptisme primaire, la gelée du veto de mes couilles.

 

©Necromongers

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