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Histoire Écourtée 17 (le message) lu par Ron Kusenda.

Je n’ai rien demandé, mais c’est arrivé quand-même.

Merci à Ron Kusenda pour cette lecture, chacun en pensera ce qu’il veut, en revanche ça fait toujours plaisir.

 

Par en-dessous, son blog:

https://ronkusenda.wordpress.com/blog/?fbclid=IwAR0C5bbgRq-UQsDgPLrBHuypPLfgId4G-djP4RngXVgY8wJrp0WeLzgZ3yw

©Necromongers by Ron Kusenda

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Ventricule Visagiste Vacillant

L’abîme qui nous habite, abrite la rime qui nous effrite.
Sort saluée solennellement, salubre salmonelle sous sacerdoce qui sent.
Jamais ne tenir rigueur à l’heure, leur aigreur jacte à jalon sans heurt.
Délivrance de déraison décalée, doucette doctrine délivrée.

Joie joliment juxtaposée, jargon gentiment jalonné.
Procédure fatigable par floraison, farandole perméable à foison.
Luxure laxiste laconique, léthargique et langoureusement laïque.
Action platoniquement arriviste, accès potentiellement activiste.

Caractère carrément cautérisé, cancérigène coriace caractérisé.
Ondulation d’idolâtres ordinaires, ossements intrinsèques d’ovaires.
Banderole bodybuildé balbutiante, banqueroute badigeonnée béante.
Tentative tonitruante accentuée, accumulation tentaculaire tétanisée.

©Necromongers

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300 K a Poetry Anthology… et du moi dedans.

300K A Poetry Anthology about the Human Race.

Une anthologie de poésie sur l’espèce humaine. French-speaking and English-speaking poets from the 21st century meet in this incredible anthology that wants itself to be another stone on the suicidal path sapiens took 300.000.

Des poètes francophones et anglophones du 21ème siècle se croisent dans cette superbe anthologie qui se veut une autre pierre sur le chemin destructeur que sapiens a pris il y a 300000 ans.

Nos origines sont encore obscures bien que pas totalement inconnues. De nouvelles découvertes au Maroc ont repoussé notre présence sur Terre de 200 000 à plus de 300 000 ans. Oui, nous sommes là depuis aussi longtemps et cela n’est pourtant qu’un saut de puce à l’échelle des autres choses vivantes ou non qui nous ont précédés et sont encore là ou que nous avons lentement mais sûrement anéanties ou défigurées pour toujours. Vous pouvez aussi vous référer aux livres d’Elizabeth Kolbert La sixième extinction (surtout son introduction) ou de Yuval Noah Harari Une brève histoire de l’humanité.

Sommes-nous condamnés ? Je suis quelqu’un de pessimiste et ma réponse très personnelle est oui. C’est pour cette raison que j’ai souhaité publier cette anthologie comme une marque, un signe, une trace de notre – le votre et le mien – passage sur Terre. Pensez aux pétroglyphes, aux peintures rupestres, les artefacts, toutes ces traces laissées ici et là partout dans le monde. Plutôt que des traces de produits chimiques, d’hydrocarbures, de particules de plastique, de canettes de soda, de bidons d’essence, de morceaux de cellules photovoltaïques, faites de silice, que personne ne sait encore vraiment comment recycler, de déchets de téléphones mobiles, de bouts d’ordinateurs portables… pourquoi ne pas plutôt laisser un livre de poésie qui se perdra certainement lui aussi dans l’oubli comme tant d’autres livres ou objets avant lui mais que quelque descendant de la race humaine, une intelligence artificielle mobile et consciente d’elle-même, ou une civilisation extra-terrestre redécouvrira peut-être dans, disons, 300 000 ans, qui sait ?

Peut-être que la réponse à la question ci-dessus est « non » et que vous êtes plus optimistes et ébahis au sujet d’homo sapiens. En effet, nous avons tenu tout ce temps et avons aussi accompli des choses merveilleuses : des pyramides ou des monuments gigantesques à travers le monde, des inventions, des découvertes scientifiques, des courants de pensées, des conquêtes sociales pour le bien et la grandeur de l’Humanité. Vous avez peut-être voulu voir en l’Humain son côté le plus positif et égayerez ainsi cette anthologie si vous êtes aussi optimistes que je suis pessimiste.

Walter Ruhlmann

 

Le lien du PDF pour lire le machin: 

https://mail.google.com/mail/u/0?ui=2&ik=eda94234d5&attid=0.1&permmsgid=msg-f:1614863758607941470&th=16692608547a7f5e&view=att&disp=inline

Le lien du site Lulu pour le commander en papier si ça vous tente:

http://www.lulu.com/shop/walter-ruhlmann/300k-une-anthologie-de-po%C3%A9sie-sur-lesp%C3%A8ce-humainea-poetry-anthology-about-the-human-race/paperback/product-23842476.html

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Cœur de comptine

Joli cœur je t’envoie des fleurs

Mais prends garde, je fais aussi dans le malheur.

Il faut des bras et des jambes

Personne n’est vraiment à l’aise quand ça flambe.

 

Mon petit cœur j’ai des cris, des douleurs

Faut-il que j’emploie en direct les aigreurs ?

Je ne saurais commettre l’irréparable

Tant et si bien que la vie est une fable.

 

Mon petit amour je t’aime toujours en secret

Ne t’occupes pas de ceux qui font circuler des quolibets.

Si l’on fait fi des colportages sans fin

On récolte une petite rosée chaque matin.

 

Mon petit canard des îles j’ai préparé les préliminaires

Il suffit d’appuyer sur un petit bouton pour ce faire.

Tout s’illumine et le monde reste derrière nous

On ne fait pas semblant et on s’écorche les joues de bisous.

 

Mon petit avion de chasse que j’aime tant

On voudrait sûrement me faire dire que je mens.

Que mes idées sont misogynes et sexistes

tu te rends compte des petits drapeaux qui existent ?

 

J’ai décidé que je t’aimais envers et contre tous

Ça leur fera une belle jambe à la place de ce qui pousse mousse.

Sinon dans quel élan l’amour aurait-il un frein ?

C’est pour toujours une alliance, une forme de petit larcin.

 

On peut être heureux même sans savoir pourquoi

Si ce n’est pas maintenant ce sera forcément pour une autre fois.

La vie ne pardonne pas le flux qu’elle balance

Les mouches grillent quand-même sous les lampes en avance.

©Necromongers

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Tentative désamorcée d’un pétard mouillé.

Ne partez pas j’ai l’addition.

Quelques ronds de chapeaux à défrayer .

Niveau zéro, très terre à terre,

Pas d’ambitions, juste la misère.

Chacun paye sa part ou on fait un pot commun ?

Le prix est le même sans ambiguïté.

On peut tous mourir avec la charité,

La plaie du monde, ça et la virginité.

Des fois je me dis « on pleure pour rien c’était couru ».

Et puis d’envie, on meurt en lien par notre vécu.

Quelle merde après, pour trier les événements,

Une sombre affaire, les gens n’achètent que ce qui les perd.

Le vide

La toile cirée des décisions,

Le pouvoir

L’idée qu’en somme c’est nous les cons.

L’instant d’après, j’étais déjà ailleurs.

On s’en fout des progrès, l’humain sait reculer.

L’invention de la liberté nous effleure,

C’est comme un boa qui a une crise d’aérophagie.

La crise

La fausse humeur du hashtag qui dégueule,

L’abolition

Du petit peuple qui saigne, pas des privilèges.

Une odeur, un soupçon parfumé de fleurs fanées.

Une étuve dans un flacon, qui s’égoutte en glissant.

Un champ qui pleure dans la brume,

C’est un voile de tristesse, un fantôme vivant.

Nos démons sont capricieux

Enfermés dans des molécules

Ils se distillent aux plus offrants…

Et s’effondrent en nous mourant.

©Necromongers

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Histoire Ecourtée 17: (Le message)

Il faisait beau en ce 27 Août 2084. Le soleil n’avait pas l’air de vouloir s’essouffler. Il faisait chaud, au moins 47°C. La lumière était telle que la réverbération ankylosait les yeux. La transpiration était à son comble, toute la nature retenait sa respiration. Les herbes folles craquaient sous les chaussures, calcinées et asséchées. Les hommes et les animaux sortaient de leur tanière le soir pour trouver de maigres points d’eaux ou récolter la rosée du matin. Le changement d’heure n’avait plus aucun effet sur les humains, chacun avait prit l’habitude de vivre à nouveau au rythme du soleil.

Certains jours maussades, couverts d’une épaisse couche de nuages acryliques, empêchaient chaque être vivant de parcourir le monde. Il avait été dit, avant l’arrêt total des satellites, qu’ils pouvaient endommager les tissus cellulaires. Un grand nombre d’animaux morts avaient finalement conditionné la méfiance des autres. Ces jours-là, il n’y avait pas plus bruyant que le silence dans l’air irrespirable. Boire, trouver de l’eau était l’occupation principale.

Et puis un jour, les nuages ne revinrent plus, le soleil frappa de nouveau constamment, les satellites se remirent à émettre. Les postes de radio se mirent à cracher un message que tout le monde attendait : «ALERTE ! Ceci est une accalmie ! Ceci n’est pas un exercice ! Ne sortez qu’en cas d’extrême urgence ! La température est de 64°C, vent nul, prévision pour la nuit -26°C, le taux d’humidité sera totalement aspiré à l’aube dès 6h, bonne et heureuse chance pour ce 27 Août 2099.»

©Necromongers

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Réquisitoire pour la peine de vie

Songe

Songe un instant

Tes épaules sont lourdes

Tes paupières te trompent avec l’ennui

Ton postérieur durci par l’attente.

Ronge

Ronge en rampant

Tes oreilles sont sourdes

Tes pupilles se dilatent avec mépris

Tes membres inférieurs saisis par la pente.

Regarde au loin le temps qui a vécu

De part et d’autres sans report,

On freine facilement quand on se sait vu

Les bienveillants marchent sur leurs morts.

Plonge

Plonge en respirant

Ta confiance est aveugle

L’espace que tu occupes est déjà employé

La mer a noyé tous les mystères du sel.

Éponge

Éponge en sifflotant

La concurrence se beugle

Comme une infirmière répare son dernier dilapidé

La courbe du tracé de ta vie s’écrit sans elle.

Surveille maintenant la force de tes bras ténus

D’est en ouest depuis dehors,

Aucune gloire ne s’affiche qu’on n’est tenu

Sourire est toujours un immense effort.

©Necromongers

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Les pluies qui parlent aux vents (II)

Tomber aux premiers clapotis des devantures

Sur une larme sans vergogne,

Le pli des agencements du temps qui passe

Ondule en ressort sur le tempo du vide.

 

On gigote, on besogne

On prie pour ne pas revivre le futur,

Sans crier gare, alerte au bide

La vie surprend quoi qu’on fasse.

 

Nul n’est parfait, même les enjoliveurs

Les secousses narguent nos fragiles certitudes,

Les trajets ne sont pas toujours des raccourcis

On freine souvent avec le vent dans le dos.

 

Avec nos applications d’inexactitudes

Torse-nus devant nos jolis serveurs,

Faire des anchoïades de niveau zéro

Et courir en tremblant les genoux farcis.

 

Et même, même si devant nos yeux nous sommes troubles

Qu’en dehors de leur vision nous sommes pauvres,

Des couleuvres somnambules virevoltent

Les lieux que nous connaissons s’évaporent.

 

Rien de ce que nous vivons n’est guimauve

On titube aussi bien avec rien que double,

L’idiot du village tourne à la mandragore

Le feu qui tient les gens vise la révolte.

 

©Necromongers

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