Tous les articles par Necromongers

Les pluies qui parlent aux vents (II)

Tomber aux premiers clapotis des devantures

Sur une larme sans vergogne,

Le pli des agencements du temps qui passe

Ondule en ressort sur le tempo du vide.

 

On gigote, on besogne

On prie pour ne pas revivre le futur,

Sans crier gare, alerte au bide

La vie surprend quoi qu’on fasse.

 

Nul n’est parfait, même les enjoliveurs

Les secousses narguent nos fragiles certitudes,

Les trajets ne sont pas toujours des raccourcis

On freine souvent avec le vent dans le dos.

 

Avec nos applications d’inexactitudes

Torse-nus devant nos jolis serveurs,

Faire des anchoïades de niveau zéro

Et courir en tremblant les genoux farcis.

 

Et même, même si devant nos yeux nous sommes troubles

Qu’en dehors de leur vision nous sommes pauvres,

Des couleuvres somnambules virevoltent

Les lieux que nous connaissons s’évaporent.

 

Rien de ce que nous vivons n’est guimauve

On titube aussi bien avec rien que double,

L’idiot du village tourne à la mandragore

Le feu qui tient les gens vise la révolte.

 

©Necromongers

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Toujours dispo, toujours Dandois, toujours Necro…

Et voilà, il n’en fallait pas plus pour faire parler.

C’est pourtant pas sorcier de se procurer un truc de qualité!
C’est toujours en commande
C’est toujours 6€
Ça déboîte toujours la mère de qui vous voulez…

Et c’est toujours sur le lien en-dessous:

https://urticalitblog.blogspot.com/2018/05/a-paraitre-necro-manigances-dandois.html?spref=fb

 

Sans-nom-10

Hydre des reçus

Sang d’ancre

Champ de méduses

Papillon d’ennui

Nid de vêpres

Toile tirée

Et les ailes ne servent plus à voler quand les fleurs immobilisent le regard.

 

Nuit étiolée

Rang de mines

Herbe d’achat

Sauce aigrelette

Micro-sonde

Si le sort est scellé qu’importe la richesse aux yeux des fous qui rêvent de projets.

 

Feuille de pompier

Voiture de porc

Jardin des Ken

Cul de rate

Housse de mouette

Nos flèches sont empoisonnées par l’ivresse d’un monstre défigurant nos actes manqués.

 

Arc en miel

onde de froc

Stylo-vrille

Belles et but

Prospère périnée

Nos idées régulières sont consommées à l’avalé comme on gomme la sagesse.

 

©Necromongers

Les pluies qui parlent aux vents (I)

Les sangsues se dérobent

Les microbes approchent,

Longtemps encore l’avenir ne dit rien

Pour peu qu’il sache de quoi est à venir.

 

Le large est en approche

La maladie s’enrobe,

On ne sait pas de quoi s’alourdir

Au risque de semer du vent qui vient.

 

Entorse, malversation, sentence maudite

Tout est bon pour parvenir à ses fins,

Derrière nous il y a toujours un lendemain

Malgré les hommes, les femmes sont dans leur bain.

 

On tourne et retourne bien des frangins

Pour quelques pauvres mauvais rites,

Il faudra s’allonger pour entendre vraiment les freins

La lueur et le froid dans les yeux des trop loin.

 

J’entends encore le son des lointains imparfaits

Sourire aux confins des rimes perplexes,

Comme si le désir ne désirait pas être transmis

Comme si la pluie ne comptait plus que sur elle-même.

 

Et puis, pour ne pas être sans complexe

On peut inscrire dans le livre des derniers effets,

Le désir simple de savoir qu’on sème

Le plus beau des messages au tamis.

 

©Necromongers

Comptine pour réveiller les bambins

Bouh ! Tout petit bout !

Tu n’as peur de rien du tout ?

Caché sous ta couette à guetter les placards,

Tu sais que souvent le sommeil rentre tard.

Pan ! Petit chenapan !

C’est dans tes rêves qu’hurle le vent ?

Toi qui sert fort ta peluche les yeux fermés,

Peut-être parce que le noir va la happer.

Areuh ! Petit morveux !

Les volets tapent-ils toujours par deux ?

Les oreilles que tu bouches n’entendent pas arriver tes songes,

Qui engloutissent tel un déluge les bruits qui te rongent.

Et bien ! Petit bambin !

Tu croyais qu’on était déjà demain ?

La nuit est si courte que le sol fait flotter ton lit,

Vers des cieux plus cléments et endormis.

Alors ! Petit trésor !

Tu as cru dormir dehors ?

Ton imagination t’a fait perdre le fil des mystères,

Quand la robe pourpre a ensommeillé tes inquiétudes d’hier.

C’est fini ! Petit chéri !

Pourras-tu encore revenir au lit ?

A la sieste il paraît, que la nuit est encore loin,

Et les rêves sont plus fous, serre fort ton doudou dans tes mains.

©Necromongers

Vague à l’arme

Les théorèmes oubliés de nos amours bafoués,

La guerre du vécu portant une arme lourde,

Si la peur n’y peut rien, même celle qui rend sourde,

Que faire du venin qui habite en trop nos fouets ?

 

Libérer nos actes

Procréer nos faits.

Cancer et pancréas

Humanité déjouée.

 

Des valeurs de pacotille pour une morale fabriquée,

Partout la colère est en train de monter,

Nous voulons vivre l’enclume des désirs frappants,

Ne plus commettre l’équilibre du votant.

 

Réfléchir nos pactes

Alléger nos mets.

Suffit les pleins aux as

Réalité reniée.

 

Il faudra se suffire pour mourir en paix.

Personne ne regarde vraiment le temps comme il existe.

Il s’écrit mieux que je ne le fais.

 

©Necromongers

L’embarque adhère

La poésie se casse la gueule, comme une berge de Ragondins.

Il faut des arbres enracinés, et des vaches sans lendemains.

Des plantes médicinales, des fleurs qui font du bien,

Des marais sans touristes, du vertige de batelier larcin.

Du vent dans les peupliers, du feu dans l’eau Poitevine.

De la bardane qui scratche, de la moutarde sauvage,

Du houblon naturel qui fait la bière trop forte, en vain.

On manque d’amadou, qui sèche au tronc des arrachés.

Les écrevisses américaines font chier, à nous voler nos batraciens,

On préfère à la volée, nos contrées d’herbe à chouans frigiens.

Et pourtant, dieu sait que les monarchistes agacent,

A croire sans fond, que l’âme est indigeste par dérogation.

On en a fait des parcs à thèmes, qui ont avalé l’histoire.

N’en reste pas moins, qu’entre les immigrés et les asséchés,

Chacun écluse à sa porte, l’eau que l’autre ne veut pas.

Mais les saules pleureurs et les fleurs à serpents n’y peuvent rien.

Les carottes sauvages et les fleurs d’angélique non plus.

Le diable est quelque part, tapie sous la vase,

Il attend que s’enlise la promenade, la Venise verte a bon dos.

 

©Necromongers

Les Zéros Zoziaux « Le Grand Vizeur »

C’est une fable à l’échelle humaine. Une de celle que l’on raconte sans estrade, au même niveau que la terre. Elle n’est pas écrite, se propage à l’ancienne, se déforme et s’améliore avec le temps, d’une bouche à l’autre. Le passé, le présent, l’avenir sont le socle de son histoire. Le Grand Vizeur sait néanmoins que tout cela va s’arrêter un jour. Parce qu’il voit au-delà des mots. Parce qu’il sent par delà le temps.

C’est une histoire qui commença il y a longtemps.

Au départ arrivèrent tout un tas de Zoziaux, d’on ne sait où, ni comment. Dans cette aube silencieuse qu’était la nature on s’entendait respirer. Leur nombre augmenta si considérablement que le murmure du silence s’en trouva époumoné. Pourquoi, tous ces Zoziaux d’on ne sait où, donnaient un rythme lancinant à la vie végétale, une note dorénavant digitale ? Que ferait-on du silence ? Pourra t-on encore respirer par les pores ? Le chapitre du calme venait t-il de s’éteindre ?

Toutes ces questions qui tintinnabulaient en grande pompe ne trouvèrent jamais de réponse suffisante. Les Zoziaux continuaient à piailler, toujours en surnombre. Un malheur n’arrivant jamais seul, étrangement, sans que l’on n’y comprenne mieux que la chute du calme, des Zumins naquirent eux aussi dans un mystère profond. Ils semblaient enchantés par le son tonitruant des Zoziaux d’avant-eux. Si bien qu’en grandissant également, ils les mirent en cage pour leur confort auditif.

Tout d’abord on ne crut pas au malheur, car la nature retrouva partiellement sa sérénité de toute seule. Mais le Zumin ne prit pas que bonne note des Zoziaux, et commença aussi à emprisonner la nature dans des pots et des carrés potagers. Sitôt dit, sitôt fait, il avait donc le silence et le bruit à sa guise, qu’il pouvait dégainer au nez du Grand Vizeur. Et c’est bien normal, car depuis l’apparition inexpliquée de plein de choses nouvelles, le Zumin ne s’ennuyait plus à chercher à comprendre. Mais, deux jouets seulement, ça commençait tout de même à le lasser. Mais comment s’amuser sans rien chercher ? Fallait-il attendre un autre événement inattendu patiemment ?

Le Zumin n’est pas patient. Même le Grand Vizeur savait ça.

Alors, une autre sorte de phénomène rare se produisit soudainement, genre sans crier gare. Enfin, ce n’est pas tout à fait ça. Le Grand Vizeur s’est dit que pour avoir la sensation d’avoir la paix, le mieux, c’était de mettre le Zifi à tout le monde.

Pour ça, il a fait tomber du néant une invention toute réglée pour la chose, une boite d’abord noire quand y’a rien, puis toute pleine de trucs quand y’a le Zinterniet.

Le Zumin, tout bonnement con qu’il est, n’a pas cherché à comprendre comment ce procédé a pu lui tomber sur le paletot. Mais pour sûr que ça l’a captivé.

Et depuis, loin des tumultes de la nature silencieuse et du vague à l’âme encagé des Zoziaux, il navigue sur des plateformes totalement avilissantes et légumoniques, les Zéros Zoziaux de le Zinterniet.

Le Grand Vizeur a enfin la paix, les Zumins font n’importe quoi, sur le seul univers qui leur ressemble, là où comprendre et chercher est un leurre tellement paisible, que chercher à comprendre deviendrait dangereux.

Morale : Pour occuper l’histoire il faut occuper ceux qui la font. Tant pis si la vérité est un mensonge, la bêtise est compatible dans toutes les sociétés.

©Necromongers

DATURA #0 07/2018

Walter Rhulman à encore craqué son slip, il sort une nouvelle revue (avec un nouvel extrait des « Necro manigances Dandois saisissantes » dedans, et plein d’autres auteurs qui envoient du lourd):

« Comme vous le savez, j’ai créé Mauvaise graine en 1996, elle fut mise en sommeil en 2000 pour renaître en 2002 d’abord en ligne uniquement et sous le nom mgversion2>datura. Puis elle fut disponible à l’achat en impression avant que je ne l’euthanasie le 6 avril 2017. Plus qu’une résurrection, c’est un ré-assemblage, à la façon du monstre de Frankenstein. Voici donc Datura 0 juillet 2018. »

« J’attends d’un texte qu’il me traumatise, me martyrise ou me fasse rire, me dérange surtout. Rien n’est plus désolant qu’un texte stérile qui ne laissera en toi aucune trace, à part l’envie de lire autre chose. » Torturez-moi autant que possible, condition sine qua non pour monter à bord.

 

Auteurs et illustrations: 

Jean-Pierre Baissac – Alexandra Bouge – Valentina Cano – Pradip Choudhuri – Pascal Dandois – Amber Decker-Cummins – Cathy Garcia – Léonel Houssam – AJ.Huffman – Patrice Maltaverne – Flora-Michèle Marin – Fabrice Marzuolo – Murièle Modely – Benjamin Nardolilli – Necromongers – Erich Von Neff – Bekah Steimel – Marlène Tissot – Bruno Tomera – Natalie Y. – Harry Wilkens

DATURA – A print and online journal of deviant and defiant work published randomly. Issue 0 – july 2018 – issn : coming up – legal submission (to BNF) : on publication – special printing – masthead : walter ruhlmann © Datura & contributors, july 2018 all rights reserved

https://fr.calameo.com/books/000028151b05ebaae0bba

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Les paradigmes d’encre (KAPPA)

S’incliner devant le garçon des rivières

Regarder la terre d’un œil nouveau.

A travers les temps d’anciens rivaux

Piétinant les champs de nouvelles ères.

Cosmologie constante.

 

 

A l’horizon des rizières du soleil couchant

Les brins flottent aux confins du vent.

Qu’importe la culture qui rejaillit

L’eau n’est toujours là que pour la vie.

Ondulation errante.

 

 

Chaque lame de rasoir sur un bras vivant

Chaque goutte de sang d’un flot errant.

Quand la relativité s’écroule d’un coup

Autour de nous comme un univers fou.

Inhibition latente.

 

 

Il pleut des sons qui sanglotent en rase motte

Des couleurs qui s’alignent en suintant.

L’eau qui dort est un éternel mythe qui flotte

En oraison des veines qui gonflent en rang.

Salaison cinglante.

 

 

Quand nos songes retournent à la poussière

Dès déception pour solde adultère.

Fussent-ils des baisers pour des battements de cœur

Au-delà de nos vies, ailleurs.

Frayeur tangente.

 

 

Mais le garçon reste impassible face au courant

Le lit ne sait pas être autrement que son cours.

La nature s’agenouille pour le peu de son temps

Cailloux, galets et particules de lit face à l’amour.

Gestation omnipotente.

 

 

La rivière coule en dehors des temps

Comme les cheveux des femmes tombent sur le sol.

Aussi loin que la source du firmament

Des pleurs ont oublié des filles folles.

Pulsion déroutante.

 

 

Aussi loin que les pensées surfent aux nues

Sur la vague d’une fragile pratique des idées reçues.

La force s’épuise, comme autant de Samson qui s’ignorent

Par une simple liaison, un souvenir très fort.

Allégorie galopante.

 

 

Mais les songes se remémorent le passé

Dans la finalité de la féminité.

Quand on s’oublie au fond du Léthé

Des crépuscules passés.

Mémoire incapacitante.

 

 

On ne sait plus, on ne cherche plus à rêver

La rivière se pavane entre les pierres léchées.

On ne veut plus, on refuse de sécher

Le garçon est une grenouille attendant la fessée.

Libido flagellante.

 

 

©Richard Kuran & ©Necromongers